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Procès Vincent Dabilgou : « On n’est pas là pour parler de mon salaire, mais moi je peux vous payer », un témoin à Me Ouali

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Publié le vendredi 30 juin 2023 à 22h10min

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Procès Vincent Dabilgou : « On n’est pas là pour parler de mon salaire, mais moi je peux vous payer », un témoin à Me Ouali

Le procès Vincent Dabilgou se poursuit au Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Dans la matinée du vendredi 30 juin 2023, a été entendu à la barre Edouard Bado. Le témoin est technicien supérieur dans une entreprise de Bâtiments et travaux publics (BTP) française du nom de BOUIN. Ami de longue date du prévenu Dabilgou, le témoin reconnaît l’avoir soutenu financièrement dans le cadre de sa campagne.

"Je connais M. Dabilgou depuis 34 ans maintenant. C’est un ami, un frère. Lorsqu’il a des besoins et qu’il m’en parle, je fais de mon mieux pour lui tendre la main. J’ai bel et bien contribué au financement de sa campagne. Seulement, je ne peux pas estimer le montant de ce financement. Tout ce que je sais, c’est que c’est plus de 10 millions. Et si je devais m’asseoir pour calculer combien je lui ai donné jusque là, ça va au delà de 20 millions." Voilà de façon résumée la version donnée par le témoin Édouard Bado, pour ce qui est de sa contribution dans la campagne du prévenu Vincent Dabilgou.

A la question du procureur de savoir s’il existe des traces matérielles pouvant servir de preuves pour attester qu’il a bel et bien soutenu financièrement le prévenu, le témoin souligne que son intention n’a jamais été de se glorifier ou de brandir un élément de preuve justifiant qu’il a soutenu le ministre Dabilgou. "Dabilgou est mon ami. C’est un ami. Quand je lui donne de l’argent, je ne peux pas savoir qu’on va m’appeler un jour pour me dire de justifier cela. Je retire beaucoup d’argent et à plusieurs reprises. Je ne peux pas donner de l’argent à mon ami et faire signer des documents comme quoi je lui ai donné de l’argent" a-t-il répondu.

Pour le procureur, le témoin fuit les questions car ce qu’il attend de lui, ce n’est pas une décharge signée par Dabilgou et lui même montrant qu’il y a eu donation, mais plutôt, qu’il fournisse au tribunal des preuves qui montrent qu’il a effectué des retraits et que cela a servi à financer la campagne du prévenu. "L’argent ne tombe pas du ciel", dira t’il à ce propos. Aussi, fait-il noter que le témoin a communiqué avec le prévenu alors qu’il était en détention, chose qui n’est pas normale.

A ce propos, le témoin rappelle que lorsqu’il a communiqué avec Dabilgou, il n’était pas encore témoin dans le cadre de ce procès. De ses explications, il était en France lorsqu’il a appris l’arrestation de son ami. "Je l’ai appelé de là-bas et une fois rentré, je suis allé le voir. Je n’étais lié ni de près, ni de loin à ce procès. Ce n’est que deux mois après ma visite que l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) m’a appelé pour m’entendre" a-t-il clarifié.

Notons au passage que l’audition de ce témoin ne s’est pas faite dans le plus profond des calmes. Il y a eu par deux fois des empoignades avec les parties au procès, en commençant par le procureur. Ce dernier qui lui reprochait de lui couper la parole dans ses observations, s’est énervé en tapant du poing sur la table, puis s’est écrié : Laissez moi finir !".

La deuxième altercation était avec Me Ouali, conseil de Jean Gabriel Séré. Ce dernier dans ses observations, dira clairement que le témoin, bien qu’étant employé d’une entreprise française, ne pouvait pas offrir ces coquettes sommes au prévenu Dabilgou. Des allégations qui ont fait sortir le témoin de ses gonds, l’emmenant à rétorquer au nez et à la barbe de l’avocat : "on n’est pas là pour parler de mon salaire, mais moi je peux vous payer". Ces propos du témoin ont suscité de vives réactions dans la salle. Certains estimant que Me Ouali l’avait poussé dans ses derniers retranchements. D’autres estimant que le témoin est trop zélé. Face au brouhaha qui s’installait dans la salle, le président du tribunal a suspendu l’audience, histoire de calmer les tensions avant la suite des débats.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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Messages

  • C’est dans les difficultés qu’on reconnait les bons amis !

  • Tout le monde sait que de l’Europe on ne peut pas transférer des sous comme on veut sans justifications. Monsieur bado vot en Europe. Alors, quoi ?
    Si on est employé, c’est une réalité qu’il ne peut pas distribuer ces sommes comme des croquettes. A moins que ce ne soit un retour à l’envoyeur, vu qu’il est du domaine du BTP. Qui sait ?
    Qu’il justifie comment de cet argent car c’est par ce que on ne pose pas ces genres de questions qu’il y a le financement du terrorisme.
    Bado n’est pas au dessus des autres Burkinabè, qu’il se tienne à carreau et réponde aux questions.
    Est que ce bado est plus que EBOMAF ?

  • C’est des amis du genre Bado Edouard que moi je cherche au Burkina avec torche en plein midi sans succès. Il a bien défendu ses droits et ceux de son ami ex ministre devant un procureur du Faso très zélé et imbu de son autorité devant un tribunal. Félicitation Mr Bado Edouard. Les hommes honnêtes et dignes sont rares au Burkina même dans le milieu de la justice. Les ressources financières d’une personne ne sont pas que son salaire. Ce procureur doit retourner à l’école du savoir vivre et parler avec humilité en société. Pourtant vous étiez au même palais de justice quand le Président Blaise Kouassi Compaoré et son petit frère ont nargué notre justice durant des années jusqu’à ce jour. Faites votre travail dans le respect des témoins et accusés. Trop c’est trop. Merde.

  • Quelle arrogance !!!
    Mr. Dabilgou et son ami Mr. Badoo sont très arrogant devant le tribunal, sans aucune gène. Maintenant, imaginons leur langage au quotidien avec le Burkinabè ordinaire.
    Devant un tribunal, dire à un avocat, que tu peux le payer, ça ne se fait pas !!! Non, c’est impensable !!! Mr. Badoo ce que vous dit à l’avocat est très lai !!! Cela remet en cause la beauté de votre prétendue richesse
    Hier les Burkinabè ont tous vu le PDG de EBOMAF dans son témoignage. Il l’a fait dans un langage très courtois en respectant tout le monde. Quelle grandeur de la par du PDG de EBOMAF !!!
    Quelle beauté venant du PDG de EBOMAF !!!
    Je comprends pourquoi EBOMAF ne fait que grandir.

  • L’énervement et la fébrilité de M Bado est un indice de son inconséquence. Meme dans le domaine du BTP en Europe, un technicien qui distribue sans compter de l’argent est complètement invraisemblable. De qui veut-on se moquer là ? nous avons tous vécu en Europe et on sait très bien comment le tracking fonctionne là !
    Le procureur est dans son rôle et pour l’instant Bado ne convainc personne, même s’il peut payer tous les fonctionnaires du Burkina par mois

  • Un peu de retenue M. le témoin, technicien supérieur du bâtiment, n’est pas un si gros truc pour pouvoir payer les revenus d’un avocat. Et votre Bouinaise des travaux, au fond de la Vendée, n’est pas une si grosse boîte.
    Quelle arrogance. Votre salaire vous est il payé en liquide ? Et si vous avez retiré de l’argent dans votre compte, cela est tracé.
    Et un acte posé en 2020 et vous ne vous souvenez pas du montant ? Avec une si médiocre mémoire, vous deviez être bon pour construire des châteaux de sable.

  • C’est quel témoin hautain et impoli comme ça ? Il fallait le coffrer pour outrage au tribunal . Même, s’il travaille dans une entreprise française en tant que technicien supérieur ,en aucun cas ,son salaire normal ne peut lui permettre de distribuer des millions de francs CFA à tir larigot . Quand on vient devant un tribunal ,on doit avoir une attitude correcte et non s’illustrer par la désinvolture qui est le caractère des gens mal éduqués . Derrière les juges c’est l’institution Justice qu’il faut respecter .
    On est nombreux burkinabè qui avons étudier en France ,ou travaillons toujours en France et nous connaissons aussi les niveaux des salaires en France même dans les entreprises françaises . Même s’il veut aider son "ami" DABILGOU ,cela ne lui donne pas le droit de venir manquer du respect à notre justice et ses auxiliaires que sont les avocats .Heureusement qu’il a eu à faire à un président de tribunal très gentil et très tolérant . Enfin je ne pense pas que c’est de cette façon qu’il va bien aider son "fameux ami" DABILGOU . Bien au contraire .

    • Oui, le Tribunal est très gentil et très tolérant. Sinon, il fallait apprendre à ce monsieur d’apprendre à respecter ne serait-ce que cinq minutes un citoyen lambda à fortiori une autorité. L’œuf doit savoir où danser. S’il n’a appris à respecter les gens au cours de sa vie, il aurait dû l’apprendre de fort belle manière pour une fois.

  • Je trouve domage que les gens pensent que l’on ne peut pas venir en aide a un ami pour des sommes qui sont pour certains colossales et pour d’autres rien. Je crois bien que le monsieur a apporter de l’aide a son ami pour l’aider a financer sa campagne. J’ai moi meme apporter de l’aide a des amis pour les soutenir dans les moments difficiles et cette somme est superieur a 12 millions. Donc 20 millions n’est pas trop loin de cette somme mais je pense que le prevenu a fait cela pour esperer rececoir quelque chose de retour. J’ai egalement finance un partie au temps de Blaise a plus de 3 millions a sause d’un ami sans recevoir quelque chose de retour. Donc je pense que si j’ai pu le faire d’autres peuvent le faire egalement.

  • Depuis le procès du putsch de 2015 les avocats burkinabè ont eu une culture d’arrogance !
    Ça fait impression qu’ils ne font pas le travail pour la manifestation de la vérité mais plutôt dans l’objectif d’humilier les prévenus ou les témoins, certains c’est pour descendre sur les réseaux sociaux et voir s’ils font de la Une c’est vraiment pitoyable. Ce témoin a bien sut de lui rétorquer qu’ils ne sont pas là pour parler de son salaire. Il est aussi important de faire savoir à cet avocat que les revenus d’un individu ne se résume pas à son salaire et que l’on ne devient pas riche en accumulant de l’argent mais en le faisant rentabiliser.

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