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Environnement : Des acteurs réfléchissent à l’amélioration des actions de restauration des paysages forestiers

Accueil > Actualités > Environnement • LEFASO.NET • mardi 22 novembre 2022 à 16h39min
Environnement : Des acteurs réfléchissent à l’amélioration des actions de restauration des paysages forestiers

Ce mardi 22 novembre 2022 s’est ouvert à Ouagadougou, l’atelier des acteurs de la restauration des paysages forestiers. Ce sera l’occasion pour ces acteurs de discuter de l’importance d’une sélection appropriée des espèces d’arbres et des sources de matériel de plantation. L’atelier est organisé par le Centre national de semences forestières (CNSF) en partenariat avec l’alliance Bioversity International-CIAT.

Selon une étude du ministère en charge de l’environnement publiée en 2018, au Burkina Faso, les sécheresses et l’expansion des zones cultivées ont causé une perte considérable de la végétation ligneuse naturelle et déclenché des processus de dégradation qui touchent environ 470 000 hectares par an, soit environ 19% du pays. Et selon la FAO, le Burkina Faso a perdu 22% de son couvert forestier et 18% de ses autres terres boisées entre 1990 et 2015.

Face à cette situation, le gouvernement, les collectivités territoriales, les communautés locales et les ONG ont mis sur pied diverses initiatives de restauration du couvert végétal avec un résultat pas toujours à la hauteur des résultats escomptés.

Les participants discuteront entre autres sur le potentiel d’adoption de l’outil D4R par les acteurs de la restauration des paysages forestiers

Pour améliorer l’efficacité de l’action de restauration des paysages forestiers, un outil dénommé Diversité pour la restauration (D4R) a été développé par Bioversity International et ses partenaires afin d’aider au choix approprié des espèces et d’identifier les sources de semences qui répondent aux objectifs de restauration souhaités. D4R prend également en compte le changement climatique lors du choix du matériel approprié et inclut des informations sur la propagation de centaines d’espèces d’arbres. « On a développé cet outil qui finalise le choix des espèces sur la base des conditions écologiques, économiques et sociales des sites d’intervention et accorde une grande attention à la diversité génétique des espèces. La provenance des semences est très importante, spécialement face au changement climatique », a laissé entendre Barbara Vinceti de Bioversity International.

Édith Daboué, directrice générale du Centre national des semences forestières souligne l’importance d’utiliser de la bonne espèce pour une restauration réussie.

Et comme l’a souligné Édith Daboué, directrice générale du Centre national des semences forestières, « quelquefois, on peut passer à côté d’une action de restauration tout simplement parce qu’on n’a pas utilisé la bonne espèce ou la bonne graine à la bonne place. L’outil D4R qui sera présenté va aider les acteurs conviés à l’atelier à mieux choisir les espèces qui seront utilisées dans les actions de restauration des paysages forestiers au Burkina Faso dans un contexte de changement climatique ».

L’atelier, ouvert ce 22 novembre 2022 et qui se tient jusqu’au 24 novembre, sera donc le lieu de faire le point sur les expériences et approches réussies et adoptées par les acteurs impliqués dans la restauration des paysages forestiers afin de dégager des opportunités de renforcement des efforts existants. Les acteurs discuteront, entre autres, des approches prédominantes utilisées par les acteurs impliqués dans la restauration, partageront leurs visions sur les améliorations potentielles pouvant être adoptées dans la sélection des espèces d’arbres et des sources de matériel de plantation et discuteront du potentiel d’adoption de l’outil D4R par les acteurs de la restauration.

Barbara Vinceti de Bioversity International

Restaurer 5 millions d’hectares de terres dégradées à l’horizon 2030

Trente pays africains dont le Burkina Faso ont pris l’engagement de restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées en participant à l’Initiative de restauration des paysages forestiers africains (AFT100). Il s’agit d’un effort régional mené par les pays et soutenu par l’Union africaine qui contribue à la réalisation des objectifs nationaux de restauration et des engagements en matière de développement durable. Le Burkina s’est engagé à restaurer cinq millions d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030.

Pr Samuel Paré, secrétaire général par intérim du ministère de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement assure que son département prendra en compte les conclusions de l’atelier.

Avec l’outil D4R, le pays espère donc atteindre cet objectif. Un accord de collaboration a d’ailleurs été signé entre le Centre national des semences forestières et l’alliance Bioversity International pour son expérimentation. Il est ainsi prévu à cet atelier, d’identifier les volontaires travaillant dans le domaine de la restauration des paysages forestiers pour tester l’outil D4R.

Photo de famille

Le secrétaire général par intérim du ministère de l’Environnement, de l’eau et de l’assainissement, Pr Samuel Paré, qui a présidé l’ouverture de l’atelier, assure que son département veillera à l’appropriation des conclusions de l’atelier. « Je suis convaincu que les conclusions de cet atelier permettront à tous les acteurs œuvrant dans le domaine de la restauration de disposer d’outils et d’approches pertinentes pour une meilleure réussite des actions de restauration des paysages dans notre pays, particulièrement dans un contexte de conservation de la diversité biologique et d’adaptation aux changements climatiques. Je voudrais donc vous assurer que mon département veillera à une meilleure appropriation des conclusions pertinentes qui seront issues de l’atelier », a laissé entendre Pr. Paré.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 22 novembre à 21:10, par Ka En réponse à : Environnement : Des acteurs réfléchissent à l’amélioration des actions de restauration des paysages forestiers

    ’’’’’’Et selon la FAO, le Burkina Faso a perdu 22% de son couvert forestier et 18% de ses autres terres boisées entre 1990 et 2015.

    Pour améliorer l’efficacité de l’action de restauration des paysages forestiers, un outil dénommé Diversité pour la restauration (D4R) a été développé par Bioversity International et ses partenaires afin d’aider au choix approprié des espèces et d’identifier les sources de semences qui répondent aux objectifs de restauration souhaités. D4R prend également en compte le changement climatique lors du choix du matériel approprié et inclut des informations sur la propagation de centaines d’espèces d’arbres.’’’’’’’

    Tout ça c’est beau ! Que ça soit les ONG, et le programmeD4R, le mal est déjà fait : C’est pourquoi je persiste et signe, car c’est l’abandon totale des piliers des 6 engagements choisis dans les tiroirs de Thomas Sankara par le pouvoir CDP, parmi ‘’’’’Accroissement de la production pastorale, Sauvegarde de l’environnement et la lutte contre la désertification, cet abandon et autres ont causé la perte du Burkina de son couvert forestier de 22%.

    Il ne faut pas nous distraire avec ces affaires fumeuses du problème climatique. J’ai vu l’autre jour sur la route de Banfora - Bobo des camions chargés d’exploitation illégale du bois et les frasques pour les échafaudages de construction. Quand on veut vraiment protéger ou restaurer les forêts au Burkina, on fait ce qu’il faut, et pas seulement des petits coups médiatiques. Quand on circule dans le pays surtout au Sud, partout on croise des camions qui vont et viennent, chargés de gros calibres de sections de troncs d’arbres comme le caïcetra ou des caritiers plus que centenaires. Ce qui montre que, entre les discours et la réalité, il y a un gouffre insondable. La seule voie pour accroître effectivement le couvert forestier, c’est d’interdire totalement l’exploitation du bois de chauffe, et le commerce du charbon de bois, d’interdire la circulation des camions chargé du bois pour les échafaudage des entreprises de construction : Cela pendant au moins 40 ans (et après, mener -éventuellement- une politique d’exploitation très contrôlée).

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