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Communication et Journalisme : Tiga Cheick Hamed Sawadogo s’intéresse aux koglwéogo dans une recherche

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Recherches et innovations • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 1er avril 2019 à 15h30min
Communication et Journalisme : Tiga Cheick Hamed Sawadogo s’intéresse aux koglwéogo dans une recherche

« Traitement médiatique d’un phénomène social : le dossier koglwéogo dans l’Observateur Paalga et Sidwaya ». Tel est le thème de mémoire soutenu par Tiga Cheick Hamed Sawadogo en vue de l’obtention de sa maîtrise en Sciences et techniques de l’information et de la communication. C’était à l’université Ouaga 1 Pr Joseph Ki-Zerbo, précisément au département Communication et Journalisme, le vendredi 22 mars 2019.

Le mot koglwéogo prononcé, et les débats les plus passionnés et opinions souvent tranchées fusent de partout. Dans une société dite de communication, c’est surtout à travers les médias que la discussion sur les sujets d’intérêt national se mène. Et le phénomène Koglwéogo n’a pas dérogé à cette règle. L’espace médiatique a été le lieu de débat sur les Koglwéogo.

Pourtant Tiga Cheick Hamed Sawadogo fait le constat qu’une étude scientifique n’a pas été menée sur le binôme, médias et koglwéogo. Alors que de nombreux écrits ont déjà vu le jour sur ces groupes d’autodéfense en lien avec le droit, la sociologie ou bien d’autres champs.

C’est donc pour comprendre comment les catalyseurs de débat que sont les médias ont traité la question des Koglwéogo, que l’étudiant s’est intéressé à la question, guidé par son directeur de mémoire, Dr Cyriaque Paré.

Pour ce faire, il a choisi L’Observateur Paalga et Sidwaya pour la période allant du 1er janvier au 31 mars 2016. Une période faste, avec une production abondante sur l’objet de sa recherche.

Les deux quotidiens étudiés ont-ils été une tribune pour tous les protagonistes de la question ? Quelle a été la position de L’Observateur Paalga et de Sidwaya en ce qui concerne ce phénomène social que sont les groupes d’autodéfense ou Koglwéogo ? Ce sont les deux questions de recherche qui ont guidé le jeune chercheur tout au long de son travail.

Pour collecter les données, il a eu recours à la recherche documentaire, au tri des journaux et à l’entretien semi-directif, avant de procéder à une analyse de contenu.
Son document dont la synthèse a été faite au jury est structuré en trois grandes parties : La première partie traite des aspects théoriques et de l’approche méthodologique de l’étude. Cette section a été consacrée à la problématique, au cadre théorique et conceptuel, à la revue de littérature et à la démarche méthodologique.

La deuxième partie du travail, elle, a été consacrée à l’analyse quantitative et qualitative des productions et écrits sur les Koglwéogo. Il s’est agi d’appréhender l’importance que les quotidiens ont accordée au sujet, de mettre en exergue le nombre d’écrits que ces derniers ont publiés à cette occasion. Cette partie a mis également en lumière les différents acteurs qui se sont prononcés sur la question.

La troisième partie a été consacrée à l’analyse critique du traitement journalistique du débat sur Les Koglwéogo par chaque journal. Il s’agissait ici de jauger l’attitude des deux quotidiens dans leur traitement de l’information à l’aune des principes du journalisme. Cette section a permis au jeune chercheur de mesurer la responsabilité éditoriale de chaque journal.

Les principaux résultats

A l’issue de son étude, Tiga Cheick Hamed Sawadogo note que pendant la période d’étude, chacun des deux quotidiens a eu 59 parutions. Dans 24 des 59 numéros de Sidwaya, l’on a parlé Koglwéogo, avec 31 articles (26 productions maison et 5 écrits émanant d’auteurs extérieurs au journal). Quant à L’Observateur Paalga, le traitement médiatique sur les Koglwéogo a concerné 30 numéros, avec 39 articles (21 écrits du journal et 18 contributions extérieures).

Dans les journaux, celui qui est par ailleurs journaliste à Lefaso.net a recensé des expressions par lesquelles les Koglwéogo étaient désignés. La rhétorique du déni (illégal, hors-la-loi, non républicain, gardien de la brousse), celle de la dramatisation et de l’amplification (rebelles, terroristes, terreur, barbares, criminels, maffia, kalasch, uzi).

Il a aussi relevé le champ lexical des sévices corporels (tortures, lynchage, exécutions sommaires, ligoter, fouetter à sang, dos zébrés de cicatrices). Mais il y eu aussi des expressions, même moindres, tendant à ennoblir les actions des Koglwéogo (justiciers populaires, initiatives heureuses, défenseurs de la veuve et de l’orphelin).

Aussi, Tiga Cheick Sawadogo souligne que chaque journal a été une tribune d’expression pour les citoyens. Les deux canards ont ouvert leurs colonnes à toutes les opinions sur la question. Par contre, il a regretté que l’on n’ait pas véritablement donné la parole aux principaux protagonistes. L’on a parlé au nom des Koglwéogo de manière générale, sans daigner leur tendre directement le micro.

De même, une analyse critique a permis de comprendre que les deux quotidiens n’ont pas toujours respecté les principes et pratiques du journalisme comme les questions d’impartialité et d’équilibre de l’information liées à ces groupes d’autodéfense.

Somme toute, son hypothèse principale de recherche qui a consisté à dire que les deux quotidiens ont contribué à la médiatisation du phénomène Koglwéogo en traitant abondamment du sujet et en étant une plateforme de débat sur la question, a été confirmée. L’analyse de contenu des articles, aussi dans les genres neutres que dans les genres engagés, lui a permis d’affirmer que face à ce débat, le doyen des quotidiens, L’Observateur Paalga, a clairement pris position contre les Koglwéogo, à la différence du quotidien public Sidwaya.

Après un exposé de 15 minutes sur la synthèse des plus de 130 pages de son mémoire, le jury a fait des remarques. Les Docteurs Marc Nébié (président), Lacina Kaboré (membre) et Cyriaque Paré (directeur de mémoire), ont entre autres salué l’effort d’investigation et la qualité d’écriture du document. Le jury a par contre regretté le manque d’équilibre des différentes parties du document, et des lacunes dans sa mise en page. Des remarques que Tiga Cheick Hamed Sawadogo a promis de prendre en compte pour parfaire le document final.
C’est la note de 16/20 qui a été décernée à l’impétrant.

Etienne Lankoandé (stagiaire)
Lefaso.net

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