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Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • lundi 12 août 2019 à 18h30min
Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

« L’impasse politique, c’est aussi quand la vieille génération au pouvoir n’a plus rien à donner et que la jeune génération hésite à naître ». Ainsi peut-on aussi comprendre l’homme politique italien, Antonio Gramsci. Ce constat s’applique-t-il au Burkina Faso ? Si oui, comment va-t-il sortir de cette impasse ?

Au Burkina Faso, la nouvelle génération, à même de faire bouger les lignes, est née et en émergence. Pourvu que ce ne soit pas une couche sans issue ; parce que sous nos cieux, ils sont nombreux, les partis politiques qui n’ont jamais survécu au-delà de leur jour de naissance. Haro donc sur ces naissances sans lendemain, juste pour amuser la galerie. Qu’à cela ne tienne, le Burkina Faso ose espérer que la génération de ces nouveaux acteurs se singularise de par sa volonté politique à donner le bon exemple de gouvernance, loin de ce qui s’apparente à de la prostitution politique.

Ce n’est un secret pour personne, les partis politiques au Burkina Faso ont quasiment snobé une de leurs missions fondamentales : l’éducation des populations, l’éducation du peuple. Pis, ils ne semblent pas non plus disposés à écouter et répondre aux attentes de la société. Ils se sont plutôt recroquevillés autour d’une seule fonction : l’organisation des stratégies d’accession au pouvoir (ou pour graviter autour du pouvoir).

Pour ce faire, la fin justifie les moyens ! L’on est même allé jusqu’à pousser une certaine jeunesse à se transformer en de vrais mercenaires sur les réseaux sociaux pour donner des coups en dessous de la ceinture des adversaires politiques. L’on a appris à la jeunesse à arpenter les couloirs des administrations, des bureaux et les « six-mètres » des domiciles pour mentir, calomnier (ou, dans le meilleur des cas, être des laudateurs), rien que pour mendier des postes, du travail et autres retours en numéraires pour survivre.

A telle enseigne que nombre de citoyens sont convaincus que la politique maintenant est un véritable bazar des valeurs sociales. On ment, on corrompt, on fragilise même le vivre-ensemble et l’unité nationale par certains propos et attitudes.

La pauvreté aidant (si elle n’est même pas entretenue à des fins purement politiques), l’on a fini également par faire comprendre à la société qu’on ne peut être à la fois politique et honnête. De sorte qu’on a du coup réussi à repousser le maximum de personnes vertueuses loin de la sphère politique. Dès lors, le terrain est à suffisance laissé libre aux mains des seuls politiciens de métier, parmi lesquels pataugent (néanmoins) de rares bonnes graines.

Mais, peut-on espérer un changement qualitatif, tant prôné par tous, si la politique doit se vivre sans ces personnes qui ont des valeurs à donner et qui sont, jusque-là, restées observatrices pour une raison ou une autre ? Certainement pas ! Il semble que le Burkina ne peut plus attendre grand-chose de sa classe politique actuelle. Pas qu’elle n’a pas de ces hommes vertueux, mais parce qu’elle a le mérite d’avoir donné tout ce qu’elle pouvait.

C’est dans ce souci qu’il sied de se féliciter de la descente dans l’arène politique de nouveaux acteurs, qui ont longtemps animé la vie politique de façon indirecte. Entre autres, Dr Adama Coulibaly (APP/Burkindlim) et son groupe de jeunes anciens leaders de l’ANEB (Association nationale des étudiants burkinabè) ; l’enseignant Aimé Joël Ouédraogo (RSEEP), Pr Abdoulaye Soma avec son Soleil d’avenir, Pr Augustin Loada avec le MPS, le pasteur Claver Yaméogo avec le MRP.

Bien avant, l’on a enregistré le positionnement d’une vague, constituée essentiellement d’émancipés d’autres organisations politiques (Me Ambroise Farama qui rompt avec l’UNIR/PS pour créer l’OPA-BF ; Carlos Toé abandonne le PAREN pour créer le MCR ; le NCC de Jean-Claude Kaboré constitué de transfuges de partis, etc.).

Et il n’est pas exclu l’arrivée, dans les prochains jours, de nouvelles figures, en provenance de la diaspora, notamment de la France. Depuis un certain moment, un groupe de jeunes cadres burkinabè, issus de prestigieuses universités et évoluant, pour certains, au sein d’institutions internationales, mènent la réflexion sur comment prendre part activement à la vie politique de leur pays « pour changer la donne ». Poussés en cela, confie-t-on, par la dégradation de la situation socio-économique.

Il faut parvenir (comme l’a toujours appelé de toutes ses forces le fondateur du PAREN, Pr Laurent Bado), à faire rêver le peuple, susciter et raviver la flamme de l’espoir chez les Burkinabè de toutes les contrées. Cette nouvelle vague pourrait rendre opérationnelles les idées et autres solutions qu’elle n’a, jusque-là, défendues qu’à travers plateaux télé et colonnes de presse. Et vivement qu’il en soit ainsi pour le bien du pays.

Pour cela, la société burkinabè ne doit pas réserver un accueil et des propos désobligeants à ces arrivants qui ont fini par se convaincre que leur mission va au-delà de ce qu’ils s’étaient jusque-là donnée à savoir, observer, critiquer, éclairer et proposer des solutions. Ils ont compris qu’il faut désormais, en plus de cette mission, se donner les moyens d’appliquer les valeurs et solutions qu’on a toujours défendues pour sortir le pays du bourbier et l’engager dans une dynamique plus radieuse.

Cela va nécessiter de la part de chaque citoyen burkinabè qu’il ne soit pas, lui-même, un vecteur qui tue l’engagement patriotique des autres, émoussant du même coup les bonnes volontés qui hésitent à s’engager pour leur pays.

Dans le manifeste de leur parti politique, certains de ces arrivants ont clairement justifié leur pas en politique par la situation difficile que vit le pays. Cela implique qu’ils ne n’auraient pas opté pour la politique, si la situation que traverse le Burkina depuis quelques années n’était pas préoccupante. C’est donc un devoir patriotique, peut-on comprendre. Il faut donc attendre de les voir à l’œuvre. Leur rappeler cela, à chaque fois que nécessaire. C’est de la sorte que chaque Burkinabè rendra aussi service au pays en ces temps difficiles.

Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 13 août à 10:08, par Ditanyè En réponse à : Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

    Très belle analyse mon cher O. L. O. Vivement que ces nouvelles figures nous apportent du nouveau et restent pour au moins fidèles à leurs manifestes. La politique corrompt, comme certains sont prompte à le dire, cependant c’est quand on veut se laisser corrompre que la politique parvient à te rendre corrompu. Vifs espoirs pour de lendemain meilleur.
    A nous jeunes, laissons nous touchés par l’invitation de Mr O. L. O.
    Unité dans la diversité, c’est le Faso qui gagne !

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  • Le 13 août à 13:09, par HUG En réponse à : Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

    Très belle analyse. Les partis politiques se comportent ainsi pour diverses raisons : Ils savent qu’au Burkina Faso on ne devient pas président par son programme politique mais par sa capacité à habiller les gens en tee shirt, à leur distribuer de billets de banques. Laurent BADO du PAREN l’a appris à ses dépens. Mais si nous voulons le bien pour nous et nos enfants il avoir le courage de voter les gens à partir de leur programme politique et a les obliger à le respecter une fois élu. Quelqu’un suivez mon regard avait promis 0 corvée d’eau en 2020. Mais, on n’est pas devin pour dire que cela ne sera pas une réalité mais en retour quelle sanction infligée à celui qui a promis cette promesse. Il faut impérativement travailler à bannir la démagogie si nous voulons une politique vertueuse dans notre pays.

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  • Le 13 août à 14:23, par citoyen LAMBDA En réponse à : Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

    L’article avait bien débuté, en posant la problématique et du renouvellement de la classe politique ,et de la morale politique, en passant par le comportement malheureusement opportuniste de la jeunesse burkinabè . Jusque là c’était bien . Là où par contre, je suis sceptique c’est de faire croire que les solutions à nos problèmes politiques ,de gouvernance et de gestion du pays viendront des cadres issus de la diaspora burkinabè . Il faut arrêter cette mentalité et pensée qui veut promouvoir l’idée selon laquelle ,les cadres issus de la diaspora sont et pourraient être plus compétents ,ou plus intègres que les cadres résidents . On a vu des cadres de la diaspora d’autres pays venir prendre des postes de responsabilité dans l’appareil d’Etat ,(BENIN,TOGO ,GUINEE )s’enrichir ,investir énormément dans leur pays de résidence ,et dès que ça chauffe au pays d’origine ou qu’ils sont enlevés de leur poste ,allez ils retournent tranquillement dans leur pays de résidence pour profiter de leur richesse
    Il faut arrêter cette mentalité des burkinabé à croire naïvement que tout ce qui vient de l’extérieur est meilleur à tout ce qui est produit ou conçu à l’intérieur .
    C’est cette mentalité qui fait que n’importe quel saltimbanque a acquis facilement à nos plus hautes autorités pendant que les nationaux triment pour voir un ministre ,ne parlons pas des autorités au dessus de ministres . Le burkinabè de l’extérieur qui veut venir s’engager en politique doit venir proposer son projet de société comme tout le monde et si son projet est bon ,les burkinabè jugeront de le suivre . Si lui même est bon par les idées qu’il défend les burkinabè jugeront de le voter
    Si son projet doit être critiqué par les autres acteurs politiques ,cela est normal et ne saurait être assimilé à un rejet des burkinabè de la diaspora .Présenter les choses de cette manière n’est pas bon à mon humble avis

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  • Le 14 août à 08:12, par sotigui de bobo En réponse à : Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

    Intervenant 3 citoyen Lambda, votre réaction est vraiment pathétique, incongrue voire haineuse à l’égard de la diaspora. On n’a pas assez de temps pour vous expliquer mais je dirais simplement que vous avez beaucoup à apprendre encore en affirmant que la diaspora ne peut pas développer. Vous êtes un hors-jeu, parce que ça veut que vous ne maîtriser du processus de développement d’un pays. D’ailleurs les faits ces dernières années vous démontrent le contraire : forum de la diaspora, prise en compte des Burkinabè de la diaspora à l’Assemblée nationale, vote des Burkinabè de la diaspora.
    Citoyen LAMBDA, ce que vous avancez c’est du n’importe quoi, du vrai n’importe quoi.

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  • Le 14 août à 15:25, par yes En réponse à : Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

    Réflexion très pertinente. En effet, notre classe politique actuelle patine, on a l’impression qu’elle bouge, mais au fond il n’y a rien. Et comme l’a si bien l’auteur de l’article, cette génération est essoufflée alors que la nouvelle classe tarde à venir. Ce qui est vraiment révoltant, c’est quand des jeunes se jouent des hypocrites et font l’affaire de ces vieux démons tapis dans l’ombre, qui ont tout gagner, qui ont assuré leur arrière. Personnellement, je salue professeur Augustin LOADA d’être engagé dans la politique, je sens de la sincérité en lui.
    Mon frère citoyen LAMBDA n’a rien compris de l’écrit du jeune journaliste Omar L. Ouedraogo

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  • Le 15 août à 20:21, par Sacksida En réponse à : Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

    D’abord, il faut souligner que la politique est une science sociale qui permet de gouverner des affaires de l"Etat dans l’interet de sa population ou du peuple. Car, en plus des diplomes academiques ou universitaires, il faut etre dote du minimum de cette science politique et pratique pour savoir comment ou de quelle maniere faut-il gouverner au service des citoyens de son pays. A mon avis, les partis politiques nouvellement creer ou serieux devraient se retrouvrer dans un forum ou une conference pour echanger sur leurs orientations et leur programmes de societes dans le but de se coaliser par sensibilite politique en vue de participer aux echeances electorales et finalement en faire de grands partis. En outre, ils devraient definir des taches devolues a leur direction politique, leur gouvernement, et aux differentes couches sociales de notre societe et quel type de rapport faut-il developper avec le monde exterieur a notre pays. Sinon, s’ils restent des partis uniquement electoralistes, il est a craindre qu’ils gouvernent en cas d’accession au pouvoir, comme ceux qu’ils critiques actuellement et le Burkina ne serait pas sortit de l’orniere. Ce serait dommage. Salut

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  • Le 16 août à 06:31, par Lagitateur En réponse à : Burkina Faso : La traite de nouveaux acteurs dans la politique, un vent d’espoir ?

    Moi je trouve que l’article d’Oumar est très parfait. Il est très pertinent et donne de l’espoir. Cela va me décider à faire de la politique aussi. "De la politique autrement". Les prochains jours, je vais adhérer à l’un de ces partis.
    Quant’à Monsieur le Citoyen Lambda, sa haine de la diaspora est évidente. L’auteur n’a consacré qu’un (01) paragraphe sur treize (13) à la diaspora et cela a suffit pour vous irriter.
    De plus, rejeter nos parents qui sont allés voir ailleurs est la preuve d’une immaturité totale. Mon oncle me disait rien qu’avant hier que celui qui a voyagé et celui qui a étudié ont plus de connaissances que celui qui est assis. Alors quoi dire de celui qui a fait les deux ?
    Comme quelqu’un l’a dit ici, le Burkina Faso a besoin de tous ses fils sans exception pour sa construction. Nous prendrons ce qui nous vient d’ailleurs pourvu que cela cadre avec nos valeurs et nous nous fasse avancer.

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