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Gouvernance électorale au Burkina Faso : Il faut prioriser les priorités des populations

Accueil > Actualités > Politique • • vendredi 10 mars 2017 à 23h55min
Gouvernance électorale au Burkina Faso : Il faut prioriser les priorités des populations

‘‘Si on va reprendre les élections et se retrouver dans la même situation, vaut mieux ne pas le faire », Siméon SAWADOGO, Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, 06 mars 2017.

Très belle mise en garde.
Les élections partielles du 28 mai 2017 dans 19 collectivités territoriales coûteront la somme de un milliard deux cent millions (1.200.000.000) de francs CFA. Ce montant astronomique est le prix à payer par le contribuable burkinabè pour les querelles politiciennes des partis et formations politiques.

Mais en vérité, le citoyen doit-il continuer à payer pour les mesquineries de ces hommes et femmes qui clament urbi et orbi leur attachement à un Burkina de démocratie et de solidarité, et pourtant incapables d’aplanir leurs aspérités et de fédérer leurs énergies dans l’intérêt des populations locales ?
Ces femmes en larmes à la recherche d’un centre de santé doivent-elles supporter le coût des mésintelligences de ces partis politiques ?
Ces enfants dont le seul rêve, c’est d’avoir accès à une salle de classe doivent en payer le prix ?
Et ce soldat qui ne demande qu’une arme pour défendre sa Patrie ?
A mon humble avis, c’est non.

Un milliard deux cent millions (1.200.000.000) de francs CFA, c’est le budget qui sera alloué à l’organisation de ces élections partielles, et en terme de ratio coût/électeur, j’ai mauvaise grâce à penser qu’elles sont une priorité pour les populations de ces localités non pas parce que je m’inscris aux antipodes de l’expression démocratique et du principe de décentralisation, mais parce que je ne voudrais pas souscrire à la manipulation ‘‘égoïste’’ de l’expression des urnes, à la dilapidation des fonds publics pour élire des Hommes incapables de s’entendre sur un minimum pour insuffler le développement à la base.
Une question à un milliard de francs : qu’est-ce les acteurs du processus électoral ont posé comme acte pour éviter aux collectivités territoriales l’échec des élections envisagées ?

Mystère et boule de gomme !

Inutile de l’affirmer, mais j’ai attendu comme nombre de Burkinabè, impatiemment et vainement un rapport du Gouvernement, de l’Assemblée Nationale ou de la CENI (Commission électorale nationale indépendante, ndlr) sur les causes réelles des échecs des élections dans ces collectivités et des propositions de solutions.
Et de ma propre analyse, j’ose affirmer et soutenir que l’échec de l’organisation des élections ou de la mise en place des exécutifs locaux dans ces collectivités territoriales est entièrement et pleinement imputable aux partis politiques (Majorité comme Opposition) et au Gouvernement. Pour reprendre l’expression de monsieur Abdoul-Karim SANGO, ’’les intrigues politico politiciennes ont fait plus de mal à ce pays que le Sida et toutes les autres pandémies que nous connaissons’’
En l’absence de toute garantie politique et juridique, l’histoire risque de se répéter.Le célèbre Arrondissement 4 de Ouagadougou est l’emblématique illustration qu’une reprise immédiate des élections dans les localités visées n’est pas forcément la solution adaptée tant que les causes réelles des échecs antérieurs ne sont pas traitées.

Pendant la Transition de 2015, des Présidents de Délégation Spéciale (PDS) ont atteint des résultats à faire rougir des élus locaux. C’est l’occasion pour moi de rendre un hommage appuyé à tous ces Administrateurs qui, comme des enseignants et des infirmiers, écument les profondeurs du Burkina Faso, dans l’ombre des medias et des dithyrambes politiques pour apporter une valeur ajoutée au développement. C’est aussi la preuve que le développement local peut s’opérer de plusieurs manières en fonction du contexte.

En dépit des urgences que nous impose l’actualité, le Gouvernement semble se tromper de priorité et la CENI, sauf une réforme profonde, deviendra inéluctablement une grosse charge pour le citoyen et le développement. Il aurait suffi d’un courage politique et des aménagements juridiques pour que les dépositaires de l’autorité de l’Etat au niveau déconcentré, avec la contribution du personnel enseignant proche des populations et des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) organisent des élections exemplaires, à moindre cout, adaptées à notre contexte…mais hélas !

BEDA Maurice
Citoyen burkinabè
monbeda@yahoo.fr

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