Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Les gens sollicitent vos critiques, mais ils ne désirent sеulеmеnt quе dеs lοuаngеs. » William Somerset Maugham

Autant le dire… : Attaques armées en Côte d’Ivoire : et si Mamadou Koulibaly avait raison

Accueil > Actualités > International • • mardi 21 août 2012 à 22h07min
Autant le dire… : Attaques armées en Côte d’Ivoire : et si Mamadou Koulibaly avait raison

L’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’ivoire sous le règne de Laurent Gbagbo, fidèle à son franc-parler, n’est pas passé par quatre chemins pour demander, en substance, à Alassane Ouattara et au régime qu’il dirige de s’asseoir un peu en Côte d’Ivoire et de regarder en face la situation sécuritaire du pays. Car pour lui, tant que les miliciens, les combattants de tout bord, pro-Gbagbo ou pro-Ouattara ne seront pas démobilisés, désarmés et réinsérés dans la vie civile ou militaire, la Côte d’Ivoire connaîtra difficilement la paix. Autrement dit, les attaques de casernes, de gendarmeries et de commissariats de police auxquelles on assiste pourraient être la résultante de frustrations diverses de gens qui, après avoir combattu et perdu et/ou porté quelqu’un au pouvoir se retrouvent dans le désœuvrement total. Toujours armés, ces gens pourraient bien se servir de leurs armes pour se « nourrir ».

S’ils ne veulent pas troubler le sommeil de ceux pour qui ils ont combattu. Malheureusement, la situation actuelle en Côte d’Ivoire peut bien être ce dernier exemple. Ne sont-ils pas ces combattants des désillusionnés, d’un côté comme de l’autre, qui sèment la terreur dans les villes en Côte d’Ivoire ?

En effet, de Ouangolo à Abidjan en passant par Korhogo, Bouaké et Yamoussoukro, les miliciens ou combattants des Forces nouvelles font toujours régner la loi. Sans loi et sans pitié, ils dictent à qui veut l’entendre leur règlement. Bigarrés, on les trouve dans pratiquement tous les nombreux postes de contrôle qui jalonnent la route. Ils ne discutent pas. Autrement, « on ne mange pas papier, il faut parler français », semble être leur véritable langage. Quand ils n’arrivent pas à satisfaire leurs besoins monétaires sur les routes, ils passent à l’action : les attaques à mains armées. Malheureusement sur ce chemin, ils rencontrent les vrais Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui ne portent pas de gants pour les « descendre ».

Après le cas de ces miliciens, on a les nombreux chasseurs traditionnels dozos qui ont joué un rôle considérable dans la guerre auprès des Forces nouvelles, mais également dans la prise du palais présidentiel en décembre 2010. A leur tour, ils attendent qu’on leur paie ce à quoi ils ont droit. Car en réalité, personne ne s’est battue pour rien. Il y a ensuite et enfin ces mercenaires qui sont venus de partout et qui voudraient bien qu’à la fin du « contrat » on leur paie ce qui leur revient. Et si toutes ces frustrations s’ajoutent à celles de pro-Gbagbo qui ont perdu le pouvoir, mais pas les armes (qu’ils détiennent par dévers eux), il va falloir presser le pas pour rétablir la sécurité et la paix en Côte d’Ivoire. Les attaques du siège provisoire du Front populaire ivoirien (FPI) et d’un journal proche de l’ex-régime ne sont que des subterfuges pour masquer ce qui apparaît de plus en plus comme une réalité.

Aussi, le régime d’Alassane Ouattara, s’il veut bien réconcilier les Ivoiriens, promouvoir le développement et le bien-être qu’il compte apporter, doit prendre désormais à bras-le-corps la question de la sécurité. Il n’y a pas de faux-fuyants possibles. Il faut s’attaquer directement au problème par la racine. On entre en guerre en un seul jour, mais pour en sortir, cela peut bien prendre du temps, des années. En outre, il faudrait qu’Alassane et ses camarades au pouvoir comprennent qu’en aucun cas, le camp Laurent Gbagbo ne les laissera jamais tranquille gouverner la Côte d’Ivoire. Tant que ses ténors seront toujours en prison. Et les autres dehors.

Dabaoué Audrianne KANI

L’Express du Faso

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Présidentielle en Guinée Bissau : Le premier parti d’opposition réclame un fichier électoral fiable
Côte d’Ivoire : La réforme la Commission électorale divise la classe politique
Côte d’ivoire : Les conclusions de la rencontre entre Bédié et Gbagbo à Bruxelles
20 ans de règne de Mohammed VI au Maroc : Une vision royale pour une Afrique prospère et décomplexée
Lutte contre le terrorisme : 250 soldats britanniques attendus au Mali en 2020
Sénégal : La voiture de Macky Sall avec à son bord le président malien prend feu
CEDEAO : Alassane Ouattara espère que la monnaie unique sera mise en place "le plus tôt possible"
Le Togo organise des élections municipales après 32 ans
Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié reste campé sur ses propos controversés sur les étrangers
Madagascar : La fête nationale endeuillée (au moins seize morts)
Guinée-Conakry : Le président Alpha Condé tient à la modification de la Constitution !
UNESCO : Bilan satisfaisant pour le Burkina Faso à la septième session de la conférence des parties à la Convention de 2005
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2019 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés