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Route Ouagadougou-Niamey : Vers la fin du calvaire

Accueil > Tourisme • • jeudi 18 janvier 2007 à 07h53min

23,58 milliards de FCFA, c’est le montant du financement mobilisé pour l’aménagement de la route Dori-Téra et la facilitation du transport routier sur le corridor Ouagadougou-Dori-Téra-Niamey.

La Banque africaine de développement (BAD) assure 90,03 % de ce financement, à travers un prêt et des dons FAD (soit 27,82 millions d’Unités de compte (21,229 milliards de FCFA) approuvé par le conseil d’administration de la Banque, le 27 octobre 2006.

L’autre partie du financement provient du gouvernement du Burkina Faso, 4,52 % (1,0658 milliards de FCFA), du gouvernement de la République du Niger, 4,50 % (1,0611 milliards de F CFA) et de la Commission de l’UEMOA, 0,95 % (224,1 millions de FCFA). Ce projet ambitieux dont le démarrage des travaux interviendra courant septembre 2007 prévoit la réalisation de nombreuses structures socioéconomiques connexes en plus des travaux de la route principale.

Elles avaient fini par ne plus y croire mais encore deux « petites » années de patience et les populations de la ville de Dori et Téra (au Niger) verront la fin d’un long calvaire qui dure depuis les indépendances.

En effet, le projet d’aménagement de la route Dori-Téra qui est restée une arlésienne durant des décennies a soudainement évolué depuis quelques années et est devenu depuis le 27 novembre dernier, date du lancement technique du projet par le bailleur, une réalité.

Il faut avoir roulé sur cette route cahoteuse et sinueuse longue d’à peine 91 km, risqué de se retrouver, de nombreuses fois, dans le ravin et perdu plusieurs heures (alors qu’à peine une heure suffisait si c’était du bitume) pour se faire à l’idée de la joie éprouvée par ces populations et autres usagers à l’annonce du lancement prochain des travaux de « leur » route.

Cette route qui a une longue histoire est le fruit de la politique d’intégration régionale et de lutte contre la pauvreté mise en ouvre par l’Autorité de développement intégré de la région du Liptako-Gourma (ALG) dans ses pays membres (Burkina, Mali et Niger). Un axe central de cette politique est le désenclavement intérieur et extérieur de ces pays enclavés, sans littoral.

Un projet qui s’inscrit dans un vaste programme de désenclavement...

Dans le cadre de cette politique et conformément à sa mission, l’Autorité de développement intégré de la région du Liptako-Gourma (ALG) a élaboré un vaste programme de désenclavement de la région qui s’exécute progressivement en fonction des ressources mobilisées. Ce programme résulte des études prospectives et de développement de la région menées entre 1971 et 1973 et les études socioéconomiques de la route Dori-Téra-Niamey ont été réalisées en 1975. Dans ce programme, trois priorités majeures ont été retenues, à savoir l’aménagement et le renforcement des axes routiers inter-Etats, l’amélioration des routes d’accès aux zones de production, notamment agropastorales et minières, la mise en place d’un système de télécommunications fiable.

La route Dori-Téra est un tronçon de l’axe inter-Etats Ouagadougou-Kaya-Dori-Téra-Farié-Niamey du programme de désenclavement de l’ALG qui constitue la liaison dénommée CU14 du Programme d’actions communautaires des infrastructures et des transports routiers (PACITR) de l’UEMOA. Ce tronçon est le seul qui est en état de piste sommaire et constitue de ce fait un frein à la valorisation des potentialités agricoles, pastorales et minières d’une partie de la région du Liptako Gourma et au développement des échanges et du trafic local et international.

Face à cette situation et conformément à son programme d’aménagement des routes principales inter-Etats, l’ALG a entrepris des démarches pour la recherche du financement en vue de la réalisation du projet d’aménagement de la route Dori-Téra entre le Burkina et le Niger.

L’aménagement de cet axe inter-Etats permettra d’assurer aux populations riveraines du fleuve Niger, au Mali et au Niger, une liaison permanente avec les ports de la sous-région (Abidjan, Lomé, Accra, Téma) à partir du grand centre d’activités que constitue Ouagadougou, terminal actuel du chemin de fer Abidjan-Niger.

Le projet fait partie du programme d’infrastructures dans la région du Liptako-Gourma. Il constitue une liaison importante de l’axe international Ouagadougou-Niamey qui relie le Burkina et le Niger tout en permettant une amélioration des conditions d’accès en direction de la partie est du Mali. Au Burkina en particulier, il vise le désenclavement de la partie Est du pays.

... 1985, année de la première tentative...

Le tronçon Dori-Téra qui permet de relier les deux principales localités frontalières du Burkina et du Niger a fait l’objet d’études dans le cadre du projet d’aménagement de la route Dori-Téra-Niamey sous l’égide de l’ALG en 1985 sur financement de la Banque africaine de développement (BAD). Le financement pour la mise en ouvre du projet n’ayant pas été obtenu, le projet est resté au stade d’études d’exécution qui ont permis plus tard, le bitumage du tronçon Farié-Téra, au Niger sur financement du Fonds européen de développement (FED) : le tronçon Dori-Téra est resté en état de piste sommaire. Une des raisons de la non réalisation du projet à l’époque tient au fait que les pays étaient sous ajustement, ce qui n’a pas permis la mobilisation du financement.

Conformément au Programme triennal d’investissements (PTI) de l’Autorité du Liptako-Gourma et en conformité avec les stratégies de réduction de la pauvreté adoptées par le Burkina et le Niger, le président du Conseil des ministres de l’ALG a introduit, au nom des gouvernements des deux pays, une requête auprès de la Banque africaine de développement (BAD) pour le financement d’une étude d’aménagement du tronçon Dori-Téra.

Après instruction de la requête, la Banque africaine de développement a accepté de financer les études socioéconomiques, environnementales et les études techniques détaillées de la route.

Le financement de ces études a été assuré dans le cadre d’un don octroyé conjointement aux deux gouvernements du Burkina et du Niger d’un montant de sept cent mille (700 000) unités de compte (UC) FAD (Fonds africain de développement), soit 595 263 200 francs CFA (1 UC = 850,376 FCFA, valeur février 2003). La contrepartie des deux gouvernements répartie en parts égales était de 0,04 UC, soit 0,02 UC (environ 17 millions francs CFA) par Gouvernement.

Le don a été approuvé le 09/07/2003 par le Conseil d’administration de la BAD et le protocole d’accord de don fut signé le 05 septembre 2003 au siège de la BAD entre le directeur général de l’ALG, au nom des deux gouvernements et le vice-président de la BAD.

Les études ont démarré en septembre 2003 et se sont déroulées en deux (2) phases : la phase 1 consacrée aux études techniques préliminaires, socioéconomiques et d’impact sur l’environnement dite phase d’avant-projet sommaire (APS) et la phase 2 relative aux études techniques détaillées et à l’établissement du dossier d’appel d’offres en deux lots, (lot Dori frontière du Niger pour le Burkina et lot Téra frontière du Burkina pour le Niger) dite phase d’avant-projet détaillé (APD).

Les études se sont déroulées suivant une approche participative qui a permis d’associer les autorités locales et les populations de la zone du projet à la conception de l’ouvrage. Cette approche participative a permis de prendre en compte les préoccupations des populations. Au total, quatre (4) séminaires ont été organisés, deux (2) à Dori et deux (2) à Téra. L’implication des populations à travers ces séminaires a conduit non seulement à un choix rationnel et consensuel de la variante de tracé qui dessert vingt neuf (29) localités mais aussi à une innovation de taille dans le cadre des projets routiers interurbains. En effet, outre le bitumage en enduit superficiel bicouche de la route Dori-Téra longue de 91 km avec un Taux de rentabilité interne (TRI) de 13,30 %, le projet prend en compte le bitumage en enduit superficiel bicouche (y compris tous les dispositifs d’assainissement et de drainage des eaux de ruissellement) de 11 km de voirie urbaine pour la desserte des centres socioéconomiques dans chacune des villes de Dori et Téra, l’aménagement de 30 km de pistes rurales connexes dans chaque pays, la réhabilitation et/ou construction d’infrastructures socioéconomiques dans la zone du projet au niveau de chaque pays.

Le projet prend en compte la composante « facilitation des transports » conformément aux directives de l’UEMOA en matière de transport dans la zone, par la construction des postes de contrôle juxtaposés (police douanes, gendarmerie) au niveau du village Petelkolé en territoire nigérien, localité retenue d’un commun accord par les deux pays concernés.

Le projet a été estimé à 23,58 milliards de FCFA. Il sera financé à hauteur de 90,03 % par le FAD, soit 27,82 millions d’Unités de compte (21,229 milliards de FCFA), le gouvernement du Burkina Faso, 4,52 % (1,0658 milliards de F CFA), le gouvernement de la République du Niger, 4,50 % (1 ,0611 milliards de FCFA) et la Commission de l’UEMOA, 0,95 % (224, 1 millions de FCFA).

L’exécution des travaux sera assurée par la Direction générale des routes du Burkina pour le lot 1 et par la Direction générale des travaux publics du Niger pour le lot 2. Pour le lot 3 qui comprend les travaux d’aménagement des postes de contrôle juxtaposés, l’organe d’exécution retenu est la Commission de l’UEMOA.

Pour chacun des trois lots, un bureau d’étude sera recruté pour le contrôle et la surveillance des travaux. En outre, pour assurer l’organisation et le déroulement des activités du lot 3 (postes de contrôle juxtaposés) un consultant individuel, ingénieur en génie civil et spécialiste en gestion des projets sera recruté et mis à la disposition de l’UEMOA.

Le projet ayant un caractère sous-régional, il sera exécuté sous le principe de l’unicité et de la concomitance des actions. La gestion du projet sera assurée par la Commission de l’UEMOA à travers un comité technique mixte composé des représentants du Niger, du Burkina Faso, de l’UEMOA et de l’ALG.

La présidence du Comité sera assurée par l’UEMOA et le secrétariat permanent par l’ALG.

En outre, chaque pays désignera un chef de projet et son homologue ingénieur civil, pour le suivi de l’exécution de son lot. Ces nominations constituent une condition préalable au premier décaissement.

... un lancement officiel, au niveau ministériel prévu courant septembre 2007...

Le lancement officiel au niveau ministériel qui consacrera le démarrage effectif des travaux est prévu courant septembre 2007.

Avec le bitumage déjà achevé du tronçon Kaya-Dori, la construction de la route Dori-Téra viendra parachever l’aménagement de l’axe inter-Etats Ouagadougou-Kaya-Dori (Burkina) - Téra-Farié-Niamey (Niger) et contribuera sans aucun doute à l’amélioration des échanges dans la zone et au niveau des trois pays membres de l’ALG. Au niveau local, il contribuera à la promotion des échanges entre les différents centres de production et de commercialisation. Au niveau international, il contribuera à faciliter l’approvisionnement de la zone centrale et de toute la vallée du fleuve Niger en garantissant une desserte sûre et permanente vers les ports de la sous-région. Cette fonction de liaison internationale est renforcée par la jonction avec l’autre axe inter-Etats de l’ALG Niamey-Farié-Tillabéry-Ayorou (au Niger) - Ansongo-Gao (au Mali) dont les travaux de bitumage des tronçons Ayorou-Ansongo-Gao en cours d’exécution au Mali et en instance de démarrage au Niger, viendront parachever l’aménagement définitif.

En définitive, la réalisation du projet aura un impact très marqué d’une part, sur le trafic international entre les deux pays et, d’autre part sur le trafic transitant par le Burkina et le Niger à destination du Mali en provenance des ports de la sous-région. L’objectif spécifique du programme routier de l’ALG étant le désenclavement intérieur et extérieur des trois pays membres, cette fonction de transit à l’intérieur du Burkina pourra être renforcée par l’aménagement de la liaison Pouytenga (important centre d’activités) - Boulsa-Kaya notamment pour le trafic en provenance des ports de Téma (Ghana), Lomé (Togo) et Cotonou (Bénin).

Abdourahmane VARINO
Chargé de Communication - ALG
Ouagadougou
(Burkina Faso)

Vos commentaires

  • Le 22 janvier 2007 à 17:05, par Quercia Jacky En réponse à : > Route Ouagadougou-Niamey : Vers la fin du calvaire

    Bonjour Monsieur

    Je m’appelle Jacky Quercia. J’habite enfrance. je me rends fréquemment au Burkina faso et notamment en Oudalan ; Et donc vous comprendrez ma satisfaction de voir la liaison Ouaga-Dori entièrement bitumée. Ce sera un progrès considérable pour les déplacements des populations du nord.

    Ne pensez-vous pas qu’à moyen ou à long terme, lorsque les financements en seront possibles, il sera important de prévoir la liaison Dori-Gao. Celle- ci permettrait en effet un désenclavement immédiat de l’extrême nord du pays et occasionnerait sans nul doute son développement économique. J’ai eu l’occasion de parcourir le trajet Gorom-Gorom Gao par Tessit et je puis vous dire que c’est très compliqué.
    Je vous remercie .
    Mes sentiments sont très forts pour le Burkina Faso.

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    • Le 21 avril 2007 à 16:16, par Alexis En réponse à : > Route Ouagadougou-Niamey : Vers la fin du calvaire

      bonjour monsieur,

      Je pars dans une semaine à Ouaga et aimerais me rendre à Gao via Dori (et non via Niamey). Je vois que vous avez fait le trajet...Combien de temps cela prend-t-il et par où etes-vous passés ?

      Je vous remercie chaleureusement

      Alexis

      Répondre à ce message

  • Le 1er février 2007 à 18:03, par Ari BOUN En réponse à : > Route Ouagadougou-Niamey : Vers la fin du calvaire

    bonjour monsieur,

    Juste pour vous féliciter à propos de l’édition en ligne de cet article qui est bien documenté. J’ai roulé, il y’a quelques années sur ce qui tient lieu de route entre Dori et Téra et je puis vous assurer que ce n’était pas un moment de plaisir. A ce propos je peux vous garantir que l’auteur de l’article dit vrai. Je le félicite pour cette contribution intéressante que j’ai par ailleurs écouté sur RFI et lu dans de nombreux autres sites. C’est excellent et je tenterais si le temps me le permets d’être l’un des premiers à rouler sur la nouvelle voie aménagée !

    Ari BOUN.

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