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Musique : Zoom sur Malika la Slamazone, Kundé du meilleur artiste féminin 2019

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET | Par Dimitri OUEDRAOGO • lundi 20 mai 2019 à 23h30min
Musique : Zoom sur Malika la Slamazone,  Kundé du meilleur artiste féminin 2019

Malika Ouattara, de son nom d’artiste Malika la Slamazone, s’est imposée dans l’univers musical du Burkina ces dernières années. Kundé de la révélation en 2016 et Kundé du meilleur artiste féminin en 2019, la communicatrice de formation prépare actuellement la sortie de son deuxième album. Focus sur celle qui est surnommée « l’amazone du slam burkinabè ».

Malika la Slamazone, à l’état civil Rakizatou Malika Ouattara, est née le 16 avril 1993 à Ouagadougou. C’est dans cette ville qu’elle grandit. À l’époque, la jeune fille, tout comme les enfants de son âge, partait à l’école. Elle avait pour passion la musique. Elle aimait bien le hip-hop. « On était adolescent. C’étaient les casquettes à l’envers… », se souvient-elle. Piquée par le virus du rap, la jeune fille participe à des concours de danse dont All Flowz avec son groupe Collectif 11-49.

Mais ce genre musical ne restera pas longtemps dans ses veines. Dans l’attente justement des résultats du concours, deux personnes dont elle ignore aujourd’hui les identités faisaient du slam, histoire de tuer le temps et le stress. Malika s’en souvient encore : « Après les avoir écoutés, je me suis dit que je veux bien me lancer. Dès que je suis rentrée, le premier texte est venu la même nuit. On a commencé dans les nuits culturelles jusqu’à ce que les gens disent : ce que tu fais est bien ».

Une reine dans l’arène des hommes

De là, Malika décide d’aller fouiner dans l’univers du slam. C’est un genre musical moins pratiqué par la gent féminine. Pour se frayer un passage, elle décide de participer aux différents concours. Elle est révélée au public en 2012 lors du challenge « Je m’inscris et je vote ». Elle est également lauréate du concours slam « Be Positif ». C’est la naissance d’une étoile. Elle casse les codes, bouscule la donne existante. En janvier 2016, elle sort son premier album intitulé « Slamazone ». Le slam est prédominant.

Elle s’impose très vite dans le quotidien des mélomanes. Ses différentes chansons sont des hits de nombreux festivals en Afrique et dans le monde. La même année, elle est sacrée « Kundé de la révélation ». En 2017, elle est la meilleure slameuse. En cette année 2019, elle décroche le Kundé du meilleur artiste féminin. C’est la reine des slameurs, pourrait-on dire. Elle s’impose dans un domaine pourtant réputé être la chasse gardée des hommes.

De chargée de communication à chef d’entreprise

Même si Malika n’a pas fait d’école de musique, elle a été sur les bancs de l’école classique. Elle est titulaire d’un master en communication. Pendant qu’elle pratiquait son art, elle travaillait aussi pour des entreprises. « J’ai exercé pendant trois ans comme chargée de clientèle dans un institut privé. Après, j’ai été communicatrice pour le compte d’une institution financière de la place. J’ai lâché tout cela pour me lancer à mon propre compte », révèle-t-elle. Aujourd’hui, elle est en train de mettre en place sa propre boîte de communication. Elle a aussi une boutique de divers produits au nom de « Slamazone shop ».

Une fille au cœur généreux

Malika vit bien de son art. Son succès lui apporte d’énormes avantages. Les scènes se succèdent, les contrats de publicité aussi. Son plus gros cachet s’élève à 25 millions de F CFA. Le slam nourrit donc son… homme. Mais la star garde la tête sur les épaules. Surtout, elle a un cœur sensible. Elle accomplit des actions humanitaires au profit des démunis à travers le pays. Actuellement, elle est en train de créer une fondation pour s’occuper de ce volet. Ce n’est pas tout. Elle fait également de la production artistique. Elle pense à donner la chance à d’autres personnes pour embrasser ce métier. Elle et son staff organisent des activités pour détecter de nouveaux talents. Les meilleurs sont retenus et promus.

Pourtant, le début dans le milieu n’était pas facile

Le milieu dans lequel évolue la jeune fille n’est pourtant pas facile. Déjà, au départ, il y avait de l’hostilité. Elle s’en souvient : « On se disait que cette fille était en train de s’égarer. » Malika a dû donc affronter les préjugés qui existent autour de l’artiste féminin. « Certains se disent que quand on parle d’artiste, c’est tout ce qui est alcool, drogue, sexe, dépigmentation... Dans le cas des femmes, et tout donc dans mon cas, c’était beaucoup plus difficile. C’était inconcevable qu’une musulmane soit artiste », confie-t-elle. Mais l’artiste se convainc qu’il appartient aux artistes, surtout femmes, de montrer qu’on peut rester dans le milieu artistique tout en gardant certaines valeurs.

Le miel attire les mouches

Le miel attire les mouches, tout comme les femmes attirent les hommes. Souvent, elle fait l’objet de propositions parfois déplacées. Mais l’artiste relativise : « Il y a des propositions indécentes parce que c’est la nature même de l’homme. Il veut souvent faire du chantage. Je me dis qu’il faut savoir esquiver avec tact et chercher à s’imposer par son art et son travail, plutôt que par autre chose. » En dépit de ces difficultés, l’artiste invite ceux qui veulent s’essayer à ce métier, à ne pas hésiter. Mais elle les prévient : « Il faut s’armer de courage et d’abnégation. »

La Slamazone recherche toujours l’homme qu’il lui faut

La Slamazone à la tête bien couverte par un foulard se prépare pour la sortie prochaine de son deuxième album. Elle dit réserver des surprises une fois de plus aux mélomanes. Du haut de son 1m65 pour 68 kg, célibataire sans enfant, elle continue d’écumer les scènes non seulement pour communier avec le public mais aussi surtout dans l’espoir de trouver l’homme qu’il lui faut. Et l’homme qu’il lui faut, selon l’interprète du tube à succès « Allez leur dire », c’est celui-là qui l’emmènera « à la mairie devant monsieur le maire ».

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

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