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Phénomène terroriste : « La stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure », dévoile Fawzi Djarazémi Yves Banao

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • LEFASO.NET • mardi 29 juin 2021 à 21h30min
Phénomène terroriste : « La stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure », dévoile Fawzi Djarazémi Yves Banao

Engagé dans un programme doctoral international conjoint entre le Centre d’études et de recherches en développement international (Université Clermont-Auvergne) et le Centre Emile Berheim (Université libre de Bruxelles), Fawzi Djarazémi Yves Banao planche sur « Mobilisation de ressources et gouvernance des pays en conflit : cas du G 5 Sahel ». Par cette interview qu’il a bien voulu accorder en ligne, M. Banao revient sur les enjeux des ressources dans la crise imposée par les terroristes et propose des pistes de solution contre le phénomène terroriste.

Lefaso.net : Vous préparez une thèse de doctorat sur le thème « Mobilisation de ressources et gouvernance des pays en conflit : cas du G5 sahel ». Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce sujet ?

Fawzi Djarazémi Yves Banao : Avant tout propos, j’aimerais rendre un hommage à toutes les victimes aussi bien civiles que militaires, qui sont tombées pour cause de terrorisme.

Le choix de mon thème de recherche a été motivé pour trois principales raisons. En premier lieu, la thématique de recherche est en parfaite symbiose avec les crises contemporaines que rencontrent depuis bientôt une décennie les pays du Sahel. En effet, la résolution de la crise sécuritaire est la problématique majeure des pays sahéliens car, sans sécurité, il n’y a ni développement, ni investissement. A ce facteur s’ajoute la volonté pour les centres de recherches, dans lesquels j’effectue ma thèse, d’étudier la question afin d’être à la pointe de la recherche. La deuxième raison de ma participation à cette problématique de recherche vient de la notion de « l’offre-demande ».

Nous sommes face à une demande accrue de spécialistes, mais avec une offre de compétences minime. En effet, il y a de nombreux spécialistes des conflits en Afrique centrale, mais leur nombre est encore insuffisant dans la zone sahélienne. Pour appuyer mes propos, il faut constater la faiblesse de spécialistes de gestion des finances publiques et de mobilisation de ressources en situation de crise, et plus spécifiquement dans les pays sahéliens. Nos pays ont donc besoin de spécialistes à la fois pointus sur cette thématique et surtout qui connaissent le terrain. Enfin, étant Burkinabè, je ne pouvais pas rester insensible face à ce problème que nous vivons. Par conséquent, il s’agit pour moi d’un devoir de mettre en jeu toutes mes capacités et mon énergie afin de trouver des solutions concrètes, réalistes et endogènes qui aideront mon pays à sortir de cette crise.

Quel a été votre parcours avant ces travaux de thèse ?

Concernant mon parcours, j’ai fait une licence en Analyse et politique économique à l’Université Clermont-Auvergne (UCA) en France. Par la suite, j’ai intégré le programme de Master en économie du développement avec une spécialisation en Finances publiques de l’école d’économie – CERDI de l’UCA. Durant mon parcours de Master, après soumission, j’ai été admis au prestigieux programme européen Erasmus Mundus effectué à la Solvey Brussels School de l’Université libre de Bruxelles. Par la suite, j’ai pu intégrer les écoles doctorales d’excellence de deux universités, notamment le Centre d’études et de recherches en développement international (CERDI) rattaché à l’Université Clermont-Auvergne, et le Centre de recherches Emile Berhneim rattaché à l’Université libre de Bruxelles.

Cela entre dans le cadre d’un programme doctoral conjoint qui conduira à une double diplomation et une homologation du diplôme par le « Label doctorat européen ». Dans ce cadre, mon projet de thèse porte sur « la mobilisation de ressources et gouvernance des pays en conflit : cas du G5 Sahel ». En outre, j’ai une expérience à l’international, notamment à l’Organisation mondiale des douanes, à la direction « Contrôle et lutte contre la fraude ». Il s’est agi de travailler dans le cadre d’un travail de recherche sur l’épineuse problématique de la contrebande.

A quel niveau établissez-vous le lien entre cette mobilisation de ressources et la gouvernance des pays en conflit ?

Je vous remercie pour cette question, qui est à la fois complexe et opportune. Comme vous le savez, la probabilité relative de succès lors d’une compétition conflictuelle entre deux groupes belligérants dépend des ressources engagées par chacune des parties. Ainsi, pour augmenter la probabilité de victoire, il faut une capacité de l’Etat à mobiliser des fonds pour financer le secteur de la défense et de la sécurité. De ce fait, mes travaux ont pour but de nous développer des mécanismes de financements endogènes pour financer la lutte contre le terrorisme.

En effet, il s’agit d’une guerre d’usure et à cet égard, nous devons adapter nos politiques de finances publiques afin d’avoir une soutenabilité de nos dépenses pour tenir sur le long terme et surtout éviter de creuser le déficit. Ensuite, il est courant de constater que la raison avancée pour justifier la présence des théâtres de conflit au Sahel est l’existence de la pauvreté et des inégalités. Cependant, cette pauvreté n’est en réalité qu’une conséquence de la faible capacité de mobilisation de ressources des pays. Les pays en situation d’instabilité territoriale sont assujettis à un cercle vicieux : faible capacité de mobilisation fiscale (causée entre autres par la vulnérabilité de la dépendance des ressources naturelles) conduisant à un faible investissement public et une augmentation de la pauvreté accompagnée d’inégalités. Cela débouche naturellement sur un risque conflictuel.

En économie des conflits, on parle de « développement à rebours ». De ce constat, une solution évidente et réaliste de sortie de crise est d’augmenter massivement les recettes. De plus, la rareté des ressources a obligé l’Etat à effectuer un arbitrage et un réaménagement des dépenses publiques depuis le début de la crise avec une hausse de plus de 140 pourcent du budget de défense. Cela a pour conséquence de réduire drastiquement des budgets de certains ministères tels que celui de la Santé ou de l’Eau.

A titre illustratif, en analysant le budget national de 2018, celui du ministère de l’Eau a été réduit à 1,8% par rapport au budget national. Ces réaménagements ont pour effet direct, une augmentation du niveau de la pauvreté et des inégalités aussi bien entre les individus qu’entre les régions. La solution est naturellement d’augmenter drastiquement notre capacité de mobilisation de ressources. A cela, il faut également associer des mécanismes œuvrant à des dépenses qualitatives au niveau des différents secteurs. De ce fait, ma thèse a pour but de proposer des outils innovants et internes de financement de nos économies.

Quelle est, selon vous, la principale cause de la crise sécuritaire en Afrique subsaharienne ?

Il serait inexact de penser que la crise sécuritaire est la résultante d’une cause principale. Les conflits auxquels nous faisons face sont la résultante d’un melting-pot de causes. Dans cette optique, j’ai rédigé un article dénommé « Les causes de la contagion de l’extrémisme violent au Sahel ». Il a été publié sur le site de l’IPSA (Initiative pour la paix et la sécurité en Afrique). Dans ce document, je fais ressortir trois causes majeures de la propagation de l’extrémisme violent au Sahel au titre desquels, les causes géographiques, économiques et historiques.

Pour revenir à la question, il s’agit d’une seconde erreur de penser que les populations s’enrôlent uniquement car elles sont délaissées. En effet, avancer l’argument du délaissement comme cause principale et déterminante des attaques, cela revient à oublier que la cause historique du déclenchement de la crise en Afrique de l’Ouest fut grâce à des alliances avec pour objectif, l’implantation des groupes terroristes. Ces alliances n’ont pas été faites pour des causes de délaissement.

A titre illustratif, nous pouvons noter l’alliance par mariage en 2003 entre Mockhtar Belmockhtar, chef du groupe salafiste pour la prédication et le combat, avec la tribu arabe Berabichs (tribu se situant dans la région de Tombouctou au nord du Mali) afin d’installer des bases sur le territoire malien. Cela lui permit de blanchir ses financements et d’élargir son champ d’action. Toutefois, il est évident que la mise en place de politiques d’inclusion est une initiative primordiale de résolution du conflit. Par conséquence, il n’existe pas une cause principale, mais plusieurs causes de l’insécurité.

Comment expliquez-vous la progression des attaques vers les pays côtiers (la Côte d’Ivoire est déjà l’objet de plusieurs attaques) ?

Il y a une réelle ambition d’expansion des groupes terroristes au-delà de la zone sahélienne. Depuis le début de l’année 2021, les renseignements faisaient état d’une volonté d’implantation d’Al-Qaïda au Sahel au-delà des cinq pays du G5 Sahel. De ce fait, cela met en exergue un fait majeur. Il s’agit d’un conflit de nature contagieuse et expansionniste. Le caractère contagieux tire son essence de la cause géographique du conflit. En effet, pour Waldo Tober « tout interagit avec tout, mais deux objets proches ont plus de chance de le faire que deux objets éloignés ».

Ainsi, plus on est proche d’un pays où il existe des groupes djihadistes, plus on est sujet à voir développer sur son territoire ces groupes. Cela se transmet par plusieurs canaux, notamment celles des camps de réfugiés. Au vu de tous ces constats, il n’est pas étonnant de voir des attaques en Côte d’Ivoire. Des pays comme le Bénin, la Guinée (Conakry) ou le Sénégal sont des cibles pour des groupes terroristes.

Dans votre publication de mai 2021, sur Initiative pour la paix et la sécurité en Afrique (IPSA, un think tank basé à Dakar spécialisé en défense, sécurité et paix), vous expliquez la flambée du phénomène terroriste dans l’espace G5 sahel par des facteurs géographiques, économiques et historiques. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Je vous remercie pour cette question. En effet, après la publication, j’ai été surpris de l’engouement du document, car il a cumulé plus de 4 000 vues sur le site de l’IPSA et mon compte LinkedIn. La cause géographique, elle se résume principalement à la difficulté de maillage ou de couverture du territoire. Nous pouvons rappeler que le Sahel fait 9,2 millions de km2, alors faiblement occupés, difficile d’accès et dont la température moyenne avoisine les 28° Celsius. Cela débouche à un environnement propice à la mise en place de guérillas (petites guerres).

Aussi, la cause géographique du conflit met en exergue la mauvaise occupation spatiale du territoire. Il ne s’agit pas de la répartition totale de la population sur le territoire qui prime, mais comment elle est repartie. Les zones assujetties aux attaques sont minoritaires en termes de population, par conséquent sont inoccupées dans l’espace. La conséquence directe de laisser des espaces vides est de faciliter la mise en place de groupes rebelles.

Concernant la cause économique, il s’agit évidemment de l’amplification de la contrebande qui nourrit et entretient le terrorisme. Nous pouvons rappeler qu’historiquement, la zone des trois frontières était le carrefour de la route transsaharienne de l’or débutée au XIIIe siècle. Aussi, la porosité des frontières permet de faciliter le commerce illicite et la circulation des produits non-légaux au sein des trois frontières afin de développer un marché issu de la contrebande. Voilà en quelques mots, les raisons pouvant expliquer l’existence de cette situation conflictuelle par les causes économiques, historiques et géographiques.

Malgré la présence de forces étrangères et du G5 sahel, la lutte n’a pas les résultats attendus par les populations. Pire, les attaques s’intensifient dans des pays comme le Burkina et le Mali. Comment faut-il comprendre ce paradoxe ?

Dans toute guerre, il y a des hauts et des bas. En dépit des efforts de nos camarades au front pour maintenir la souveraineté du territoire, on constate une accentuation des attaques ces derniers temps. De ce fait, pour répondre à votre question, il convient de se demander si on a plus d’attaques au Burkina aujourd’hui qu’avant. Travaillant au quotidien sur les données des conflits, j’ai comparé le nombre d’attaques entre janvier et juin 2019, puis janvier et juin 2021 (nous pouvons omettre 2020 pour cause du Covid-19). Nous pouvons noter qu’il y a eu 309 attaques en 2019 contre 396 en 2021 à la même période. Ainsi le nombre d’attaques en 2019 et celle de 2021 poursuivent un même niveau d’évolution et ne sont pas si éloigné l’un de l’autre : Par rapport aux années précédentes, nous n’avons pas d’intensification des attaques, mais une quasi-constante.

Concernant le G5 Sahel et la présence des forces étrangères, ayons en tête que c’est une guerre non-conventionnelle. Les choses sont très difficiles à anticiper, car l’ennemi se métamorphose et s’adapte vite. De plus, il s’agit d’une guerre d’usure, et les groupes terroristes l’appliquent bien. Par conséquent, il s’agit d’avoir aussi bien nos alliés que nos forces à l’usure. A cela s’ajoute la difficulté de couverture (ou de maillage) par les différentes forces conjointes à chaque frontière, à l’échelle de chaque pays.

Je rappelle que le seul territoire malien fait 1,2 millions de km2, et le Niger 1,27 millions de km2. Par conséquent, la force du G5 Sahel doit s’élargir militairement avec l’envoi d’hommes issus d’autres pays de la sous-région tels que le Bénin ou encore le Ghana pour soutenir nos pays qui sont en première ligne. Une amélioration de la coordination inter-Etats permettrait de réduire la capacité de déplacement entre les frontières des groupes rebelles. Il s’agit d’une occasion de constituer une armée africaine pour affronter un problème commun. En outre, la CEDEAO doit mettre tout en œuvre pour préserver les institutions des pays de la sous-région.

Des populations africaines demandent le départ des forces françaises et en appellent, au même moment, à la Russie. Le déclic peut-il venir de ce réaménagement dans la lutte ?

Je vous remercie pour cette question qui génère tant d’encre et de salive, mais il s’agit d’une question militaire pour laquelle je n’ai ni les compétences, ni des éléments pour y répondre. Cependant, nous pouvons noter qu’elle représente également la question politique occupant le plus l’espace public médiatique. C’est dommage qu’il s’agisse de la question politique dont s’occupe le plus la population africaine et plus précisément la jeunesse, qui est en recherche d’un mieux-être.

A partir du moment où nous sommes orientés vers une et unique question, cela témoigne de la non-maîtrise du problème que rencontre le Sahel. Il faudrait que la jeunesse puisse s’approprier les questions existentielles et profondes de la crise afin de comprendre pourquoi ce sont nos propres frères qui s’enrôlent dans des groupes extrémistes et perpétuent des attaques contre leur propre Etat, et cela même sous couvert de causes financières. Toutefois, il existe des questions politiques de la crise, qui sont des questions stratégiques, mais omises dans le débat public.

Pour rappel, l’aspect politique est un enjeu stratégique pour légitimer et gagner une guerre. Ainsi, les groupes terroristes l’ont compris dès le départ en mettant en avant le caractère politique de la guerre sous un cadre religieux. En effet, nous le savons tous, la branche radicale et majoritaire des groupes rebelles s’appuie sur la religion afin d’endoctriner les populations vulnérables. Ainsi, il faut une implication plus importante des organisations religieuses afin de gagner la bataille sur le terrain politique de la crise.

De 2016 (première grande attaque) à aujourd‘hui, la situation du Burkina est allée en empirant. Il est même dit que le pays constitue le maillon faible du G5 Sahel dans la lutte contre le phénomène terroriste. Comment comprendre cet enlisement et le manque de solutions par les dirigeants pour ne serait-ce que limiter les attaques ?

Il n’existe ni de maillon faible, ni de maillon fort dans cette lutte. Nous avons des camarades au front qui se battent pour la préservation du territoire. Comme je l’ai dit plus haut, la situation de cette année est sensiblement semblable à celle des années passées. Donc il faudrait relativiser et analyser autrement la situation. Aussi, depuis 2016, des actions sont entreprises par le pays, notamment dans la lutte contre les terroristes. Par exemple, la création de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) en 2019 est une initiative louable, car son but principal est d’améliorer la couverture du territoire (maillage) au niveau de zones en proie à l’insécurité. En dépit des différents manquements et insuffisances des VDP, il faut voir le positif et construire les choses sur le long terme.

Il faut surtout éviter d’être des donneurs de leçons et comprendre que la prise de décision dans cette guerre est difficile, car nous avons en face un ennemi qui mute et utilise tous les moyens non-conventionnels de guerre. Par exemple, que faire lorsqu’il s’agit d’enfants que les djihadistes utilisent comme outil de guerre pour perpétrer des attaques ?

Je tiens à préciser que l’intention des groupes terroristes est de créer le chaos institutionnel. Ils le font en divulguant sur le net des vidéos de tueries pour révolter la population. Je rappelle que cela fut une stratégie payante chez le Mali voisin, qui se retrouve aujourd’hui dans un cercle vicieux d’instabilité institutionnelle. Par conséquent, nous devons faire bloc autour de nos institutions, notamment le président du Faso et l’Assemblée nationale, afin de préserver nos acquis démocratiques tant recherchés.

Concrètement, comment peut-on sortir de cette situation de violences ?

Tout d’abord, il serait utopique de penser qu’il y a une solution unilatérale et homogène pour régler les différents enjeux : une bonne solution en 2018 n’est pas forcément la meilleure en 2020, car l’ennemi est en perpétuel changement. Toutefois, pour répondre à la question, il faut la segmenter en plusieurs questions sous-jacentes, notamment militaire, économique, sociologique et historique. Concernant la question militaire, il serait imprudent, voire prétentieux, à mon niveau de donner des leçons de stratégie militaire, car je n’ai pas les compétences pour cela et nous avons des hommes sur le terrain qui font leur travail. Il y va de même pour les questions sociologiques et historiques.

Néanmoins, la question économique relève de ma compétence. Une solution de résolution du conflit est clairement de mobiliser rapidement et massivement des ressources afin de soutenir financièrement la guerre. D’où le sens de mes travaux. Ce facteur est très important, car la stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure (sur le long terme). De ce fait, nous devons mobiliser rapidement des ressources afin de ne pas tomber dans le piège de la guerre d’usure.

Concrètement, il s’agira de financer des dépenses militaires conséquentes pour faire face à la guerre, mais surtout d’assurer les dépenses de développement au niveau des secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation, l’eau et les infrastructures. Je vous rappelle qu’une route bitumée est une route sur laquelle il est pénible d’installer des engins explosifs. Permettez-moi de m’arrêter là, car étant une guerre asymétrique, il faudrait qu’on applique également une communication asymétrique.

Enfin, les concitoyens doivent savoir qu’il existe des moyens de sortie de crise. Il faut garder espoir : rien n’est perdu.

Interview réalisée en ligne par O.L.O
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 29 juin à 18:08, par ce que je crois En réponse à : Phénomène terroriste : « La stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure », dévoile Fawzi Djarazémi Yves Banao

    A propos des visions expansionnistes des islamistes au delà du Sahel et notamment vers les pays du Golfe de Guinée , je me pose certaines questions. Est ce que les Groupes terroristes sont ils en nombres suffisants pour attaquer tant de pays à la fois ? Ils attaquent déjà la Cote d’ivoire. Ne s’agit t il pas d’une stratégie de diversion pour maintenir l’armée ivoirienne sur place en cote d’ivoire afin qu’elle ne puisse pas soutenir les armées sœurs du Sahel ?

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  • Le 29 juin à 21:24, par Mymy En réponse à : Phénomène terroriste : « La stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure », dévoile Fawzi Djarazémi Yves Banao

    Bravo. C’est après environ 6 ans d’agression que vous découvrez ça ?

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  • Le 30 juin à 09:41, par kwiliga En réponse à : Phénomène terroriste : « La stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure », dévoile Fawzi Djarazémi Yves Banao

    @Mymy : bravo à vous, j’ai eu la même réaction
    @ ce que je crois : L’accès à l’océan est un objectif essentiels des terroristes, notamment pour multiplier leurs trafics.
    Ne sous-estimons surtout pas leur potentiel.
    Pour l’instant au Faso, nous n’avons affaire qu’à quelques poignées de barbares qui se combattent entre eux, mais le potentiel terroriste est immense en Afrique de l’ouest, leur mobilité est grande et peut se faire en fonction des objectifs, des alliances,...

    Répondre à ce message

  • Le 30 juin à 10:13, par kwiliga En réponse à : Phénomène terroriste : « La stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure », dévoile Fawzi Djarazémi Yves Banao

    "Cependant, cette pauvreté n’est en réalité qu’une conséquence de la faible capacité de mobilisation de ressources des pays." Et, en toute honnêteté, peut-être aussi de la mauvaise (très mauvaise) répartition de la richesse.
    "Je vous remercie pour cette question... pour laquelle je n’ai ni les compétences, ni des éléments pour y répondre"
    Hum, ça c’est vraiment bizarre comme réponse...?
    Si j’ai bien compris, vous vous déclarez incompétent concernant les questions historiques, sociologiques et militaires, votre seule compétence étant économique et votre conclusion : "nous devons mobiliser rapidement des ressources afin de ne pas tomber dans le piège de la guerre d’usure."
    Grande découverte, au bout de 6 ans de guerre d’usure et alors qu’on peine à faire financer le G5 Sahel.
    Un imbécile qui marche, ira toujours plus loin que deux intellectuels assis.

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  • Le 6 juillet à 17:47, par Pierre En réponse à : Phénomène terroriste : « La stratégie des groupes belligérants est d’appliquer une guerre d’usure », dévoile Fawzi Djarazémi Yves Banao

    Moi ce qui me parait bizarre sans être un "spécialiste" C’est l’attitude de l’algerie et de la mauritanie quand on sait que certains leader terroristes sont originaire ou on des ramifications dans ces pays !!!!!!!!!!!

    "Abdelmalek Droukdel a à peine 20 ans lorsqu’il adhère dans la clandestinité au Front islamique du salut (FIS) [parti politique islamiste] en Algérie, puis naturellement au GIA [Groupe islamique armé, créé lors de la guerre civile algérienne], d’où sera issu le GSPC [Groupe salafiste pour la prédication et le combat, qui, en 2007, devient Al-Qaida au Maghreb islamique].

    Avec les disparitions des différents leaders de cet ex-GSPC, Droukdel en devint l’émir en juillet 2004. L’ex-mufti de la mosquée de Bordj Menaiel, à l’est d’Alger, s’approche de son rêve, ou plutôt de son idole : le fondateur de Daech, Abou Moussab Al-Zarqaoui."Camps d’entraînement à Taoudéni, multiples attentats dont celui du 11 avril 2007 à Alger [qui a fait 20 morts et plus de 200 blessés], assassinat de l’otage britannique Edwin Dyer en 2009, embuscades contre les armées malienne, algérienne et mauritanienne, envois de volontaires en Irak : Droukdel arrime le salafisme algérien à Al-Qaida. Il obtient l’adoubement d’Ayman Al-Zawahiri, bras droit de Ben Laden et commence à ensanglanter la région.
    Rivalités entre groupes terroristes

    L’équipée touareg du MNLA de janvier 2012 contre le pouvoir central du Mali puis le coup d’État d’Amadou Sanogo du 22 mars 2012 furent encore pain bénit pour Droukdel, qui, retranché dans sa Kabylie natale, tenta de ratisser large par un discours à la fois séduisant et martial. Hélas, la division était déjà au cœur des Hommes bleus [surnom des Touaregs alors alliés à certains groupes terroristes], dont les leaders avaient aussi de ambition tels Abou Zeid, Mokhtar Belmokhtar et surtout Iyad Ag Ghali [trois chefs islamistes rivaux dans la région].
    À lire aussi Vu du Sahel. Au Mali, “l’État doit-il dîner avec le diable” pour échapper au terrorisme ?

    Ces mouvements ont eu pour effet de réduire l’influence de l’“émir” caché d’Aqmi. D’aucuns disent même qu’il a été complètement phagocyté par Iyad Ag Ghali, et le fait qu’il ait été tué à Tessalit, au nord du Mali, loin de ses terres de prédilection, prouve que l’émir de l’ex-GSPC n’avait qu’une autorité très limitée sur ses phalanges.
    Aqmi affaibli

    Il n’empêche que son éclipse totale et définitive annoncée par la ministre des Armées française, Florence Parly, le 5 juin, est une grande perte pour Aqmi, car c’est un vétéran du terrorisme qui est ainsi éliminé. Même s’il sera remplacé dans la foulée, la katiba se retrouve désarçonnée et diminuée d’un grand chef. Même chez les terroristes, la mise hors d’état de nuire d’un leader est toujours un échec.

    On ne peut que saluer ce geste de salubrité sécuritaire de la part des forces spéciales françaises, même si la lutte contre le terrorisme sera chronophage. [Même Droukdel mort], il existe encore des caïds dans la bande sahélo-saharienne.
    Sam Chris

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