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Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

Publié le dimanche 18 février 2024 à 21h40min

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Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

A travers les liges ci-dessous, un contribuable burkinabè lance son cri de cœur. « Est-ce qu’on va s’en sortir ? », se demande-t-il après avoir décrit le parcours d’obstacles que de nombreux contribuables doivent affronter pour s’acquitter de leurs obligations fiscales ou pour encaisser une facture. « Il faut vraiment que quelque chose soit fait pour les entreprises privées car elles meurent dans le silence et tirent le diable par la queue », alerte-t-il. Lisez plutôt.

Il est devenu de plus en plus difficile de mener à bien ses activités maintenant. Partout, il y a des règles à étouffer tout espoir de réussir.
Depuis un certain temps, il y a une souffrance criarde pour les paiements des factures. Malgré qu’on ait fait toutes les procédures administratives, enregistrement, attestation de situation fiscale, attestation de non engagement etc., les dossiers restent bloqués.

Il faut marcher, voire passer des heures ou la journée dans les bureaux des CSAF, DAF et autres agents de la comptabilité pour rentrer bredouille, même si on dit que DECOURAGEMENT n’est pas Burkinabé, mais il faut vraiment voir.
Pire, à la fin de chaque mois, il faut scruter l’horizon pour déposer tes déclarations avec la peur de ne pas pouvoir payer la somme due et, conséquence, de ne pas être à jour et donc de ne pas avoir le précieux sésame qu’est L’ASF, donc de ne plus pouvoir avoir de marché.

Attention aussi, sinon on risque de t’écarter des autres opportunités car tu parles trop, tu es trop grincheux.
Il faut vraiment que quelque chose soit fait pour les entreprises privées car elles meurent dans le silence et tirent le diable par la queue.
Le comble, c’est que maintenant, dans beaucoup de directions, chaque jour que Dieu fait, de nouvelles règles poussent.
Sinon, comment comprendre que, sur une petite facture déposée de moins de 200 000 FCFA, on demande jusqu’à six (06) pièces administratives voire plus :

- Attestation de situation fiscale
- Attestation de situation cotisante
- Attestation AJE
- Registre de commerce
- Certificat de non faillite
- Attestation de soumission aux marchés
- Attestation de la Direction chargée de la réglementation du travail et des lois sociales ANPE ?

Faisons un petit calcul rapide, sans oublier les timbres sur chaque page des longs contrats à enregistrer en plusieurs exemplaires.
Est-ce qu’on a besoin de faire tout ça pour régler les factures six mois, voire un an après ?

En plus de toutes ces pièces, il faut compter aussi avec les agents qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas, qui prennent les dossiers et rangent dans les tiroirs, et leur phrase magique : le dossier est au TRESOR.
Que dire des RIB qui s’égarent, des factures ou des pro-forma à reprendre sans date ?

Et enfin on a changé de DG ou de ministre, le nouveau dit ne pas être au courant du dossier, donc il faut patienter. Mieux, il faut reprendre le contrat car c’était la signature de l’ancien DG.
BON SANG, l’administration est-elle une continuité ou pas ?
Après toutes ces souffrances, une alternative va vous être proposée, comme un sauveur !!!!

Il y a cette possibilité aussi, et c’est pour vous aider hein, vous regroupez les factures, vous recommencez la procédure car les pièces administratives sont expirées et vous envoyez on va traiter ; le paiement passera sur un autre budget.
La reprise des factures avec les stickers collés, a-t-elle une incidence ou pas ? Y avait-il un budget alloué ou pas ?
N’avons-nous pas les moyens de savoir quelles sont les entreprises qui sont en règle et les refuser dès l’entrée ?

Il est grand temps que les textes puissent être clairs pour les affaires
Quand est ce que nous parlons de marché ?
A partir de quelle somme doit-on exiger d’une entreprise telles ou telles pièces ?
Il est grand temps de mettre les personnes qu’il faut à la place qu’il faut pour permettre aux privés de travailler.

Nous souffrons énormément et nous scrutons l’avenir avec beaucoup d’inquiétudes.
Nous voulons bien payer les impôts, les taxes et autres obligations, mais il faudra que toutes les parties jouent leurs partitions.
Monsieur les financiers, NOUS AVONS BESOIN D’ARGENT POUR NOS ENTREPRISES.

CANO

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Vos commentaires

  • Le 16 février à 20:25, par Balima En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

    Mille fois merci à cet auteur pour son cris de cœur qui raisonne auprès de tout chef d’entreprise au Burkina. A la liste des problèmes cités, il y a les règles contradictoires dont les services des impôts se servent pour décider quelle entreprise qui ne leur graisse pas suffisamment les pattes, ils vont sanctionner ou mettre en redressement fiscal.

    On vous demande de déclarer une facture au dépôt et dès la déclaration la somme due peut vous être réclamée (TVA, BIC) alors que vous pouvez faire six mois sans être payé. Parfois on vous paie et on refuse de verser la retenue pour vous permettre de l’utiliser pour payer les impôts. Donc soit vous entrer dans l’illégalité, soit vous payer de offre propre poche sachant que la retenue ne vous sera plus jamais remboursée sauf si vous faites assez de chiffre d’affaire pour que ça vous couvre ailleurs.

    Si vous exécuté un marché en retard, vous êtes pénalisés. Pourtant l’Etat peut vous payer avec six mois de retard sans conséquence ? Quelle relation contractuelle déséquilibrée ? On oublie qu’une entreprise contracte souvent un prêt pour exécuter un marché et calcul le prix de son offre en fonction de la durée de remboursement de son prêt, si le paiement est en retard, elle peut se retrouvé sans profit.

    Parfois il y a des exonérations auxquelles vous avez droit mais on vous demande de déposer une demande adresser au Directeur Général des Impôts ou encore au Trésor et votre dossier est toujours en traitement un an, deux ans après. Pendant ce temps, la taxe ou l’impôt en question pèse sur votre tête à chaque fois que vous voulez une ASF.

    Je ne sais pas si c’est le rôle de la chambre du commerce ou de toute autre organisation professionnelle des entreprises mais si c’est le cas, celles-ci ne font pas leur travail. Il y a beaucoup d’absurdités dans la loi que ces organisations peuvent travailler avec l’Etat pour corriger mais rien.

    Quand la DGI se félicite d’avoir recouvré 110% ou je ne sais quoi, elle doit savoir que c’est parce qu’il y a des entreprises qu’elle recouvre. En tuant les entreprises, vous allez créer une crise économique qui n’épargnera personne. A bon entendeur !

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  • Le 17 février à 10:17, par Bienfaits En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

    Silence !
    On n’a besoin d’argent pour payer des armes, construire des usines pour consolider notre populisme et gérer les wayiyans. Aussi chaque régisseur des impôts a besoin d’un bon taux pour pouvoir se faire voir.
    Vous avez oublié de citer parmis les pièces : les cautions de bonnes executions qui sont extrêmement cher.

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    • Le 19 février à 10:40, par kwiliga En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

      Bonjour Bienfaits (Heu, Bien Fait... plutôt)
      Mais, n’est-ce pas ce système qui a poussé certains de nos commerçants à devenir des "wayiyans" ? Ainsi, ils peuvent espérer éviter les lourdeurs administratives et réduire leur délai de paiement.
      Commerçants, entrepreneurs, artisans, forces vives du Faso, vous qui faites vivre ce pays et ses improductifs fonctionnaires,... devenez tous des "wayiyans", abandonnez toute activité et contrôlez-vous les uns les autres sur les places, dans la rue, aux ronds points...
      On va bien rigoler... ou pas...?

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  • Le 17 février à 11:58, par Raogo En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

     :-) :-) :-)
    On va tous lire l’heure !!!!!! Chacun a son tour chez Mamadou le coiffeur !!!!!!!! Plaignez vous au bon Dieu.

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  • Le 17 février à 14:11, par Citoyen LAMBDA En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

    Félicitations mon frère CANO Voilà un pays qui prétend sensibiliser les opérateurs économiques ,les entreprises privés ,bref les burkinabè au civisme fiscal en payant régulièrement leurs impôts et taxes , mais en même qui créent des procédures à donner des maux de tête ,et des vertiges quand vous allez pour remplir votre devoir fiscal . Effectivement des papiers à n’en pas finir . Les impôts à travers leur E SINTAX mettent en place une procédure avec des multiples envois de codes à rendre dingue . Combien de commerçants de ROOD WOKO et des autres marchés des différents arrondissements de OUAGA et de l’intérieur du pays maitrisent l’outil Internet . Même si nous voulons moderniser notre administration fiscale par les TIC, on devrait ,en attendant que tous les burkinabè maitrisent l’outil Informatique ,on devrait garder la possibilité de pouvoir payer directement et cash en quelques minutes au guichet des impôts
    C’est dans quel pays ,où tu dois souffrir comme ça pour payer tes impôts ?
    Et après ,on va crier à l’incivisme fiscal des burkinabè.
    Mr GOAMA ou Mr NORAOGO illettrés commerçant à ROOD WOKO ,à SANKAYARE devraient pouvoir aller à un guichet des Impôts avec son document fiscal et payer direct ses impôts . Point barre
    Tous ces imprimés inutiles peuvent être supprimés . C’est pas possible que pour accomplir son devoir fiscal ,il faut chercher et remplir près de 10 documents .
    Pour avoir une attestation de situation fiscale ,c’est la croix et la bannière ,alors que ce document devrait être délivrée en une quinzaine de minutes comme dans certains pays
    Pendant ce temps l’Etat est le plus incivique en ne payant pas dans un délai raisonnable les factures des entreprises .
    Même la fameuse règle qui dit que l’Etat ou ces démembrements disposent de 90 jours ,soit 3 mois pour payer les factures à partir de la date de dépôt n’est pas respectée.
    A tout cela, il faut ajouter les actes de grandes ou de petites corruption pour que sa facture soit traitée à chaque étape jusqu’au payement .
    Franchement ,l’administration publique burkinabè est actuellement désarticulée . La continuité de l’Etat est totalement ,volontairement ou involontairement ignoré par des ministres ,des DG ,des DAF ,des agents comptables etc . Et avec le rythme vertigineux des changements de responsables à la tête des grands services et autres sociétés d’Etat et EPE ,c’est l’éternel recommencement chaque fois pour tout dossier quel qu’il soit .
    Bref ,le ministre des Finances et la nouvelle Directrice des impôts devraient rapidement se concerter pour simplifier la procédure de payement des impôts .
    Par la Santé de l’économie d’un pays comme le BURKINA FASO repose sur les petites et moyennes entreprises . Des pays comme l’INDE ont compris cette vision de l’Economie et avaient créé des règles pour encourager la création des petites entreprises . Rappelons nous de ce Monsieur YOUNOUS de l’Inde qui avait pensé et mis en place un système de prêt qui permettait ,même à la vendeuse de galettes au bord de la voie de pouvoir contracter un prêt pour développer son activité
    Mais, au BURKINA FASO ,c’est l’Etat lui même qui n’encourage pas les nationaux à entreprendre avec des procédures inutilement longues et lourdes de création d’une entreprise et assassinent volontairement ou involontairement les entreprises privées déjà existantes .
    Trop de papiers à fournir ,trop de procédures etc pour n’importe quelle petite opération ,dont la nécessité et l’utilité sont discutables . On continue à naviguer mécaniquement dans des procédures des années 1970.
    Bref , mon frère merci vraiment d’avoir eu le courage de soulever ce problème réel .
    Espérons que le ministre des Finances et , la nouvelle directrice des Impôts liront votre écrit et sauront en tirer leçon pour le bonheur de tous les burkinabè .

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  • Le 18 février à 08:56, par Oumarou En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

    C est vraiment malheureux et je crois qu’il est temps que nos braves entrepreneurs s expriment. Il faut que nos fonctionnaires et nos dirigeants comprennent définitivement qu après les agriculteurs, ce sont les entreprises du privé peu importe la taille, qui font vivre ce pays. Le problème est grave car il se trouve dans la perception qu a l administration et nos dirigeants de l entrepreneur. De façon générale l entrepreneur est indexé, jalousé, méprisé et maltraité. C est pour certains nécessairement un voleur au col blanc. ..... On ne va jamais s en sortir dans ce pays avec une telle vision de l entrepreneur.... Je souhaite vivement que nos enseignants nous aident à donner à la jeunesse étudiante et scolaire une autre image de l entrepreneur afin que l avenir soit autre chose que ce que nous vivons aujourd’hui.... Psq à mon avis aujourd’hui c est trop tard .... Courage à tous les entrepreneurs du Burkina et d ailleurs

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  • Le 19 février à 07:07, par Zig Zag En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

    Ce n’est pas seulement pour les petites entreprises que la bureaucratie tue. C’est même le citoyen lambda aussi que cette même bureaucratie veut tuer. Essayez d’obtenir un permis de construire et vous allez voir les différents services que vous devez parcourir et documents qui vous devez fournir. Pire, chacun de ces services réclame des sommes astronomiques pour avoir une pièce du dossier. Alors que le salaire moyen au Burkina Faso est de 200.000f, on vous demande au minimum 2 millions pour avoir un permis de construire. Comme beaucoup de gens ne peuvent pas trouver une telle somme juste pour un permis alors qu’il faut encore de l’argent pour construire, quand certains n’ont pas d’autres choix que de construire sans ce document, les services compétents se baladent pour mettre de la peinture rouge sur leur chantier en les sommant d’arrêter les travaux. Beaucoup de citoyens sont ainsi livres à la merci des marchands de sommeil parce que quand ils épargnent pendant des années pour acquérir une parcelle, c’est l’état qui leur met des obstacles insurmontables pour avoir le permis de construire, les condamnant ainsi d’errer de location en location jusqu’à la retraite. Le droit au logement est l’un des droits fondamentaux des citoyens et les autorités devraient se pencher sérieusement et sans délai sur cette question parce que ce qui se fait actuellement dans ce domaine est inimaginable.

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  • Le 19 février à 11:47, par Neekré En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

    Je n’ai pas encore commencer mon projet mais à lire ces temoignages, je me pose la question si vraiment ça vaut la peine. Ceux là qui devaient resoudre le problème sont ceux là même à qui profite le crime. Resultat : personne ne bougera. Que Dieu sauve le Faso

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  • Le 19 février à 21:05, par Issa En réponse à : Burkina / Administration fiscale : Le long chemin de croix des contribuables

    Vraiment le pays est entrain de mourrir à petit feu sur le volet de la contribution des PME-PMI. Les factures ne sont jamais payées et on veut faire un recouvrement des impôts sur ces mêmes entreprises. Il faut le gouvernement ouvre un bon oeil.

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