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Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

Accueil > Actualités > Multimédia • Lefaso.net • jeudi 26 mai 2022 à 19h48min
Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

Ceci est une déclaration des Organisations professionnelles de médias sur l’agression de Luc Pagbelguem et sur les menaces de mort contre Besséri Ouattara.

Le jeudi 19 mai 2022, alors qu’il couvrait la cérémonie des 20 ans du Centre d »analyse des politiques économiques et sociales (CAPES), notre confrère Luc Pagbelguem, Journaliste reporter d’images à la télévision BF1, a été pris à partie par un agent de sécurité. Que lui reprochait-il ? Seul le fautif peut éclairer l’opinion publique.

En effet, le confrère explique avoir été dégagé, avec brutalité, à une cérémonie présidée par le Premier ministre Albert Ouédraogo. Alors que le journaliste prenait les images au même endroit que ses confrères, un agent de sécurité lui a intimé l’ordre de descendre de là. Pendant que le confrère cherche à comprendre, l’agent l’a saisi par son pantalon et l’a tiré violemment, le faisant descendre de l’estrade. Dans sa descente musclée, il a fallu de peu pour que le journaliste ne tombe et son matériel avec.

Quelle faute le confrère a-t-il pu bien commettre ? A cet agent zélé de bien vouloir y répondre.

Les rapports de la sécurité avec la presse se dégradent de plus en plus. La récurrence des agressions contre les journalistes de la part d’agents de sécurité nous fonde aujourd’hui à parler d’acharnement.

En tout état de cause, la violence exercée par les agents de sécurité sur les journalistes semble être encouragée par le silence coupable, l’inaction des différentes hiérarchies et des autorités. Cela ressemble à de l’approbation tacite de leur part et nous sommes fondés de les tenir pour responsables au même titre que les exécutants.

Comme si cela ne suffisait pas, le mardi 24 mai 2022, notre confrère Besséri Ouattara, correspondant du quotidien « L’Express du Faso », à Banfora, a été l’objet de menaces de mort par un individu du nom de Brahima Traoré dit AECO. Le journaliste sportif est accusé par ce dernier d’avoir relayé l’information sur le refus des joueurs de l’Union sportive de la Comoé (USCO) de prendre part à la demi-finale de la coupe du Faso pour raisons d’arriérés de salaire et de primes impayées. L’individu qui l’a menacé lui a donné trois jours pour quitter Banfora.

Au regard de ce qui précède, les organisations professionnelles de médias signataires de la présente :

apportent leur soutien aux confrères Luc Pagbelguem et Besséri Ouattara ;
encouragent les journalistes à continuer d’exercer de façon professionnelle et dans le respect des consignes de sécurité ;
condamnent la menace de mort à l’endroit de Besséri Ouattara et l’ultimatum qui lui a été donné ;

invitent les autorités compétentes à se saisir de la question afin de garantir la sécurité de notre confrère de Banfora et lui faire justice ;
condamnent cette énième agression physique contre un journaliste, en l’occurrence notre confrère Luc Pagbelguem dans l’exercice de sa profession de journaliste devant des autorités qui gardent un silence complice ;

fustigent le silence toujours plus assourdissant des hiérarchies et des autorités face aux cas d’agressions de journalistes ;
tiennent les hiérarchies des agents agresseurs et les autorités pour responsables au même titre que les agresseurs ;
invitent les autorités à prendre les dispositions idoines pour protéger les journalistes dans l’exercice de leur profession et à tout mettre en œuvre pour garantir la liberté de la presse au Burkina Faso.

Ouagadougou, le 26 mai 2022

Pour le CNP-NZ

Le Président

Siriki Dramé

Pour l’AJB

Le Président

Guézouma Sanogo

Pour le SYNATIC

Le Secrétaire Général Adjoint

Aboubakar Sanfo

Pour la SEP

Le Président

Boureima Ouédraogo

Pour l’AJSB

Le Président

Jérôme Tiendrebeogo

Pour l’AEPML

Le Président

Cyriaque Paré

Pour l’OBM

Le Président

Hamado Ouangraoua

Pour l’ARCI

Le Président

Bélibié Soumaïla Bassolé

Pour Reporters du Faso

Le Président

Charles Kiendrebeogo

Pour l’APAC

Bénédicte Sawadogo

Pour l’UBESTV

Le Président

Issoufou Saré

Pour l’UNALFA

Le Président

Jean Baptiste Sawadogo

Pour l’AEPJLN

Le Président

Evariste Zongo

Vos commentaires

  • Le 26 mai à 21:57, par Wibga En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

    C’est dommage que ce genre d’incompréhension deviennent fréquentes mais il faudrait aussi que les super journalistes et cameramen comprennent que les consignes de sécurité sont à respecter et non à discuter. Aucun agent ne peut choisir un seul parmi des dizaines pour violenter, aucun intérêt et pire devrait rendre compte, surtout en présence de la presse qui va vite faire bloc derrière leur collègue. Si en dépit il l’a fait c’est certainement le non respect de consignes. La sécurité demande une vigilance soutenue et stricte qui tolère pas les caprices de certains. Soit on s’y conforme à la moule sécuritaire soit on rebrousse chemin

    Répondre à ce message

    • Le 27 mai à 09:45, par A qui la faute ? En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

      Arrêter d’expliquer, violenter des gens, trainer par le pantalon ne fait pas partie de ses attributions. Une personne qui se respecte ne pose pas ses actes de barbaries. Quand on vit dans un pays souvent dirigés par des militaires, on se formate inconsciemment à accepter certaines brutalité.
      Et l’autre qui a été menacé de mort ? Il n’y a aucune autre façon de régler les problèmes ?
      Ce n’est pas seulement les journalistes qui sont ciblés, mais ils sont dans une corporation qui se défend, et c’est pour cela que vous n’entendez pas souvent. Sinon c’est quotidien au Burkina.
      Pouvons-nous continuer à réagir comme des primitifs parce que l’autre nous agace ?

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  • Le 27 mai à 08:18, par Boubacar zangre En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

    La démocratie vue par les pays africains...
    Sommes nous vraiment prêts pour la démocratie ? Je n’en suis plus certain...
    La dictature à lair de mieux nous aller malheuresement

    Répondre à ce message

    • Le 27 mai à 08:50, par Wibga En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

      Boubacar vous mélangez tous, démocratie ne veut pas dire chacun qui ce qu’il veut (anarchisme ) mais on s’engage à respecter sans contrainte ce que la société a défini comme normes !! Dans le présent cas, vous arrivez on vous décline les consignes de sécurité et vous vous conformez point barre. Quand vous essayez de violer ce que l’agent a dit c’est de l’anarchie et doit être réprimé sinon l’agent en prendra très fort pour son garde. Pour répondre finalement à votre question :posez la question à un libyen s’il préfère la démocratie ou la dictature ? Sa réponse vous édifiera. A l’unisson pour notre cher Faso

      Répondre à ce message

      • Le 27 mai à 11:13, par Boubacar zangre En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

        Vous savez un pays ou les journalistes se font frapper et menacer de mort ca veut dire quil nest pas pret a la democratie ! C ce qui se passe en arabie ou en iran par exemple ... voila ou en est la democratie au faso... donc on peut dire que c comme si elle netait pas la

        ... meme les politiciens menacent des journalistes ... et jen connais un paquet ici a ouaga ... que dites vous face a ces comportements ? Ou meme les plus hautes autorités ne respectent pas la liberté de parole et les journalistes ?
        Le faso pays des hommes intègrent... ewcusez moi mais ou sont les hommes intègres dans notre cher pays ? On les cherche encore...
        Ce pays c du cinema seulement et on se cache derriere nos soit disant valeur de patrie et dintegrité mais la réalité et tt le monde la connait c que ce pays est pourri jusqua la moele et ceux qui sont au sommet sont les premiers voleurs et sont les premiers a nous montrer le chemin de la corruption...

        Répondre à ce message

    • Le 27 mai à 08:50, par Wibga En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

      Boubacar vous mélangez tous, démocratie ne veut pas dire chacun qui ce qu’il veut (anarchisme ) mais on s’engage à respecter sans contrainte ce que la société a défini comme normes !! Dans le présent cas, vous arrivez on vous décline les consignes de sécurité et vous vous conformez point barre. Quand vous essayez de violer ce que l’agent a dit c’est de l’anarchie et doit être réprimé sinon l’agent en prendra très fort pour son garde. Pour répondre finalement à votre question :posez la question à un libyen s’il préfère la démocratie ou la dictature ? Sa réponse vous édifiera. A l’unisson pour notre cher Faso

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    • Le 27 mai à 09:15, par kwiliga En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

      Au-delà des recours en justice, qui me paraissent indispensables, une solidarité journalistique totale, doit impérativement s’imposer à tous les acteurs de l’information, qui se doivent de boycotter tout évènement durant lequel un des leurs est pris à parti.
      J’avais déjà déploré le manque de solidarité à l’égard de Fanny Kabré, lors du Meeting pro-russe de l’activiste Kémi Séba.
      Pour rappel, j’aime à citer le pasteur allemand Martin Niemöller :
      « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
      Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
      Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
      Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

      Répondre à ce message

  • Le 28 mai à 09:12, par etonné En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

    La presse et les organismes d’informations sont les yeux et les
    oreilles d’une nation..
    Nous les citoyens nous ne savons pas et nous n’avons pas le temps d’aller chercher les infos.
    Cette tache est dévolue aux agences de presse qui les proposent aux différents médias.
    La récolte des infos et leur diffusion fait partie du travail de journalistes ..
    C’est très important de savoir qui est l’agence de presse qui récolte les infos.. Certains pays ont des agences de presse qui dés la récolte des infos exercent et livrent une opinion...ce qui peut conduire à une Fake News..
    D’autres agences essaient de livrer des infos le plus objectivement possible en diffusant les faits, rien que les faits..
    Les médias eux reçoivent l’info d’une agence de presse , ils peuvent la diffuser en l’interprétant selon leur conviction

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  • Le 30 mai à 12:03, par étonné En réponse à : Burkina : La récurrence des agressions contre les journalistes inquiète les organisations professionnelles de médias

    La presse et les journalistes peuvent toucher toutes les composantes de la NATION..
    Elle n’est pas réservée aux plus riches où aux plus instruits , elle nous permet de connaitre la place de notre pays dans le concert des nations et peut nous faire rentrer des idées ..
    BREF ELLE EST INDISPENSABLE !!!
    Si son impact est diminué il faut savoir pourquoi..
    Si des citoyens se mobilisent pour rudoyer les journalistes, il faut se demander pourquoi ..
    Des pays d’Afrique en ce moment sont en rupture avec le vote qui désigne un leader ...Pourtant le vote de chaque individu est important
    Je ne dis pas que les transitions ne vont pas réussir car personne ne détient l’avenir...
    Mais il arrivera un jour où le vote démocratique s’imposera...
    PEUT ETRE QUAND L’INSTRUCTION AURA TOUCHE UN PLUS GRAND NOMBRE DE CITOYENS.... HONNETES

    Répondre à ce message

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