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Transports aériens : Les clefs de la réussite marocaine

Accueil > Tourisme • • vendredi 1er février 2008 à 10h09min

Les aéroports marocains accueillent 10 millions de passagers par an et, à l’horizon 2010, ils visent les 30 millions de voyageurs. Comment le pays du roi Mohammed VI a-t-il réussi une telle prouesse ? Des délégations africaines ont eu la réponse, au cours d’un salon des industries et services aéronautiques, tenu du 23 au 26 janvier derniers à Marrakech.

Dix millions de passagers par an ! Comparé au Burkina avec ses 300 000 passagers, le Maroc est un géant des transports aériens. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. D’ici 2010, 30 millions de personnes débarqueront ou embarqueront des aéroports du pays. Le trafic connaît une croissance à deux chiffres (plus de 15% par an). Cet essor n’est, bien sûr, pas le fait du hasard. A l’occasion du Salon des industries et services aéronautiques, Aéro Expo 2008, les autorités marocaines ont dévoilé la stratégie mise en place pour parvenir à ces résultats.

Des ministres des Transports de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, dont le Burkina, ont pris part à de nombreuses rencontres, visité l’expo, et suivi des conférences qui les ont édifiés. Que ce soit avec le P-DG de la Royal Air Maroc, Driss Benhima, ou avec le ministre de l’Equipement et du Transport, Karim Ghellab, le discours tenu avec les ministres africains est le même : c’est la libéralisation totale du ciel qui est à l’origine du succès marocain. Le processus s’est engagé en 2004 par la définition de règles du jeu claires, la création d’un low cost national (Atlas Blue), la concentration des activités de la RAM autour du hub de Casablanca, la coordination des actions avec le ministère du Tourisme. "Libéraliser ne pénalise pas, mais stimule le transport national." C’est le conseil du ministre marocain, dont le pays, avec l’ouverture du ciel en 2004, reçoit désormais 49 compagnies aériennes (contre 22 en 2003).

Le transport et le tourisme vont de pair dans la stratégie marocaine. En même temps qu’il tire des revenus du transport (taxes par exemple), le Maroc attire de nombreux touristes qui ont apporté au pays 4,5 milliards d’euros en 2007. Il faut savoir que la concurrence a entraîné une baisse des coûts du transport et la RAM offre des billets Paris-Casablanca à 40 euros. Mais l’exemple le plus réussi, pour les Marocains, est la résistance affichée par la compagnie nationale. Alors que tous les pronostics prédisaient la mort de la RAM, celle-ci s’est au contraire développée, en accroissant sa flotte et générant des bénéfices. D’où cette phrase du ministre Ghellab : "La meilleure façon de développer son secteur aérien, c’est de le libéraliser."

100 millions d’euros pour rénover les aéroports

Des mesures d’accompagnement en matière de rénovation des infrastructures aéroportuaires sont certes nécessaires. Le Maroc investit 100 millions d’euros par an pour rénover ses aéroports. Mais le ministre estime que ce n’est pas le secteur le plus consommateur de ressources. Pour ses nouvelles autoroutes, le Maroc dépense 500 millions d’euros par an. Pour réussir, la libéralisation n’est donc pas forcément une affaire d’argent. "Le plus coûteux consiste à faire passer le message de la libéralisation au monde entier", explique le ministre de l’Équipement et du Transport. Il est donc important de communiquer. Au total, le Maroc a réussi en formant ses cadres de l’Aviation civile et en dynamisant sa compagnie nationale, c’est-à-dire en misant sur les compétences humaines et le management. Le pays s’est dit disposé à partager son expérience avec les pays d’Afrique subsaharienne.

En tout cas, les ministres présents à Marrakech ont été séduits par ce modèle de développement aérien et comptent bien s’en inspirer, avec les particularités qui leur sont propres. Il ont aussi marqué leur intérêt pour le secteur de l’aéronautique dont le Maroc est en passe de devenir un des leaders en Afrique. Le salon de Marrakech a mis en évidence la vocation aéronautique du Maroc. De nombreux industriels de l’aviation civile et militaire ont choisi le pays. On dénombrée ainsi une cinquantaine d’opérateurs dont l’activité couvre diverses prestations à forte valeur ajoutée, allant de la sous-traitance aéronautique (assemblage, fuselage, etc.) à la maintenance des avions. Le secteur génère 5 000 emplois et environ 300 millions d’euros de chiffre d’affaires par an. Il est donc stratégique pour le Maroc dont le ministre voit, à travers le 1er salon de Marrakech", de nouvelles perspectives de développement des plates-formes de l’industrie aéronautique". Par ailleurs, ce Salon, "nouvel outil de communication, d’échange et de rencontres professionnelles, devrait favoriser la synergie entre les opérateurs du secteur de l’aéronautique et le développement de partenariats en matière d’investissement dans ce secteur". Le Maroc a tendu une main à ses partenaires d’Afrique subsaharienne en les conviant à découvrir ses performances en matière de transports aériens et d’aéronautique. Visiblement, le message est passé et de nouvelles perspectives de coopération Sud-Sud sont ainsi ouvertes.

Par Mahorou KANAZOE

(Envoyé spécial)

Le Pays

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