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"Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

Accueil > Actualités > Opinions • • mercredi 17 avril 2019 à 18h29min

Je suis allé ce long week-end rendre visite à un brillant sculpteur, certainement l’un des plus doués du Burkina, j’ai été peine de voir les conditions dans lesquels il travaille et forme ses apprentis. J’ai décidé avec leur permission de témoigner.

La France que nous aimons copier, lorsqu’ elle veut se vanter, elle emploie des mots comme :"le savoir-faire Français", "le raffinement Français", "l’exception culturel Français", ce ne sont pas que des mots, c’est en général suivi d’actes, c’est dans ce sens qu’on octroie des milliards a des cinéastes pour parler de l’histoire de la France, des rois, d’autres milliards pour restaurer des monuments ou tableaux anciens.

Voilà le contrast avec chez nous, on ne sait pas que ces artisans et leur savoir-faire est un pan de la culture BURKINABE.
En général pour beaucoup d’Africains, quand on parle de leur culture, ils s’imaginent que cela se résume à danser dans la poussière avec des masques pour égayer des touristes en mal de sensations. Nos Sculpteurs, nos peintres, nos artistes plasticiens, c’est à peine s ils existent.

Comme malheureusement nous ne savons pas ce que vaut notre culture, et nous la voyons à travers le prisme de l’occidental, rien de plus normal, qu’il la traite de première ou de primitive par rapport à la sienne ; nous bradons tellement notre identité culturelle que d’autres s en approprient.

Les Ivoiriens se sont réveillés un matin pour apprendre dans les journaux que le plus grand producteur d attieke au monde était LA CHINE, tout simplement comme pas mal d’Africains, ils n’ont pas brevète l attieke comme leur avait conseillé Kona Kouadio Bertin dit KKB

Et le pays des hommes intègres dans tout ça ? Nous aussi d’ici une dizaine d’années, nous serons les plus grands producteurs de FASO DAN FANI dans le monde, ce sera le troisième produit d’exportation après l’Or et le Coton, Ils s’en vendra pour des milliards à travers le monde, seulement cette manne financière ne sera pas détenue par les Burkinabè mais par ...LES CHINOIS.
Vous croyez que c’est de la science- fiction ? Gardez cet écrit quelque part, on en reparle dans sept ans maximum.

Nous avons été surpris d’être inonde par les pagnes FASO DAN FANI CHINOIS le 08 mars 2015, ça encore, c’était des commerçants BURKINABE qui avaient fait faire des copies en CHINE, maintenant, les CHINOIS font ce que nous ne faisons pas :
Ils ont classes le FASODAN FANI en 3 catégories.

Ils se déversent dans nos villages et provinces, là où se font les meilleurs, pour apprendre patiemment.
A ma descente d’avion, j’ai aidé un groupe à remplir les fiches de l’immigration BURKINABE et il a fallu tendre l’oreille pour comprendre qu’ils voulaient me dire qu’ils allaient à TENKODOGO tant ils le prononçaient mal.

Dans la soirée, j’ai rencontré un autre groupe d’une télé Chinoise qui allaient en reportage à Gassan, comme je connais leurs virtuosités en intelligence économique, je sais qu’il y a déjà une machine qui se met en place et qui d’ici peu va nous broyer.
Les CHINOIS sont décidés à HABILLER ; CHAUSSER ; NOURRIR ET PROTEGER LE MONDE qu’on le veut ou non, et ils nous habillerons et habillerons la terre avec nos FASO DAN FANI.
Quand on ne protège pas son patrimoine culturel c’est clair que d’autres en profiteront.

Un jour. Cette écervelée de KIM KARDASHIAN a déclaré que les tresses Africaines, faite par nos mères, depuis la nuit des temps, (photo 2) était la coiffure KIM KARDASHIAN. Malgré le tollé que cela a soulevé, elle est reste ferme la dessus.
Mieux, demandez maintenant à nos sœurs coiffeuses aux USA, elles doivent passer des diplômes pour faire des tresses Africaines, octroyés souvent par des FEMMES...BLANCHES.

On doit se demander pourquoi subitement, ces gens la s intéressent à ce pan de la culture noire, les tresses Africaines.
L’explication est un calcul économique froid ici peu, l’Afrique sera le continent le plus peuple au monde avec plus de 2 milliards d’habitants dont évidement, plus d’un milliards de femmes sans compter celles qui sont dans la diaspora.
Selon le très sérieux "The economist", la femme Noire est celle qui dépense le plus pour sa coiffure.

Une femme noire dépense dans l’année, 4 à 5 fois plus qu’une Asiatique pour ses cheveux et trois fois plus qu’une Caucasienne(Blanche).
Demandez à un blanc, les dépenses les plus élevées lors des fêtes de fins d’années, ils vous répondront : Les cadeaux
Demandez aux Africains et aux BURKINABE, ils vous répondront : "LES MECHES DE LEURS MOITIES".

Je le remarque aussi ici à l’approche des fêtes de fins d’années, ou certaines préfèrent dormir sur des matelas remplis de puces et de poux, au détriments de leur sante, mais pour rien au monde ne laisseront passer leur mèches Brésiliennes, dont certaines coutent jusqu’ a 500.000 frs cfa.

Le calcul est vite fait, il ne faut pas laisser toute cette manne dans la main des Africains. Surtout que si elles n’arrivent pas à payer, elles feront la pression sur leurs conjoints pour l’avoir, c’est le prix à payer pour ne pas faire les fêtes seules.
Ne vous étonnez qu’on se retrouve demain avec des Mèches "KIM KARDASHIAN" Qui imite nos tresses Africaines que nos sœurs impressionnées, qui affolent tout ce qui vient de l’extérieur porterons avec joie pour faire "IN"
C’est une manière de se placer sur un terrain qu’encore une fois nous négligeons, et nous bradons.

Nous avons brades nos ressources, nos terres, notre dignité et bientôt notre patrimoine culturel. A ce demander ce que nous laisserons à nos enfants.
La France avec AREVA est le plus grand exportateur d’URANIUM au monde, alors qu’au NIGER, il n y a aucune centrale électrique, et le jour, que par le plus pur des hasards, le NIGER finira par maitriser l’énergie nucléaire (car la France ne lui enseignera pas la technologie), ils devront acheter l URANUIM avec la FRANCE(car ils lui ont tout vendu), c’est ce jour-là, que le NIGERIEN de MARADI connaitra le vrai prix d’un gramme d atome nucléaire sur le marché.

Nous on brade, eux achètent et planifient sur des années.
Je suis arrivé en pleine épidémie de "palu Dingue", j’ai entendu dire que cela se soignait avec des feuilles de papaye, j’ai dit en plaisantant, a celui qui me l’a dit » ; Profitons en pendant que les feuilles papayes nous appartiennent encore". Il n’a pas très bien comprit.

Pourtant, tous les jours, c’est ce qui se passe devant nos yeux, on nous prend nos océans, notre ciel, notre eau, notre électricité, nos terres et nos plantes.
Bientôt, pour cueillir des plantes médicinales, il va falloir demander la permission a des blancs qui l’on brevète.

Vous croyez aussi que c’est de la science-fiction ?
Alors je vous donne des éléments de réflexions
Au Burkina, ce n’est pas visible car nous n’avons pas de forêts, mais demandez aux Malgaches qui ont une très riche bio diversité, aux Gabonais, aux Camerounais, qui achètent leurs terres ?

Ce sont de grands groupes, et c’est officiellement pour faire de l’agriculture, mais là ou pour l’agriculture il suffit de clôturer l’endroit et produire, on interdit aux autochtones d’entrer dans les plantations et l’on se présente avec une armées de botanistes pour recenser tout l’écosystème.

A quelle fin ? L’industrie pharmaceutique pesée des milliards qu’il ne faut pas laisser dans les mains de ceux qui ne savent pas quoi faire de ce qu’ils ont.
Lorsqu’ ils finiront de tout recenser, ils donneront les noms de leurs scientifiques qui ont découverts telle plante même si nos aïeux la connaissaient et s’en servaient pour guérir des maladies.

Aujourd’hui, les plus grands connaisseurs des plantes tropicales sont les Pygmées, ce sont eux qui sont approches par les occidentaux pour recenser toutes les plantes médicinales, en récompense on envoie des dentistes pour soigner leur dents qui dit-on sont mal agencées.

A la fin, on reviendra nous guérir avec nous même nos plantes et même nos connaissances.Ca a toujours été ainsi depuis la traite negrière jusqu’ à aujourd’hui ou nous subissons tout, en tournant le dos à notre identité.
Thomas Sankara disait « Tout développement est culturel " Cette phrase est lourde de sens et comprenne, qui pourra.

Une chose est certaine, nous finirons toujours à la botte des autres en tournant le dos à notre culture, et un jour, ils nous diront qu’ils nous ont tout apprit.

B.BARA

Vos commentaires

  • Le 17 avril à 18:49, par Flavki En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Félicitations Mr BARA. C’est tellement vrai ce que vous décrivez !

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  • Le 17 avril à 20:01, par lepeul En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Tout d’abord je vous félicite d’avoir pris le temps pour écrire et de partager sur le fasonet.
    Mais en lisant votre écrit, j’étais un peu mal à l’aise avec ces comparaisons lapidaires, des raccourcis primitifs, pour décrire les choses , avec une juxtapositions des faits et constats à la limite insultant etc... Demander a un américain ou se trouve Marseille,Lille, Istanbul, il ne saura pas dire, cela ne veut pas dire qu’il est con, tout simplement il s’en fou. par contre il connais Bagdad , Tripoli ..............

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  • Le 17 avril à 20:30, par zemosse En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Vérité impitoyable. Rien à ajouter. Merci Bara. Tanpi pour l’Afrique.

    Répondre à ce message

  • Le 18 avril à 08:02, par Maxime En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Votre article est d’une très grande pertinence mais pourquoi cibler "les blancs" sans distinction. En vérité, dans ce monde, il y a les exploireurs et les exploités quels que soient leur sexe, couleur de peau, nationalité, religion ou autres. Il me parait extrèmement dangereux de discriminer les uns par rapport à d’autres, c’est ainsi qu’on en arrive à des extrèmes comme les actions terroristes...

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  • Le 18 avril à 08:14, par SIDPAYETE En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    M. BARA, merci pour cet écrit qui doit sonner le réveil des consciences économiques. Il se serait bien d’adresser également cet écrit au ministre du commerce sous forme de lettre ouverte afin que les plus hautes autorités s’en saisissent avant qu’il ne soit tard pour tous.
    Aux différentes personnes ressources qui liront ce articles soyez des relais pour que ce cri du Coeur soit entendu sinon le réveil sera douloureux.

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  • Le 18 avril à 08:48, par ragomzanga En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Merci Monsieur BAMBARA..ce texte est très poignant.Malgré le fait que j’enseigne ces choses à des étudiants et à des élèves, je revie cela comme un coup de poignard que je reçois dans ma chair..
    Le combat continue..
    RAGOMZANGA

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  • Le 18 avril à 10:42, par Anonyme En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    le problème c’est que la plus part du temps, c’est avec la complicité d’hommes d’affaires africains véreux sans fois ni loi et apatrides.

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  • Le 18 avril à 13:44, par TAPOKO En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Voici une vérité universelle, mais du fait que l’africain est borné, ignorant, cons et négligeant, il ne peut pas le comprendre. Et après quelques décennies, après avoir vendu tout ce qui fait de lui un africain (CULTURE) c’est pour dire si je savais. C’est sûr nos descendants ne nous pardonneront jamais cette acculturation qu’on les cause actuellement.

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  • Le 18 avril à 15:28, par Un acteur du secteur de l’artisanat En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Bonjour Monsieur BARA,
    votre écrit est très poignant et présage certaines difficultés que le secteur de l’artisanat va connaitre. Le dimanche 14 avril 2019, j’écoutais sur RFI l’émission Le débat africain d’Alain FOKA sur le thème : "Quelles chances pour les marques africaines face aux firmes internationales". Il ressort des débats que les chinois ont déposé un brevet sur le Faso Dan Fani.
    C’est notre complexe en matière de consommation de nos produits qui nous rendra esclave des produits des autres. Donnons-nous des idées pour protéger notre patrimoine culturel.

    Merci Monsieur BARA

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  • Le 29 avril à 19:59, par Sheikhy En réponse à : "Un jour, ils vous diront que j’étais un homme blanc" Mohamed Ali

    Je suis pacifiste et ne peux accepter beatement certains travers de la révolution. Mais ce qui est indéniable c’est que Tom Sank avec l’aide de personnes comme Valere Somé qui était anthropologue, avait compris l’affaire et y avait mis toute sa fougue. Il était instruit et préparé même si relativement jeune et commando émérite de dormir. Le Blaiso était un pur militaire et en plus endoctriné par des politiciens rétrogrades qu’il a essayé de maîtriser à la suite en mettant en oeuvre ses connaissances en stratégie militaire.
    On connaît la suite et ce qui devenu l’un des pays qui faisait peur aux "blancs". Le pays des Hommes

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