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Burkina/Triple saut : Yacouba Loué, le potentiel successeur de Hugues Fabrice Zango, rêve également d’un sacre mondial et olympique

Publié le dimanche 19 mai 2024 à 21h48min

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Burkina/Triple saut : Yacouba Loué, le potentiel successeur de Hugues Fabrice Zango, rêve également d’un sacre mondial et olympique

Né le 14 juin 2002 à Bobo Dioulasso, Yacouba Loué, de par ses performances et s’il est soutenu et bien encadré, se positionne comme le successeur potentiel de Hugues Fabrice Zango, champion du monde de triple saut et premier médaillé olympique de l’histoire du Burkina Faso. A bientôt 22 ans, Yacouba Loué s’est déjà offert la médaille de bronze en triple saut aux derniers Jeux africains à Accra en mars 2024. Celui qui a pour modèles Hugues Fabrice Zango, Christian Taylor ou Jonathan Edward, rêve de devenir champion du monde et champion olympique. Tout en admettant qu’il travaille pour prendre le relais de Hugues Fabrice Zango, Yacouba Loué s’est également attardé sur les difficultés qui minent l’athlétisme burkinabè.

Quand on parle de l’athlétisme burkinabè, le premier nom qui vient, c’est celui du triple sauteur Hugues Fabrice Zango, premier médaillé olympique de l’histoire du Burkina Faso, champion d’Afrique, champion du monde de triple saut en salle et en plein air, plusieurs fois vainqueurs de meetings en triple saut, détenteur du record du triple saut en salle (18,07m en 2021), etc. Des performances qui font la fierté du Burkina Faso et ont permis à l’hymne national burkinabè ‘’le Ditanyè’’ de retentir dans plusieurs villes à travers le monde entier. Les jeux de Paris 2024 constituent les dernières olympiades de Hugues Fabrice Zango, désormais docteur en génie électrique.

Mais qui pour remplacer Hugues Fabrice Zango ?

Le problème du sport burkinabè en général et de l’athlétisme en particulier, c’est la préparation de la relève. Mais des jeunes sportifs arrivent à se démarquer et peuvent atteindre le haut niveau s’ils reçoivent un soutien et un accompagnement conséquent.

Au niveau de l’athlétisme notamment le triple saut, un athlète se positionne de par ses performances, comme le potentiel successeur de Hugues Fabrice Zango. Il s’agit de Yacouba Loué. Il a les qualités pour arriver au haut niveau, à condition que les autorités sportives l’accompagnent par des infrastructures de qualité et des investissements conséquents.

Né le 14 juin 2002 à Bobo-Dioulasso, Yacouba Loué est étudiant en Licence de sciences juridiques et politiques à l’Université virtuelle du Burkina. Enfant, il est passionné par le football comme la majorité des jeunes de sa génération, il a également été piqué par le virus de l’athlétisme depuis l’école primaire. Et finalement, c’est l’athlétisme notamment la discipline de saut qui aura eu raison du natif de la ville de Sya. Grâce à un ami qui lui parlera de Hugues Fabrice Zango, Yacouba Loué va par la suite s’inspirer des vidéos de performance de Hugues Fabrice Zango pour ses différentes compétitions et pour son ascension vers les compétitions officielles.

« Au départ j’aime les sauts depuis le primaire jusqu’au lycée. Quand on devrait faire les sauts en EPS, j’étais très content. Mais moi, avant c’était le football que j’aimais mais j’ai mon ami qui s’appelle Eloi Kiendrebéogo qui faisait l’athlétisme et qui faisait des petites sorties pour aller compétir. Moi j’étais toujours au quartier, donc j’ai décidé de tenter ma chance. Je suis venu voir le coach Sawadogo Missiri (actuel directeur technique de la Fédération burkinabè d’athlétisme). Il m’a demandé si je sais courir et j’ai dit : moi je veux sauter », se remémore-t-il.

« Comme j’étais dans le domaine de l’athlétisme, je ne connaissais pas les athlètes donc mon ami m’a d’abord montré Hugues Fabrice Zango et ses vidéos de saut. Donc je peux dire que c’est lui j’ai connu d’abord et qui m’a inspiré également et qui continue de m’inspirer. Après j’ai connu beaucoup d’autre sauteurs, j’ai beaucoup de mentors. Il y a Hugues Fabrice Zango, Christian Taylor, Jonathan Edward et bien d’autres », précise-t-il.

Dans sa jeune carrière, l’étudiant triple sauteur a été fin mars 2024, médaillé de bronze aux Jeux africains d’Accra 2023 avec un saut de 15,86m, derrière Amath Faye (16,24m) et son mentor Hugues Fabrice ZANGO (16,97m). En 2023, il fut médaillé de bronze aux championnats seniors d’athlétisme de la Région II au Togo, aux 110m haies. Le 6 avril 2024, Yacouba Loué a fini troisième en triple saut au Grand prix international Silver de la Confédération africaine d’athlétisme au Cameroun.
Mais pour Yacouba Loué, il n’est qu’au début de sa carrière.

Yacouba Loué avec sa médaille de bronze aux 13e jeux africains à Accra au Ghana

Il se réjouit de côtoyer déjà des champions. Un état d’esprit qui peut le propulser au haut niveau. « Je ne peux pas dire que j’ai fait une carrière d’abord mais il y a beaucoup de faits marquants comme la médaille à Accra, le fait d’être en contact très souvent avec des champions comme Hugues Fabrice Zango et Marthe Koala », soutient-il.

Comme défis, Yacouba Loué a laissé entendre qu’il donnera le meilleur de lui dans chaque compétition. Le médaillé de bronze des derniers jeux africains rêve de devenir champion du monde et champion olympique. Il a pour ambition aussi de battre des records dans l’athlétisme.

Yacouba Loué s’est attardé également sur les difficultés rencontrées dans l’athlétisme burkinabè. Pour lui, le nœud des problèmes, c’est la question des infrastructures. Comme difficultés, Yacouba Loué relève les blessures fréquentes, l’absence de piste d’athlétisme pour les sauts notamment, l’insuffisance de matériels pour les entraînements.

Yacouba Loué se réjouit d’être comparé à Hugues Fabrice Zango et dit se battre pour prendre le relais. Mais humilité oblige, il se remet également au sort du destin. « Je dis tout simplement que l’avenir nous le dira. C’est vrai, je m’entraîne avec cet objectif dans la tête, le remplacer un jour. Mais je vais dire que c’est le sport, il se peut que je fasse mieux que lui ou peut-être pas mais mon rêve c’est ça, pouvoir prend le relais », se confie-t-il.

Le haut niveau a des exigences énormes. Et pour l’atteindre, il faut avoir les moyens de sa politique. Yacouba Loué se remet donc aux autorités sportives du Burkina Faso. « Les soutiens ne sont pas suffisants. Même quand je cause avec Fabrice (Hugues Fabrice Zango), il me dit très souvent que le haut niveau demande les moyens. Donc les autorités sportives doivent voir et faire plus d’efforts pour nous permettre de nous équiper et de nous déplacer régulièrement pour les entraînements. Elles doivent nous permettre aussi de faire suffisamment de stage au pays et hors du pays. Moi, je m’entraîne à Bobo, on saute sur la terre rouge, on prend les marques d’élan sur ça aussi, alors que sur la piste on ne peut pas utiliser ces mêmes marques. Les sensations sur la piste et la terre rouge sont très différentes alors qu’on peut aller en compétition et commencer à prendre les marques d’élan là-bas. On doit s’adapter à ces nouvelles marques d’élan et on ne peut pas le faire en quelques séances seulement avant la compétition et nous permettre d’atteindre des performances d’un certain niveau comme Hugues Fabrice Zango », a-t-il indiqué.

« Les décideurs doivent mettre en place une bonne politique de suivi des sportifs visant à professionnaliser le sport burkinabè en particulier les sports individuels car du talent, le Burkina Faso en regorge énormément. Vous savez, le haut niveau est très exigeant et on ne peut pas faire les choses à moitié et espérer titiller le sommet », suggère-t-il.

Selon Yacouba Loué, la pratique du triple saut ne nourrit pas suffisamment son homme comme dans certains sports. « Certes, il y’a beaucoup d’athlètes qui s’en sortent bien mais en réalité cela revient à ce que j’avais dit plus haut. Il faut que nous arrivions à professionnaliser notre sport et cela passe par la mise en place de beaucoup de choses dans nos institutions sportives. Comme conseils aux jeunes qui voudraient se lancer dans le sport notamment l’athlétisme, je ne peux que les encourager et leur dire que c’est d’abord une passion. Il faut être passionné par la discipline avant de s’y lancer. Quand on est passionné, on a le courage de le faire. J’en appelle encore aux décideurs, ils doivent mettre en place une bonne politique de suivi des sportifs visant à professionnaliser le sport burkinabè », conseille-t-il.

Mamadou Zongo
Lefaso.net
Crédit photos : Pouiré Servie Photographie

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