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Médias et lutte contre le terrorisme : Faut-il interviewer un terroriste ?

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET • mardi 25 juin 2019 à 10h50min
Médias et lutte contre le terrorisme : Faut-il interviewer un terroriste ?

Au cours du forum du Groupement des éditeurs de presse publique de l’Afrique de l’ouest (GEPPAO) sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) tenu les 20 et 21 juin à Ouagadougou, le rôle des médias a été longuement débattu. Faut-il interviewer un terroriste ? Retour sur une épineuse question.

« Le rôle des médias dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest : entre contraintes sécuritaires et devoirs professionnels ». C’est sous ce thème que le Groupement des éditeurs de presse publique de l’Afrique de l’ouest (GEPPAO) a organisé son forum, les 20 et 21 juin derniers.

Cinq panels ont été animés autour de ce thème principal. Parmi ceux-ci, les participants ont échangé sur « Quelles stratégies communes de lutte contre le terrorisme et la criminalité ? ».

Même si les attaques terroristes sont répétitives dans beaucoup de pays du Sahel, parler du terrorisme ne doit pas être quelque chose de banal, avertit Alexis Kalambry, spécialiste malien de terrorisme et gouvernance. Mais dans son devoir d’informer, le journaliste doit-il interviewer un terroriste ? Cette interrogation a refait surface au cours des échanges après que le sujet a été survolé par le conférencier qui n’a pas donné un avis précis lors de la communication.

Selon Alexis Kalambry, interviewer un terroriste, c’est une question de ligne éditoriale. Personnellement, il a vécu l’expérience. « Souvent, j’ai été sollicité ou contacté. Soit je n’ai pas fait [l’interview], soit je ne l’ai pas diffusée, parce que je suis dans un pays où le terrorisme a fait énormément de dégâts, là où l’État est extrêmement fragile », a-t-il confié.

« Si un terroriste m’appelle… »

Visiblement, le cas d’Alexis Kalambry est à relativiser. En effet, il a poursuivi en insistant sur le contexte particulier de chaque pays. « Vraiment, je crois que chacun doit prendre en compte les éléments de son environnement. Peut-être que si c’était dans un journal sénégalais, je l’aurais fait », a-t-il précisé.

Quelle attitude à tenir lorsque le journaliste fait face à une menace terroriste ? La question de M. Tamboura, participant à ce panel, a connu une réponse aussi simple que pragmatique de la part du conférencier. « Si un terroriste m’appelle pour me dire qu’il va attaquer dans un tel endroit, pour moi, ce n’est pas un scoop. Je vais informer les autorités au lieu de me mettre à écrire un article », a-t-il martelé.
À en croire Alexis Kalambry, les médias ont un devoir professionnel face au terrorisme. « Il y a toujours un moyen de donner l’information sans tomber dans le piège des terroristes ou faire leur apologie », a-t-il affirmé.

Il faut noter que juste quelques heures après ce panel, à l’hémicycle, les députés burkinabè ont examiné et adopté le nouveau code pénal, qualifié de « liberticide » par les organisations professionnelles des médias et les défenseurs des droits de l’homme. 103 députés sur 114 votants ont adopté la loi. Cette loi, selon ses défenseurs, entend « renforcer la lutte contre le grand banditisme, renforcer les moyens d’action des forces de défense et de sécurité, en les protégeant contre certaines publications qui peuvent être de nature à démoraliser ou saper l’efficacité de leurs interventions ou leurs opérations. »

Cryspin Masneang Laoundiki
Lefaso.net

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