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Boniface Wendsounri, laveur de motos : « Il n’existe pas de sot métier, il existe une sotte personne »

Accueil > Actualités > Portraits • LEFASO.NET • mercredi 5 février 2020 à 12h03min
Boniface Wendsounri, laveur de motos : « Il n’existe pas de sot métier, il existe une sotte personne »

Au quartier Tampouy de Ouagadougou, le jeune Boniface Wendsounri a aménagé un espace sis côté sud des rails. « Pasteur », comme l’appelle affectueusement son entourage, s’est spécialisé dans le lavage des engins à deux roues et des voitures.

Rien ne prédestinait ce jeune homme à faire du lavage des motos et des voitures, sa principale source de revenus. Mais quand on a foi en Dieu, au point de consacrer la journée du dimanche à la prière, jour le plus sollicité pourtant par la clientèle, l’on dira simplement que « l’homme propose et Dieu dispose ! ».

« Les gens me demandent souvent pourquoi je ne travaille pas les dimanches. Mais c’est le jour du Seigneur, je ne peux pas laisser la prière et venir travailler ! », confie celui que son entourage et sa clientèle ont fini par surnommer « Pasteur ». Laveur de motos depuis quatre ans, Boniface avait pourtant un grand rêve, celui de devenir un « homme de tenue ». Devenir policier, gendarme, garde de sécurité pénitentiaire, agent des Eaux et forêts ou militaire, peu importe le corps. Ce jeune de 25 ans a donc toujours été passionné de la « tenue ».

De vendeur de motos à laveur de motos

Celui qui a abandonné ses études en classe de sixième, avouera : « Je n’étais pas un élève studieux. J’étais plutôt distrait, j’aimais m’amuser et quand j’ai décidé d’arrêter les études, mes parents ne se s’y ont pas opposés ».

Confié à son oncle à Yako (chef-lieu de la province du Passoré, région du Nord), ville qui l’a vu naître, Boniface rejoindra plus tard ses parents à Ouagadougou. Là, il appuie son père dans la vente d’engins à deux roues. Quelques années après, cet aîné d’une famille de six enfants décide de prendre son indépendance en se lançant dans le lavage des motos. « Je me suis d’abord formé auprès d’un jeune homme, pendant six mois, avant de me mettre à mon propre compte », raconte-t-il.

Depuis lors, dit-il, « je ne me plains pas. J’enregistre au moins une recette de 2 000 francs par jour, toutes charges déduites (carburant pour la machine, savon…) ». Il précise que le lavage de la moto s’élève à 250 francs CFA et le voiture à 1 000 francs CFA. Il arrive néanmoins des jours où les motos se font rares au « garage », mais Pasteur reste optimiste. « Il y a des jours où ça va, il y a des jours où ça ne va pas. Tout dépend de Dieu », relativise le jeune entrepreneur. Il est convaincu qu’« il n’existe pas de sot métier, il existe une sotte personne ».

De leur côté, les clients ne tarissent pas d’éloges pour le jeune homme. « Je suis vraiment satisfait de son travail. Il est sérieux dans ce qu’il fait et nous ramène même la moto après l’avoir nettoyée », témoigne Omar Nana, un client. Comme lui, Pascal Yé apprécie positivement le travail du jeune homme : « Il est professionnel. On sent qu’il aime vraiment ce qu’il fait ».

Pour réaliser son rêve de porter « la tenue », Boniface suit parallèlement des études en cours du soir. Il est inscrit en classe de 4e. A défaut, il voudrait mettre en place une quincaillerie.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 7 février à 23:00, par Kouda En réponse à : Boniface Wendsounri, laveur de motos : « Il n’existe pas de sot métier, il existe une sotte personne »

    Mon frère Boniface, beaucoup de courage à toi. Tu es croyant, cela donne un répère à ta vie et te guide.
    Organise toi bien et continue de très bien faire ton travail, je suis convaincu et prie pour que tu réussisse très bien, diversifie ton activité et crée des revenus et des emplois pour d’autres personnes. Pense bien tes projets, crois en toi et n’oublie pas ta destination (ce que tu veux faire). N’écoute pas certaines gens qui te distraieront par leurs moqueries, leurs mesquineries, les découragements et autres. Courage aussi pour tes cours du soir. Il n’est jamais trop tard. Tu as le droit d’avoir ton rêve de devenir homme de tenue. Bravo à toi, tu as ma plus profonde admiration.

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  • Le 14 février à 09:30, par Alexio En réponse à : Boniface Wendsounri, laveur de motos : « Il n’existe pas de sot métier, il existe une sotte personne »

    C est honteux pour notre developpement en Afrique. Nos gouvernants n avaient pas de vision politique pour bien de leur peuple. Em instaurant une education theorique dont les cycles bouffent la longueur de la vie dans la bureaucratie handicapante qui tue le genie createur du citoyen lamda.

    L EDUCATION SCOLAIRE mal adapter par rapport a nos besoins. Son cycle est long et Cher pour un pays pauvres comme le notre. L UNIVERSITE a subi le meme sort. Elle n est pas productive.

    Les asiatiques ont defini et cataloguer leurs priorites pour son developpement en utilisant son Capital humain dans des branches techniques. et diversifier. Les metiers ont ete integres a l ecole.

    Et les orientaions professionelles se passent du bas ages. Cela n empeche de lire Victor Hugo ou Sakespeare. Pour ne pas dire Moliere. Comme dans notre situation au Burkina Faso. Alors la Coree du Sud apres son independance n etait pas mieux loti que nous les africains pour une emergence dont ils ont tires les fruits aujourdhui.

    C est une question d organisation et perseverence ferme.
    Peut etre aujourdhui que Boniface n allait pas laver les engins et automobile. Il allait etre dans un cadre plus performant et evolutif par rapport a son dur labeur d aujourdhui.

    C est l etat burkinabe qui a manquer s honorer son devoir. En 2010, Blaise Compaore lors de sa campagne politique nous avait promis en Etat emergent, si il gagnait les elections. Il les a gagner avec des scores a la sovietique. Ou nous en sommes aujourdhui ?

    On est traquer par ses anciens amis. Les terroristes du Sahel qui prenaient les occidentaux comme otage moyennant d un butin pour liberation par le General Diendere.

    Boniface j admire votre perseverance et abnegation qui merite encouragement par ces prestations de service. Ces t pire ce que nous les africains font a Paris, ou a Londres. Mais chez nous on se comporte comme des zeles sans repere. Ou sans les antennes sosiales.

    Répondre à ce message

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