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Affaire Norbert Zongo : "Il faut poursuivre la recherche de la vérité" (ACAT)

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Affaire Norbert Zongo • • jeudi 10 août 2006 à 07h47min

Dans le concert de réactions suite au non-lieu dans l’affaire Norbert Zongo, l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture section du Burkina (ACAT-Burkina) joint sa voix à ceux qui, depuis cette nouvelle donne, donnent leur point de vue. Tout en plaidant pour la transparence des lieux de détention, l’ACAT demande, dans la déclaration suivante, de poursuivre la recherche de la vérité dans l’affaire.

Au-delà du tollé et de la colère qu’a suscités l’affaire Norbert Zongo et de l’indignation manifestée suite au verdict de non-lieu du procès, il nous faut faire une halte. Une halte pour scruter et comprendre le fonctionnement de nos institutions judiciaires ; puis se questionner sur l’existence ou non de mécanismes qui pourraient assurer ou pas la transparence des lieux de détention et nous garantir la vérité des aveux obtenus lors de la détention préventive.

Existe-t-il dans notre pays, des normes minimales pour les interrogatoires qui comprennent les droits fondamentaux, garde-fous de protection pour la personne privée de liberté ? Chaque Burkinabè potentiellement peut être exposé au risque de la détention préventive, voire arbitraire : hommes et femmes politiques, magistrats, avocats, religieux, femmes et hommes d’affaires, policiers, gendarmes, militaires, étudiants, paysans, journalistes, enseignants, etc.

- Qui s’assure que la torture, les peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants ne sont pas employés avant et durant l’interrogatoire pour contraindre des témoins à fournir des informations sur une tierce personne ou des preuves contre cette personne ?

Notre Etat qui s’est engagé dans le processus démocratique peut-il se satisfaire de légitimer des éléments de preuve obtenus sous la contrainte ?

- Est-ce que l’interrogatoire se déroule dans des lieux secrets ou pas ?

- Est-ce que la personne interrogée, disons le prévenu, avant le début de l’interrogatoire a le droit de consulter un avocat de son choix sans délai et en privé ?

Un débat public sur la présence d’un avocat lors de l’enquête préliminaire dans un Burkina qui se définit comme un Etat de droit est une urgence. Conséquence que nous pouvons tirer de l’affaire Norbert Zongo.

Les réactions observées suite au verdict dans l’affaire Norbert Zongo nous interpellent à plus d’un titre.

Cette situation douloureuse d’une soif inassouvie de la vérité et de la justice est emblématique.

Norbert Zongo lui-même l’a payé au prix fort de sa vie. Si la vérité et la justice ont pour vertu de promouvoir un espace humain solidaire, nous avons à être dérangés dans nos conforts et certitudes en vue de les rechercher inlassablement.

L’ACAT-Burkina interpelle les autorités judiciaires de notre pays à poursuivre la recherche de la vérité dans l’affaire Norbert Zongo.

L’ACAT-Burkina invite l’Etat burkinabè à ratifier l’OPCAT et à œuvrer pour la mise en œuvre des lignes directrices de Robben Island dans notre pays.

L’ACAT-Burkina invite tous les acteurs nationaux (magistrats, avocats, politiques, défenseurs des droits de l’homme, policiers, gendarmes, militaires, Etat, populations, etc.) à un débat public sur la détention préventive en vue de perspectives heureuses. Agir ensemble pour donner force aux institutions chargées de promouvoir, de contrôler, et d’appliquer les normes de protection de l’intégrité humaine.

Sidération devant le verdict : non-lieu ! Et pourtant l’innommable a eu lieu. De notre indignation tirons la force à temps et à contretemps d’un combat fidèle : celui du respect des droits fondamentaux et pour une justice sans bourreaux.

Lucienne Ariane Zoma

Présidente ACAT-Burkina

Chargée FIACAT Afrique

Le Pays

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