Actualités :: Zéphirin Diabré, cible d’attaques infondées

Depuis la chute du régime MPP, Zéphirin Diabré est devenu subitement la cible de toutes sortes d’attaques infondées et souvent idiotes les unes après les autres.
Ce présent écrit a pour but d’expliquer la mission qui lui était confiée et son bilan après un an de service à la tête du Ministère de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale.

Selon l’article 2 du décret n°2021-0023/PRES/PM/SGG-CM du 1er février 2021, portant attributions des membres du Gouvernement, « le Ministre d’Etat, ministre auprès du Président du Faso, chargé de la Réconciliation Nationale et de la Cohésion sociale, assure la mise en œuvre et le suivi de la politique du gouvernement en matière de Réconciliation Nationale et de Cohésion Sociale.
En résumé, la mission de Zéphirin Diabré était d’élaborer quatre (04) documents stratégiques pour le pays. Il s’agit de :

-  la stratégie nationale de réconciliation ;
-  la stratégie nationale de cohésion sociale ;
-  la stratégie nationale de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent ;
-  et le pacte du vivre-ensemble.

Avant l’entame de sa mission, Zeph est allé à la rencontre de toutes les composantes de la Nation burkinabè.
Concertations avec des personnalités de tous ordres. Mieux, des concertations dans les 370 communes, un record dans le pays, puis des conférences publiques dans douze (12) régions à l’exception de celle du Sahel où les conditions de sécurité n’ont pas permis de l’organiser. Toutes les composantes de la nation et des forces vives du Burkina y ont adhéré parce que la démarche était inclusive et participative.

En faisant la synthèse des différentes lectures issues des concertations et de l’enquête de perception commanditée avec le CGD, le Burkina Faso n’a pas un seul problème de Réconciliation, comme le Rwanda (génocide) ou l’Afrique du Sud (apartheid) mais plutôt plusieurs problèmes de Réconciliation qui s’articulent autour des points suivants :

o la réconciliation socio politique ;
o la réconciliation socio communautaire ;
o la réconciliation sécuritaire ;
o la réconciliation économique et financière ;
o la réconciliation administrative ;
o la réconciliation citoyenne.

Ces documents élaborés sont finis. Il ne restait qu’à les soumettre au Forum national de la Réconciliation qui était prévu au mois de janvier 2022, et finalement, reporté au mois de mars prochain, à cause du dernier remaniement gouvernemental intervenu en 2021.

Les six (06) catégories de besoins de réconciliation étaient prévues pour soumission aux participants du Forum national. Et dans ces documents, les questions relatives au sort des exilés politiques, à la négociation ou pas avec les terroristes, quels traitements réservés aux dossiers de crimes de sang, aux destructions des maisons, aux pillages, aux lotissements, aux litiges foncier et minier, aux graves conflits intercommunautaires (agriculteurs et éleveurs), aux conflits de chefferies traditionnelles et religieuses, à la stigmatisation de certaines communautés, aux travailleurs déflatés, aux carrières brisées, etc.
Quant au Pacte, c’est un document qui consacre la nouvelle résolution des Burkinabè de promouvoir les valeurs communes et du vivre-ensemble.

Bref, à partir du tritype vérité-justice-réconciliation, il revenait au Forum de décider de la formule adaptée à chaque type de conflit pour aboutir à la Réconciliation nationale.

Des coutumiers et religieux au plus haut niveau (Evêques, Rois, Grands Pasteurs, Grands Imams), de l’opposition aux syndicats en passant par les OSC, et surtout les populations à la base, tous ont été associés à l’élaboration de ces stratégies.

Ce sont des documents très précieux pour un pays, sur plusieurs décennies. Un laborieux diagnostic jamais réalisé et qui met à nu sans complaisance la crise que traverse la société burkinabè. Les Burkinabè ont eu la parole pour dire quels sont les problèmes du pays qui méritent réconciliation, les problèmes dans leurs villages, et quelles sont les solutions endogènes ou pas selon eux, comment leurs valeurs traditionnelles peuvent aider les Burkinabè à reconstruire la paix, etc.

Zéphirin Diabré n’avait dans son ministère ni Directeur Général à nommer, ni caisse noire, encore moins d’un fonds quelconque parce que relevant directement de la Présidence du Faso.
Son cabinet était constitué d’un directeur de cabinet, de cinq (05) conseillers techniques, de quatre (04) chargés de missions, d’un chef de service administratif et financier et d’un chef de service communication.

Zéphirin Diabré n’est donc pas allé à la soupe, comme le prétendent des hypocrites. Il a joué sa partition pour sauver le Burkina. Son travail servira au Burkina pendant longtemps, quels que soient les pouvoirs qui viendront. D’ailleurs, le thème de sa campagne électorale était « Ensemble, sauvons le Faso ».

Haut fonctionnaire international, Zéphirin Diabré (cf. déclaration des biens dans le dernier numéro du Courrier confidentiel) n’est pas emballé par le salaire d’un million d’un ministre d’État.

Zeph a touché l’un des meilleurs salaires qui soient, à l’international, AREVA, Harvard, PNUD, et en sa qualité de consultant auprès de plusieurs pays et plusieurs institutions financières et minières, etc. C’est par patriotisme convaincu et sincère qu’il est revenu pour mettre sa compétence au service de son pays. Qu’on ne le rabaisse pas au rang de mendiant politique. Il dépasse ça.

En dehors de la politique, Zeph est une valeur, une référence. Il est déjà entré positivement dans l’histoire du Burkina et de l’Afrique.

Oui, Zeph a travaillé avec Blaise Compaoré comme Ministre et comme président d’institutions. Il en est fier d’avoir servi son pays et la Nation burkinabè. Il n’a jamais regretté cela.

Oui, Zeph a travaillé avec Roch Marc Christian Kaboré, et il ne regrette pas cela. Il en est fier.
Roch a été élu par les Burkinabè, au détriment de lui, Zeph. Si aujourd’hui Zeph est coupable d’avoir travaillé avec Roch, que dire donc de ceux qui ont voté Roch ?

Quand le pouvoir de Roch achetait des élus et des cadres de son parti, l’UPC, qui a osé lever le petit doigt pour contester, en dehors des militants de l’UPC ? Quand le MPP a passé tout son premier mandat à détruire l’UPC, qui s’en est offusqué ? Quand Zeph était à l’opposition, ne sont-ils pas les mêmes gens qui le traitaient d’ennemi du peuple, soi-disant qu’il doit aider Roch au lieu de s’opposer ? Qu’il avait sa place à côté du MPP et non du CDP alors que ce sont les électeurs qui ont fait de lui, le CFOP ?

Bref ! chers Burkinabè, arrêtons cette hypocrisie pour aller en avant pour le retour de la sécurité dans notre pays, pour la sauvegarde de notre territoire et pour la réconciliation entre les filles et les fils du Burkina Faso.

Issouf Ouédraogo
Responsable à la communication
du Caucus des Cadres pour le Changement

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