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Mort de Michel Germaneau : Dans la barbe des islamistes gît la bêtise

Accueil > Actualités > International • • lundi 26 juillet 2010 à 23h14min

Dimanche soir, on apprenait, sur la chaîne Al-Jazira, la mort de Michel Germaneau, enlevé le 19 avril dernier dans le désert malien avec son chauffeur, qui a été, lui, par la suite libéré. On se demandait si cette annonce, faite par le chef de l’AQMI, Abou Moussab AbdelWadoud, n’avait pas simplement un effet d’intimidation.

Que nenni, depuis hier lundi, on en a maintenant la confirmation, le président français, Nicolas Sarkozy, ayant lui-même attesté, dans une déclaration solennelle à l’Elysée, le décès de Michel Germaneau, âgé de 78 ans.

Le chef de l’AQMI a prétexté que c’est en représailles au raid franco-mauritanien, qui a fait six morts dans son groupe, que l’otage a été exécuté. Il reste toutefois à savoir si les ravisseurs n’avaient pas déjà achevé le pauvre vieillard et que cette intervention leur a donné un justificatif en or de leur ignoble acte.

Bref, que la France ait pu jouer de maladresse, il est loisible à chacun de le penser, mais rien ne saurait excuser l’assassinat d’un octogénaire qu’on tuait déjà à petit feu, en ne lui donnant pas les médicaments dont il avait besoin pour soigner sa « grave maladie du cœur… ».

Quelle cause noble peut-on défendre en ôtant la vie à une personne aussi faible, avec un pied déjà dans la tombe et qui, de surcroît, a passé une partie de sa vie à travailler en Afrique et à aider de pauvres Africains ?

Celui que les barbus viennent de supplicier est originaire de Marcoussis, cet arrondissement parisien devenu célèbre en Afrique depuis 2003, pour avoir abrité les négociations interivoiriennes ayant accouché d’accords dits de Marcoussis.

Ingénieur à la retraite, l’homme a travaillé dans le secteur pétrolier algérien et était engagé au sein d’une association œuvrant au Niger, à travers laquelle il a contribué à la construction d’une école pour les enfants touareg à In-Abangharet, un village situé à 280 km de Niamey, au nord-ouest d’Agadez.

C’est sûr, on ne va pas au paradis en perpétrant pareille ignominie. C’est plutôt c’est dans les flammes de la géhenne que ces illuminés iront griller. Ce drame vient rappeler, si besoin en était, comme nous l’avons souvent écrit, que la terreur, qui souffle sur les dunes de sable du Sahara, n’est pas seulement un problème africain, notamment des seuls pays qui partagent ce vaste no man’s land (Algérie – Mauritanie – Mali – Niger).

Le problème a, affirmons-le, une ampleur internationale, car, après tout, ceux qu’on enlève, maltraite et parfois exécutent sont surtout des occidentaux. Car, avant Michel Germaneau, beaucoup d’Européens sont tombés dans les mailles de la nébuleuse d’Al Qaïda, à travers sa branche au Maghreb.

Au nombre de ces victimes, l’otage britannique Edwin Dyer qui a été exécuté, le Français Pierre Camatte, le couple italien Cicala dont l’épouse, Burkinabè, Philomène Compaoré ; et à ceux-là il faut ajouter trois Espagnols et une trentaine d’Allemands.

C’est donc devenu un problème de sécurité internationale, dans la mesure où la multinationale du terrorisme s’est repliée sur le continent africain après les déconvenues subies et qu’elle continue de subir en Afghanistan.

Quand ce n’est pas donc dans la bande sahélo-saharienne, c’est dans les sables mouvants de la Somalie qu’ils s’en donnent à cœur joie. Il faut par conséquent une réponse vigoureuse et concertée de la communauté internationale pour les extirper de ses bastions où ils sèment la désolation à tout vent.

En tout cas, il ne faut pas se faire des illusions, la nébuleuse Al Qaïda continuera à défier la communauté internationale. N’a-t-elle pas dit que Sarkozy, après l’échec du raid franco-mauritanien pour la libération de son compatriote, « a, sans aucun doute, ouvert pour lui, pour son peuple et pour son pays l’une des portes de l’enfer » ?

Hamidou Ouédraogo

L’Observateur Paalga

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