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Réorganisation du secteur du tourisme et de l’hôtellerie

Accueil > Tourisme • "Il faut professionnaliser le secteur" • mardi 4 novembre 2003 à 17h09min

Le Conseil des ministres en sa séance du mercredi 30 juillet 2003 a examiné et adopté deux rapports relatifs à des avant-projets de loi dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie. Le premier responsable dudit secteur, Mahamoudou Ouédraogo apporte des explications sur ces avant-projets.

Ces deux avant-projets de loi sont extrêmement importants pour le secteur du tourisme. D’abord le tourisme est la plus grande industrie au monde. Cela veut dire que lorsqu’on prend par exemple, même le secteur de l’aéronautique où évoluent des super puissances économiques comme Boeing, Air Bus, le chiffre d’affaires des constructeurs des avions et de tout ce qu’on peut avoir comme aéronefs ne vaut pas celui du tourisme. On peut dire la même chose pour le secteur de l’automobile. C’est donc extraordinaire. Si vous voyez les tendances un peu partout dans le monde, les revenus du tourisme augmentent. Ils augmentent aussi dans les pays d’Afrique.

Au Maroc et en Tunisie par exemple le tourisme fait partie des principaux revenus de ces pays. Si l’on prend aussi l’Afrique au sud du Sahara, au Sénégal le tourisme est devenu à l ’heure actuelle, la première source de revenus avec l’arachide et le phosphate. C’est pour montrer que le tourisme est une donnée essentielle.

Chez nous au Burkina Faso, le tourisme rapporte pratiquement 25 milliards de FCFA à l’économie. Et il y a environ 200 mille touristes et assimilés qui viennent visiter notre pays chaque année. Ce qui met le Burkina Faso à la 5e place des pays les plus visités de l’Afrique de l’Ouest. Cela veut dire qu’il y a là un ressort important de revenus et aussi de lutte contre la pauvreté parce que tous ceux qui sont dans ce domaine s’en sortent assez bien.

Lorsqu’on passe en revue ce qui se fait à l’heure actuelle, on se rend compte qu’il suffit de mieux organiser le secteur et lui donner des moyens conséquents pour démarrer et c’est une mine d’or que nous exploitons. C’est la raison pour laquelle nous avons essayé d’agir en tenant compte de ce qui a été fait avant, parce que les prédécesseurs ont toujours fait de bonnes choses. C’est ainsi que venant à la suite d’autres ministres, nous avons essayé de travailler à assainir le secteur.

Il y a beaucoup de gens qui sont dans ledit secteur mais qui ne méritent pas d’y être ou en tout cas pas à des niveaux aussi importants. Il faut donc professionnaliser le secteur. C’est pour cela que concernant le premier avant-projet de loi relatif aux agences de tourisme, il faut maintenant avoir fait des études supérieures pour avoir une licence d’agence de voyage et de tourisme. On ne peut plus se présenter et l’avoir. Ce n’est plus possible.

Au niveau aussi des hôtels et des restaurants, on ne peut plus être gérant d’hôtel si on n’a pas fait des études conséquentes en matière d’hôtellerie. Cela n’est plus possible dans notre pays. Il y aura bien sûr un délai pour que tout le monde puisse se conformer. Mais il faut d’abord nettoyer, il faut que les choses soient claires et nettes.
Nous allons également par ces textes-là, essayer de nous adapter à l’esprit du temps actuel.

Par exemple, avant on disait agence de voyage, maintenant c’est agence de voyage et de tourisme, parce que les temps ont évolué, l’aspect tourisme est venu et il faut en tenir compte.

En dehors de cela, toujours en essayant de réglementer au maximum, nous avons fait la différence entre le principal et l’accessoire. Prenez le cas d’une agence de voyage et de tourisme, elle a beaucoup de missions a remplir, mais toutes ne les remplissent pas.

Il y a par exemple une agence de voyage qui veut organiser la vente de billets, qui veut organiser le circuit touristique et il y en a d’autres qui ne sont que des succursales d’agences occidentales. Tout cela est maintenant séparé. Lorsque vous avez par exemple une licence de type A, cela vous donne droit à balayer tout le champ de l’agence de voyage et de tourisme. Si par contre vous en avez de type B, vous aurez à balayer seulement une partie de ce qu’il y a comme missions dans les agences de voyage et de tourisme.
Nous avons en outre réglementé une profession qui est indispensable au tourisme mais qui n’avait malheureusement aucun texte.

C’est le guide. Il n’avait aucun texte. Maintenant il y aura deux types de guides : ceux qu’on va appeler les guides de tourisme nationaux, qui peuvent se déplacer sur tout le territoire national et exercer leur métier et ceux qu’on va appeler les guides de tourisme locaux. Ces derniers exerceront leur métier dans les zones où ils sont. Cela a l’avantage de spécialiser les guides. C’est comme cela que les vaches seront mieux gardées.
Il y a aussi un autre aspect à savoir que cela va rapporter des devises à l’Etat.

Beaucoup de choses se faisaient sans que les gens n’aient à délier leurs bourses.

Or, si nous sommes quelque peu en retard dans le domaine du tourisme c’est parce que les gens n’apportaient pas un minimum d’argent par rapport aux recettes qu’il faisait. Qui va donc financer le tourisme ? Désormais il y aura les licences et aussi la validation annuelle des licences. Vous ne pouvez plus dire que vous avez une licence pour toujours.
Il faut chaque année une validation des licences.
Le deuxième avant-projet de loi concerne le secteur du tourisme et de l’hôtellerie. Ce secteur aussi va connaître des aménagements. Les gérants seront des gens qui vont avoir des diplômes ad hoc. Sinon ce ne sera plus possible.

Il y a aussi que maintenant les hôtels vont être de plusieurs ordres. Il y aura ce qu’on appelle l’hôtel, le motel, la résidence touristique, le village des vacances, le campement touristique, la pension, l’auberge, le camping, le gîte rural, le relais touristique, le restaurant de tourisme. Tous auront maintenant leurs caractéristiques. Le village de vacances n’est pas le campement touristique, l’auberge n’est pas l’hôtel. Il faut donc repartir à la base et définir selon les termes qui sont en vigueur. Il y aura désormais l’obligation de panneaux. Devant chaque hôtel, il faut ce panneau qui indique que cet hôtel est une, deux, trois étoiles ou quatre. Cela veut dire l’hôtel aura rempli certaines exigences d’hygiène, de luxe ou de non luxe et aura un personnel qui va respecter certaines consignes professionnelles.
Ce sera comme cela au niveau des hôtels.

Il y aura une commission de classement qui va regrouper en partie le personnel du ministère en charge du Tourisme mais aussi l’association des hôteliers. Il y aura des critères de classement. Cette commission sera chargée de contrôler le respect des différents critères par les hôtels. Si par exemple un hôtel est trois étoiles et la commission constate qu’il ne respecte pas en réalité les critères le concernant, on doit le déclasser. On le ramène à deux étoiles et ainsi de suite.

Si aussi on constate une amélioration, on peut l’amener à quatre étoiles. Il y a aussi qu’un hôtel peut demander à passer à une catégorie supérieure. En ce moment la commission va vérifier si l’hôtel mérite réellement un reclassement. Il y aura la même chose pour les restaurants.
On aura des restaurants une fourchette, deux fourchettes, trois fourchettes.

Là aussi, cela va dépendre de la qualité de l’hygiène, de la formation de ceux qui y travaillent, etc. Il va falloir respecter un ensemble de critères pour bénéficier des fourchettes qui sont le label de qualité.
Il y aura donc un ensemble de choses avec ces nouveaux textes.

Pour construire une maison, on peut avoir un permis de construire. Mais pour construire un bâtiment à usage d’hôtel il faut à tout prix que l’administration du tourisme burkinabè vous donne l’agrément. Vous pouvez avoir le permis mais pas d’agrément parce que vous pouvez metre la vie de beaucoup de clients en danger. Il faut remplir un certain nombre de normes pour pouvoir ériger un bâtiment à usage d’hôtel.
Voilà donc le contenu des deux avant-projets de loi.

Ibrahiman SAKANDE
Enok KINDO
(Sidwaya du 06/08/2003)

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