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Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

Accueil > Diasporas • • jeudi 7 novembre 2019 à 00h35min
Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

Depuis 2015, le Burkina Faso vit une situation sécuritaire précaire. Comment les Burkinabè de la diaspora vivent cette situation ? Nous avons recueilli les propos de quelques-uns vivant à New-York, aux Etats-Unis d’Amérique.

Moustapha Diaoune, journaliste à « The African journal »

J’ai le cœur qui saigne avec l’assassinat scrupuleux du maire de Djibo et de ses compagnons. Je voudrais adresser mes condoléances aux familles éplorées. Il est dit dans les livres saints que « la vie humaine est sacrée » et il n’est inscrit nulle part de tuer des innocents ; bien au contraire, il est dit qu’il faut aimer son prochain comme soi-même. Et je voudrais proposer qu’on investisse davantage dans le renseignement, impliquer les populations, former nos forces armées aux nouvelles techniques de combat contre le terrorisme, doter les forces armées d’armes de pointe et enfin bien rémunérer nos forces sur le terrain, sur le plan salarial et en couverture médicale, en lieu et place des décorations à titre posthume. Il faut aussi aller à la réconciliation.

Therry Tiendrébéogo, conducteur de taxi

Ça fait très mal lorsque nous entendons qu’il y a beaucoup d’attentats, qu’il y a beaucoup de personnes qui meurent et que la stabilité du pays est constamment menacée. Cela nous fait mal parce ce sont nos parents, nos frères et sœurs qui meurent chaque jour. En même temps, ça nous empêche, nous aussi de l’étranger, d’investir véritablement au pays parce nous avons peur. Nous voyons qu’il y a beaucoup de secteurs porteurs au Burkina mais la situation sécuritaire fait hésiter beaucoup qui se demandent s’il faut investir dans nos pays d’accueil ou rentrer au Burkina Faso malgré les risques liés à l’insécurité. Mais nous espérons que les autorités et toutes les personnes de bonne volonté se mettront main dans la main pour combattre le terrorisme. C’est un phénomène nouveau qui ne finira pas peut-être d’ici demain mais nous devons nous unir afin de lutter contre le terrorisme et tout ce qui peut diviser notre pays. Parce que, malgré tout, nous restons un.

Armand E. Kéré, financier, secrétaire général du MPP New-York

C’est avec inquiétude et frustration que nous vivons la situation au pays. Inquiétude et frustration parce que je me pose toujours cette question : pourquoi ceux qui ont créé ce problème en amont par la déstabilisation de la Lybie ne sont pas mis en cause et c’est le pouvoir en place qu’on accuse ? Des gens ont déstabilisé la région tout en sachant que cette déstabilisation allait créer des problèmes à nos populations. Le problème est né des bombardements de la Lybie par les Occidentaux avec la bénédiction de l’ONU. Avant cela, nos pays ne connaissaient pas ce phénomène et avaient d’ailleurs demandé le départ des bases françaises.

Et aujourd’hui, nous sommes contraints de faire recours à ces mêmes acteurs pour installer à nouveau d’autres bases militaires. Donc pourquoi personne ne les prend pour responsables ? Pourquoi on n’accuse pas l’ONU et ceux qui ont créé ce problème ? Et pour en sortir aujourd’hui, il faut une unité d’action de tous les fils du pays, de tous les bords politiques, religieux et culturels. Pour le pouvoir en place, je propose qu’à l’image des CDR pendant la Révolution, on intègre les groupes d’auto-défense comme les Koglweogos et les dozos dans cette lutte. Bien sûr, sous la supervision des coutumiers et des forces de défense et de sécurité. Ils pourront veiller sur les populations et alerter la sécurité au besoin. Il faut également travailler à stabiliser les populations, stopper l’exode et travailler à ce qu’ils restent dans leurs zones de résidence, bien sûr dans la sécurité. Sinon, à vouloir déplacer tout le monde vers Ouagadougou, on pourrait créer plus tard d’autres problèmes ; même des révoltes.

Aïcha Nadège Ouédraogo, présidente du Réseau des femmes entrepreneurs de la diaspora

Nous sommes vraiment tristes par rapport à ce qui se passe dans notre pays et nous voulons inviter et encourager tous nos frères au pays à une collaboration avec le gouvernement et les forces de l’ordre afin que nous puissions traverser cette situation d’impasse. Il ne revient pas à l’Etat seul de tout faire. Soyons tous vigilants, partageons l’information et aidons l’Etat à nous aider. Nous sommes vraiment touchés parce nous avons des parents, des familles qui sont restés en Afrique particulièrement au Burkina Faso. Et d’ici, nous compatissons et essayons de voir, en tant que diaspora, comment nous pouvons les soutenir.

Hamzah Ouédraogo, étudiant en économie, secrétaire général de la section CDP USA

C’est vraiment déplorable, ces événements qui se passent. Tous les jours, il suffit d’allumer le téléphone et sur le net, ce sont nos frères, des jeunes, qui perdent la vie au front. On a l’impression que rien n’est fait et qu’il n’y a pas de progrès, qu’il n’y a pas d’effort au niveau du gouvernement. Même s’il le fait, manifestement sur le terrain, on ne voit rien et on ne ressent pas le changement. On vient d’apprendre l’assassinat du maire de Djibo tout de suite, des écoles sont fermées avec des milliers d’enfants qui ne vont plus à l’école.

C’est vraiment dramatique et lorsqu’on parcourt les réseaux sociaux, on voit que le pays va vraiment mal. Mais on espère que tout cela va s’arrêter un jour. Et nous de la diaspora et de l’opposition, notre rôle c’est d’interpeler le gouvernement pour qu’il ouvre l’œil et voie la réalité en face. L’opposition a toujours fait des propositions au gouvernement et nous demandons de mettre tous les Burkinabè à la tâche. Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front ; c’est-à-dire que ceux-là qui ont l’expérience en matière de sécurité doivent être tous exploités parce qu’ils sont aussi des Burkinabè. Ici par exemple, si un cas pareil se présentait, quel que soit leur bord politique, ils vont s’unir et défendre l’intérêt national et c’est ce que nous attendons du gouvernement. Qu’il n’écarte pas des Burkinabè dans cette lutte car ce n’est pas un phénomène que le gouvernement seul peut vaincre.

Propos recueillis par Jean Palingba COMPAORE
USA
paling07@yahoo.fr

Vos commentaires

  • Le 7 novembre à 07:32, par RAOGO En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    Bien dit en attendant qu’on implique tous le monde, vous les burkinabè de l’extérieur devraient mettre en place une caisse de solidarité pour aider les déplacés et nous de l’intérieur on fera le reste...

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  • Le 7 novembre à 07:58, par Kôrô Yamyélé En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    - C’est juste mais toi aussi tu es burkinabè non ? Vient aller au front toi aussi ! Tu peux bien, par patriotisme quitter New-York et venir ici au Sahel burkinabè participer auprès de nos soldats, au combat contre les terroristes. Ce serait plus concret de bavarder.

    Par Kôrô Yamyélé

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  • Le 7 novembre à 10:58, par La pioche En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    La meilleure stratégie militaire pour anéantir le terrorisme repose à 80% sur les renseignements au niveau de la population. Nos populations doivent collaborer avec nos FDS et vis versa.
    Thomas SANKARA disait qu’il a besoin d’un peuple convaincu et non d’un peuple vaincu pour mener le combat contre l’impérialisme.
    Un peuple convaincu ne regrette jamais les actes qu’il pose. Il ne se décourage jamais malgré les péripéties. Il doit continuer de lutter jusqu’à la victoire finale !
    Quand on voit aujourd’hui des gens qui regrettent l’insurrection, on se rend compte malheureusement qu’il existe toujours des personnes vaincues. Après chaque lutte, un peuple convaincu doit faire le bilan et voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché et la lutte continue.
    Au moment de l’insurrection, je faisais partie de ceux la qui disaient que le lutte ne fait que commencer !
    Il y’a certainement des acquis mais la lutte continue car le combat n’est pas terminé !
    Aujourd’hui, tous les burkinabè doivent se mettre ensemble pour combattre le terrorisme et soutenir nos braves FDS.
    Si nous voulons véritablement gagner ce combat, nous devrons aussi apprendre à vivre avec ce fléau. Nous ne devrons pas nous paniquer car l’objectif de ces vendeurs d’illusions est de créer une psychose au sein des populations. Nous devrons agir comme les rouges (Communistes). On fait semblant de dramatiser mais les services secrets travaillent en bas. Les médias aussi doivent être contrôlés pour ne pas faire l’apologie du terrorisme.
    Vive le Burkina Faso !
    Vive nos braves FDS !
    Vive les orphelins et veuves des braves soldats tombés sur le front !
    Un citoyen responsable et convaincu apporte toujours des solutions et non passé son temps à critiquer ! Il est beaucoup plus facile de critiquer que d’apporter des solutions !
    Le Burkina Faso n’appartient pas à un groupe de personnes même s’elles sont aujourd’hui aux commandes. C’est notre Burkina Faso et nous devrons aider nos dirigeants à vaincre le mal du terrorisme.
    Nous devrons bannir les intérêts égoïstes. Seul l’intérêt national prévaut aujourd’hui !

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  • Le 7 novembre à 15:57, par deuil En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front ». Quelle ineptie ! Ce n’est pas une guerre normale contre une autre armée d’un autre pays. Car, les terroristes sont infiltrés parmi la population et à tous les niveaux de notre société. Le ver est dans le fruit depuis une décennie depuis la crise du Nord Mali. Si tout le monde va au front avec des armes, ce sera une véritable guerre civile et, là, les terroristes auront gagné car ce sera le vrai chaos. C’est ce qu’ils veulent ! le Burkina se retrouve avec un demi-million qui risque d’atteindre un million dans quelques mois de déplacés internes rendant la tâche du gouvernement de plus en plus difficile pour s’en occuper, pour sécuriser les zones délaissées et lutter contre les terroristes/bandits, etc.
    Il faut décréter l’état d’urgence et demander un effort patriotique à tous les burkinabè à commencer par supprimer le fond commun pour récupérer quelques dizaines de milliards et les investir dans du matériel d’armement et de communication y compris surveillance, etc. Ne comptons pas trop sur les occidentaux pour nous sortir de notre merde liée en partie à notre mal gouvernance de ces 30 dernières années.

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  • Le 7 novembre à 16:09, par Zihindo En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    La solution pour venir à bout du terrorisme au Burkina c’est la guerre populaire. Il faut encadrer les kolgwego, et les armer. Ils connaissent et le terrain et les complices des terroristes. Donnons leur les capacités de réagir. Le Vietnam avait gagné sa guerre en armant tous les paysans. Riziculteurs le jour et combattants la nuit venue.
    Et aussi que le MBDHP et PULAKU se la ferment

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  • Le 7 novembre à 19:25, par kiswensida En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    Cela relève de la malhonnêteté et de la mauvaise foi quand certains prennent au premier degré l’appel « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front ». Aller au front cela peut être aussi une contribution financière : le Burkina compte plus d’une dizaine de millions de ses fils à l’extérieur !
    Imaginez que 100 000 d’entre eux décident de contribuer à hauteur de 1000 euros pour la lutte anti-terroriste ! cela fait 100 millions d’euros soit environ 65,6 milliards de cfa.
    L’argent c’est le nerf de la guerre dit-on !
    Qu’attend le président pour faire appel à la diaspora et aussi à tous les kôrô yamyélés(1 sou est un sou non ?)

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  • Le 8 novembre à 02:25, par Jonas En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    Avant de proposer des solutions a cette crise la.... Dites nous d’abord son origine et ceux qui s’y cachent derriere.. On ne se lance pas dans une bagarre avec un inconnu ou un invisible... Qui cherchez-vous a battre ???

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  • Le 8 novembre à 11:29, par COURAGE En réponse à : Réactions de Burkinabè de New-York sur la situation sécuritaire : « Le gouvernement doit mettre tous les Burkinabè au front »

    POUR AMENER TOUS LES BURKINABE AU FRONT, IL FAUT COMMENCER PAR LES TRAITER SUR UN PIED D’EGALITE. PRENONS L’EXEMPLE DE LA FONCTION PUBLIQUE : POUR UN MEME DIPLOME, LES UNS SONT PAYES QUATRE FOIS LE SALAIRE DES AUTRES. C’EST ANODIN ? NON. CAR LA FRUSTRATION DES AUTRES FAIT LE LIT DE LA DIVISION.

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