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Diaspora : « La communauté burkinabè est assez dynamique au Canada », Fabienne Sawadogo, étudiante au Canada

Publié le mardi 28 mai 2024 à 22h07min

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Diaspora : « La communauté burkinabè est assez dynamique au Canada », Fabienne Sawadogo, étudiante au Canada

Fabienne Sawadogo, étudiante en informatique, réside dans la province de l’Ontario au Canada où elle travaille aussi comme analyste programmeur. Après l’obtention de son baccalauréat série D, elle bénéficie d’une bourse pour partir au Canada afin de continuer ses études. Cette opportunité lui a permis de sortir diplômée de l’université d’Ottawa. Dans l’interview qui suit, elle partage son expérience de l’immigration et revient sur les défis auxquels elle a fait face.

Lefaso.net : Pourquoi avez-vous choisi d’aller au Canada pour vos études ?

Fabienne Sawadogo : J’ai choisi le Canada pour plusieurs raisons. La première raison est la qualité de l’éducation parce que là-bas le système éducatif est très bien organisé. Nous avons beaucoup d’accompagnement de la part de nos professeurs et du service éducatif. Le pays regorge de plusieurs universités qui sont reconnues sur le plan mondial. Hormis cela, il y a aussi les opportunités et les offres d’emploi qui ne tarissent pas quand on finit les études. Donc, il y avait beaucoup d’offres alléchantes et c’est un peu ce qui m’a motivé à continuer mes études au Canada. J’ai pu être diplômée en sciences informatiques option entrepreneuriat et je suis actuellement analyste programmeur en fonction.

De votre expérience quelles sont les défis des étudiants burkinabè au Canada ?

De façon générale pour un étudiant étranger ou un étudiant burkinabè, c’est l’intégration. Le système éducatif est complètement différent donc lorsqu’on arrive dans une zone où nous ne sommes pas habitués, on doit d’abord apprendre à s’intégrer dans la société. Hormis cela, il y a aussi des barrières linguistiques parce qu’il faut savoir que le Canada est majoritairement anglophone et il y a juste deux ou trois provinces qui sont bilingues et une province qui est complètement française. Les barrières linguistiques se font ressentir lorsque l’on n’a pas de base en anglais. A mon niveau, il y avait le détachement familial parce que quand je suis au Burkina Faso, je suis entourée de ma famille, de mes frères et sœurs qui me soutiennent. Mais étant là-bas, j’étais livrée à moi-même et c’est un peu compliqué émotionnellement.

Avez-vous des liens avec d’autres étudiants burkinabè et comment est-ce que vous collaborez ?

Il y a beaucoup d’associations d’étudiants burkinabè et même des associations d’étudiants de toute l’Afrique. Avec ces regroupements, nous faisons très souvent des sorties et des rassemblements. Nous organisons des journées traditionnelles où l’on s’habille en tenue traditionnelle. Cela nous permet de réseauter, de nous enrichir relationnellement et professionnellement mais également de nous ouvrir beaucoup de portes. Il faut savoir que la communauté burkinabè est une communauté qui est assez dynamique au Canada. C’est une communauté que l’on retrouve un peu partout, dans divers secteurs activités.

Pensez-vous avoir réussi à vous intégrer au Canada ?

Je peux dire que je suis bien intégrée parce qu’il faut dire que le Canada est un pays où il y a la promotion du multiculturel avec plein de cultures. Ils ont donc une population en majorité qui vient d’ailleurs. Ce qui fait que c’est une zone vraiment agréable pour les étudiants internationaux. Il faut juste savoir embrasser la culture d’ailleurs, tout en préservant ses propres valeurs et traditions. C’est ça le secret quand tu arrives ailleurs, il faut que tu apprennes à t’intégrer tout en gardant tes valeurs parce que si tu n’apprends pas à t’intégrer, tu ne vas pas t’en sortir. Je peux donc dire que j’ai réussi à m’intégrer parce que j’ai fait beaucoup de réseautage. J’ai fait beaucoup de sorties avec les autres Burkinabè. Aussi, il ne faut pas rester émotionnellement fermé. Quand on arrive dans un lieu qui est un peu loin de nos habitudes de confort, on a l’habitude de se renfermer sur soi-même et c’est quelque chose que l’on ne doit pas faire. Il faut s’ouvrir et découvrir de nouvelles choses parce que c’est comme ça que l’on se construit dans la diaspora.

Pensez-vous que si vous étiez restée au Burkina pour faire vos études vous auriez eu ce chemin-là ? Est-ce qu’il y a ces possibilités d’études au Burkina Faso ?

Si j’étais restée au Burkina, mon orientation serait différente parce que, de base, c’était la médecine ou l’économie que je devais faire. Mais quand je suis arrivée au Canada, j’ai dû m’adapter au besoin du territoire et le besoin se situait plus dans le domaine de l’informatique. J’ai donc dû me réorienter en tenant compte de mon baccalauréat scientifique. Cette filière est un bon choix car ici, ce profil est recherché pour combler le manque de main d’œuvre. Par ailleurs, quand je viens souvent au Burkina, je vois qu’il y a beaucoup de secteurs que l’on peut développer en informatique. Il y a beaucoup d’innovations à apporter et de nouvelles touches. Beaucoup de choses peuvent être faites dans mon pays dans ce domaine et je trouve que c’est vraiment un bon choix de parcours.

Est-ce que vous comptez revenir au Burkina définitivement vous installer ?

Je compte me réinstaller définitivement chez moi au Burkina Faso parce que je trouve que l’on n’est jamais mieux que chez soi. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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