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Burkina/Médias : « L’Express du Faso est aujourd’hui indissociable de la vie de Bobo-Dioulasso et de l’ensemble du Grand Ouest », selon Mountamou Kani

Publié le mardi 9 avril 2024 à 14h09min

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Burkina/Médias : « L’Express du Faso est aujourd’hui indissociable de la vie de Bobo-Dioulasso et de l’ensemble du Grand Ouest », selon Mountamou Kani

Crée à Bobo-Dioulasso en 1998, au moment des échauffourées de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, L’Express du Faso est l’un des journaux qui a réussi à s’imposer au fil des temps dans l’espace médiatique burkinabè. Ce journal régional ou encore ce quotidien bobolais comme on l’appelle, est aujourd’hui indissociable de la vie de Bobo-Dioulasso et du Grand Ouest selon son directeur de publication, Mountamou Kani. Dans cette interview, il revient sur les débuts, les difficultés et l’évolution de son journal.

Lefaso.net : Pouvez-vous, vous présentez davantage ?

Mountamou Kani : Je suis Mountamou Kani, le directeur de publication de L’Express du Faso depuis maintenant sept ans. Il faut rappeler que j’ai été le premier rédacteur en chef à la création du journal le 20 octobre 1998 ; directeur de publication de 2000 à 2002, puis rédacteur en chef jusqu’en 2018. Je suis le président de l’Union des journalistes, communicateurs et correspondants de presse des Hauts-Bassins. Une association avec laquelle, nous sommes en collaboration avec Reporters solidaires en France et l’université Lumières Lyon 2. Nous avons mis en place en 2017 le Master 2 en techniques des métiers de l’information à l’université Nazi Boni. Bien sûr avec le concours de cette dernière. Je suis aussi le président de l’Association des éditeurs de la presse privée des Hauts-Bassins.

Racontez-nous votre aventure dans le journalisme.

Merci de l’occasion que vous me donnez de parler de L’Express du Faso parce que ce que vous appelez mon « aventure dans le journalisme » est intimement lié à la vie de L’Express du Faso. Personnellement, je n’aime pas parler de moi-même parce que je pense que les autres le feraient mieux. Mais pour vos lecteurs, je m’efforcerai tout en m’excusant de ne pas aller plus loin. Pour répondre à votre question, je ne parlerai pas d’aventure dans le journalisme mais plutôt d’expérience. Parce qu’en parlant d’aventure, c’est un peu comme si j’y suis allé sans savoir exactement ce que je voulais faire.

J’ai été recruté au journal « Regard » qui venait d’être créé et dont le directeur de publication était Gomdaogo Patrick Ilboudo et le rédacteur en chef Noël Ouanza Liéhoun. J’assurais les fonctions de chargé de documentation et de recherche. A force de rechercher les informations pour les autres, j’ai fini par les rechercher pour moi-même, à les traiter et à les proposer pour diffusion. J’ai quitté « Regard » à sa fermeture en 1997 avec le titre de rédacteur en chef après avoir assuré les fonctions de secrétaire de rédaction. Je me suis retrouvé au projet Onchocercose de l’Organisation mondiale de la santé (OMS-ONCHO) où, avec d’autres collègues, nous nous occupions du Centre de documentation et d’information. C’est de l’OMS-ONCHO que j’ai démissionnée en 1998 pour créer à Bobo-Dioulasso, avec d’autres personnes, L’Express du Faso.

J’ai été admis à deux reprises au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) de Paris où j’ai fait la rigueur professionnelle et la déontologie puis la gestion de l’information politique. J’ai fait de nombreux stages à Ouest-France (Angers) aux Progrès de Lyon (Lyon), à la République des Pyrénées (Pau). J’ai eu la chance de suivre une formation en mass-média à l’université de Minneapolis (dans l’Etat du Minnesota) aux Etats-Unis dans le cadre des échanges culturelles du département d’Etat du gouvernement américain.

Comment se porte L’Express du Faso ?

L’Express du Faso se porte comme l’ensemble des médias du Burkina Faso. Il se porte aussi comme se porte le Burkina Faso. Autrement dit, L’Express du Faso n’est pas en dehors de la situation générale que vit notre pays tant sur le plan économique, sécuritaire, social, humanitaire que politique.

La plupart des journaux sont à Ouagadougou, pourquoi vous avez décidé de créer ce journal à Bobo ?

Pourquoi devrions-nous être à Ouagadougou comme la plupart des journaux ? C’est d’ailleurs parce que la plupart des journaux sont à Ouagadougou que nous avons choisi d’être à Bobo-Dioulasso. En d’autres termes, nous estimons que tout ce qui se fait à Ouagadougou doit pouvoir se faire dans n’importe quelle autre localité du pays. Sans les autres localités, il n’y a pas de capitale Ouagadougou. Mieux, les populations à la base ont besoin que leur vécu quotidien soit connu ; que leurs préoccupations soient portées ; que leur apport à la construction de la nation soit connu. Bref, nous avons choisi l’information de proximité pur être plus proches des populations, principalement celles de cette partie de notre pays.

Pourquoi le nom L’Express du Faso ?

Le nom L’Express du Faso fait référence au train L’Express qui était très bien connu au temps de la Régie Abidjan-Niger (RAN) et qui faisait la fierté de cette régie. Il était à la fois rapide et luxueux. Nous avons voulu, et nous le voulons toujours, être Rapide et Luxueux (en termes de rapidité et de qualité de l’information). Il faut noter que L’Express du Faso a longtemps été le seul quotidien à paraître en même temps à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou avant que Sidwaya ne le fasse il y a juste un an ou un peu plus. Nous avons des correspondants dans l’ensemble du Grand Ouest, jusqu’à Ouahigouya. Avec la technologie, nous couvrons l’ensemble de notre pays.

Comment ont été vos débuts ?

Tout début a toujours été difficile. Dans le cas de L’Express du Faso, il l’était davantage dans la mesure où c’était la première fois qu’un quotidien se créait à Bobo-Dioulasso, où on lisait les journaux l’après-midi si ce n’est le lendemain. Il fallait travailler à changer les habitudes. En outre, au regard du passé, il a fallu travailler très dur pour mériter la confiance des lecteurs, pour ne pas dire des populations de notre région d’abord. La principale difficulté a été l’impression du journal. A part l’imprimerie de la Savane, aucune imprimerie n’avait voulu imprimer le journal. Même là, les prix d’impression n’étaient pas à notre portée, mais il fallait faire avec.

Ensuite, pour faire parler les gens sur des questions diverses, ce n’était pas facile surtout qu’on était à la période d’après l’assassinat de Norbert Zongo où le climat sociopolitique était tendu. Heureusement qu’en tant que rédacteur en chef, je disposais d’une équipe de jeunes que nous étions, dynamiques et engagés à inscrire nos noms dans l’histoire de la presse dans notre pays. L’Express du Faso était un bon tremplin. Nous étions d’autant plus galvanisés qu’Alpha Barry, correspondant de la Radio France Internationale (RFI) reprenait certains de nos écrits sur les ondes de cette radio. Puis, plus tard, les radios nationales. Les débuts n’ont pas été faciles, tout comme c’est le cas actuellement. Car, il faut faire vivre l’entreprise avec toutes les charges y afférentes.

Pensez-vous aujourd’hui que vous avez eu raison de créer ce journal à Bobo ?

L’Express du Faso a été créé en octobre 1998. Je crois sincèrement que nous avons eu raison de le créer. L’Express du Faso est aujourd’hui indissociable de la vie de Bobo-Dioulasso et de l’ensemble du Grand Ouest. On l’appelle d’ailleurs affectueusement le « Quotidien bobolais ». Ce dont nous sommes fiers. Les Bobolais se sont appropriés leur Quotidien. Les Burkinabè se sont appropriés leur journal régional ; unique en son genre en Afrique de l’Ouest francophone. Quand on considère que pendant 26 ans on a créé des emplois, formé des journalistes, participé à la prise de conscience sur un certain nombre de questions, contribué à des changements de comportements…on doit, toute modestie mise à part, en être fier. Lire la suite

Interview réalisé par Serge Ika Ki
Lefaso.net

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