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Burkina /Elevage : Alimata Sawadogo ou la force féminine qui offre au pays une grande unité de production d’aliments pour volaille et bétail

Publié le jeudi 25 avril 2024 à 22h05min

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Burkina /Elevage : Alimata Sawadogo ou la force féminine qui offre au pays une grande unité de production d’aliments pour volaille et bétail

Des femmes qui ont un parcours admirable, on en trouve au Burkina Faso. Elles sont tapies dans l’ombre, mais le travail qu’elles mènent fait bouger les lignes dans le développement du pays. Entrepreneure hors pair, Alimata Sawadogo a travaillé sans répit et est aujourd’hui une fierté pour son pays. Elle est la première femme à investir autant de moyens (plus de trois milliards de FCFA) pour offrir au Burkina Faso sa première grande unité de production d’aliments pour volaille et bétail de qualité au profit des acteurs du domaine de l’élevage. Portrait d’une travailleuse dans le sang et d’une humaniste dans l’âme !

Alimata Sawadogo, c’est bien de cette amazone aux multiples casquettes qu’il s’agit. Elle réussit tout ce qu’elle engage, quel que soit le temps que cela prend. Son secret : mettre l’homme au centre de tout. Pour l’entrepreneure hors pair, c’est le fruit de l’éducation révolutionnaire. Pour celle qui est passé par l’école de la révolution dans les années 84, il n’y a de richesse qu’en l’homme.

En plus de cette riche éducation de la révolution, dont elle dit avoir bénéficié, celle que ses voisins du quartier appellent affectueusement « Go de non loti » a aussi bénéficié d’une éducation rigoureuse de son défunt père qu’elle affectionne tant, selon ses dires. Celui-là même à qui elle a dédié sa société SO-NU-AGRO à titre d’hommage et de reconnaissance. Revenant sur son surnom « Go de non loti », elle dit en être fière, parce que cela montre qu’on peut venir d’un quartier populaire et vivre plus tard dans un quartier huppé comme Ouaga 2000.

Son sens élevé de la valeur humaine, du travail bien fait et du respect des engagements qu’elle prend lui ont valu une batterie de distinctions et des postes de responsabilité dans le domaine avicole. Yennega d’or en 2017, Chevalier de l’ordre de mérite avec agrafe élevage et Chevalier de l’ordre national avec agrafe commerce. Depuis 2006, elle a occupé plusieurs postes de responsabilité allant de présidente de la Maison de l’agriculture du Burkina à présidente de l’Association de la filière avicole du Burkina, en passant par le poste de secrétaire générale de l’Union des associations de la filière avicole de l’espace UEMOA pendant près de 10 ans et celui de membre du conseil d’administration du Conseil interprofessionnel des entreprises du Burkina Faso. La liste n’est pas exhaustive.

Parler d’Alimata Sawadogo, c’est parler d’un parcours dans lequel on aura toujours quelque chose à dire. Elle est l’une des premières femmes à s’investir dans le secteur avicole dans lequel elle évolue depuis 2004.
Pour la petite histoire, avant de devenir un édifice autant admiré et choyé aujourd’hui, la SO-NU-AGRO était d’abord une petite ferme dans un trou perdu de Bassemyam (commune de Komsilga) où dame Sawadogo a vécu des hauts et des bas, comme dans tout projet entrepreneurial.

Lire aussi : Burkina/Aliments pour animaux : La société de nutrition agro-alimentaire (SO-NU-AGRO) lance ses activités

Elle dit avoir été même surnommée la « folle » par les habitants de ce village de la périphérie de Ouagadougou, parce qu’ayant élu domicile dans la brousse pour gérer sa ferme.
C’est un rêve d’enfance qui se concrétise, selon ses dires, pour répondre à son besoin personnel dans la chaîne de sa production, mais aussi pour répondre à celui du marché.

Instruite et retourne à la terre

Dès sa tendre enfance, elle menait déjà des activités commerciales avec ses professeurs dans son école. Mais tout est parti en 2004 où elle acquiert un terrain de deux hectares à Bassemyam pour y monter une ferme avicole. Elle débute alors avec 300 poussins acquis au Ghana et, quelques années plus tard, ils sont passés à 30 000, créant ainsi des besoins en aliments de volaille et, en aval, un abattoir respectant les normes internationales. « Je venais de comprendre alors ce qu’on m’a enseigné en 1984 à l’école, on nous instruisait déjà la formation politique et idéologique pour nous expliquer que tu peux finir tes études et revenir prendre la ferme de tes parents et être plus riche que le fonctionnaire », explique l’entrepreneure.

« Les besoins de modernisation et de renforcement de capacité ayant été trouvés, il fallait trouver le financement et le projet d’agriculture contractuel et transitionnel qui nous a accompagné, d’autres partenaires et mon apport personnel », a-t-elle raconté.
Ce premier voyage dans le monde de l’aviculture lui a permis de comprendre le travail, la rigueur qu’il faut mettre pour réussir dans le domaine. En 2010, elle devient diplômée en pathologie aviaire de l’université de Géorgie aux Etats-Unis et en management pour femmes dans une école de Paris, en France.

Cette entreprise est un hommage à ses défunts parents, notamment son père qui, dit-elle, lui a inculqué l’amour et le travail bien fait et qu’on avait fini par surnommer « on calcule en dormant ». Car il était inconcevable pour lui de se réveiller après 5 heures du matin.

Comme message à la jeunesse, elle dira que l’amitié, la patience, la persévérance, la confiance, la responsabilisation, l’innovation, l’humilité, l’audace, l’amour du travail bien fait et surtout le respect des engagements conduisent toujours au succès.
« L’aventure vient de commencer et j’ai encore besoin de vous », lance-t-elle à son assemblée, au cours du lancement officiel des activités (24 avril 2024). Son rêve ultime, c’est de survoler son ranch avec son aéronef comme les méga fermiers américains qu’elle affectionne comme modèles de modernisation de l’aviculture.

Yvette Zongo
Lefaso.net
Crédit Photo : Bonaventure Paré

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