Santé animale : La Croix-Rouge lance la vaccination gratuite de 200 000 ruminants

mardi 17 décembre 2013 à 00h12min

L’arrivée massive de réfugiés maliens, avec leur bétail a considérablement contribué à accroître le nombre du cheptel de la province de l’Oudalan. La concentration sur certains pâturages et points d’eau ont été multipliés par trois, avec pour conséquences l’affaiblissement des troupeaux rendus plus vulnérables aux risques d’épidémie. Pour réduire ces risques, la Croix-Rouge burkinabè et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en collaboration avec le ministère des ressources animales et halieutiques ont décidé de jouer leur partition, en initiant une campagne gratuite de vaccination et de déparasitage du bétail de la province. Cette campagne qui s’étalera sur un mois devra toucher 200 000 bovins, ovins et caprins.

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Santé animale : La Croix-Rouge lance la vaccination gratuite de 200 000 ruminants

La population de la province de l’Oudalan vit d’activités pastorales à environ 90%. « Avec la crise malienne et l’afflux massif de réfugiés dans la région du Sahel avec leurs animaux, les besoins se sont accrus et les risques d’épidémie ou de pandémie se sont multipliés. Pourtant, les produits de l’élevage constituent la première source de revenus des populations ici. C’est pourquoi, la Croix rouge burkinabè et le CICR ont entrepris des initiatives allant dans le sens de l’appui des populations à préserver leurs troupeaux », soutient Moussa Ouattara, chef de bureau du CICR/Ouaga.

Ainsi, durant un mois, les éleveurs de Déou, Gandafabou, Forage Christine, Tinakoff, Oursy… peuvent faire vacciner gratuitement leurs bovins contre la Péri pneumonie contagieuse bovine (PPCB). Quant aux petits ruminants, ils seront vaccinés contre la pasteurellose. La campagne a été officiellement lancée à Déou, un département de la province de l’Oudalan dans la région du Sahel, le 13 décembre 2013. Mais avant, une alerte d’épidémie avait été signalée à la frontière avec le Mali. « Il était prévu qu’on commence la campagne initialement le 02 décembre, mais on a eu une alerte de la péri pneumonie contagieuse bovine au niveau de la frontière Burkina-Mali. Le programme n’avait pas encore commencé. On a donc demandé au CICR de nous aider à éteindre ce foyer aussi rapidement que possible. Ils ont accepté notre doléance. On est parti et en trois jours, on a vacciné 8000 têtes de bovins du 27 au 30 novembre  », précise Dr Ben Idrissa Ousséni, le directeur technique de la présente campagne. Il est vétérinaire installé en clientèle privée, mandataire dans les départements de Déou, Tinakof, Gorom et Oursy.

Cette campagne permettra de vacciner gratuitement 200 000 animaux, soit 100 000 bovins et 100 000 ovins et caprins. Y compris le bétail des réfugiés maliens. Toute chose qui va contribuer à protéger les animaux, première source de revenus de la province.

Forte adhésion des éleveurs

Une fois n’est pas coutume, les éleveurs ont massivement adhéré à cette campagne de vaccination. A titre d’illustration, le village de Déou qui, auparavant faisait vacciner environ 900 têtes par campagne a enregistré plus de 4500 en trois jours. « Du jamais vu », selon Dr Ben Idrissa. Et, les agents vaccinateurs entendent consacrer encore trois autres jours à ce village, car faisant partie des zones prioritaires.

En plus de celui de Déou, les départements de Tinakoff et Oursy ont été définis comme étant les zones prioritaires. Et les éleveurs ont été invités à faire le nécessaire, c’est-à-dire convoyer leurs bétails au niveau des lieux désignés pour la vaccination. Là-bas, les différentes équipes du Dr Ben Idrissa Ousséni les attendent. 12 agents répartis en trois équipes de quatre s’affairent dans les différents parcs. Au bout d’une semaine, sont plus de 40 000 animaux ont déjà été vaccinés.

«  Par jour, on peut vacciner entre 1500 et 1850 petits ruminants. Depuis qu’on est là, les éleveurs viennent avec leurs animaux et ils nous aident à faire avancer le travail. C’est eux qui attrapent les animaux et nous on leur administre les vaccins  », explique Mahmoud Abdoulaye, auxiliaire vétérinaire.

Aïzoudin Ag An est éleveur à Gandafabou. C’est ce 13 décembre qu’il a choisi de convoyer son troupeau. « Ce n’est pas la première fois que je vaccine mes animaux, mais cette année, j’ai envoyé beaucoup plus que l’année dernière car ça permet aux animaux de rester en bonne santé et de grossir. Je pense même que si je ne les avais pas vacciné l’année dernière, peut-être que je n’aurai plus une seule chèvre cette année », confie-t-il.

Vaccination, mais aussi déparasitage

Les petits ruminants, en plus de la vaccination, bénéficient d’un déparasitage. Ces actions ont pour but la préservation et la protection de la principale source de revenu des populations de la province. Afin de mesurer l’efficacité du déparasitage effectué, une des équipes du Dr Ben, procède à l’analyse de 1000 fèces de petits ruminants. « Avant le déparasitage, nous allons collecter 500 fèces de petits ruminants, pour analyser au niveau du laboratoire de Dori. Nous allons conserver ces résultats. Trois semaines après la vaccination et le déparasitage, nous allons prélever les fèces de ces mêmes animaux pour une deuxième analyse pour voir l’efficacité de l’Ivo mec D qu’on aura administré à ces animaux pour voir si le taux d’infection a baissé ou s’il faut reprendre le traitement. Le déparasitant est un médicament qui agit aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’animal. Il élimine tous les parasites internes et externes  », soutient Benoit SEI, responsable du programme sécurité économique du CICR/Ouaga.

La province de l’Oudalan, selon le dernier recensement, compte 300 000 têtes de bovins et 800 000 têtes d’ovins et de caprins. C’est pourquoi, tout en adressant un « grand merci au CICR », Dr Ben Idrissa Ousséni espère que l’appui de la Croix-Rouge ne s’arrêtera pas là, car « c’est bon mais, ce n’est pas arrivé  ». Pour sûr, les populations de la localité souhaitent la poursuite de cette collaboration fructueuse entre la Croix rouge et le Ministère en charge des ressources animales.

Pour la réalisation de cette campagne, le CICR devrait débourser près d’une centaine de millions de francs CFA.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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