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Burkina Faso/ Financement du secteur de l’eau et de l’assainissement : Les journalistes sollicités pour un plaidoyer

Publié le vendredi 21 juillet 2023 à 17h00min

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Burkina Faso/ Financement du secteur de l’eau et de l’assainissement : Les journalistes sollicités pour un plaidoyer

L’ONG WaterAid en collaboration avec l’Initiative des journalistes africains pour la coopération et le développement (IJACOD) organise un atelier d’information des journalistes et de plaidoyer pour la priorisation du financement du secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement au Burkina Faso. Cet atelier de deux jours a débuté ce jeudi 20 juillet 2023 à Ouagadougou.

Le secteur de l’eau, de l’hygiène et l’assainissement reste un des secteurs de développement les moins performants au Burkina Faso au regard des difficultés persistantes d’accès des populations aux services élémentaires d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement. Plusieurs raisons peuvent expliquer ces difficultés selon WaterAid. Au-delà du contexte sécuritaire difficile et de l’instabilité politique, on pourrait citer la faible durabilité des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement, l’impact des changements climatiques sur les ressources en eau, l’insuffisance de financement couplé avec la faible absorption des ressources financières mises à la disposition des collectivités territoriales de même que la faiblesse de la maîtrise d’ouvrage communale.

Le présidium lors de cet atelier

A toutes ces raisons, peuvent s’ajouter le faible engagement citoyen notamment dans le suivi du secteur, la faiblesse de la coordination et l’insuffisance de la planification des interventions, les faiblesses dans la mise en œuvre de la décentralisation avec la lancinante question des transferts des ressources des politiques publiques du secteur.
C’est dans l’optique de contribuer à lever ces goulots d’étranglement que l’IJACOD, soutenu par WaterAid, organise ce présent atelier afin d’apporter sa contribution au suivi des engagements des autorités de la transition politique.

Le présent atelier de renforcement des capacités des journalistes et des médias qui se tient les 20 et 21 juillet 2023 participe à la mise en œuvre d’une plateforme de suivi des engagements du gouvernement de la transition politique au Burkina Faso par les journalistes et les médias afin de créer des espaces de dialogues démocratiques qui améliorent la gouvernance du secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.
L’objectif principal de cet atelier est de renforcer les capacités des journalistes afin qu’ils puissent participer efficacement au plaidoyer pour l’accroissement du budget de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.

Les participants à cet atelier en pleins échanges

Pour Boubacar Ilboudo, directeur général des études et des statistiques sectorielles, représentant le ministre en charge de l’environnement, malgré les indicateurs de performance favorables en 2022, de nombreux défis restent à relever dans ce secteur. « Il faut noter que des efforts considérables ont été faits par le gouvernement pour améliorer nos indicateurs en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Si nous prenons sur la période 2016-2022, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 72,4% à 76,2% en 2022 et le taux d’accès à l’assainissement, il est passé de 19,8% à 27,5% en 2022. Cela veut dire qu’il y a eu des améliorations mais beaucoup de choses restent à faire au regard des défis qui restent avec notre contexte de crise sécuritaire où les questions d’eau et d’assainissement sont devenues de plus en plus cruciales », soutient-il.

Il a loué la tenue de cet atelier qui selon lui, contribuera à mener le plaidoyer pour la prise en compte du financement du secteur de l’eau et de l’assainissement. « Cet atelier est une très bonne initiative. Qui parle d’accès à l’eau et à l’assainissement parle d’investissements et qui parle d’investissements parle de financement hors nous savons que cette question du financement n’est pas toujours au rendez-vous. Si les résultats que nous avons atteints sont mitigés, cela est dû en partie au fait que les financements n’ont pas suivi les programmations que nous avons faites au cours de cette période. Les journalistes constituent le quatrième pouvoir, donc nos attentes sont nombreuses à ce niveau. Premièrement, c’est la sensibilisation des populations pour une gestion saine, adéquate et durable de nos infrastructures en matière d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Deuxièmement, c’est la question du plaidoyer. Les journalistes ont un grand rôle à jouer dans le cadre du plaidoyer pour que le ministère puisse avoir des financements additionnels en matière d’eau et d’assainissement. L’autre attente est la question liée à la reddition des comptes. Vous savez que nous sommes un ministère où une partie des ressources des domaines de l’eau et de l’assainissement sont transférées aux collectivités. C’est donc le lieu d’interpeller les journalistes pour qu’ils puissent demander des comptes aussi bien aux collectivités territoriales qu’à l’administration », explique Boubacar Ilboudo.

Boubacar Ilboudo, directeur général des études et des statistiques sectorielles, représentant le ministre en charge de l’environnement à cet atelier

Boubacar Ilboudo a souligné la nécessité de compter sur les ressources propres en raison des effets de la crise internationale. « Il faut donc continuer le plaidoyer auprès des partenaires et de plus en plus compter sur nous-mêmes. Nous avons un portefeuille qui tourne autour de 33 projets avec une enveloppe qui tourne autour de 600 milliards de FCFA. Ces financements proviennent aussi bien du budget de l’Etat que des partenaires techniques et financiers ainsi que des populations. Au regard de la crise internationale que nous vivons, les investissements au plan national se réduisent. Il faut donc compter sur nos propres forces. Dans le budget 2023, la part du secteur de l’assainissement était à moins de 2% mais lorsque nous prenons le budget 2024 qui est en cours d’élaboration, la part de l’eau et l’assainissement tourne autour de 6,66%, pour dire qu’il y a eu une amélioration et le gouvernement a fait des efforts à ce niveau », a-t-il précisé.

Célestin Pouya, directeur du département plaidoyer et communication de l’ONG WaterAid

De son côté, Célestin Pouya, directeur du département plaidoyer et communication de l’ONG WaterAid, rappelle qu’il s’agit d’accompagner les médias pour pouvoir mettre la question du financement de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement dans cette loi de finance et de façon générale au niveau de tous les secteurs par tous les acteurs.

« Nous voulons que la presse soit un allié de ce plaidoyer. Si on a des grands défis, il faut des moyens. Quand nous avons rencontré le président Ibrahim Traoré, il a dit que la guerre c’est 40% de combat et 60% de développement. Nous voyons les efforts au niveau des combats, quels efforts voyons-nous au niveau du développement ? Donc nous pensons que la presse peut être un allié. C’est notre kalachnikov de pouvoir actionner pour que quand les territoires seront libérés, qu’effectivement les gens puissent venir et avoir accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement, surtout qu’aujourd’hui, nous avons au-delà des deux millions de personnes déplacées internes (PDI). Les médias qui constituent le quatrième pouvoir doivent contribuer à sensibiliser, à faire le plaidoyer, à interpeller le gouvernement, les ONG, les PTF pour que nous puissions augmenter le budget alloué à l’eau et à l’assainissement et que ça soit quand même proportionnel aux défis que nous avons », a-t-il déclaré.

Jean Victor Ouédraogo, secrétaire exécutif de l’IJACOD a indiqué que l’accent sera mis sur la redevabilité avec des actions concrètes sur le terrain

Selon Jean Victor Ouédraogo, secrétaire exécutif de l’IJACOD, l’accent sera mis sur la redevabilité avec des actions concrètes sur le terrain. « Nous allons mettre un accent particulier sur la redevabilité. Nous allons jouer également un rôle de plaidoyer, une piqûre de rappel à l’Etat vis-à-vis de ses engagements en matière d’eau et d’assainissement. Il s’agit aussi d’un rôle de sensibilisation parce que l’Etat investisse à coût de milliards par an dans les ouvrages malheureusement la gestion pose problème. L’Etat a fait son devoir, à la population aussi de bien gérer les infrastructures. Nous voulons amener l’Etat à investir beaucoup parce qu’avec la crise, il y a eu des PDI et les besoins en matière d’eau et d’assainissement se sont accrus et pour cela, il n’y a pas mieux que les journalistes pour amener le gouvernement à accompagner les initiatives locales qui peuvent améliorer les conditions de vie des populations », confie-t-il.

De façon pratique, ce sont des émissions, des sensibilisations, des caravanes de presse, des interpellations publiques qui seront menées dans les jours à venir dans les différentes régions, provinces et communes du Burkina Faso, foi de Jean Victor Ouédraogo.

Mamadou ZONGO
Lefaso.net

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