Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «La foule croit qu’elle sait et comprend tout ; et plus elle est sotte, plus ses horizons lui semblent vastes.» Anton Tchekhow écrivain russe

Réseaux sociaux : L’abrutissement

Accueil > Actualités > Multimédia • Lefaso.net • vendredi 6 janvier 2023 à 10h50min
Réseaux sociaux : L’abrutissement

Les Burkinabè sont des goulus des « J’aime » et c’est peu de le dire. Au nom du m’as-tu-vu, du ventre et du ridicule, n’importe quel quidam peut se proclamer savant, éternel érudit devant le baudet. A la recherche de « nouveaux amis », nous sommes devenus - pour paraphraser Jean Rostand - des abrutis avant même que nous méritions d’être des hommes.

Pas besoin de rédiger une thèse de philosophie pour montrer que les réseaux sociaux sont des armes à double tranchant. Ce sont d’abord des armes de construction massive qui permettent d’ériger des ponts entre les cultures, de faciliter les rencontres, de faire des affaires, de travailler à distance. Mais ce sont aussi des armes de destruction massive qui peuvent nuire à la réputation d’autrui, donner des ailes d’Icare au premier venu, fragiliser des économies, favoriser le crime, l’escroquerie, etc.

Nous passons un temps fou sur les réseaux sociaux que nous ne nous en rendons pas compte. Le smartphone est un outil dont on se saisit quand on n’a rien à faire. En plus d’être chronophages, ils nous rendent tous dépendants, addicts… et malheureusement parfois bêtes. Le musicien Jaron Lanier a vu juste en affirmant : « Les réseaux sociaux, comme la plupart des outils numériques, pillent nos données, notre temps et notre intelligence ».

La course aux « J’aime »

À l’instar de Rood-Woko, on retrouve du tout sur les réseaux sociaux. Il y a d’abord ceux qui confondent la frontière entre la réalité et le virtuel. Pour ces personnes, être discret sur les réseaux sociaux est devenu l’exception. Elles exposent tout, telle des garangolaises devant leurs étals d’arachides au coin de la rue. Comme si elles sont à la recherche d’une reconnaissance, d’une mention. Cela est révélateur d’un manque de confiance. Le regard de l’autre est important dans les choix et les pensées de cette catégorie de personnes qui prennent toujours le soin de sélectionner chacune de leurs publications dans l’intention de toujours plaire. Elles ne supportent pas de tenir la queue dans la course aux « J’aime ». Comme dirait l’autre, « les réseaux sont de vrais sarcophages où tout le monde cache ses défauts ».

Les crédules

Ensuite, il y a ceux qui ont dit adieu à leur capacité de réfléchir parfois par eux-mêmes ! Ces gens font difficilement la différence entre le vrai et le faux. Tant qu’une information n’est pas publiée sur Facebook, ces Burkinabè ne prennent plus la peine de se fier aux médias d’informations. Ils se gavent de fausses informations à longueur de journée, des informations qui deviennent pour eux des certitudes, des dogmes. Pire, ils partagent la grande majorité de leur médiocrité aux autres en les invitant à mettre le pouce bleu ou cliquer sur le bouton « partager ». Par effet domino, la plaie s’infecte plus vite.

« C’est oui ou oui »

Enfin, les réseaux sociaux grouillent de ceux ou celles qui se croient le centre de la terre. Ce sont des “érudits” qui fuient la contradiction comme la peste. Haro sur le baudet qui osera penser autrement, faire une sortie de piste pour éviter les crevasses de l’ignorance. À ce baudet-là, l’on collera l’étiquette d’apatride. Sous les publications et dans les forums, ça tire des obus de mots empreints de vulgarité, d’irrespect et de haine. Les garnements assis derrière leur clavier diront à leurs aînés, qu’ils ne connaissent ni d’Adam ni d’Eve, qu’ils peuvent bien se les carrer dans le fion. [ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

HFB
LeFaso.net

Crédit-photo : comarketing-news.fr

Vos commentaires

  • Le 6 janvier à 13:12, par SOME En réponse à : Réseaux sociaux : L’abrutissement

    Haro sur le baudet qui osera penser autrement, faire une sortie de piste pour éviter les crevasses de l’ignorance. À ce baudet-là, l’on collera l’étiquette d’apatride. Sous les publications et dans les forums, ça tire des obus de mots empreints de vulgarité, d’irrespect et de haine
    Ainsi est fait le monde : le conformisme idiot ou l’intolerance tout aussi idiot. Le forum du fasonet en regorge ! SOME en a souvent ete la victime.

    quant a traiter certains d’apatrides, c’est tendancieux : je ne vois pas ce que vient faire ce mot ici : Il est clair que les reseaux sociaux constituent la premiere arme qu’on utilise pour nous combattre. il est clair que, aujourd’hui, toutes les armees possedent des unites speciales francs-tireurs specialement dediees aux reseaux sociaux et internet en general pour faire la guerre (infowar) en manipulant dans leurs interets.

    Donc on ne peut pas escamoter cette dimension (la plus importante) a l’heure actuelle de notre histoire. Il faut distinguer ceux qui utilisent les reseaux sociaux pour trahir leur pays et pour leurs interets egoistes et ceux qui reagissent par ignorance ou par naiveté ou par besoin de reconnaissance sociale, etc. Il y a les ennemis qui se se feront passer pour l’un ou l’autre, car cela fait partie de leur tactique de guerre. Ainsi les réseaux sociaux ne peuvent pas etre des zones de non droit
    SOME

    Répondre à ce message

  • Le 6 janvier à 15:47, par Manuel En réponse à : Réseaux sociaux : L’abrutissement

    Bonjour
    Bien dit mais je crains que les injures fusent de partout après la lecture de ce bel article.
    Heureusement que nous avons encore des burkinabè qui réfléchissent

    Répondre à ce message

  • Le 6 janvier à 16:18, par Kem En réponse à : Réseaux sociaux : L’abrutissement

    Merci pour cet article de valeur universelle.
    C’est dénoncer une nouvelle religion, une addiction, une maladie de l’être et il est bien compliqué de ne pas se laisser atteindre.
    A chacun de réfléchir et d’être son propre gardien.

    Répondre à ce message

  • Le 6 janvier à 17:42, par warzat En réponse à : Réseaux sociaux : L’abrutissement

    Dans mes fréquentations immédiates, il y a des personnes insuffisamment instruites qui prenaient tout ce qui se racontait sur le ’’fameux réseau social’’ comme vrai, y compris les mensonges déguisés en expertises sur les chaines de télé privées......Mais de Dieu merci, depuis au moins un certain temps, ils n’y croient plus et naviguent très peu et ne suivent que la télé nationale. Encore une fois de plus Dieu merci. Beaucoup d’entre eux obtiennent la bonne info à partir de leurs connaissances dans les provinces....tant pis pour ceux qui cupides, corrompus qui sont payés pour mentir sur les réseaux sociaux.

    Répondre à ce message

  • Le 6 janvier à 18:35, par Rama En réponse à : Réseaux sociaux : L’abrutissement

    Enfin, enfin, un censé. Merci depuis le Sénégal, malheureusement c’est tout le continent pour ne pas dire tous les continents, nous sommes nos propres enva- haisseurs

    Répondre à ce message

  • Le 9 janvier à 08:58, par TANGA En réponse à : Réseaux sociaux : L’abrutissement

    Bel article lefaso.net, même si on sent que vous avez parti pris en lvous lisant.
    Ceci dit, merci a SOME qui a dit tout ce que je voulais dire sans pouvoir agencer les mots.
    Il est à se poser la question si ce ne sont pas les tireurs d’élite encore appelé tireurs choisis qui font qu’il y a tout type de snipers sur la toile ?
    Au nom de quoi peut on permettre à X de raffaler ABC et refuser que Y et Z prennent X pour cible ? Surtout si Y et Z font parti de ABC. Sans le savoir peut être, Y et Z étant pour vous des tirailleurs feront causeront la fuite de X. Car comme on dit, il faut se méfier de ceux qui tirent au Hazard.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 LeFaso TV
 Articles de la même rubrique
Burkina cyberéconomie : "Il faut inciter les enfants et adolescents à s’intéresser très tôt aux métiers du numérique" Younoussa Sanfo
Burkina Faso : Le pays est sous influence médiatique pro-russe selon All Eyes On Wagner
Médias : La liberté de la presse n’est pas une liberté à géométrie variable
Editorial : Non, les médias burkinabè ne sont pas des « Radio mille collines »
Technologie au Burkina : PUBBIX TECH outille une dizaine de jeunes au ‟UX Design″
« Reporters du Faso » : Moumouni Simporé succède à Charles Tiendrébéogo à la tête de l’organisation
Médias au Burkina : « Le travail du journaliste n’est pas de chanter les louanges de quelqu’un », rappelle le journaliste Boureima Ouédraogo
Utilisation des réseaux sociaux : La responsabilité sociale et citoyenne des internautes au cœur d’une rencontre du SEPAFAR
Prix Norbert Zongo du journalisme d’investigation en Afrique : Le comité CNP-NZ dénonce son usurpation par l’ONG M&D
Régulation de la communication au Burkina : Les Burkinabè invités à faire attention à ce qu’ils véhiculent comme information
Création de visuels et d’infographies : Polotno Studio, l’alternative gratuite à Canva
Protection des données à caractère personnel : La Commission de l’informatique et des libertés sensibilise les étudiants du Centre universitaire polyvalent du Burkina
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés