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Me Sika Bella Kaboré, présidente de l’association KIMI : pour la promotion de la santé

Accueil > ONG, Coopération décentralisée • • mercredi 13 décembre 2006 à 07h25min

Sika Bella Kaboré (gauche)

Née de la volonté de personnes soucieuses du bien-être de la population « Kimi » est une association qui fait de la promotion de la santé son cheval de bataille. Pour en savoir plus sur les activités, les objectifs, les fondements de l’association, nous avons rencontré sa présidente, Mme Sika Bella Kaboré.

Sidwaya (S.) : Présentez-nous l’association que vous présidez.

Mme Sika Bella Kaboré (S.B.K) : KIMI est une jeune association d’aide à la santé préventive. Pourquoi KIMI ? KIMI en langue dioula signifie « parapluie » pour se protéger de la pluie et du soleil. Nous l’avons réinterprété dans un sens plus large pour traduire la notion de prévention et le caractère préventif des activités de notre association. Nous avons été reconnue officiellement en février 2006, mais c’est au courant du mois de décembre que nous allons lancer nos activités.

Nous avons mis un peu de temps pour lancer nos activités parce que l’animation de l’association constitue une nouvelle tâche dans l’emploi de temps déjà chargé de chacun des membres fondateurs. Il a fallu donc les réorganiser pour s’harmoniser sur des temps de rencontres régulières. Aujourd’hui nous sommes prêts pour démarrer nos activités sur la base d’un programme stratégique d’activités que nous comptons développer sur les cinq (5) ans à venir, 2007-2012.

S. : Quels sont les fondements de KIMI ?

S.B.K : Nous sommes six (6) membres fondateurs qui, au départ nous retrouvions au hasard des opportunités pour causer. Par la suite, nous nous sommes convaincues de ce qu’il fallait qu’on fasse quelque chose pour « aider le pays » en dehors du cadre de nos activités professionnelles, afin d’apporter notre petite contribution à la lutte contre la pauvreté. Mais quoi faire ?

Mahatma Gandhi disait : « Peut-être ne connaîtrez-vous jamais le résultat de ce que vous avez fait, mais si vous ne faites rien, il n’y aura jamais de résultat ». Je pense que la présence de deux médecins dans le groupe a été déterminante quant aux objectifs de l’association.

Nous nous sommes en effet fixés comme objectif, la promotion de la santé à travers l’amélioration du cadre de vie, des conditions et des habitudes de vie du burkinabè. Les actions de l’association ont pour cible les décideurs politiques afin qu’ils s’investissent et investissent davantage dans la promotion de la santé, les collectivités locales pour un plus grand engagement dans les actions de promotion de la santé, les populations à travers les différentes communautés, afin qu’elles prennent conscience de leur propre rôle dans l’amélioration de leur santé.

S. : Quelles activités comptez-vous mener pour atteindre vos objectifs ?

S.B.K : A partir de nos objectifs, nous avons décidé de mettre en place des programmes d’activités quinquennaux dont le premier débute en janvier 2007. La promotion de la santé fait appel à plusieurs facteurs, facteurs comportementaux, culturels, sociaux, économiques etc. qui ne sont pas du domaine traditionnel de la santé. Nos moyens d’actions sont le plaidoyer, la mobilisation sociale, la sensibilisation et l’éducation. Pour ce premier programme, nous avons décidé de nous pencher sur certaines affections.

Il s’agit des cancers chez la femme, pathologies qui, pour le moment, ne font pas l’objet d’un programme élaboré au niveau du ministère de la Santé. Nous nous intéresserons également au cadre de vie et aux questions d’hygiène. Il s’agira de travailler à l’élimination du trachome, à la réduction du paludisme, des affections diarrhéiques et des bilharzioses. Au titre des maladies génétiques, nous allons appuyer les activités de prévention et de prise en charge de la drépanocytose.

Pour chacun de ces axes, nous allons développer des actions de plaidoyer. Nous allons mobiliser les communautés à la base pour une plus grande prise de conscience par la sensibilisation. Nous allons également contribuer à l’éducation des plus jeunes en faveur de l’acquisition de nouveaux comportements. Il faut souligner que la promotion de la santé ne peut se jouer qu’avec l’interaction de toutes les énergies, gouvernementales, non gouvernementales, associatives, familiales.

Au préalable, nous allons procéder à l’identification et à la mise en place de relais dans l’ensemble des provinces du Burkina Faso, en commençant par celles qui sont les plus affectées par les pathologies concernées pour arriver à terme à une antenne de KIMI dans chaque province. Je profite de vos colonnes pour informer l’opinion qu’à l’occasion du lancement de nos activités, nous organisons une campagne gratuite de dépistage du cancer du col de l’utérus pendant trois jours au CMA du secteur n°30 de Ouagadougou.

S. : Comment va se traduire concrètement sur le terrain l’éducation des plus jeunes ?

S.B.K : Nous comptons avoir pour partenaire le ministère de l’Enseignement de base. Il s’agit en effet ici, de l’aquisition de comportements mettant les enfants à l’abri de risques pour leur santé. Nous avons deux stratégies : nous pensons le faire dans le cadre des activités parascolaires où, à travers le théâtre et les jeux scéniques, nous allons amener les enfants à réfléchir sur les questions d’hygiène comportementale et aussi à travers l’édition d’ouvrages à la fois éducatifs et de loisirs que nous pourrions vulgariser en partenariat avec le MEBA.

S. : Votre action intéresse-t-elle l’ensemble du pays ou est-ce qu’elle cible certaines provinces ?

S.B.K : Notre action intéresse l’ensemble du pays. Bien attendu, certaines provinces, plus touchées par les affections ciblées dans notre plan quinquennal que d’autres, bénéficieront plus de nos interventions. C’est le cas par exemple des provinces de la Tapoa et de la Gnagna pour le trachome, de la Kompienga et du Boulgou pour les bilharzioses. Mais dans l’ensemble, il faut retenir qu’il y a de la matière à travailler sur l’ensemble du territoire, s’agissant des questions de santé, dans les zones urbaines comme dans les zones rurales, aussi bien auprès des plus nanties que des plus défavorisées.

S. : Qui peut faire partie de KIMI ?

S.B.K : KIMI est ouverte à toute personne de bonne volonté, prête à s’investir dans le social, tout en sachant qu’il y a des droits d’adhésion de 10 000 F CFA par personne et une cotisation annuelle de 5 000 F CFA. Nous avons beaucoup de demandes d’adhésion auxquelles nous ne comptons répondre qu’une fois nos activités lancées.

S. : Au regard de l’immensité de la tâche, aurez-vous les moyens de vous faire valoir ?

S.B.K : La tâche est immense, c’est vrai et je pense que nous serons jugés aux résultats. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de circonscrire nos activités dans le cadre de programmes. On dit souvent que « qui trop embrasse, mal étreint ». Maintenant, à savoir si l’on aura les moyens d’atteindre nos objectifs ; il s’agit là d’une autre paire de manche dont la solution ne se trouve pas uniquement au niveau des moyens financiers ou matériels.

La plus grande ressource que nous comptons mobiliser est l’adhésion des décideurs nationaux et des partenaires au développement à notre démarche. Une fois que ces personnes seront acquises à notre cause, nous pensons avoir gagné à 50%. L’engagement des médias à nos côtés constituera également un moyen considérable de relais auprès des leaders d’opinion, qu’ils soient religieux, coutumiers ou politiques.

S. : Quels sont vos projets à moyen et long terme ?

S.B.K : Nos projets s’inscrivent dans les programmes de l’Etat et les départements avec lesquels nous développerons des accords de partenariat. Nous ne pourrons donc parler véritablement de projet à moyen et long terme qu’une fois que nous aurons traduit notre programme en actions concrètes et que nous aurons négocié avec ces différents partenaires. Toutefois, dans le court terme, nous allons nous atteler à l’identification et la mise en place de nos relais de travail.

S. : Selon une certaine opinion, la création des associations obéit bien souvent à des raisons mercantiles. Que répondez-vous à ces personnes ?

S.B.K : Il s’agit d’un mauvais procès que l’on fait à des personnes de bonne volonté qui ont choisi d’aider leurs prochains et de servir la bonne cause de façon bénévole. Cependant, c’est aux associations de faire la preuve qu’il s’agit effectivement de mauvais procès en produisant des résultats visibles.

S. : Peu de gens connaissent Mme Sika Bella Kaboré, présentez-vous à nos lecteurs.

S.B.K : Il est toujours difficile de se présenter soi-même d’une part et d’autre part je n’aime pas beaucoup parler de moi. Je préfère laisser les autres m’apprécier.

Cela dit, je suis mariée mère de trois enfants, j’ai deux petits-fils. Je suis juriste de formation. Actuellement, je travaille à la Chambre de commerce.

Interview réalisée par P. Pauline YAMEOGO

Sidwaya

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