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Ouagadougou/Environnement : Pépiniériste, un métier qui nourrit son homme

Accueil > Actualités > Environnement • LEFASO.NET • lundi 23 janvier 2023 à 22h55min
Ouagadougou/Environnement : Pépiniériste, un métier qui nourrit son homme

Le long du mur du parc urbain Bangr Weeogo, ou encore le long du barrage n°2 de Ouagadougou, il vous est certainement arrivé de vous émerveiller devant les magnifiques fleurs et autres plantes vendues par les pépiniéristes. Le métier de pépiniériste est assez contraignant, mais il nourrit son homme, à en croire ceux que nous avons rencontré.

Richard Bonkoungou alias « le maire du jardin » est pépiniériste depuis près de 35 ans. Il s’est établi presqu’à l’intersection de la RN3 et de la RN4, juste en face du barrage n°2 de Ouagadougou et près du parc urbain Bangr Weeogo. Là, il vend toutes sortes de plantes. Arbres fruitiers, plantes médicinales, aromatiques, ornementales… Alors que nous engageons la discussion avec lui, survient une cliente, Mme Flavie Kanzié. Elle est une fidèle cliente du pépiniériste, nous confie-t-elle. Amoureuse des plantes comme elle se décrit, Mme Kanzié n’hésite pas à s’en procurer régulièrement. En plus des arbres fruitiers et des fleurs pour embellir son domicile, elle achète aussi beaucoup de plantes aromatiques. « Je n’imagine pas une maison sans verdure. Je trouve qu’une maison sans verdure, n’a pas de vie. J’aime le naturel, le bio. Et comme j’utilise beaucoup les épices en cuisine, j’achète régulièrement du thym, du laurier, du basilic… » De ses voyages à l’étranger, elle ramène souvent des plantes qu’elle estime pouvoir supporter le climat burkinabè.

Richard Bonkoungou estime que les Ouagalais s’intéressent de plus en plus aux plantes

Comme elle, ils sont de plus en plus nombreux les Ouagalais qui s’intéressent aux plantes, comme le reconnaît Richard Bonkoungou. Il souligne en effet, qu’au fil des années, il a constaté un certain engouement des Ouagalais pour les plantes, surtout les arbres fruitiers. Les fleurs, selon son constat, sont surtout prisées par les expatriés et les Burkinabè qui ont vécu à l’extérieur. Un point de vue partagé par Alassane Barry, 25 ans, lui aussi pépiniériste depuis maintenant neuf ans. Après avoir appris le métier chez un patron, il a aujourd’hui son propre jardin le long du mur du parc Bangr Weeogo où il propose toutes sortes de plantes. Les plus demandés selon lui, sont les plants d’arbres fruitiers, notamment les manguiers, les citronniers, les orangers, les goyaviers, le tangelo, etc. Des fleurs et des plantes aromatiques, il en vend aussi. Les prix varient de 50 F CFA à plus de 20 000 F CFA en fonction de la taille de la plante et de sa provenance. Les plantes importées sont les plus chères.

Alassane Barry, déplore la hausse du prix du sachet servant pour les pépinières

Selon nos pépiniéristes, en fonction des saisons, il y a des plantes qui se vendent mieux que d’autres. Ainsi, la saison pluvieuse constitue la saison par excellence pour la vente des plants d’arbres fruitiers. Et c’est aussi pendant cette période qu’ils font leurs plus gros chiffres d’affaires. « Pendant la saison pluvieuse, nous avons beaucoup plus de clients, surtout ceux qui ont les fermes. Un seul client peut venir nous acheter plus de 100 ou 200 pieds de plants. En saison pluvieuse, les gens plantent les arbres et c’est la période de l’année où nous faisons notre plus grand chiffre d’affaires », confie Alassane Barry.

Fort heureusement, même en saison sèche, période de morosité, Richard et Alassane avouent qu’ils ne peuvent passer une journée sans vendre, surtout les plantes aromatiques ou les fleurs.

Et même s’ils refusent de nous dévoiler leurs gains journaliers ou mensuels, nos deux pépiniéristes reconnaissent que c’est un métier qui nourrit son homme, quoiqu’assez contraignant. Il faut en effet arroser au moins deux fois par jour les plantes et leur apporter les soins qu’il faut, puisqu’elles n’ont pas les mêmes besoins. Certaines sont faciles d’entretien et d’autres un peu plus délicates à entretenir.

Difficultés…

La hausse des prix, les pépiniéristes la ressente aussi. Les prix des sachets utilisés pour les pépinières ont en effet connu une hausse. « Avant, on achetait le sachet à 10 F ou 15 F l’unité en fonction de la taille. Maintenant, il faut souvent débourser 50 F ou 100 F selon la taille. Et en plus, ce n’est plus de la qualité. Au bout de quelques mois, le sachet se détériore et tu es obligé de le remplacer », a laissé entendre Alassane Barry. A cela s’ajoute la difficulté d’avoir l’espace nécessaire et la bonne terre pour mener leurs activités. Mais malgré ces quelques difficultés, pour rien au monde ces pépiniéristes ne souhaitent changer de métier, car il leur permet de prendre en charge leurs familles.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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