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Amadou Diemdoda Dicko : « L’heure n’est pas au débat sur l’article 37 »

Accueil > Actualités > Politique • • mardi 25 mai 2010 à 02h29min

A la Convention des forces démocratiques, (CFR), un groupe parlementaire membre de la mouvance présidentielle, les députés pensent que l’heure n’est pas pour le moment au débat sur la révision de l’article 37, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. « Le débat, à mon sens, devait actuellement porter sur le processus électoral, la délivrance des Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB) », affirme le député Amadou Diemdoda Dicko, membre dudit groupe parlementaire, dans l’interview qu’il a accordée à Fasozine.com. Il est également question, dans cet entretien, de la crise que traverse la CFR, dont trois députés ont récemment claqué la porte : le 30 mai prochain, les différents bureaux des groupes parlementaires doivent être renouvelés et les démissionnaires accusent leurs camarades de leur refuser les postes de responsabilité qui devraient leur revenir.

Depuis que le débat sur l’éventuelle révision de l’article 37, qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux, a été posé, on n’a pas beaucoup entendu le groupe CFR. Allez-vous soutenir l’idée de la révision de cet article ?

Amadou Diemdoda Dicko : Avant tout, je voudrais vous rappeler que nous sommes disciplinés. Au sein de la mouvance, nous aurons un débat au cours duquel nous donnerons notre point de vue sur la révision de l’article 37. La mouvance est organisée et d’une seule voix, nous vous dirons notre position par rapport à l’article 37.
Mais je me pose la question de savoir si le moment est opportun de toucher à l’article 37 alors que nous sommes à environ huit mois de l’élection présidentielle. Le débat, à mon sens, devait actuellement porter sur le processus électoral, la délivrance des Cartes nationales d’identité burkinabè (CNIB).

Comment appréciez-vous alors l’initiative de la société civile qui a initié une pétition contre la révision de l’article 37 ?

De mon point de vue, la société civile ne semble pas totalement jouer son rôle. Et selon moi, ce sont les partis politiques qui devaient initier cette pétition et non une ONG respectée et respectable. Nous ne comprenons pas pourquoi c’est elle qui prend une telle initiative. Nous sommes totalement égarés parce que la société civile doit être un catalyseur de la vie sociale. Et si elle est actrice en politique, je me demande si c’est encore la société civile ou un parti politique.

Le groupe CFR connait actuellement de profondes crises. En substance, quelle est la nature de ces problèmes ?

Nous avons effectivement connu des problèmes ces derniers temps en ce sens que certains membres du groupe parlementaire ont claqué la porte. L’année dernière aussi, quatre autres membres avaient menacé de quitter le groupe parce qu’ils estimaient que certains principes n’avaient pas été respectés. Car en créant le groupe CFR, nous nous étions basés sur les forces de chaque parti pour repartir les responsabilités. Mais d’autres membres voulaient que les postes soient soumis à des votes. Cette année encore, nous pensions procéder de la même manière, d’autant plus que l’année dernière, la répartition s’était faite sans grande difficulté. Mais il y a eu un couac parce qu’un des membres fondateurs de l’Union pour le changement (UPC), un parti d’opposition créé en avril dernier, se trouvait au sein du groupe CFR, qui est de la mouvance présidentielle. Il se pose alors la nécessité d’une clarification. Peut-on lui confier une responsabilité pendant qu’il a déclaré être de l’opposition ?

Nous sommes de la mouvance présidentielle, ce qui veut dire que nous soutenons le programme du chef de l’Etat et sommes amis du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti au pouvoir. Devons-nous admettre en notre sein des adversaires politiques du chef de l’Etat et du parti au pouvoir ? Il y a un problème de fond qui se pose en ce moment. C’est la raison pour laquelle nous avons refusé de confier un poste de responsabilité à un parti de l’opposition. Et c’est pour cela que les députés de l’UPC, du Rassemblement populaire des citoyens (RPC), et du Parti africain de l’indépendance (PAI) ont claqué la porte pour rejoindre le groupe parlementaire Alternance-justice-démocratie (ADJ) qui est de l’opposition radicale. Les gens pensent qu’il y a un problème au sein de la CFR mais personnellement je pense qu’il n’en est rien.

Que disent les textes du groupe en la matière ?

Nous nous sommes déclarés comme étant de la mouvance présidentielle. Avant de rejoindre l’UPC, le député Ouali Mihyemba Louis Armand était membre du Rassemblement pour le développement du Burkina (RDB), qui est aussi de la mouvance, et membre fondateur de l’Alliance des formations et partis politiques de la mouvance présidentielle (AMP). Le groupe CFR représente en quelque sorte l’AMP à l’Assemblée nationale. Et seuls les députés qui épousent les idéaux de l’AMP peuvent être membres de la CFR. Ceux qui ne se sentent plus en harmonie avec nous peuvent partir. D’ailleurs, nous n’avons pas exclu le député Ouali mais c’est lui qui s’est senti choqué et a rendu sa démission. Aussi, le poste ne pouvait plus lui être affecté. Nous l’occupons de façon alternée. Et il s’agissait de désigner entre nous celui qui allait occuper ce poste.

De quel poste s’agit-il ?

Le journal qui a annoncé le problème a fait cas de la présidence du groupe CFR. C’est peut-être celui qui a donné l’information qui a induit le journaliste en erreur. Il s’agit de la présidence de la commission de l’environnement du développement ….Ce poste nous revient tous les deux ans parce que nous le partageons avec le groupe ADJ. Pour cela, il ne fait pas partie de la répartition règlementaire de nos responsabilités. Les postes statuaires ont déjà été attribués.

Quelles solutions envisagez-vous pour éviter que le groupe ne vole en éclats ?

Je ne peux absolument rien vous dire. Nous avons jusqu’au 28 mai prochain pour tout finaliser. Des négociations sont encore possibles. J’ai même appris que certains regrettaient d’être partis de la CFR et qu’ils voudraient revenir. Et de ce point de vue, il serait exagéré de dire que le groupe est en train de voler en éclats.

A qui faites-vous allusion ?

Il s’agit du PAI. Nous attendons donc. Nous sommes en politique. Et dans ce milieu, les retournements de veste sont très rapides et nombreux. Les gens, en dansant le tango peuvent rapidement changer de rythme. Selon les informations que j’ai, le groupe ne volera pas en éclats.

Pourtant des informations diffusées dans la presse affirment que c’est le député Mihyemba Louis Armand Ouali qui devait occuper ce poste. Or celui-ci a rendu sa démission. Qui est son potentiel remplaçant ?
Lui trouver un remplaçant n’est pas un problème. Nous avons suffisamment de talents pour occuper ce poste. Mais je ne sais pas pour le moment qui sera nommé. Nous aurons une dernière réunion. Par la suite, le président du groupe pourra donner le nom de celui qui va remplacer le député Ouali.

Jacques Théodore Balima

Fasozine

Vos commentaires

  • Le 25 mai 2010 à 03:08, par DAKSOUM LE STATOIS BURKINABE A LOS ANGELES En réponse à : Amadou Diemdoda Dicko : « L’heure n’est pas au débat sur l’article 37 »

    pourqoi boucoup de gens se basse sur l article 37 pour se faire voir a chaque fois ??????????????????????????????????????????????????????????

    Répondre à ce message

  • Le 25 mai 2010 à 09:38, par HAMA En réponse à : Amadou Diemdoda Dicko : « L’heure n’est pas au débat sur l’article 37 »

    voici un autre plaisantin de deputé qui ne s’est meme pas definir ce que c’est que la société civile,normal pour un instituteur de brousse qui ne fait plus de decouvert ;

    aussi,pensez vous que son parti la CDF est un parti ?

    1-un parti se crée pour aller à la conquete du pouvoir
    2-un parti crée sur des bases ethniques et confiné ds une province sur 45 est un danger pour le pays

    mon frère tu fera mieux de laisser ce debat qui te depasse et d’aller conscientiser tes parents pour envoyer leurs enfants à l’ecole,ta province est la moins scolairée du faso,est ce à ton honneur ?

    HAMA

    Répondre à ce message

  • Le 25 mai 2010 à 10:59, par Paris Rawa En réponse à : Amadou Diemdoda Dicko : « L’heure n’est pas au débat sur l’article 37 »

    « De mon point de vue, la société civile ne semble pas totalement jouer son rôle. Et selon moi, ce sont les partis politiques qui devaient initier cette pétition et non une ONG respectée et respectable. Nous ne comprenons pas pourquoi c’est elle qui prend une telle initiative. Nous sommes totalement égarés parce que la société civile doit être un catalyseur de la vie sociale. Et si elle est actrice en politique, je me demande si c’est encore la société civile ou un parti politique. »

    1- Monsieur Amadou Diemdoda Dicko (ADD) devrait savoir que ce n’est pas une ONG qui a initié la pétition, mais un groupe de citoyens, même si ceux-ci peuvent, par ailleurs, être membres d’une ONG. Mr ADD semble ignorer qu’il existe un article 98 dans la constitution.... Cela montre avec quelle appréciation approximative, nos députés considèrent les problèmes politiques dans notre pays. Rappel de l’article 98 : Le peuple exerce l’initiative des lois par voie de pétition constituant une proposition rédigée et signée par au moins quinze mille (15 000)personnes ayant le droit de vote dans les conditions prévues par la loi. alinéa 2 (Loi N° 002/97 /ADP du 27 janvier 1997) La pétition est déposée sur le bureau de l’Assemblée Nationale. Le droit d’amendement appartient aux députés et au gouvernement quelle que soit l’origine du texte.

    2- Si on suit le raisonnement de Mr ADD, la société civile anime la vie sociale, mais ne devrait pas mener des actions politiques. Mr ADD semble confondre et réduire la société civile aux seules organisations (ex : association et ONG) de la société civiles qui par nature sont apolitiques. Les citoyens font partie aussi de la société civile, et Mr ADD devrait adresser son reproche surtout à la FEDAPP/BC et à toutes les associations/BC pour leur rappeler qu’en tant qu’organisation de la société civile, leur but (objet) ne devait pas être politique. Son reproche ne vaut pas pour les citoyens qui en ont le droit en vertu, entre autres, de l’article 98 de la constitution.

    Répondre à ce message

  • Le 25 mai 2010 à 15:07, par Boudwarba En réponse à : Amadou Diemdoda Dicko : « L’heure n’est pas au débat sur l’article 37 »

    "Avant tout, je voudrais vous rappeler que nous sommes disciplinés. Au sein de la mouvance, nous aurons un débat au cours duquel nous donnerons notre point de vue sur la révision de l’article 37. La mouvance est organisée et d’une seule voix, nous vous dirons notre position par rapport à l’article 37"

    Voulez vous dire que ce n’est pas le cas chez votre mentor ? en tout cas là-bas des voix ont été entendues sans débats préalanble est ce celà que vous dénoncez ?

    De mon point de vue, la société civile ne semble pas totalement jouer son rôle. Et selon moi, ce sont les partis politiques qui devaient initier cette pétition et non une ONG respectée et respectable.

    Vous n’avez donc pas lu la constituion Honorable député, la pétition n’est pas un monopole des parties politiques ?
    Et puis en avez vous jamais fait vous des parties politiques ? N’avez vous pas d’instances d’expression ?

    Répondre à ce message

  • Le 25 mai 2010 à 20:26, par union En réponse à : Amadou Diemdoda Dicko : « L’heure n’est pas au débat sur l’article 37 »

    un groupe de citoyens ? tout le monde sait que c’est une certaine société civile qui a initié la pétition et qui, voulant en recueillir seule les bénéfices, a refusé de lutter collectivement avec les partis politiques. Une société civile comme ça, je ne l’aime pas particulièrement. On a besoin d’être tous unis contre ce pouvoir

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  • Le 25 mai 2010 à 23:52, par Hama En réponse à : la VÉRITÉ selon Amadou Diemdoda

    Remarque 1-
    Question : Allez-vous soutenir l’idée de la révision de cet article ?
    Reponse : je voudrais vous rappeler que nous sommes disciplinés

    Ma question Soutenir la révision de l’article 37 est ce que c’est acte d’indicispline
    la duplicité de Diemdoda : je me pose la question de savoir si le moment est opportun de toucher à l’article 37

    Il pense que la revision de l’article 37 est justifiée ( Serait-il lui aussi un indiscipliné) mais il juge l’opportunité actuelle de cette question nulle ( C’est vrai pour celui qui ne veut pas connait la main qui l’alimente)

    Répondre à ce message

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