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Protection des berges au Burkina : Des comités locaux de l’eau à la découverte des bonnes pratiques

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Publié le dimanche 27 mars 2022 à 15h01min

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Protection des berges au Burkina : Des comités locaux de l’eau à la découverte des bonnes pratiques

L’ONG Eau vive internationale a organisé, les 24 et 25 mars 2022, un forum sur les bonnes pratiques en matière de protection des berges. Cette activité a ainsi permis à des comités locaux de l’eau de visiter des sites abritant des bonnes pratiques en matière de gestion intégrée des ressources en eau à Bérégadougou (dans les Cascades) et à Nasso (à une vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso).

Cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet « Poursuivre et renforcer l’opérationnalisation de la GIRE (Gestion intégrée des ressources en eau, NDLR) intégrant les droits humains et le genre dans les espaces de compétence des agences de l’eau des Cascades et du Mouhoun au Burkina Faso ». La première journée, le jeudi 24 mars, a été consacrée à la visite de l’association Wouol à Bérégadougou, dans la région des Cascades.

La séance de débriefing à l’issue de la visite à Bérégadougou.

Cette sortie à Bérégadougou a permis aux visiteurs de s’imprégner des bonnes pratiques mises en œuvre par cette association pour protéger les berges du cours d’eau Béréga. Elle a également permis aux participants d’échanger à bâtons rompus et de partager les expériences en termes de gestion intégrée des ressources en eau. Le directeur pays d’Eau vive internationale Burkina, Dieudonné Bationon, a expliqué que cette rencontre a été voulue en vue de promouvoir l’émergence des meilleures pratiques en créant un cadre d’émulation de l’excellence dans les pratiques.

Dieudonné Bationon, directeur pays d’Eau vive internationale.

« Ce forum vise à faciliter les échanges et l’apprentissage entre porteurs de bonnes pratiques et leurs pairs, ainsi qu’avec les acteurs relais des structures d’appui. Nous avons organisé cette sortie pour permettre aux comités locaux de l’eau de pouvoir s’imprégner de bonnes pratiques de l’association Wouol en matière de protection des berges au niveau de Bérégadougou. Cela leur permettra aussi de partager d’autres pratiques qui se passent ailleurs, toujours dans le but de protéger les ressources en eau », a-t-il expliqué.

La réalisation du forum, dit-il, est une activité clé du processus d’impulsion d’une dynamique inter-agences, inscrite au titre du plan de travail annuel du projet. Ledit projet, élaboré dans le cadre de l’opérationnalisation du Programme national de Gestion intégrée des ressources en eau (PN-GIRE), a démarré ses activités en 2018, avec le soutien financier de l’Union européenne. Il est mis en œuvre par le consortium constitué par Eau vive internationale et les deux agences de l’eau des Cascades et du Mouhoun.

Les comités locaux de l’eau visitent la forêt classée du Kou, à Nasso.

Antoine Sombié est le président de l’association Wouol de Bérégadougou. Il a souligné que c’est au regard de l’importance du cours d’eau Béréga, qui approvisionne les populations de la localité en eau, que des acteurs se sont réunis pour trouver des solutions de protection de cette ressources en eau. C’est ainsi que des actions ont été entreprises afin de protéger les berges de ce cours d’eau. Ce, à travers le respect de la bande de servitude. « Nous avons mené des actions de sensibilisation au profit des paysans, nous les avons formés à être des propriétaires de cette source d’eau, car il faut que nous soyons des catalyseurs pour protéger nos berges », a-t-il laissé entendre.

Antoine Sombié, président de l’association Wouol de Bérégadougou.

Au cours de la visite, les comités locaux de l’eau ont constaté les différentes actions menées sur le terrain pour protéger cette source d’eau. Il s’agit notamment du respect de la bande de servitude à une distance de 100 mètres de la source d’eau. Et sur les 100 mètres, il est formellement interdit d’approcher la source d’eau à moins de 50 mètres. Ce qui a fait que les visiteurs n’ont pas pu accéder à la zone. « Lorsque quelqu’un enfreint cette règle, des sanctions lui sont infligées. Il faut que nous travaillions à sensibiliser les populations pour qu’elles arrêtent de travailler en désordre sur les berges. Sans cela, les sources seront bouchées », a averti Antoine Sombié.

Le cours « la Guinguette » qui prend sa source dans la forêt classée du Kou.

Des actions urgentes pour protéger le Kou

Après Bérégadougou, les comités locaux de l’eau ont mis le cap sur les berges du Kou, à Nasso, à une vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Cette sortie, le vendredi 25 mars 2022, a permis de visiter la forêt classée du Kou, ainsi que des berges dégradées de la rivière du Kou. « Aujourd’hui, nous avons visité le Kou où nous avons vu qu’il y a de l’eau qui coule toujours. Mais le constat que nous avons fait est que le débit est en train de diminuer. Au départ, on avait quatorze sources au niveau de la forêt du Kou. Aujourd’hui, il ne reste que quatre et si on n’y prend garde, on va perdre aussi ces quatre sources », prévient Dieudonné Bationon, directeur pays d’Eau vive internationale.

L’ancien passage du Kou bouché par les actions des populations de la localité.

En effet, c’est avec consternation que les visiteurs ont pu constater les mauvaises pratiques sur les berges du Kou. Ces pratiques se résument essentiellement au non-respect de la bande de servitude. Des agriculteurs qui sont installés sur les berges continuent de mener des activités agricoles, toute chose qui est interdite. « Nous avons constaté qu’un effort est fait au niveau de la forêt classée du Kou pour protéger les sources, et le résultat est magnifique. Au terme de la visite, nous sommes comblés car les deux jours de sortie ont permis aux acteurs de toucher du doigt les questions qu’ils vivent sur le terrain. Les partages d’expériences permettront ainsi de trouver des solutions pour sauver nos sources d’eau », s’est convaincu le directeur pays d’Eau vive internationale.

Jérémy Saboué de la région de la Boucle du Mouhoun salue l’initiative de la visite.

A l’issue des visites sur le terrain, des engagements ont été pris par les participants, afin de protéger les ressources d’eau dans leurs différentes localités. Ce, à travers des actions éco-citoyennes. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini
Lefaso.net

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Messages

  • Heureusement, que les ONG sont là pour faire le job ! Où est l’état burkinabè qui doit faire respecter la bande de servitude de 100 mètres ? La loi existe, appliquons là ! Demain, tout le monde va pleurer qu’il n’y a pas d’eau pour irriguer !

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