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Procès Sankara et compagnons : Quand le tribunal cherche à savoir si en 1987, il existait le téléphone-portable

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Procès Thomas Sankara • Lefaso.net • jeudi 2 décembre 2021 à 21h30min
Procès Sankara et compagnons : Quand le tribunal cherche à savoir si en 1987, il existait le téléphone-portable

Le téléphone-portable existait-il en 1987 ? C’est une préoccupation suscitée ce jeudi 2 décembre 2021 devant le tribunal militaire par la déposition de l’accusé Tibo Ouédraogo.

En effet, durant sa reconstitution des faits, et par ses réponses aux questions d’éclaircissements des parties, l’accusé Tibo Ouédraogo est revenu sur ces coups de fil qu’il a donnés en cette soirée du 15 octobre 87. Il s’agissait pour lui, du MESS des Officiers où il se trouvait, de joindre d’abord le commandant en chef de l’armée, Jean-Baptiste Lingani, pour savoir la conduite à tenir face à la situation.

Puis, à charge de lui, et sur ordre du chef Lingani, de constituer une équipe pour aller neutraliser la FIMATS (Force d’intervention et de transport du ministère de l’Administration territoriale et de la sécurité). Tibo Ouédraogo dit avoir donc appelé les éléments pour un regroupement au conseil, d’où il a embarqué avec une dizaine de soldats pour la mission à la FIMATS (sise actuelle Ecole nationale de la Police).

Comment l’accusé a-t-il pu faire pour joindre tous ces éléments, alors qu’il n’était pas en service au MESS des Officiers (il était à Pô, d’où il est arrivé le 14 octobre 1987) ? De quel genre de téléphone disposait-il ? A cette curiosité poussée par le Parquet militaire, l’accusé répond qu’il avait un téléphone-portable.

En 87 y-avait-il un téléphone-portable ? Relance le Parquet.

« Il y avait téléphone-portable », rassure l’accusé.

"Euh !, c’était quelle marque ?", s’écrie le président du tribunal.

« Ericsson. C’était un gros comme ça », décrit l’accusé Tibo Ouédraogo dans une assistance qui a pouffé de rires.

« Ok, nous allons vérifier ça avec les gens de votre génération », tranche, dans une atmosphère comique, le président du tribunal, Urbain Méda.

Plus loin, la partie civile va affirmer qu’il n’existait pas de téléphone-portable en son temps. Elle en veut pour preuve que lors de son passage, le chargé de communication de la présidence du Faso d’alors, Serge Théophile Balima, a expliqué que même au sein de la présidence, ils avaient des problèmes de communication.

Mais l’accusé insiste et croit savoir qu’il y avait un téléphone-portable, même si parfois il semble hésiter entre celui-ci et le « talkie-walkie ».

A côté de ces propos aux relents hilarants, c’est un Tibo Ouédraogo qui a, à travers certains passages de son récit, manifesté sa peine, que le tribunal a écouté toute la matinée (09h à 12 h 56) de ce jeudi.

« Ce que j’ai subi depuis la mort de Sankara, on ne peut pas expliquer », s’est résumé l’accusé, marquant parfois un silence entre les mots et la voix par moment nouée.

« J’ai très, très, très souffert de la mort de Sankara. J’ai trop souffert », s’est, en propos de fin, confié Tibo Ouédraogo avant de se retirer de la barre.

O.L.

Lefaso.net

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