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Hermann Yaméogo, un "héritier" joue la destabilisation du Burkina (2)

11 février 2011, 22:23, par Mechtilde Guirma

Monsieur Bejot, j’ai souvent lu vos écrits concernant mon pays. Au début, ils semblaient très intéressants, mais au fil du temps dès que je commence, je ne termine pas car ils sont devenus si invraisemblables et je perds tout de suite et mon latin et le courage de poursuivre. Je n’ai jamais essayé non plus de vous répondre trouvant que cela n’était pas la peine.
Vos écrits sur « Hermann Yaméogo, un héritier jouie la déstabilisation du Burkina » et tutti quanti non plus ne m’ont pas intéressée, parce que vous parle trop de politique. Malheureusement pour vous ce n’est toujours pas en connaissance de cause. Et pourtant vous voulez vous posez en connaisseur des problèmes de l’Afrique et de son histoire. C’est peut être votre droit. Mais laissez-moi vous dire une chose.
Vous nous servez des contre-vérités glaner ça et là dans d’autres médias, déclarations, écrits etc. vous ne pouvez alors disposer que de ces sources là.
Mais quand vous parlez du Burkina et de ses personnalités, Maurice Yaméogo, Lamizana, Sankara, Blaise et même d’Houphouët, Il y a l’histoire et histoire. Ce qui veut dire qu’il y a l’officiel et l’officieux. Le non dit. Et cela vous ne le connaissez pas.Tout comme quand on relate l’histoire des deux guerres mondiales dans les films documentaires, il y a toujours le non dit des fameux « tirailleurs sénégalais » dont la plupart était des burkinabés.mais dans ce cas que vous relatez sachez qu’il n’y a que les intimes plus particulièrement les parents qui le connaissent le vrai et le faux que vous racontez. Pas seulement les parents directs comme vous semblez le faire en vous braquant sur Hermann. Mais la famille large, les amis c’est-à dire : Les tantes, les cousins et cousines, les oncles et aussi les connaisseurs du pays réel, ceux que vous méprisez peut-être dans leur attitude d’humilité. Ensuite, vous précisez si bien le séjour de Pô de Maurice Yaméogo. Ce qui s’est passé là-bas, vous ne le connaissez pas. C’est encore ceux cités plus haut qui le savent. Peut-être que Hermann lui-même ne sait tout. Il ne sait sans doute que le nécessaire qui lui permet de mener ces actions que vous critiquez avec tant d’âpreté. De toute façon son silence sans essayer de répondre aux attaques même les plus acerbes ni aux provocations, dit tout. Mais croyez-moi fils de Maurice Yaméogo comme vous le dites vous-même, il agit en son âme et conscience. Mieux vous omettez aussi de préciser que Maurice n’était pas seul à Pô. Il y avait Gérard Kaongo, Joseph Ouédraogo dit « Jo Weder), il y avait Joseph Conombo. Ces patriarches ont dû et mieux que vous analyser ensemble la situation, ils ont dû été visionnaires dans la tournure des évènements, de ce qui venait. Ils ont dû avoir eu les yeux grandement ouverts sur le piège culturel, politique et économique où nos pays ont été précipités. Ils ont dû regretter amèrement de n’avoir pas vu le piège venir, ayant passé tout leur temps à se chamailler en jouant la carte totale de la démocratie. Ils ont dû partager des points de vue, peser ce que les uns et les autres devait dire ou déclarer. Ils ont dû envisager leur action en connaissance de cause. S’il y a eu évidemment quelques actions ça et là, cela a été pensé, étudié. Le but était surtout de retarder le plus possible que notre pays ne sombre comme le Congo, le Ruanda. Ils n’ont pas engagé tout de suite des actions qui consisteraient à séparer l’ivraie de la récolte. Ils ont dû vouloir attendre que la situation pourrisse avec l’espoir que les jeunes pourraient entreprendre à point nommé des actions plus concrètes et surtout sans encore de violence. Rappelez-vous que ce qui s’est passé, au Ruanda en 1994 n’était qu’une réédition de ce qui s’était déjà passé entre les années 1969 et 1972. Dans le même espace de temps au Sénégal, le Président Senghor eut à affronter le problème portugais et plus tard celui de la Casamance avec Abdou Diouf. Et que dire de la question d’apartheid dans l’Afrique du Sud de Nelson Mandela. Au nord, le Maghreb et les pays arabes avaient leur part d’ébullition, relent de leur lutte farouche pour l’indépendance. Rappelez-vous de l’expression « la France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées ». Et n’oubliez pas la révolution de l’Ayatollah Khomeiny après un long séjour d’exile en France même. On pourrait aussi dire autant pour le Ghana, le Dahomey devenu Bénin, le Nigéria avec son Biafra, la sierra Léone, la Guinée Conakry de Sékou Touré. Il n’avait que la Côte d’Ivoire, le Burkina et le Niger en Afrique de l’Ouest dont le Burkina bastion des us et coutumes, qui sont restés comme des îlots imprenables par la violence. Mais pour combien de temps encore après l’assassinat du Président Thomas Sankara ?
Mr Bejot, je puis vous assurer que le problème de Maurice Yaméogo n’était pas le pouvoir à vie. Mais un problème des mentalités du peuple burkinabé, de manque de cadre compétent dans l’administration. Ce qu’il déplorait, c’était le fait qu’à chaque fois qu’un étudiant débarquait de France avec ses diplômes, veuille tout de suite de postes ministériels sans faire l’expérience professionnel qui rend plus technocrate, même dans les fonctions politiques. En effet à ce rythme ne courait-on pas le risque de voir le pays noyé de diplômés qui n’ont d’autres ambitions que de devenir président ou ministre. À long terme ne courait-on pas encore le risque vers l’instabilité causée par tant d’« indispensables » diplômés mais inutiles ? Et la pléthore aujourd’hui des partis politiques ne lui donne-t-elle pas raison ? Sans doute il a dû penser comme le président Chirac que son pays n’était pas prêt pour la démocratie.. Bien sûr vous reprochez également à Hermann de ne pas faire carrière dans sa profession d’avocat, dites-moi lui a-t-on seulement permis ? Tout comme à beaucoup d’autres il a été boudé par des cabales qu’on a montées contre eux et qui se poursuivent encore de nos jours. En un mot c’est vous dire que le gros problème qui a émaillé tous nos régimes, c’est la compréhension par la population du concept même de la démocratie dont le seul modèle restait celui de l’Occident qui posait problème à nos dirigeants patriarches. Sankara a voulu remplacé ce modèle par celui de l’Orient. Alors on est allé de charybde en scylla, donc aussi d’immaturité dans la gestion du pouvoir.
Bref à Pô, la délibération de nos pères de la démocratie, au crépuscule de leur vie et d’autres assis au bord de leur tombe a dû être ceci : « gardons une attitude attentiste et ménageons le pouvoir pour reculer le plus loin possible, le syndrome du génocide. La jeunesse qui monte saura sans aucun doute avec l’aide de Dieu s’y prendre autrement et peut-être mieux que nous. Ne mettons donc pas le feu à la poudre qui est déjà toute préparée et jouée d’avance ». Et comme ils étaient tous des fervents croyants, ils ont également dû prier : « le pire sera peut-être après nous, mais Dieu Le Miséricordieux leur enverra son Esprit le Paraclet ». C’est ce qui explique que certains d’entre eux sont morts sans avoir plus jamais parlé publiquement. En cela on peut dire que Maurice Yaméogo a été leur porte-parole en quelque sorte dans ses déclarations. Mais croyez-moi, Mr Béjot, ils ont vu le pire avec les exécutions des Lingani et des Henri Zongo. C’était déjà le syndrome de la tétrarchie du pouvoir de Blaise, senti comme celui du triumvirat éthiopien de Mengistu Hailé Mariam. Donc vous voyez nous n’avons vraiment pas besoin de cette guerre là en côte d’ivoire pour déloger le président Gbagbo qui, sommes toutes, reste aussi légitime et légal qu’un Lissouba qui a été chassé, après avoir gagné les élections, par le président sortant Sassou N’guesso. La seule différence est que, cette fois, l’armée ést du côté du président Gbagbo. Qui a pipé mot à l’époque pour dénoncer le holdup électorale de N’Sassou N’Guesso ? Et qui dit que le succès de placer Alassane par la force des armes n’est qu’un test pour étudier l’éventualité de chasser Blaise de la même façon s’il refusait de quitter le pouvoir en 2015, afin de placer votre homme de l’AREVA, tristement connu des Congolais et des Touaregs du Niger pour avoir eu à gérer les mines d’exploitation ? C’est pourquoi je me dis que si Blaise est intelligent, il doit quitter le pouvoir pendant qu’il est temps et accepter les réformes. Nous éviterons ainsi le pire en Afrique de l’Ouest et le peuple lui en saura vraiment gré. Qu’il jette un coup d’œil actuel sur le Maghreb. Le président Sarkosy me rappelle quelque peu dans cette histoire de la Côte d’Ivoire, celle de la France que nous avons étudié à la même époque (où nous dansions dans nos surprise parties « Cilia oh Cécilia ») : « Le manifeste de Brunswick », c’était le début de la Révolution française, plus comparables sont les guerres napoléoniennes et pos- napoléonienne, avec Waterloo, la duplice, la triplice…
Mr. Bejot, si je peux en convenir avec vous, que la Saga Yaméogo a comme héro un Hermann, je peux tout aussi vous affirmer, qu’il ne se pose pas en termes d’absolu dans la conquête du pouvoir comme vous le laisser entendre. C’est bel et bien Blaise qui introduisit à sa manière le concept du pouvoir absolu. Sans tout connaître lui-même, Hermann a au moins l’avantage de partager les aspects visionnaires de nos patriarches. Vous pouvez le constater dans ses propositions : pas plus de deux mandats, une démocratie consensuelle dans ses aspects inclusifs. Qui dit mieux ?
Tout ceci est dit sans rancune, Mr. Bejot. Je fais tout simplement des rectifications sur certains points de vos affirmations. Par ce que vous voulez comprendre, informer, écrire l’histoire. Entreprise noble et je vous en félicite. Cependant ne soyez pas trop affirmatif dans vos propos négatifs, ajoutez-en un grain du bénéfice du doute.
Je vous remercie infiniment.

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