Actualités :: Burkina/Effort de guerre : « Toutes ces mesures de financement (...)

Dans cette déclaration, le président exécutif de l’Association de culture civique et de défense des droits humains et sociaux (CEDEV), Dr Evariste Faustin Konsimbo, s’attaque à la « surtaxe » pour financer la guerre au Burkina Faso. Pour lui, les mesures pour financer la lutte contre le terrorisme sont prises au détriment de la majorité des burkinabè.

Que l’effort de ‘’ guerre’’ coûte, personne n’en doute. Pour y faire face, des mesures budgétaires très ambitieuses et très controversées ont été annoncées sur fond d’une vaste campagne de contribution volontaire lancée à grand renfort de communication.

De l’argent est disponible et en assez grande quantité, alors qu’aucune information fiable et crédible n’est fournie quant à l’utilisation de cet argent et à son efficacité réelle sur le terrain de la ‘’guerre’’ lancée par le MPSR II.

A l’évidence, toutes ces mesures de financement sont insuffisantes si bien que l’argument est aujourd’hui, que l’objectif sécuritaire ne peut pas être atteint, tant que l’argent continue à manquer, sans même que l’on sache combien il en manquerait. Pour en faire quoi ? Et pour financer quoi ? Il ne faut pas être devin pour comprendre que notre pays est affecté en profondeur par le tarissement des sources de financement internationales du fait de la réorientation de notre politique diplomatique au nom de la souveraineté nationale.

En clair nos anciens partenaires, nous regardent et attendent impassibles avant de mettre la main à la poche pour nous aider.

Dans le même temps, nos nouveaux partenaires diplomatiques (la Corée du Nord, la Russie, la Chine, le Venezuela, le Nicaragua etc.), affichent une timidité certaine à financer directement notre effort de ‘’ guerre’’ autrement qu’en nous vendant un arsenal d’armes n’ayant fait l’objet d’aucune programmation, ni de débats sur l’opportunité stratégique et tactique de ces choix. On achète à crédit ou pas, c’est l’essentiel pour ces marchands de canons.

Par ailleurs, si la vente de certains actifs miniers à des sociétés issues de nos nouveaux partenaires a été faite à grand renfort de publicité, il faut reconnaitre que le stock est épuisé, et que les sommes en jeu semblent insuffisantes à couvrir nos dettes d’armement et à financer la suite de nos efforts sécuritaires.

Au plan intérieur, malgré diverses tentatives malheureuses, il est apparu évident aux yeux de la Transition du MPSR II, qu’il n’était pas socialement prudent de forcer la voie d’un financement supplémentaire par le canal de l’impôt direct, c’est-à-dire sur les revenus des particuliers et des entreprises.

Restait à trouver une solution qui soit en mesure d’apporter une masse de financement par son assiette, tout en restant indolore pour ce qui regarde les pourcentages prélevés.

Cette solution est une taxe sur les produits et services de grande consommation en faveur de laquelle, le régime de la Transition vient de prendre un décret très médiatisé.

A l’évidence, cette solution potentiellement explosive d’un point de vue social vise à ne pas impliquer dans l’effort de financement de la ‘’guerre’’ deux acteurs budgétivores :

-  l’Etat, son train de vie et surtout les multiples avantages de ses dirigeants actuels ;

-  certaines niches fiscales, en particulier celles touchant aux fonds communs de certaines catégories de fonctionnaires (Impôts, Trésor public, Douane, Ministère des Finances)

Ce contournement est particulièrement vicieux puisqu’il soustrait à l’effort de ‘’ guerre ‘’ des sommes énormes dont une partie, la plus importante, est en fait financée par le budget de l’Etat, donc par le contribuable burkinabè, dont on surtaxe pourtant la consommation, déjà difficile en cette période d’inflation galopante.

Le réflexe le plus évident et le plus juste, aurait été de rapporter à l’effort de « guerre », cette part des fonds communs financés par le budget et par ailleurs de soumettre à l’impôt unique sur les traitements et salaires (l’iuts), le reste qui correspond de facto à un double salaire.

Mais, il y a plus grave puisque qu’il semble que les nouvelles taxes décidées viendront s’ajouter à la base de calcul des fonds communs, si bien que la grande majorité du peuple burkinabè va permettre à travers ces taxes une augmentation indue des revenus des fonctionnaires concernés par les fonds communs. Preuve en est que toutes ces mesures de financement complémentaires sont prises dans la plus grande improvisation, sans tenir compte des tenants et des aboutissants, mais toujours au détriment de la majorité des burkinabè, qui souffrent de celles-ci, et maintenant des mesures injustes dont le doute est permis sur la gestion transparente au regard de l’opposition permanente du secret défense.

Ce nouvel épisode donne raison à Marthe Washington quand elle affirme : « L’essentiel de notre bonheur ou malheur dépend de notre vision des choses et non de notre situation financière… ».

Fait à Ouagadougou, le 23 juillet 2023

Le Président du Comité Exécutif

Dr. Evariste. Faustin. KONSIMBO

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