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Lutte contre la désertification : Ouagadougou abrite un sommet de la société civile

Accueil > Actualités > Environnement • LEFASO.NET | Par Justine Bonkoungou • jeudi 20 juin 2019 à 18h21min
Lutte contre la désertification : Ouagadougou abrite un sommet de la société civile

Ouagadougou, la capitale burkinabè, accueille du 19 au 22 juin 2019, le 4e sommet des acteurs de la société civile impliqués dans la lutte contre la désertification et la sécheresse dénommé Désertif’Actions. Un sommet porté par l’ONG CARI, le SPONG et la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. La cérémonie d’ouverture de ce sommet a eu lieu ce jeudi 20 juin 2019 en présence du ministre de l’Environnement et de l’ambassadeur de France.

Les chiffres sont alarmants : 74% des terres d’Afrique sont affectées par la désertification, 2,3 milliards de personnes soit 38% de la population mondiale vit dans les zones sèches et arides et 250 millions de personnes voient leurs modes de vie directement affectés par la désertification. Et selon les prévisions, le changement climatique devrait impacter plus lourdement les zones sèches et menace de réduire de 50% la production agricole dans certaines zones d’Afrique.

Juliette Compaoré, PCA du SPONG

Au Burkina Faso, la situation n’est guère plus reluisante. A en croire Juliette Compaoré, présidente du Conseil d’administration du SPONG, entre 2002 et 2013, 5,16 millions d’hectares de terres se sont dégradées, soit 19% du territoire national. En 11 ans, le Burkina Faso a perdu plus de 2,4 millions d’hectares de forêts au profit de savanes ou de terres cultivées.

Et comme l’a souligné Patrice Burger, président et fondateur de l’ONG CARI (Centre d’actions et de réalisations internationales), « cette catastrophe de grande magnitude dont nous avons trop longtemps sous-estimé la progression, diminue le potentiel productif et les services des écosystèmes. Elle remet en cause le revenu et le mode de vie à court terme d’une bonne partie de l’humanité. Et à long terme de sa quasi-totalité. Aucune civilisation n’a survécu à la mort de ses sols. » Les conséquences de la désertification et de la dégradation des terres, ce sont entre autres, la perte de la biodiversité, l’insécurité alimentaire, la perte des emplois et des revenus, les migrations, le nomadisme, etc.

Au regard donc de l’importance de cette problématique, les Nations Unies ont adopté la Convention sur la lutte contre la désertification et décrété la période 2010-2020, Décennie des Nations Unies pour les déserts et la lutte contre la désertification. Cette décennie a pour but de promouvoir des actions pour la protection des zones sèches et devrait donner lieu à la mise en place des changements critiques qui permettront de sécuriser sur le long terme la contribution des zones sèches au bien-être de l’humanité.

Patrice Burger, président fondateur du CARI

En septembre 2019, doit se tenir la prochaine conférence des parties de la Convention Désertification (COP 14) à New Dehli en Inde. Elle sera l’occasion de faire le bilan de la Décennie et des axes prioritaires qui ont été définis. Et c’est conscient que les Etats seuls ne peuvent apporter des solutions au problème de la désertification, que des acteurs de la société se sont engagés.

Le sommet Désertif’actions 2019 qui se tient pour la première fois en Afrique a donc pour but d’organiser la concertation de la société civile et d’identifier des positions communes en préparation à la COP 14.

Ce sommet est l’initiative de l’ONG CARI, du SPONG (Secrétariat permanent des Organisations non gouvernementales) et de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification. 370 participants d’une quarantaine de pays prennent part à ce sommet.

Un programme fourni…

Quatre jours durant, les participants auront droit à des plénières, mais aussi à trois panels et à quatre ateliers thématiques qui constitueront le cœur même du sommet. Le premier panel portera sur la place des terres dans les initiatives africaines, le second sur les enjeux de la prochaine conférence des parties en Inde en septembre et le troisième sur les financements à mobiliser pour la lutte contre la désertification.

Le premier atelier thématique portera sur la société civile et l’Initiative de la Grande Muraille Verte pour le Sahel et le Sahara, le second sur le pastoralisme en zones arides et la lutte contre la désertification. Le troisième atelier concernera le foncier et la mise en œuvre de la neutralité et le dernier atelier s’intéressera aux financements innovants de la lutte contre la désertification.

Le sommet Désertif’actions 2019 sera aussi l’occasion de sensibiliser le grand public sur la question de la lutte contre la désertification et la cause des terres arides.

Nestor Batio Bassière, ministre en charge de l’environnement

Présents à la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique, Nestor Batio Bassière et l’ambassadeur de France, Xavier Lapeyre de Cabanes, ont tous les deux salué la tenue du sommet Désertif’actions 2019.

Nestor Batio Bassière a par ailleurs lancé un appel solennel pour le renforcement de la coopération et de la solidarité pour la réalisation de la neutralité en matière de dégradation des terres dans les pays affectés. Car dit-il, « ce n’est qu’à ce prix que nous construirons durablement notre avenir de dignité humaine et d’opportunités de création d’emplois verts décents pour la réduction de la faim et de la pauvreté, la résilience de nos écosystèmes et de nos communautés au changement climatique tant de nos pays que de notre planète. »

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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