Lutte contre le paludisme : Target Malaria présenté aux hommes de média

LEFASO.NET | Par Milaine Goretti Tiendrebeogo (stagiaire) • vendredi 20 avril 2018 à 15h01min

Le paludisme est un défi du développement pour le Burkina Faso. L’Institut de Recherche en Sciences de la Santé (IRSS) à travers son équipe de recherche participe au projet Target Malaria en collaboration avec les partenaires internationaux. L’objectif global de l’Organisation Mondiale de la Santé est de réduire d’au moins 90% le nombre de décès dû au paludisme d’ici l’horizon 2030 et d’éliminer le paludisme dans au moins 35 pays et Target Malaria entend y apporter sa part contributive. Ce jeudi 19 avril, le projet Target Malaria a été présenté à la presse.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Lutte contre le paludisme : Target Malaria présenté aux hommes de média

Les chercheurs de l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé ont présenté Target Malaria, un projet novateur de lutte contre le paludisme aux hommes de média ce jeudi 19 avril 2018. En effet, Target Malaria est un consortium de recherche à but non lucratif qui vise à développer et à partager des technologies génétiques nouvelles, durables et économiques visant à modifier les moustiques et réduire la transmission du paludisme. Le projet de recherche regroupe plusieurs centres de recherche en Europe, en Amérique et en Afrique dont l’Ouganda, le Mali et le Burkina Faso. C’est depuis 2012 que le Burkina Faso, à travers l’IRSS, a rejoint le projet Target Malaria.

Objectif de Target Malaria

Mettre au point une nouvelle technologie génétique de lutte anti vectorielle contre les moustiques anophèles, c’est l’ambition du projet. Selon le Docteur Abdoulaye Diabaté, chercheur principal du projet, cette nouvelle stratégie contribuera à réduire le fardeau du paludisme en Afrique. Cette technique de lutte vise en effet à compléter les stratégies de lutte mises en place dans les programmes nationaux de contrôle du paludisme. Target Malaria ambitionne également de ce fait de réduire la population de moustiques vecteurs du paludisme par le biais d’une modification génétique du moustique et réduire ainsi la transmission du paludisme , a laissé entendre le docteur Abdoulaye Diabaté.

Membres du projet Target Malaria

Target Malaria regroupe une équipe multidisciplinaire, des scientifiques tels que des ingénieurs de protéines, des biologistes moléculaires, des entomologistes médicaux, des chercheurs en sciences sociales, des Conseillers en risques, réglementation, engagement des parties prenantes et communication. Le projet travaille autour de trois piliers fondamentaux qui sont la recherche scientifique, l’engagement des parties prenantes et la régulation.

Stratégie d’étude

Sur 672 espèces de moustiques présentes en Afrique, Target Malaria a fait le choix d’appesantir ses recherches sur trois espèces majeures qui transmettent le paludisme. Il s’agit de l’Anophèle gambiae, l’Anophèle coluzzii et l’Anophèle arabiensis. Présentement, Target Malaria dispose des équipes qui mènent des études en milieu confiné au laboratoire sur les caractéristiques et les comportements des moustiques anophèles génétiquement modifiés dont les mâles sont fonctionnellement stériles et auto-limitatifs. Selon les chercheurs, leur stérilité est induite par une modification génétique ne pouvant être transmise à la génération suivante car étant stérile.

JPEG - 80.7 ko
Vue d’ensemble des participants à la présentation du projet

A cela s’ajoute l’information des parties prenantes. A ce niveau-là, Target Malaria procède à l’information sur les sites à travers les canaux et moyens d’information qui regroupent les rencontres individuelles, les réunions publiques, l’utilisation des boites à images, du théâtre forum, des jeux de questions-réponses et une information par groupes homogènes. Toujours à ce niveau, Target Malaria a entrepris une communication avec les leaders traditionnels, les chefs de concessions et le public en général. Tout cela consiste selon lui, à faire le point des activités de recherches de terrain aux parties prenantes et par la même occasion, partager avec elles les résultats des activités de recherche et recueillir leurs avis.

Engagements des parties prenantes au niveau international

Au niveau international, le projet a été présenté au groupe technique du conseil sur la lutte vectorielle de l’Organisation Mondiale de la Santé. L’OMS a encouragé la poursuite de cette recherche et le dialogue avec le comité. Le projet a également été présenté selon Abdoulaye Diabaté, au panel de l’Union Africaine sur les innovations en Afrique. A cela s’ajoute l’encouragement de l’Union Africaine au développement et à la régulation de cette technologie dans sa décision 649 de juillet 2017 en précisant que cela venait en complément des autres efforts contre le paludisme.

Le projet Target Malaria est porté par une équipe compétente et dynamique a laissé entendre le docteur Sylvin Ouédraogo, directeur de l’IRSS. Cette équipe travaille à s’approprier les technologies émergentes en santé publique afin que le pays des hommes intègres soit une référence dans la lutte contre le paludisme. La vision de Target Malaria est « un monde exempt de paludisme »

Milaine Tiendrebeogo
Le Faso.net

Imprimer l'article

Vos commentaires

  • Le 23 avril à 08:29, par Jacques
    En réponse à : Lutte contre le paludisme : Target Malaria présenté aux hommes de média

    Les parties prenantes sont informés comment ? est-ce que les différents rapports des études sont disponibles au public pour consultation ? Que dit votre comité d’éthique sur cette recherche ? une recherche très coûteuse pour un pays aussi pauvre n’est pas très éthique ! de plus, cette méthode s’avère très onéreuse car il faudra en permanence élever et lâcher vos funestes moustiques transgéniques sans savoir les conséquences négatives inévitables qui viendront. Qui paiera les pots cassés ? je vous rappelle que les sociétés cotonnières ont perdu 50 milliards pour le coton Bt. Monsanto n’a jamais remboursé un tel montant mais à juste lâché quelques milliards pour éviter un procès. Les dindons de la farce sont évidemment les pauvres producteurs de coton qui n’ont rien gagner dans cette histoire car la hausse de rendement promis ne s’est jamais vérifié dans les champs des producteurs.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés