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Cybercafés à Ouagadougou : « Ils vont subir le même sort que les télécentres », prédit un gérant

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • jeudi 3 octobre 2019 à 21h30min
Cybercafés à Ouagadougou : « Ils vont subir le même sort que les télécentres », prédit un gérant

Les uns après les autres, les cybercafés disparaissent à Ouagadougou. Ce n’est plus l’époque où ces espaces de travail grouillaient de monde. Les smartphones et autres moyens de connexion à la toile sont passés par là. Les rares cybercafés qui existent encore dans la capitale burkinabè souffrent d’un manque de clientèle.

Il n’est pas facile de nos jours de trouver des cybercafés dans la ville de Ouagadougou. Ils ont quasiment disparu. Ceux qui existent encore sont confrontés à d’énormes difficultés. Les rares clients qui continuent de fréquenter ces lieux autrefois « bondés », savent que la vie de ces cybers est comptée. Surtout avec les commodités et facilités d’accès aux connexions Internet. Les cybercafés ont pris un sérieux coup !

Ce n’est un secret, l’avènement des smartphones semble avoir étouffé le développement des cybers qui ont, de par le passé, été des lieux de travail et de rencontres pour les citadins. Avec les nouveaux outils comme le téléphone portable, plus besoin forcément de se rendre dans un cybercafé pour travailler, avec ce que cela comporte comme risque de laisser ses données personnelles sur une machine commune.

Concernant l’avenir des cybers, Arouna Kaboré, gérant d’un cybercafé à Zogona, un quartier de la capitale, est formel : « Je crois qu’ils vont subir le même sort que les télécentres » qui, aujourd’hui, ont disparu, alors qu’ils faisaient jadis la pluie et le beau temps. Il y a quelques années, « mon cyber grouillait de monde. Aujourd’hui, c’est avec nostalgie que je parle du printemps des cybercafés. J’en ai bien profité ».

Arouna Kaboré, Promoteur de cybercafé

A cette période, les téléphones « intelligents » n’avaient pas encore envahi le marché. Alors, comme les cabines de téléphonie communément appelées « télécentres » qui avaient pignon sur rue et qui ont disparu comme des châteaux de carte, Arouna Kaboré prédit le même sort pour son entreprise en sursis.

Pour lui, l’avenir de cette activité est à craindre. « J’ai peur pour son avenir », s’inquiète-t-il, avant de déplorer le fait que son entreprise ait perdu plus de la moitié de sa clientèle sous l’influence des smartphones. « J’avais une trentaine de machines, mais actuellement, je n’en ai que vingt. Et cela ne fait malheureusement pas notre affaire. Mais on n’y peut rien, c’est ainsi », constate Arouna Kaboré. Il indique cependant que le cœur de son entreprise bat toujours malgré le contexte difficile, grâce à quelques inconditionnels. La plupart de mes clients, dit-il, sont des parieurs, des joueurs des jeux de hasard.

Des cybercafés reconvertis dans la formation en informatique

Aliou Cheick Bamba est aussi pessimiste quand il s’agit de parler de l’avenir des cybercafés. Promoteur, d’un cybercafé, il est plus que convaincu que le soleil de cette activité va se « coucher » définitivement.

Les smartphones se sont déjà imposés, dit-il ; toute chose qui n’est pas de nature à favoriser le dynamisme de son activité. Pour lui, le smartphone est le rouleau compresseur de ce domaine, parce qu’il offre plus de facilités. Cette situation s’est accompagnée d’une diminution massive de la clientèle, reconnait également M. Bamba. Face à cette contingence, et pour survivre, Aliou Cheick Bamba, comme plusieurs de ses compères, a dû trouver des parades, opérer des réajustements. « J’ai transformé mon cybercafé en centre de formation informatique. D’autres cybers se sont mués en secrétariat, pour éviter de fermer boutique ».

Arouna Ouédraogo,technicien du cyber SCS technologie.

Malgré tout, certains tiennent le coup

Malgré la menace, il reste des cybercafés qui n’entendent pas céder à la concurrence des smartphones. Pour Arouna Ouédraogo, technicien du cybercafé SCS technologie, les cybercafés ont toujours un intérêt, d’autant plus que le format du téléphone mobile ne répond pas convenablement à tous les services des usagers. « Si c’est pour regarder des mails et répondre, c’est possible. Mais il y a des documents, ou des travaux professionnels qui nécessitent un confort du cyber », explique-t-il.

Pour scanner un document, il vous faut aller au cyber, fait remarquer le technicien de l’entreprise. En dépit de la vulgarisation de la connexion, il y a toujours de la clientèle, relativise Arouna Ouédraogo. Il indique que son entreprise offre une connexion haut débit, ce qui lui permet de maintenir le cap et d’attirer toujours une certaine clientèle. En plus, la position géographique du cyber constitue une force majeure pour la survie de l’entreprise. Elle est située sur l’avenue Kwamé Nkrumah, l’un de centres d’affaires les plus fréquentés de la capitale. Les clients répondent toujours à l’appel. Pas en aussi grand nombre qu’il y a une décennie, mais juste ce qu’il faut pour maintenir l’entreprise en vie.

Contrairement à une certaine opinion, des usagers considèrent que la fin des cybers n’est pas pour demain. « Il y a plus de confiance à faire à l’ordinateur qu’aux smartphones. La connexion est beaucoup fluide dans les cybers et c’est encore plus rapide que les téléphones », se convainc Mamadou Yaméogo, un client que nous avons rencontré dans un cybercafé.

Mamadou Yaméogo,client du cyber SCS technologie

La durée de vie moyenne d’un cybercafé est de six ans

Selon le tableau de bord des centres publics d’accès à l’internet du ministère de l’économie numérique et des postes, publié en décembre 2015, « l’invasion » des entreprises évoluant dans le domaine des TIC a commencé au Burkina Faso dans les années 2000. En mai 2015, une étude conduite par la Chambre de Commerce et d’Industrie dénombrait 2980 entreprises légalement créées dans le secteur des TIC, soit 4,34% de l’ensemble des entreprises légales, parmi lesquelles figurent considérablement les centres d’accès communautaires communément appelés cyber centres.

Selon le document, la vulgarisation des TIC a contribué à freiner le développement des cybercafés. La durée de vie moyenne des cybercafés, indique le document, est de six ans dans la ville de Ouagadougou.

Serge Ika ki (stagiaire)
Lefaso.net

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