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Kémi Seba : “Ce qui se passe au Faso est un enjeu pour l’homme noir dans son intégralité”

Publié le vendredi 14 juin 2024 à 21h24min

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Kémi Seba : “Ce qui se passe au Faso est un enjeu pour l’homme noir dans son intégralité”

En séjour à Ouagadougou depuis la soirée de mercredi, 12 juin 2024, le militant panafricain franco-béninois, Kémi Seba, a animé une conférence de presse en début d’après-midi de ce vendredi 14 juin 2024 sur des sujets “d’intérêt commun pour les populations de la sous-région et globalement du monde”.

Kémi Seba a d’abord dit sa fierté vis-à-vis des acteurs de la société civile du Faso “qui font un travail extraordinaire, historique, à un moment historique où le Faso et le sahel, suite aux attaques lâches et mortellières, les gouvernements français et américain ont assassiné le guide de la révolution Kadhafi, déstabilisant ainsi la sécurité au sahel, fragilisant les États pour exploiter les ressources”. D’ailleurs s’étonne-t-il qu’au moment où on qualifie les États du sahel de “pauvres”, on y découvre et exploite des ressources minières.

« Notre présence ici au Faso s’inscrit dans une dynamique bien précise : soutenir le combat de la résistance panafricaniste au Faso, incarnée par le président Ibrahim Traoré, qui est dans la continuité du président Thomas Sankara, qui mène un combat de survie pour les populations », situe-t-il avant de rappeler le sens de son combat politique, engagé il y a plus de deux décennies, pour l’auto-détermination des populations africaines.

Kémi Seba (au micro), se réjouit également, à l’issue d’échanges avec le président Ibrahim Traoré, de la convergence de vues.

C’est pourquoi n’a-t-il de cesse renouveler son admiration pour les organisations de la société civile burkinabè, qui mène la veille citoyenne et œuvre pour l’auto-détermination. « Je suis accompagné de frères que vous connaissez, qui sont des chevaliers contemporains de ce combat pour la souveraineté, qui utilisent leurs propres moyens, leurs ressources humaines et financières (la tradition étant que ce sont les dirigeants qui financent, mais le Faso est en train de montrer ce qu’est le patriotisme), on a une société civile qui finance avec le peu qu’elle a, un régime ; parce que ce régime est un régime patriotique. On a une société civile aujourd’hui qui est très différente d’ailleurs de celles qu’on a connu il y a quelques années auparavant. Je me souviens, il n’y a pas si longtemps, les ONG occidentales faisaient la pluie et le beau temps. Mais il y a une révolution intérieure qui s’est déroulée, on aujourd’hui un processus d’auto-détermination qui a commencé par le bas et qui est en train de refluer vers le haut. Une société civile qui a dit qu’elle n’entre pas dans ce combat pour gagner de l’argent, elle entre dans ce combat pour libérer sa population. Et ce qui se passe au Faso, doit inspirer la population et la jeunesse panafricaniste du monde entier. (...). Ce qui se passe au Faso n’est pas un enjeu uniquement pour le Faso, c’est un enjeu pour le sahel, pour l’Afrique de l’ouest, pour l’Afrique et pour l’homme noir, la femme noire dans son intégralité », a-t-il mesuré.

Vue de quelques leaders d’organisations de la société civile et de la veille citoyenne.

Il met ensuite en garde : « Il y a, à l’intérieur du Faso, des gens qui sont prêts (ils sont minoritaires), qui rêvent que le Faso, les pays de l’Afrique de l’ouest, les pays de l’Afrique, reviennent dans la cuvette de la néo-colonisation. Nous disons à ce dernier : ne croyez pas que nous vous avons oublié, l’ennemi est à l’extérieur, mais nous n’oublions pas, l’ennemi est aussi à l’intérieur. (...). Attaquer les ennemis extérieurs, mais attaquer aussi les ennemis intérieurs. Si le colon est aujourd’hui encore autant puissant sur nos terres, c’est parce qu’il y a à l’intérieur de nos rangs, de nos populations, des gens qui sont prêts à mourir pour défendre des intérêts du colon plutôt que des intérêts de leur patrie. Parfois, ce sont des gens à l’intérieur de la société civile et souvent, des dirigeants à la tête de nos États ».

Selon Kémi Seba, il n’y aura donc pas de demi-mesure envers ceux-là qui font des pieds et des mains pour braver l’élan d’auto-détermination des populations, qui ont tant souffert.

Au cours de cette conférence, Kémi Seba a également posé la réflexion sur l’Alliance des États du Sahel (AES), dont il s’est montré confiant quant à son avenir et avec l’adhésion “bientôt” de pays du Bénin et de la Côte d’Ivoire. « Nous sommes venus aussi dire à tous les ennemis de l’AES, qu’en étant adversaires de l’AES, vous n’êtes pas seulement adversaires du Mali, du Burkina Faso, du Niger, vous êtes des ennemis de toute la jeunesse panafricaniste mondiale ; parce que le projet de l’AES est la matrix du futur système de confédération qui aura lieu tôt ou tard dans la sous-région », a-t-il signé.

"La démocratie libérale a accouché d’un système où le président ne devient crédible que s’il est validé par la France ou les États-Unis" (Kémi Seba).

Sur la percée russe en Afrique, Kémi Seba dit ne pas croire en une « recolonisation de l’Afrique » par la Russie. Mieux, se convainc-t-il, « la Russie ne sera jamais le messie de l’Afrique ». C’est pourquoi invite-t-il d’ailleurs à éviter de brandir les drapeaux russes comme cela se passe au Burkina, Mali et au Niger, pendant les manifestations. « Cela nous ridiculise. J’ai toujours combattu cela », interpelle le conférencier, pour qui, si la Russie commet les mêmes erreurs que la France, elle sera aussi combattue. « Si la Russie s’hasarde à coloniser l’Afrique, nous la combattrons jusqu’au bout. L’Afrique sera son tombeau », a-t-il avertit, relevant que son discours est resté le même dans toutes les contrées du monde où il est passé.

O.L
Lefaso.net

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Messages

  • C’est quoi l’intérêt de recevoir ces genres de Mr à la présidence ? Idem que Soro Guillaume.

    • internote Indjaba C’est parce Kemi Seba, Guillaume Soro sont important dans la société qu’on leur a reçu . Toi un vrai directeur de l’ecole primaire ne meme pas prêt de recevoir . vive Ib, vive le gouvernement

  • Vivement. L’Afrique aux Africains en Afrique. Vivement. L’Afrique aux Africains en Afrique. Vivement. L’Afrique aux Africains en Afrique.

  • A état voyou , invité voyou. Comme quoi qui se ressemblent s assemblent.

    Passakziri

  • JE vois bien une très grande foule à cette conférence. Et beaucoup de questions lui ont été posées.
    Bravo !

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