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Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

Accueil > Actualités > Opinions • • mercredi 17 mars 2021 à 15h28min
Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

Mahmoud Dicko est l’imam qui a contribué à faire plier le régime d’IBK en août 2020, il est aussi celui que la junte est venue saluer au lendemain du coup d’Etat. Il ne manque d’ailleurs jamais une occasion de prendre position sur des sujets politiques et sociétaux majeurs, au point que certains voient en lui un possible candidat à la future élection présidentielle.

Si l’intéressé se défend de toute aspiration politique, il n’en reste pas moins une figure influente du pays. Mais il est aussi un homme aux discours ambigus et aux prises de positions souvent contestées. A cause de ses ambitions mal dissimulées, il est souvent considéré comme un arriviste voire un usurpateur qui instrumentalise la religion à des fins politiques. C’est pourquoi, à un an de l’échéance présidentielle, on est en droit de s’interroger si Dicko s’en tiendra à son rôle d’imam comme il l’avait annoncé, ou s’il aspire réellement à épouser une carrière politique qui, pour l’instant, est loin de lui tendre les bras.

En août 2020, alors que l’imam Dicko revendiquait son implication dans la chute d’IBK, il prévenait qu’il ne donnerait pas carte blanche au nouveau régime mais se disait prêt à soutenir la transition dont il précisait l’objectif : « accompagner le pays jusqu’à la prochaine échéance présidentielle ». Deux mois plus tard, il expliquait qu’il ne jouerait pas de rôle politique dans cette période de transition et qu’il choisissait de « retourner dans sa mosquée pour conduire la prière ». Pourtant, depuis le début de l’année 2021, l’imam en est de nouveau sorti, il multiplie les déclarations médiatiques et renforce sa présence sur la scène politique.

Récemment, il taclait les autorités de transition pour sa gestion qu’il qualifiait de calamiteuse, accusant celles-ci de mépris à l’égard du peuple. Sa sortie très pimentée sur les hommes forts de Bamako et ses déclarations acerbes voire menaçantes ont fait la une des quotidiens bamakois ; et ce pour une bonne raison, des invectives sur fond de rancunes politiques, ce n’est pas ce que les maliens attendent d’une sommité religieuse. Au contraire, le pays a besoin d’une véritable cohésion nationale, resserrée autour d’un régime qui se doit de diriger la république dans une période difficile et lui donner l’impulsion politique, institutionnelle et sociale qui conduira ce pays vers une nouvelle ère.

Aujourd’hui, si le fossé entre le régime et l’imam Dicko s’élargit, de plus en plus de Maliens se demandent si ce dernier ne se cherche pas un avenir politique très personnel. A moins qu’il ne soit en quête d’un sombre rôle de catalyseur des mécontentements afin de peser, à l’avenir, sur les prochains régimes en mesure d’exercer un quelconque chantage politique voire idéologique. C’est bien ce que la plupart des Maliens lui reprochent aujourd’hui, plutôt que de s’inscrire dans la vie politique, ils attendent d’un imam un positionnement sans ambiguïté contre le terrorisme au Sahel et un soutien indéfectible au régime.

Dicko l’a si bien dit :« la fonction d’un imam est de diriger la prière, certainement pas d’aspirer à diriger le pays ». Donc, c’est très clair, l’imam à la prière et les politiques aux commandes, les Maliens s’y retrouveront à la fin. Si l’imam Dicko se met en charge d’une mission au profit du pays, elle doits’attacher uniquement à préserver l’unité nationale, à barrer le chemin au terrorisme et à appuyer les forces politiques économiques et sociales afin de conduire le Mali à la stabilité.

Boubacar Samba
@BoubaleSamba

Vos commentaires

  • Le 17 mars à 17:04, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

    Hum... Finalement, qui a un agenda caché ?

    Voilà un imam qui dit je vous cite : "qu’il ne donnerait pas carte blanche au nouveau régime mais se disait prêt à soutenir la transition" dès la survenue du coup d’état au Mali.

    Et voilà un "grenadier voltigeur" venu d’on ne sait où qui décrète qu’il doit avoir "un positionnement sans ambiguïté contre le terrorisme au Sahel et un soutien indéfectible au régime."

    Mais pour qui donc se prend ce sieur Boubacar Samba, qui non content de prétendre parler au nom de "la majorité des maliens" prétend dicter à un acteur de la société civile ce qu’il doit dire et faire ???

    A l’évidence, ce monsieur a décidé de s’attaquer à l’imam, à travers des écrits agressifs mêlant pêle-mêle la rumeur, l’agitation de l’hydre "islamiste" à son propos, les accusations sans fondement et le dénigrement, le tout dans un style rappelant le tract. Il sait pourquoi il le fait.

    Ce qu’on a plus de mal à comprendre, c’est pourquoi lefaso.net joue son jeu en publiant tous ses tracts, celui-ci étant si j’ai bien compté le quatrième "missile" (et le moins grossier) tiré sur l’imam Dicko. ? Question !

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    • Le 18 mars à 10:33, par kwiliga En réponse à : Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

      @Sidpawalemde Sebgo
      En général, j’apprécie beaucoup vos interventions, mais là, que cherchez-vous à nous dire ?
      Que l’imam à bien le droit de s’immiscer dans les arcanes politiques de son pays ?
      Que la confusion entre politique et religion ne vous dérange pas ?
      Que les positionnements ambigus vis à vis du terrorisme, venant d’une personne de grande influence, ne sont pas un souci ?
      De mon point de vue, cette personne semble préparer le terrain à l’installation d’un état islamique au grand Sahara, il est donc nuisible au rétablissement de la paix chez nos voisins.

      Répondre à ce message

    • Le 19 mars à 16:23, par Sidpawalemde Sebgo En réponse à : Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

      Mon cher @kuiliga :

      Le statut de l’imam Dicko au Mali me dérange autant que vous. Je suis en effet de ceux qui pensent que le phénomène djihadiste islamiste ne date pas de la chute de Kadhafi mais remonte plus loin, au moment où les imams maliens ont marché pour rejeter le nouveau code des personnes et de la famille sous ATT et obligé le gouvernement et l’assemblée à relire la loi. Je pense que cela a constitué un "appel d’air" pour les islamistes qui ont dû se dire qu’ils seraient bien accueillis dans un tel pays.

      Le rôle de ces leaders religieux en politique est donc problématique. Mais la question qui se pose dans le cas de l’imam Dicko comme pour d’autres est de savoir comment on en est arrivé là ?

      Selon un rituel bien huilé, nos hommes politiques font la cour aux leaders religieux et traditionnels pour se faire élire, pour faire passer leurs idées ou pour calmer le front social.
      Et quand ceux ci, voyant que leurs promesses ne sont pas tenues une fois satisfaits, se montrent critiques, on veut les renvoyer à leurs "chères études" au motif qu’ils "sortent de leur rôle".

      Mais mon cher, si je parle en ta faveur à mes fidèles, je suis engagé, et donc fondé de critiquer si les promesses que j’ai faites aux électeurs en ton nom ne sont pas tenues. Ce sont donc les politiques qui entrainent ces leaders sur le terrain politique et qui s’en plaignent quand ils cessent d’être de simple pions pour devenir critiques.

      Dès son premier mandat, IBK a eu recours à cet imam pour se faire élire. Son soutien a été demandé par le mouvement M5, c’est aujourd’hui le cas de la transition. Et quand ils le sollicitent, personne ne semble confondre être imam avec être islamiste, confusion qui comme par hasard survient quand il critique.
      Nous avons le même phénomène au Burkina, il est vrai plus avec les chef traditionnels mais aussi les leaders religieux. Au Sénégal ce sont les chefs de confréries, en RDC, l’église catholique, au Niger les émirs.

      La junte au pouvoir au Mali ne fait pas exception à la règle. Notez bien que l’auteur ne demande pas à l’imam de s’occuper de sa mosquée, mais d’être un "soutien indéfectible au régime" !
      Comment voulez-vous que quelqu’un soit à la fois un leader charismatique respecté, écouté dont vous avez besoin de l’appui, mais qu’il reste un subordonné "neutre" que vous pouvez faire taire ?

      En bref, "impliques-toi, fais nous accepter et soutiens-nous, mais ne nous critiques pas" ! C’est trop facile de vouloir utiliser les gens pour être soutenu, mais d’agiter l’islamisme, le tribalisme, le féodalisme ou que sais-je d’autres quand on est remis en cause.

      Au Burkina, personne n’aurait l’idée de vouloir interdire à Smokey, à l’imam SANA, au Moro Naba, au pasteur Moïse Napon ou à Monseigneur Anselme SANOU de s’exprimer sur la gouvernance du pays. De même, l’imam Dicko est un citoyen libre de s’exprimer, y compris en faveur de l’islam (qui est différent de l’islamisme et du terrorisme) et un acteur de fait du paysage politique du Mali.

      En résumé donc, même si on demande aux chefs religieux et traditionnels de s’écarter de la politique, ou qu’on accepte qu’ils y jouent un rôle, on ne leur retirera jamais leurs droits de citoyen, dont celui de critiquer.

      De grâce, arrêtons de faire de l’hypocrisie partisane !
      Me suis-je mieux fait comprendre ?

      P.S. : Je ne suis ni malien, ni musulman.

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      • Le 19 mars à 22:23, par Ka En réponse à : Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

        Les questions de kwiliga a Sidpawalemde Sebgo ’’’’Que l’imam à bien le droit de s’immiscer dans les arcanes politiques de son pays ?
        Que la confusion entre politique et religion ne vous dérange pas ?
        Que les positionnements ambigus vis à vis du terrorisme, venant d’une personne de grande influence, ne sont pas un souci ?

        De mon point de vue, cette personne semble préparer le terrain à l’installation d’un état islamique au grand Sahara, il est donc nuisible au rétablissement de la paix chez nos voisins.

        Plus loin Sidpawalemde Sebgo nous dit ceux-ci : ’’’’L’statut de l’imam Dicko au Mali me dérange autant que vous. Je suis en effet de ceux qui pensent que le phénomène djihadiste islamiste ne date pas de la chute de Kadhafi mais remonte plus loin, au moment où les imams maliens ont marché pour rejeter le nouveau code des personnes et de la famille sous ATT et obligé le gouvernement et l’assemblée à relire la loi.’’’’

        Ce qui m’interpelle en disant que pour ce qui est de l’actualité (violence et religion) l’Islam est de loin le sujet de prédilection.
        Nos deux internautes par intelligence commune nous confirme que depuis la nuit des temps ‘’’’par manque d’un dialogue avec les musulmans, surtout handicapé par l’absence de partenaires représentatifs et par une image dégradée d’un islam démangé par la tentation radicale » Permettent des Imams comme Dicko de réaliser individuellement leur rêve de convertir le continent a un continent Islamique radicale avec la Charia.

        Et comme je ne cesse de le répéter qui ne regarde que moi, ‘’’’c’est à cause d’interprétation des textes sacrés, de « contextualisation », qui a été fait dans le christianisme et qui manque tant, aujourd’hui, aux lecteurs du Coran. Si les Imams comme Dicko au Mali fait le chaud et le froid, surtout qui fait peur à une transition frileuse qui ne sait que faire d’un pays déchiré, pour moi, l’absence de partenaire représentative comme le (Pape pour le catholicisme ; La reine d’Angleterre/Arche bishop de Canterburry pour les Anglican ou le Dallai Lama pour des Bouddhistes ou Patriarches Orthodoxe etc.) est un sérieux handicap pour la religion musulman dans la mesure où cela ne fournit un point de départ pour la transmission des messages/dialogues dans l’espoir d’un ’effet domino’ vers les fidèles musulmans dans le monde.

        L’internaute Sidpawalemde Sebgo a raison de dire que le terrorisme existait avant la chute de Kadhafi ; Car, l’absence de partenaire représentative chez les musulmans laisse la place à une interprétation, un message ou une communication effritée, désorganisée et voire à la tête de qui veut ou qui peut mieux. Les premiers leaders de la communauté Musulmane y avaient songé et élisant un Calife (leader religieux) ; mais suite aux conflits de succession cette notion a donné place à une pagaille depuis le dernier vrai califat sous l’empire Ottoman. De nos jours les autos proclames calife qui était (El Bagdadi) ne sont que les usurpateurs qui causent tout ce carnage que nous vivons aujourd’hui.

        Je ne sais pas comment cela va se résoudre, mais il s’avère impérative qu’un leadership ou même un comité dirigeant prenne forme pour mener/diriger les débats et être un point de contact pour une conversation/dialogue avec la communauté musulmane au sens large : c’est par là que les dirigeant du sahel et autres acteurs, pourront s’adresser pour dialoguer avec ceux qui tuent au nom de l’Islam une religion de paix.

        De mémoire, je peux confirmer que ces débats au sein de la communauté musulmane pour désigner un leader ont eu lieu, mais ils sont hélas encore désordonnés. Et c’est ce désordre d’une part et l’existence de terrain fertile au radicalisme qui donnent de la voie à ce phénomène selon moi.

        Le manque de coordination, à travers un représentant ou un comité, qui fait que la communauté musulmane a sens large ne fait pas le poids devant cette propension à la violence et en est la plus grande victime. En voyant quelques actions a travers le monde des musulmans modérés, Beaucoup de penseurs et islamologues s’activent pour que les choses changes.

        Répondre à ce message

  • Le 17 mars à 18:48, par Claude En réponse à : Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

    Clairement la question du titre de cet article se pose.
    L’imam DICKO, personnalité incontournable du paysage malien se positionne en critique systématiquement négative de l’action du pouvoir de transition.
    les succès engrangés par les forces de sécurité malienne contre les GAT ne viendraient ils pas réduire la portée du discours de cet imam.
    Ses déclarations montrent clairement sa recherche permanente de la division et du chaos.
    Le grand peuple malien saura le moment venu désigner le meilleur candidat pour conduire la destinée de leur nation.

    Répondre à ce message

  • Le 17 mars à 19:47, par Passakziri En réponse à : Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

    Boubacar Samba , un envoyé des poltrons de Kati pour baliser le terrain pour une candidature des incapables en 2022 ? C est la seule question digne d intérêt ;
    Pauvres maliens, vous avez commis quel péché pour mériter une telle merde ?
    Dieu épargne le Burkinabé de l incapacité d apprendre de ses erreurs du passé.

    Passakziri

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  • Le 19 mars à 13:16, par Ka En réponse à : Mali : Mahmoud Dicko, imam ou homme politique ?

    Regardez ce regard ! Car, tous les pauvres dans un Etat laïque comme le Burkina ou le Mali, ne succombent pas à l’appel des imams dits des agneaux, mais que des serpents, ils succombent par des truchements de ceux qui se croient respecter cet Imam : Les Imams comme ce dernier, utilisent en sous-marin "les graines du prosélytisme salafiste financé par un pays du Golfe, pour baptiser le continent en continent de l’Islam radical.

    Outre la pauvreté, il y a une base familiale et religieuse qui est habilement exploité par les imams dits des agneaux mais des radicaux des temps nouveaux. Les non musulmans avec hypocrisie, n’osent pas aborder franchement la question, même voyant que Dicko veut conduire le Mali a un pays Islamique radical, de peur d’être taxé d’anti-Islam. Les vrais musulmans eux-mêmes jouent à l’Autruche, se disant ne pas être concernés par ceux qui sont des radicaux, et déforment les sourates du coran pour berner les autres. Pour dire que l’Imam Dicko sait ce qu’il fait, car, il joue un jeu politique qui sent du venin. Suivez mon regard.

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