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Procès Vincent Dabilgou : "Si même Jésus n’a pas fait l’unanimité, qui est Séré pour qu’on croie en lui" Me Yamba, conseil de Dabilgou

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Publié le mardi 4 juillet 2023 à 22h20min

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Procès Vincent Dabilgou :

"15 ans d’emprisonnement dont 10 ferme et une amende de 500 millions fcfa", voilà la peine qu’a requis le procureur contre le prévenu Vincent Dabilgou, a qui il est reproché les faits de détournement de deniers publics, de financement occulte de parti politique et de blanchiment de capitaux. Depuis le début du procès, l’ex ministre des transports et de la mobilité urbaine a rejeté toutes les charges qui fondent son implication dans ce procès. C’est donc sans surprise que ce mardi 4 juillet 2023, son conseil Me Yamba a plaidé pour qu’il soit relaxé et ce, au bénéfice du doute.

"Dans ses premières auditions, Jean Gabriel Séré n’avait jamais mis en cause le ministre. Jamais. De plus, Séré n’a jamais dit qu’avec le ministre, ils se sont assis pour asseoir une stratégie de pillage. Il a fallu qu’il y ait un deal entre lui et le parquet pour qu’au final, Dabilgou soit inculpé dans cette affaire." Tels sont les mots de Me Yamba au début de sa plaidoirie longue d’une trentaine de minutes, à ce stade du procès où les avocats jouent le tout pour le tout pour que soient épargnés des murs de la geôle, leurs clients.

Dans sa plaidoirie, Me Yamba dit regretter le fait que le ministère public ait pris parti dans ce procès, protégeant la personne de l’ex Directeur administratif et financier du ministère des transports, au grand dam des autres prévenus. Il dénonce par là les différentes pièces qui ont été apportées et qui attestent que Jean Gabriel Séré est loin d’être le plus saint dans cette affaire. "De toute ma jeune carrière d’avocat, c’est la première fois que je vois ça. Un prévenu chouchouté. Un prévenu chouchouté au point que tout ce qu’on avance soit rejeté par le parquet. Des pièces que nous avons versées au dossier, 105 250 000 fcfa ont été retirés du compte ECOBANK par Jean Gabriel Séré.

C’était en 2018, avant même la campagne. Hormis cela, plusieurs retraits ont été faits de ce compte par la personne de Jean Gabriel Séré. Tous ces éléments qu’on cite sont versés au dossier. Des éléments qui devraient susciter la curiosité du parquet. Des éléments qui devraient pousser le parquet à vérifier les nouvelles preuves qu’on verse au dossier, mais non. Tout ce que Séré dit est pris pour parole d’évangile et les autres ne sont plus écoutés. Même Jésus Christ n’a pas fait l’unanimité. Si même Jésus n’a pas fait l’unanimité, qui est Séré pour qu’on croie en lui ?

Considérons même que les ordres donnés par Dabilgou étaient vrais, comment on peut vous dire de détourner de l’argent et vous allez le faire ? Est ce que Séré c’est un enfant ? Est ce quelqu’un sur qui on peut faire pression ? Les témoins sont passés ici. On a tous entendu que la seule personne qui n’avait jamais été élue au Nouveau temps pour la démocratie (NTD) c’est bien Séré. S’il y avait donc quelqu’un qui avait besoin de se faire connaître ce n’est pas M. Dabilgou. A part la seule parole de Séré, il n’y a aucune pièce qui incrimine Dabilgou" a relevé Me Yamba.

Pour ce qui est de l’infraction de blanchiment de capitaux, Me Yamba estime qu’elle découle de la première. "C’est une infraction de conséquence", soulignera t-il. Et à ce sujet, il dit à nouveau être choqué par le fait que tous les témoins qui ont reconnu avoir soutenu financièrement Vincent Dabilgou aient été considérés comme des témoins à la solde du prévenu. Au vu de tout ce qui précède, c’est sans surprise qu’il ait demandé au tribunal de relaxer son client "ne serait ce qu’au bénéfice du doute".

Le délibéré est attendu pour le 3 août 2023.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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Messages

  • Dabilgou, le traitre, est lui-même trahi à ce qu’il parait. Avant l’insurrection qui a foutu la merde dans le pays, il est resté député CDP à l’AN, tout en etant militant du MPP. Apres l’insurrection, il est frappé d’inegibilité pour 5 ans, comme tous élus du CDP et de sa mouvance. Quand le MPP arrive au pouvoir, Dabilgou est vite rehabilité et nommé ministre avec la justification qu’il etait resté au CDP, mais iln’etait pas de coeur avec eux. C’est cette gymnastique qui lui vaut ses deboires actuels. c’est de son ministere qu’il a organiséles detournements des deniers publiques. Comme on fait son lit, on s’y couche !

  • Voilà encore une autre bourde ! Comment peut on faire pareille plaidoirie ?
    Au lieu de te tabler sur des faits qui disculpent Dabilgou tu te préoccupes de SERE !!! Dabilgou a mal choisi son avocat d où sa mauvaise posture de défense et ses mauvais choix stratégiques. Les faits t ont perdu Dabilgou mais ton avocat n a pas été non plus à la hauteur

  • Vraiment,personne ne comprend ce procureur ;celui là même qui a poursuivi et faire condamné l’ex DG de la LONAB alors qu’il a apporter toutes les preuves ( des MSG, des audios,ou des déclarations orales) de DAMIBA alors chef de l’état l’enjoignant de faire des traits pour le compte de la présidence.Portant ,il a été très dure pour l’accusé le condamnant lourdement sans pour autant poursuivre DAMIBA.

  • Argument tellement contre-productif !!!
    Dabilgou tu as eu un très mauvais avocat. Tu le verras au verdict

  • Le DAF doit assumer, le Ministre ne peut pas l’envoyer d’aller voler venir lui donner et il accepte sans même un accusé de réception. Il devrait refuser et le dénoncer. On ne peut pas condamner quelqu’un sans preuve, mais comme on a tout fait pour amener le Ministre de la cour de compte pour le juger en droit commun on va dire quoi. Quelqu’un ne peut me convaincre que cette affaire est hors de sa fonction de ministre.

  • Le problème est que 99% des Burkinabe sont convaincus que Dabilgou est coupable des malversations au ministère des transports pendant qu’il était ministre.
    Que faire messieurs les avocats ? Si c’était les TPR, le problème était réglé. Mais avec les lois actuelles faites pour protéger les riches, tout peut arriver.

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