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41e session des travaux du Cames à Bangui : « L’absence des Burkinabè plonge un peu plus les candidats dans l’inquiétude », soutient le professeur Albert Ouédraogo

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mardi 16 juillet 2019 à 23h05min
41e session des travaux du Cames à Bangui : « L’absence des Burkinabè plonge un peu plus les candidats dans l’inquiétude »,  soutient le professeur Albert Ouédraogo

Les travaux de la 41e session des Comités consultatifs interafricains (CCI) du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur et la recherche (CAMES) se sont ouverts le lundi 8 juillet 2019 à Bangui en République centrafricaine sans la délégation burkinabè. Pour cause, elle a boycotté les travaux suite à la suspension à titre conservatoire du professeur Augustin Loada. Le professeur Albert Ouédraogo faisait partie de cette mission. Nous l’avons rencontré le lundi 15 juillet 2018 à l’université Joseph Ki-Zerbo. Il nous explique comment les faits se sont déroulés. L’enseignant se prononce également sur la situation qui prévaut au sein de l’institution.

Lefaso.net : professeur, vous faites partie des membres de la délégation burkinabè qui sont partis à Bangui en Centrafrique pour prendre part aux travaux du Cames. Comment s’est passée cette mission ?

Professeur Albert Ouédraogo : la mission s’est déroulée comme cela devait se faire. On a pris l’avion. On a été à Lomé. De Lomé, on a été à Douala. De Douala, on est arrivé à Bangui. On a été accueillis, ensuite on a été logés à notre hôtel. Dès le lendemain, on a commencé avec les travaux du CTS Sciences humaines.

Les choses se déroulaient correctement jusqu’à ce que le mardi, il nous soit demandé de rentrer parce qu’ un incident est survenu, concernant le dossier du professeur Loada Augustin qui n’aurait pas eu l’aval des autorités du Cames. Par la suite, nous avons appris que le secrétaire général avait envoyé un courrier le suspendant de façon unilatérale. Je crois que c’est cette démarche qui a un peu déplu et qui a valu le retour assez précipité des délégués burkinabè.

Une délégation qui boycotte des travaux importants. L’on pourrait dire que le Cames traverse une crise. Quelle est votre opinion sur la situation.

Je ne dirai pas une crise. Je dirai que c’est une turbulence qui, nécessairement, passera. En la matière, il faut toujours savoir raison garder pour montrer que les hommes passent mais les institutions restent. Par conséquent, ce qui a motivé le Burkina doit pouvoir trouver une solution essentielle et que l’on s’asseye et que en personnes raisonnées et pleine de bonnes volontés, qu’on passe l’éponge, qu’on résolve le problème. Ceci, pour que justement la gestion du Cames soit collégiale. Ça ne doit pas se laisser au seul ressentiment ou aux seules volontés d’une ou de l’autre des parties. C’est quand même un bien collectif.

A LIRE AUSSI : CAMES : Le Professeur Augustin Loada suspendu des travaux de la 41e session des Comités consultatifs interafricains

Les Burkinabè absents des travaux, n’y a-t-il pas de risque pour les candidatures burkinabè ?

En principe non. Les dossiers ont été déjà confectionnés depuis plusieurs mois. Ils ont été déjà envoyés en instruction. Les instructions ont été déjà faites. Par conséquent, les dossiers sont à même de pouvoir se défendre d’eux-mêmes. Même si dans les faits, il ne faut pas négliger la présence des délégués qui sont en mesure de pouvoir donner quelques précisions par rapport à certains actes ou à certaines décisions.

À l’impossible nul n’est tenu. Sinon, avec la présence ou l’absence des délégués burkinabè, je suis sûr qu’il y aurait des candidats qui seront inscrits et puis des candidats qui seraient recalés. Ça fait partie des règles du jeu. Mais malheureusement, simplement la non présence des Burkinabè plonge un peu plus dans l’inquiétude les candidats.

Vous qui participiez aux travaux, quelle était votre mission ?

Etant membre de la délégation du Cames, il s’agit de travailler à apprécier de façon objective et en fonction de nos qualités scientifiques les dossiers qui sont soumis aux différentes instructions, qu’il s’agisse de la liste des maitres assistants, la liste des maîtres de conférences ou bien des listes des professeurs titulaires.

Il y a un certain nombre de critères connus d’avance. Il s’agit de voir si les différents candidats, sur le plan formel ont toutes les pièces requises. Ensuite, il faut voir comment ces différentes productions ont été appréciées par les évaluateurs. Parce que les évaluateurs peuvent trouver que les travaux ne sont pas de bonne facture, mais on peut aussi contester.

Lire aussi : Suspension du professeur Loada du CAMES : La version des faits par le ministre burkinabè de l’Enseignement supérieur

Tout dépend de la manière dont les évaluateurs ont fait leur travail. Il y a des spécialistes parmi nous et donc il y a toujours la possibilité de savoir si l’évaluateur a lu le travail ou ne l’a pas lu. Il y a des moments où on ne suit pas l’évaluateur. On lui dit carrément, cet évaluateur-là n’a pas lu le travail ou bien n’a rien compris au travail. Sur place, on demande à quelqu’un d’autre d’instruire.

Donc il y a des moments où l’évaluateur peut dire qu’il est d’accord et puis on trouve qu’il n’a pas lu, on ne le suit pas, il y a des moments où il n’est pas d’accord on dit qu’il a mal lu et on ne le suit pas. Les membres travaillent en leur âme et conscience et en fonction aussi de leurs capacités et de leurs compétences dans les domaines qui sont les leurs.

Revenons sur l’absence des Burkinabè. Sans notre pays, c’est quand même l’absence de cerveaux. Cela ne peut-il pas biaiser les résultats ?

Quelque chose peut manquer. Mais, de là à penser que notre seule absence peut discréditer les jugements qui seront faits, je dis non parce que vous avez des pays comme Madagascar qui a encore des candidats qui viennent mais ils ne sont pas là. Mais, ça n’empêche pas que les candidats qui viennent de Madagascar puissent être appréciés comme tous les autres candidats. La preuve, quand on donne les dossiers à instruire, on fait en sorte qu’aucun national n’ait à instruire le dossier de son compatriote. Je ne recevrai jamais un candidat burkinabè à instruire.

Lire aussi : CAMES : Le Professeur Augustin Loada suspendu des travaux de la 41e session des Comités consultatifs interafricains

Tous les dossiers que je reçois viennent des autres pays. Donc en réalité, cela normalement ne devrait pas pouvoir jouer. Et puis quand on se réunit, vous avez tendance plutôt à être en faveur des membres de votre pays, vous devenez un peu suspect. Ce n’est pas la règle du jeu. Nous ne sommes pas des avocats.

VOIR AUSSI : Affaire CAMES : Première réaction du professeur Soma

Propos recueillis par Dimitri Ouédraogo
Korotoumou Djilla (Stagiaire)
Lefaso.net

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