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Pr Oumarou Savadogo : Un défenseur de la cause des énergies renouvelables

Publié le dimanche 3 septembre 2023 à 22h13min

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Pr Oumarou Savadogo : Un défenseur de la cause des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables, notamment le solaire, sont le domaine de définition du Professeur titulaire en Sciences des Matériaux et en énergie à l’école Polytechnique de Montréal au Canada. Convaincu de ce que l’Afrique, au regard de son potentiel solaire peut développer son industrie à partie des énergies renouvelables, l’homme plaide pour des investissements structurants dans ce domaine.

Du commun des Burkinabè, son nom ne dit peut-être pas grande chose. Mais au Canada où il vit, l’homme fait la fierté du Burkina Faso notamment dans le domaine des énergies renouvelables.

Pr Oumarou Savadogo puisque c’est de lui qu’il s’agit, est directeur fondateur du laboratoire de nouveaux matériaux sur l’énergie et l’électrochimie de l’université Polytechnique de Montréal au Canada et responsable des programmes d’énergies renouvelables dans la même université.

Professeur titulaire de l’Ecole Polytechnique de Montréal, Oumarou Savadogo, est un défenseur de la cause des énergies renouvelables, notamment le solaire sur lequel, il a mené plusieurs travaux de recherche.

Quand se présente l’occasion, ce chercheur mondialement reconnu et qui fait partie des top 2% des chercheurs les plus cités dans leur domaine d’expertise sur 7 millions de chercheurs à travers le monde, n’hésite pas à démontrer l’importance de l’énergie en général et le solaire en particulier pour les pays en développement comme le nôtre. « En 1984, j’écrivais dans le journal Carrefour Africain devenu Sidwaya un article sur le solaire et j’exhortais le Burkina et les autres pays africains à s’intéresser et à redoubler d’efforts pour s’approprie cette technologie car elle sera incontournable dans le jeu énergétique Africain », indique-t-il.

Dans une interview accordée au journal en ligne lefaso.net, l’éditeur fondateur d’un journal scientifique international sur les nouveaux matériaux insistait sur l’importance des énergies renouvelables pour l’Afrique. « A l’origine était l’énergie et l’énergie dans le cas de l’Afrique est indispensable parce que beaucoup de choses sont à construire et les investissements ne peuvent pas avoir d’effets positifs quand il n’y a pas d’énergie. On ne peut pas avoir une industrie digne de ce nom qui va respecter l’aspect du développement durable si les questions énergétiques ne sont pas résolues de façon concertée, de façon responsable et efficace » confiait-il à nos confrères avec certitude.

Déterminé à promouvoir les énergies renouvelables, le solaire notamment au Burkina et en Afrique, l’homme ne se contentera pas que des interpellations. Convaincu de ce que la promotion de ces énergies nécessite l’existence de la ressource humaine qualifiée, l’homme initiera des programmes des formations dans ce domaine.

Il est ainsi l’initiateur des programmes de formation en Technologie solaire installés à l’université de Ouagadougou où, « plus de 500 techniciens et ingénieurs ont été formés jusqu’à ce jour ».

Aussi, est-il l’initiateur de l’Ecole Polytechnique de Ouagadougou (EPO) où, pour diverses raisons, il a décidé de se retirer de l’établissement. « Je me suis retiré pour question d’incompatibilité de la vision à donner pour cette école, entre autres, comme première vraie École d’Ingénieurs d’ETAT du pays, la location d’immeuble n’est pas la bonne approche car les écoles d’ingénieurs se font selon des normes de constructions et de programmes universitaires à exécuter que la location ne permet pas de respecter. En plus pour un état, on ne bâtit pas l’avenir d’une institution capitale comme celle-là en étant dans des locaux loués » explique-t-il.

« Un autre désaccord porte sur le type de formation spécialisée que je suppose être mieux indiquée pour satisfaire les besoins en ingénieurs de conception dans différents domaines que la formation généraliste pour l’administration » poursuit-il.

Les énergies renouvelables, son domaine de définition

Les énergies renouvelables, c’est ce sur quoi le Pr Oumarou Savadogo a toujours travaillé et où il a plusieurs diplômes.

Professeur Titulaire de Polytechnique Montréal en Sciences des Matériaux et en énergie et Titulaire de la Chaire UNESCO en Ingénierie Durable - Technologies Solaires Appliquées (Février 2021-) Oumarou Savadogo détient un Doctorat d’État ès Sciences Physiques (1985) ; un Doctorat de 3ème cycle (1983) et DEA (1981) en sciences des matériaux de l’École Nationale d’ingénieurs de Caen (France) en Science des Matériaux et électrochimie.

Il est aussi titulaire d’une Maitrise ès Sciences Physiques de L’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques (1980) de l’université de Ouagadougou Ingénieur procédés chez Rhone-Siltec (1986). Il a aussi effectué un stage post doctoral au CNRS (Centre National de La Recherche Scientifique Bellevue (1987) (France). Il a joint l’École Polytechnique de Montréal en Génie Métallurgique et des Matériaux comme chercheur 1987-91), Professeur adjoint (1992-93), professeur agrégé (1994-97) et professeur titulaire (1998)

Du reste, ses travaux de recherche ont porté sur des thèmes en lien avec ce type d’énergie comme le développement de nouveaux matériaux pour l’énergie, l’électrochimie, les dispositifs, l’utilisation et le dimensionnement de systèmes d’énergie solaire photovoltaïque ; le stockage de l’énergie (les accumulateurs électrochimiques et les condensateurs électrochimiques), le véhicule électrique, la production et l’utilisation de l’hydrogène ; les piles à combustible ; les piles microbiennes et les procédés métallurgiques (électroextraction des métaux).

Il a développé et dispensé des cours de sciences des matériaux, de physique du solide, d’hydrométallurgie et d’électrométallurgie pour les étudiants de génie métallurgiques et des matériaux de 1988 à 2010.

Il est Directeur fondateur du Laboratoire de nouveaux matériaux pour l’énergie et l’électrochimie (1992). Responsable des programmes aux études supérieures : i) Énergies renouvelables en génie énergétique (2013-) ; ii) Énergie et Développement Durable en génie chimique (2005-).

Fondateur de la revue Scientifique Internationale : Journal of New Materials for Electrochemical Systems (1998) et du symposium du même nom ; 38 étudiants en Maitrise professionnelle en énergies renouvelables et en énergie et développement durable (études supérieures) depuis 2014. Il a formé plus de 60 étudiants aux cycles supérieurs en recherche ( Doctorat et en Maitrise en sciences Appliquées).

Il est auteur et co-auteurs de plus 230 publications scientifiques dans les journaux scientifiques internationaux avec comité de lecture, plus de 60 communications à des conférences. Il est détenteur de 2 brevets Américains (. un européen et de 4 canadiens. Présentement, il est Directeur de 15 étudiants au Doctorat.

Correspondance particulière

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Messages

  • Je trouve que cet article tombe à pic alors qu’on parle de construire une centrale nucléaire au Burkina Faso. Le choix est simple : nous avons le soleil quasiment toute l’année et l’énergie solaire en comporte aucun risque pour l’environnement. Ce n’est pas le cas du nucléaire, et le fait que le Niger ait de l’uranium dans son sous-sol ne suffit pas à en faire un matériau directement utilisable. Il doit être enrichi et le Burkina ne dispose pas, pas plus que le Niger, d’infrastructures pour enrichir l’uranium.
    Alors pour moi il n’y a pas photo : Oui au solaire ! Non au nucléaire.

  • Toute la quintessence du mélange des bénéfices internationaux ; que cela puisse servir et inspirer le burkinabé libre d’esprit !

  • Bravo au Pr SAVADOGO.
    Vous avez un parcours inspirant.

    Merci Professeur.

  • Il est indéniable que le Professeur est une ressource exceptionnelle pour lancer ladite filière au Burkina afin que les jeunes puissent profiter de son expertise. Mais Professeur si vous me le permettez le Burkina ce n’est pas le Canada ou la France où les USA. Ici tout marche au diesel avec une insuffisance criarde des moyens au départ. C’est pour dire que le problème de la location pouvait être réglé si les soutiens avaient été mobilisés pour la construction d’une infrastructure adaptée à vos besoins. Nous comprenons que ça puisse être choquant pour vous, mais comprenez que c’est le Burkina. On ne commence pas toujours forcément par le point A. Parfois il faut y aller à partir du point E. Lancer le projet et le laisser en gestation. Apporter les correctifs. Élaborer un petit cadre de concertation Avec les soutiens pour impluser les directives et suivre les actions.

    • Bonjour
      Selon l’explication du professeur à plusieurs personnes, ce n’est pas seulement la location mais il y avait deux autres aspects importants dont un porte sur le contenu de la formation à savoir généraliste pour être employé dans l’administration ou spécialiste dans au moins un 15 domaines de spécialités. Le professeur était pour la formation de spécialiste et 15 instituts spécialisés allant du génie industriel en passant par le genie énergétique, le génie des mines, le génie des métallurgique et des matériaux, le génie mécanique, le génie électrique ou le génie biomédical, pour ne citer que ceux-là, avaient d’ailleurs été proposés.
      Un autre aspect portait sur la nécessité de dédier des fonds pour la publicité de l’Ecole. Le professeur jugeait que pour une première Ecole, il n’était pas nécessaire et ces fonds auraient pu être utilisés pour démarrer ne serait ce qu’un premier bâtiment.

  • C’est en étant sur place qu’il est possible de promouvoir l’énergie solaire. Il faut développer de vraies compétences au Burkina pour le faire et de la rigueur.
    Mettre des installations solaires sans prendre en compte les besoins, avec du matériel de basse qualité et des installations approximatives car bon marché, ne fera pas avancer le pays.
    Quand au nucléaire, il faut oublier, tant le niveau de compétences en ingénierie est haut et les coûts élevés, sans compter qu’il faut 10 ans pour construire une centrale nucléaire et une année pour une centrale solaire.

  • Agglomération ! Bien dit.
    La plupart des grands projets en Afrique sont à dessein conçus pour echouer. Quelle est cette structure qui est toujours viable au Burkina Faso depuis 1960 ? Faso fani, savana, SAP, fasoyaar, Bata, la RAN, Air Afrique,.... Pourquoi
    Le solaire en Afrique a le même problème. Tant que nous n allons pas résoudre ce problème rien de grand ne se fera jamais en Afrique. Pas que nous n avons pas les compétences, pas que nous n avons pas les ressources ! Non ! Resolvons le problème à la racine.

  • L’objection du professeur sur le contenu de la formation est fondamentale.
    Dans les pays francophones d’Afrique, les formations sont en grande partie généraliste y compris dans les écoles dites professionnelles et les écoles d’ingénieurs. Les généralités et la théorie peuvent occuper plus de 80% du volume horaire. De fait, on forme des cadre incompétents et c’est ce qui explique en partie les difficultés que nous avons dans la conduite des grands travaux tels que la construction des routes, la rénovation du stade du 4 août, l’aéroport de donjon et j’en passe. Nous devons résolument adopter l’approche proposée par le professeur qui est en réalité inspirée de son vécu dans les pays développés.

  • Le Pr. SAVADOGO est un grand professeur.
    Plein succès dans sa vision

  • L’énergie solaire est un sujet très répandu de nos jours et tout le monde en parle sans vraiment en connaître les contraintes. Aves les technologies actuelles, aucun pays pays ne peut faire fonctionner son réseau électrique uniquement avec de l’énergie solaire, du fait des intermittences de cette énergie qui engendre de véritables problèmes de stabilité de réseaux. Cette énergie vient compléter le mix des énergies disponibles dans le pays. Et contrairement à ce qui se dit, une centrale solaire bien dimensionnée avec un bon système de stockage n’est pas aussi moins chère que cela. Au stade actuelle de la technologie, aucun pays ne peut faire tourner une industrie lourde avec de l’énergie solaire. En terme denergie, les occidentaux assimilent l’africain à trois ampoules et un chargeur de téléphone portable. Raison pour laquelle on nous rabâche à longueur de journée énergie solaire pour l’Afrique. La consommation annuelle moyenne d’un canadien peut attendre 13000 kWh alors que celle d’un africain tourne autour de 500 kWh. Comparez vous même et vous verrez que pour se développer l’Afrique a besoin d’une énergie abondante et permanente capable de développer son industrie, faire fonctionner ses TGV pourquoi pas, et c’est pas avec le solaire seul que nous attendrons cela.

    • Merci d’avoir souligné un point que beaucoup négligent ou ne comprennent pas. Le caractère intermittent de l’énergie solaire le rend apte à être complémentaire et non la source d’énergie principale. Il est économiquement prohibitif de construire une centrale solaire avec un système de stockage pour qu’elle soit opérationnelle 24h/24h.

      Beaucoup n’envisage jamais que nous allons nous développer pour installer une industrie digne de ce nom, d’où leur persistance avec des sources d’énergie limitée. Le solaire est bien mais comme complément.

    • Ce n’est pas économiquement prohibitif, c’est la technique qu’utilisent dans des environnements arides le Maroc, l’Espagne et la Californie par exemple. Ils chauffent avec le soleil du sel marin en grande quantité qui maintient la chaleur pendant suffisamment de temps (3 jours de mémoire, mais à vérifier) ce qui leur permet de faire fonctionner une turbine classique la nuit et pendant les périodes sans soleil.

      La Suisse et le Canada, avec un autre climat, remontent de l’eau dans les barrages , La Suisse revendique ainsi avoir la plus grande pile d’Europe avec 900MW de stockage, ce qui correspond à une tranche de réacteur nucléaire.

      Et accessoirement, c’est une industrie tout à fait digne de ce nom, les installations comme les productions sont importantes.

    • @pff
      Messire Pff
      Vous savez probablement qu’il existe aussi un stockage de l’énergie par gravité.On fait remonter une très grosse masse de béton par l’électricité excédentaire au moment des pics de production.

  • Voici des options pour l’avenir de notre pays. Voici là où nous attendons les voix des partis politiques : l’art des choix pour notre pays. Le plus haut niveau de responsabilité sont attendus ici : énergie thermique (le nucléaire (uranium, arsenic...), ...) ou énergie renouvelable avec peu d’eau mais beaucoup de soleil ou un mixte intelligent d’énergie avec une certaine prépondérance ? Avec l’énergie renouvelable on apprend en faisant et sur ce je m’aligne sur l’option du Pr Savadogo tout en protégeant l’environnement et les futures générations. Les options du Pr Savadogo sur la création de l’EPO, je lui comprends bien. Avec des généralistes, il y aura des fuites de cerveaux : les gens vont aller se spécialiser ailleurs et ils ont la possibilité de rester là bas. Donc l’état burkinabè va assurer la formation initiale et d’autres pays vont les récupérer en produits finis est ce vraiment notre objectif ?

  • Professeur Savadogo, tout ce qui est dis et dis pas les uns et les autres je ne doute pas de lui et c’est dommage que ça reste ainsi car il avait la fois pour ce pays, mais malheureusement il a rencontré des gens qui avait un agenda caché et c’est décevant
    Je le souhaite beaucoup de courage et longue vie à lui car il ne jamais tard

  • Professeur Savadogo, tout ce qui est dis et dis pas les uns et les autres je ne doute pas de lui et c’est dommage que ça reste ainsi car il avait la fois pour ce pays, mais malheureusement il a rencontré des gens qui avait un agenda caché et c’est décevant
    Je le souhaite beaucoup de courage et longue vie à lui car il ne jamais tard

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