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Covid-19 : Des journalistes s’imprègnent de la prise en charge au CHU de Tengandogo

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Coronavirus • LEFASO.NET • jeudi 16 avril 2020 à 23h20min
Covid-19 : Des journalistes s’imprègnent de la prise en charge au CHU de Tengandogo

Le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo, principal centre de prise en charge des malades du Covid-19, a ouvert ses portes aux journalistes ce jeudi 16 avril 2020. Ils ont pu s’imprégner du processus de prise en charge des malades.

Tout commence par le centre de tri des malades à l’entrée du CHU. Dans ce centre géré par l’ONG Alima, les malades sont accueillis par une équipe d’agents de santé et soumis à un interrogatoire pour la définition des cas. Puis des prélèvements sont faits et envoyés en laboratoire. En attendant les résultats, les cas suspects ne présentant pas de symptômes sont renvoyés chez eux avec la consigne de se mettre en confinement, et les cas suspects sérieux qui présentent des signes comme une difficulté respiratoire sont envoyés au service des urgences.

Le service des urgences polyvalentes, dirigé par Pr Flavien Kaboré, anesthésiste-réanimateur, prend en charge aussi bien les malades testés positifs que les cas suspects présentant des signes cliniques de la maladie. Ce service, où travaillent 24 médecins, a d’ailleurs été réaménagé pour assurer une prise en charge sécurisée pour les patients et les agents de santé. Au service des urgences, les patients testés positifs reçoivent les premiers soins avant d’être transférés en hospitalisation ou en réanimation, en fonction de leur état.

« Si son état est très grave, il va en réanimation. Et si son état le permet, il va en hospitalisation. Pour les cas suspects, nous faisons le prélèvement et nous attendons les résultats. S’il est positif, le patient reste ici. S’il n’est pas positif, nous assurons son transfert vers un autre hôpital de la ville de Ouagadougou », explique Pr Kaboré.

En ce qui concerne le protocole de prise en charge, Pr Flavien Kaboré indique que les malades testés positifs se voient administrer la chloroquine et l’azithromycine. Mais, explique-t-il, « il faut savoir que le malade peut avoir d’autres problèmes de santé et donc ces problèmes de santé sont également pris en compte dans la gestion de ce malade. Mais globalement, les malades que nous recevons ont des problèmes respiratoires pour la plupart, et cela est pris en compte dans la prise en charge ».

Après le service des urgences, cap est mis sur le service de réanimation où sont internés les cas les plus graves de Covid-19. Il s’agit de patients présentant des difficultés respiratoires, malgré l’oxygène qui leur est administré. Ils sont alors admis en réanimation pour une assistance respiratoire. Ce service, d’une capacité de douze lits extensibles à 24, a été rouvert il y a une semaine, après des travaux. Il accueille actuellement trois malades. Et pour la prise en charge de ces cas graves, huit anesthésistes-réanimateurs et 72 agents paramédicaux y travaillent.

Puis la visite s’est achevée au bâtiment 15 où sont hospitalisés les malades. Ceux que nous y avons rencontrés salue à l’unanimité la prise en charge dont ils font l’objet. Ils affirment recevoir chaque jour, et ce plusieurs fois, la visite des médecins. « Un néphrologue est même passé me voir ce matin », affirme Sarata Sawadogo, 45 ans, internée depuis neuf jours. Elle est dialysée et atteinte de Covid-19. Elle plaide d’ailleurs pour que des dispositions soient prises afin que les dialysés atteints de Covid-19 ne soient pas sources de contagion pour les autres quand ils se rendent dans les centres de dialyse.

Sur le plan alimentaire également, les patients disent recevoir les trois repas de la journée accompagnés de dessert. Le menu du jour au déjeuner était composé de crudités, de gonré au poulet, de banane et de jus de tamarin. Mais ce qu’ils déplorent, c’est l’hygiène et particulièrement celle des toilettes dont l’état est à revoir.

« La procédure est lente », déplore une patiente

Si les patients saluent la prise en charge au sein du CHU de Tengandogo, certains ne manquent pas de dénoncer la lenteur dans la procédure de prise en charge des éventuels cas de Covid-19. « J’ai appelé le 3535 un mercredi, personne n’est venu me chercher. Finalement, le samedi, je me suis rendue moi-même ici (CHU de Tengandogo, ndlr) pour un prélèvement et je suis rentrée à la maison. C’est après qu’on m’a appelée pour me donner les résultats. Il faut qu’on implique les CSPS et qu’on forme les agents de santé pour qu’on puisse s’y rendre, quand on soupçonne qu’on a le Covid-19, parce que le 3535 ne réagit pas toujours vite. Le processus est lent. Moi je ne suis pas venue avec une crise. Mais à cette allure, il y a aura trop de décès s’ils ne changent pas la procédure. », met en garde une patiente du Covid-19.

A l’issue de la visite, Dr Pierre Kaboré, médecin interniste, a expliqué que c’est après deux tests négatifs qu’un patient est déclaré guéri. A sa sortie, tous ses objets essentiels sont désinfectés. Les vêtements et autres accessoires sont détruits. Le patient, une fois rentré chez lui, est invité à rester confiné quatorze jours avant de pouvoir vaquer normalement à ses occupations.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 17 avril 2020 à 06:32, par Vérité indiscutable En réponse à : Covid-19 : Des journalistes s’imprègnent de la prise en charge au CHU de Tengandogo

    Félicitations aux journalistes pour ce travail risqué. Merci vraiment à eux.
    Au final, les rumeurs n’étaient pas si fausses.
    Le plus haut lieu de prise en charge des malades du covid dans cet état ? Ad pa nana yé ! Déjà même à la réception, les gens vont se contaminer mutuellement. Les toilettes sont le lieu où surabonde le virus, et tout un hôpital dédié à ça en fait son dernier souci. Ad pa nana yé. Faut plus parler du 3535. On voit bien que le nombre de cas actifs est toujours constant ; serait-ce parcequ’on n’a pas assez de places ? Raison pour laquelle le test est un luxe, laissant certains mourir dans les hôpitaux sans que jamais on ne saura s’ils sont morts du COVID-19 ou non.
    Nous avons encore beaucoup de choses à faire.

    Répondre à ce message

    • Le 17 avril 2020 à 11:40, par Espoir En réponse à : Covid-19 : Des journalistes s’imprègnent de la prise en charge au CHU de Tengandogo

      Vraiment Ad pa nana yé (pour paraphraser l’autre).
      Felicitations pour ce reportage.
      Il faut qu’on arrive a demystifier la prise en charge.
      Comme cela a été demandé par un malade dans l’article, il faut démocratiser la prise en charge :
      - Former les CSPS et les cliniques privées pour qu’ils commencent la prise en charge dès debut mai 2020.
      - Doter leur personnel qui sera en charge de matériel de protection
      - Mettre en place un point de tri des patients à l’entrée de chaque centre de santé.

      Répondre à ce message

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