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La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

Accueil > Actualités > Opinions • Par Christophe DABIRE • lundi 10 février 2020 à 12h00min
La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

Pour la paix et la réconciliation au Burkina, des « anciens » signaient une déclaration en janvier 2020 qui proposait la « contrition » comme élément central d’une « feuille de route », pouvant aboutir à l’apaisement et à la réconciliation au Burkina Faso. Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE, dénonce cette conception religieuse de la réconciliation nationale.

Les auteurs de cette nouvelle devise qui signent « nous les anciens », et que l’opinion voudrait qu’ils soient des « sages », n’utilisent même pas le mot « repentance », dans une déclaration de janvier qui se veut une « feuille de route » pour la paix et la réconciliation au Burkina, mais le mot de « contrition ». Mot religieusement et catholiquement chargé qui renvoie à la reconnaissance d’un péché devant Dieu.

Cela ne peut et ne doit pas passer inaperçu quand, dans le même temps, les terroristes que l’on dit « jihadistes » attaquent églises et chrétiens (en connaît-on justement la raison ?) : à leur vocable islamiste répond donc celui catholisant et sûrement tout aussi religieux de nos « anciens et personnalités » qui prétendent œuvrer contre, entre autres maux, les conflits inter-religieux. Et tout ce spectacle teinté de religiosité est gentiment et naïvement présenté comme la bouée de sauvetage en plein naufrage d’attaques terroristes quotidiennes, et comme le souffle du nouveau patriotisme qui fait de la contrition et du pardon son hymne de la paix et de la réconciliation…

Mais, précisément, c’est au moment où soldats et civils sont assassinés par les balles et les explosifs des terroristes dits jihadistes, où le nombre des déplacés internes ne cesse d’augmenter dans le pays, que nos « anciens et personnalités » se lèvent pour plier tout le Burkina sous la contrition et le repentir. L’urgence, à leurs yeux, c’est la contrition publique des uns et des autres, donc de tout le monde. On se croirait revenus à des temps préhistoriques et bibliques anciens où la colère de Dieu s’abattait sur des hommes dévergondés et coupables pour les châtier (Sodome et Gomorrhe), et même sur son propre peuple conduit par Moïse (le veau d’or des juifs d’Aron) :

Violences communautaires (le pays se voit peuplé de Yirgou, ce qui gomme la singularité criminelle de ce qui s’y est passé), attaques terroristes, etc. (mais bizarrement pas la corruption !) : si tant de maux affligent le Burkina aujourd’hui, indiquent nos « anciens et personnalités », c’est parce que nous avons tous péché. Donc, contrition et repentir… La contrition du pécheur que l’on fait aisément passer pour une des valeurs africaines qui nous sauveront du chaos actuel ou à venir : quelle fraude intellectuelle !

L’enfant de tradition dagara d’avant toute religion importée que je suis n’a pas connaissance de cette pratique de contrition publique pour expier fautes et exorciser des maux publics ou individuels : on enquête d’abord sur les causes du mal qui frappe, puis on procède à un sacrifice qui est censé réparer la faute et arrêter le mal. Le sacrifice est comme une dette que l’on paye, pas une contrition qui attend pardon et que l’on s’inflige. Il est plus proche alors de la Justice que du confessionnal (cela n’est pas seulement africain, mais humain : on peut ainsi surprendre un Socrate évoquant sérieusement le sacrifice d’un bouc ou d’un coq à tel dieu qu’il craint d’avoir offensé !)

La Justice a beau passer, et ses verdicts ont beau être raisonnables et cléments, cela ne suffit pas à nos « anciens et personnalités » : il faut, pour que règne la paix dans la réconciliation, encore faire acte de contrition. Pas les accusés seulement, mais tout le monde : les insurgés, l’ancien régime et ses partisans…

Mais si tout le monde a péché et fauté, si personne n’est « propre », personne ne peut non plus s’arroger la hauteur du pardon (seul Dieu a la puissance de pardonner, dit l’évangéliste Marc, 2,10, sans doute parce qu’il est le seul vrai innocent). Ce qu’en ce moment l’on singe et essaie de copier au Burkina tout en le recouvrant par des fraudes et détournements intellectuels et historiques, c’est ceci : ce sont toujours des victimes qui pardonnent, partout où une réconciliation véritable s’est imposée, sans même attendre et exiger la contrition de fautifs coupables

Et surtout, ce qui est scandaleux et inacceptable, c’est d’isoler, dans toute l’histoire du Burkina, une seule date (l’insurrection de 2014) autour de laquelle des anciens sans histoire ni mémoire cristallisent tous leurs motifs de contrition généralisée : dans la mesure où l’histoire d’un pays signifie enchaînements d’événements qui marquent et scandent sa vie comme autant de causes et d’effets qui invitent à un minimum de rationalité et de récit scientifique au lieu d’une sagesse magique, il faudrait, à suivre nos prétendus « sages » de la paix et de la réconciliation nationale, déterrer les morts qui ont dirigé le pays pour les soumettre aussi à la contrition.

A soumettre ainsi tout le monde à la contrition pour la paix et la réconciliation, on rend tout le monde également fautif et coupable : la contrition généralisée devient en réalité une culpabilisation compulsive et contagieuse. Pour faire la paix et se réconcilier on accuse à tout va ! Etrange sagesse que celle qui ne se demande jamais justement pourquoi autant de maux (y compris la corruption) alors que le Burkina regorge de « sages » , d’ « autorités morales » et de religiosité (le discours public et politique n’a plus d’autre vocable que religieux, même quand il prétend combattre les excès du religieux, sans soupçonner que le propre de ce discours est même d’être incapable de voir la limite au-delà de laquelle il devient excessif et dangereusement envahissant)

Quand le pays manque de ressources politiques et patriotiques pour faire face à la violence terroriste, il est tentant de substituer au fameux « la patrie ou la mort » la nouvelle devise de « la contrition ou la mort ». Avant de battre campagne et mobiliser les citoyens pour d’autres alternatives politiques, la sagesse crypto-religieuse nous enjoint de battre notre coulpe. C’est le temps du carême pour tout le monde au Burkina Faso, le temps de l’expiation. Frappons-nous la poitrine jusqu’au sang afin que les maux et malheurs prennent fin !...

Mais les citoyens ne sont pas les fidèles d’une confession sommés de se repentir pour le pardon. Si nos « sages » nous rendent tous coupables depuis la date jugée sacrilège du 30 octobre 2014, en même temps que nous attendons tous et chacun le repentir des uns des autres, alors le plus simple et le plus sage serait de partir de cette égalité ou uniformité supposée des situations pour oublier et aller de l’avant : qu’y a-t-il de sage à attendre quelque issue d’une empoignade entre lépreux également (dés) armés ? Si nous sommes tous également fautifs et également voués au repentir, alors personne n’est plus victime qu’un autre. Alors il y a là un acquis, une base ferme et consensuelle pour avancer ensemble !

30 octobre 2014 : cette maudite date, pour de nombreux incantateurs de la contrition et du pardon, qui nous vaut tant de malheurs aujourd’hui (on demandera peut-être même bientôt aux citoyens de se repentir d’avoir élu le président actuel, puisque la réconciliation culpabilisatrice n’a pas de limites). Date avant laquelle tout allait merveilleusement bien dans la « cité de Dieu », le Burkina éternel de la paix sans conflits, sans tueries, et sans conflits !

(La CENI fait état d’une faible mobilisation des Burkinabè de l’extérieur pour les élections de novembre prochain : une des raisons en est sûrement que ces citoyens de l’extérieur en ont assez de ces réponses pseudo-solutions publiques pas du tout adaptées aux urgences du pays qu’ils aiment, et qu’ils préfèrent se taire et prendre leur distance plutôt que d’apparaître comme des donneurs de leçons depuis l’étranger… ).

Mais lorsque la sagesse est délirante, et avance masquée sous un discours religieux dans l’espace public et politique pour, dit-elle, contrer les dangers du religieux, lorsqu’une sagesse prétend effacer des problèmes structurels par la contrition comme par magie, il nous faut aussi oser le parti de la folie toute païenne et citoyenne de lui signifier d’arrêter son délire et de nous f… la paix, justement ! La paix ! De l’air !

Pour exemple de vraie sagesse, devant le spectacle désastreux de la « Rome éternelle » qui s’effondrait en quelques deux ou trois jours sous l’attaque barbare des troupes d’Alaric, et dans le climat d’accusations réciproques entre païens et chrétiens (c’était la faute d’une Rome païenne devenue chrétienne, disait l’accusation), Augustin, cet évêque africain, grand philosophe, aurait pu, vu l’ampleur de la catastrophe (pire que le 11 septembre 2001, bien pire que le 30 octobre 2014 au Burkina : « Horreur ! l’univers s’écroule », s’écriait Jérôme…) demander aux fidèles chrétiens de se repentir et de demander pardon à leur concitoyens ; au lieu de la contrition, il a préféré dédramatiser et relativiser le désastre en l’inscrivant tout simplement dans l’histoire de cette « cité terrestre » qui n’est pas la « cité de Dieu »…

On était en l’an 410, pas en 2020 ! Nos « anciens, sages et personnalités » (dont des hommes d’Eglise) devraient avoir la sagesse de s’en inspirer : l’insurrection du 30 octobre 2014 fait partie de l’histoire du Burkina Faso, comme d’autres événements, que l’on ne peut isoler et gommer magiquement. En ce sens, l’erreur de jugement du régime et de son parti qui a conduit au 30 octobre 2014 n’est pas un péché, pas plus que l’insurrection.

Contre la sagesse délirante : militants partisans du régime Compaoré, ne vous repentez pas ! Insurgés même reconvertis, ne cédez pas au mot d’ordre de la contrition publique ! Nous reconnaissons aux premiers l’intelligence de ne pas commettre la même erreur à l’avenir (cela devrait largement suffire à la paix et au vivre ensemble), et aux seconds le devoir de se soulever à nouveau contre toute injustice…

Les vrais sages et artisans de l’apaisement et de la réconciliation seront un jour les citoyens victimes et lésés qui diront publiquement : nous avons souffert, nous souffrons encore, mais nous pardonnons (avec ou sans la justice)…

Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE

Vos commentaires

  • Le 9 février à 22:24, par Yako En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Problème avec le foulosophe alsacien ce qu’il confond solution et juste milieu.En effet, la période dramatique que traverse le Faso ne peut trouver réponse ni devant les tribunaux ni dans un TD philosophique puisque l’origine du mal est politique et la solution ne peut qu’être celle du juste milieu pour pacifier la cité.C.à.d consensuelle et donc politique de bon sens.La solution proposée par nos sages et anciens à l’avantage d’être à la fois endogène conforme à nos vécus sociaux et coutumes surtout se fonde sur des faits réels pour parvenir au dialogue sincère et fraternel d’autant plus que les insurgés ne sont pas parvenu à assurer à la cité ni paix ni prospérité.Alors l’appel du manega est à saluer. Yako

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    • Le 10 février à 05:38, par Jack En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      @Yako vous parlez de réconciliation et vous accusez, on voit bien qu’il y a quelque chose qui vous reste en travers de la gorge, vous les fidèles de l’ancien régime. même si les insurgés ont échoué, est-ce un péché dont il faut se repentir publiquement, je ne crois pas. On se mettre à s’accuser les uns et les autres comme vous le faites, sous prétexte de pardon et réconciliation. Je soutiens la position de Dabiré à fond, c’est ça la vraie sagesse

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    • Le 10 février à 10:24, par Le Vigilent En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      Mon cher @Yako, le problème avec la feuille de route des sages est de croire que tous les problèmes de ce pas sont nés de l’insurrection d’octobre 2014. Ils oublient que l’insurrection elle même est la résultante de toute une histoire avec des faits et gestes suivis qui ont fini par créer une situation intenable pour la majorité de la population. S’il n’y avait pas eu la longue série d’assassinats, de tortures de crimes économiques et autres abus de la part du régime Compaore, l’insurrection n’aurait pas eu lieu. Les sages se sont-ils posé la question de savoir pourquoi l’aise Compaore tenait coûte que coûte à modifier l’article 37 ? Peuvent-ils expliquer leur obstination à le faire malgré les nombreux appel à la raison provenant de l’intérieur comme de l’extérieur, de personnalités politiques, religieuses l, coutumiers etc ? C’est la peur de devoir répondre un jour de ce qui était reproché au régime et dont les responsables de premiers plans connus n’étaient autres que Blaise Compaore lui-même et son frère Francois. Une large majorité des participants à l’insurrection n’était mue par aucun d’essaim politique mais par une soif de justice et de liberté. Vouloir réconcilier les burkinabé en ne prenant en compte que les acteurs politiques est une erreur très grave, car cela ne fera qu’aggraver la situation, Si aujourd’hui tous les politiciens se retrouvent et font la paix des braves entre eux, sans régler les problèmes qui ont fondé l’insurrection, c’est un mouvement encore plus violent que l’insurrection qui naîtra. Les horizons de la réconciliation et de la paix sociale s’éloigneront davantage.

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    • Le 10 février à 21:08, par Mathis En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      Je me rappelle encore très bien que le mot "endogène" était aussi utilisé en abondance par les partisans de blaise quand ils voulaient mordicus modifier l’article 37. ils disaient : "la démocratie occidentale ne nous convient pas, il nous faut une démocratie endogène selon nos coutumes et traditions". Tout ce qui convient à leur égoïsme est endogène. aujourd’hui c’est la réconciliation qui est endogène. et demain ça sera encore le mandat éternel qui sera endogène. Changez de discours s’il vous plaît

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    • Le 11 février à 19:55, par verite no1 En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      @Yako, on ne peut pas parler de reconciliation sans que Blaise nous dise ce qui s’est passe le 15 October 1987 ! Les sages peuvent faire leur cirque mais les vrais revolutionnaires ont besoin de reponse sur la mort de Sankara !!!!!!!

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  • Le 9 février à 23:27, par Diongwale En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    .
    Merci M. Dabire.

    Il n’y aura ni apaisement ni réconciliation au Burkina tant que les religions prendront le pas sur une pensée politique saine, laïque et responsable, non-soumise aux impérialismes derrière lesquels nos gouvernants courent pour supplier aides et soutiens, avant de demander aux populations de prier (quelle lâcheté !) faute d’avoir quelque vision humaniste que ce soit à leur proposer.

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  • Le 10 février à 00:23, par Mathurin BAZIE En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Merci mon frère DABIRE. Je suis un insurgé et ce sont des raisons objectives qui m’ont conduit à cela. Dois-je faire acte de contrition pour plaire à mon bourreau ? Non, on ne peut pas mettre le coupable et la victime sur un pied d’égalité. Que celui qui a fauté, avoue et le cœur attendri du burkinabè pardonnera.

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  • Le 10 février à 08:25, par yelmingaan blaan saa hien En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Entre la "contrition ou la mort"(ou mieux la contrition ou même plus pour tenter la paix) et "la guerre,rien que la guerre" telle qu elle est menée jusqu a présent(sans tentative de négociations et avec refus de mains tendus...),que préférez vous ?populations du nord ,du centre NORD ;des ZONES frontalières aux prises avec cet hydre,vous qui en souffrez atrocement,vous qui en êtes quotidiennement endeuillés,dites moi,c est a vous que je préfère m adresser,car c est vous qui subissez,que choisiriez vous ?
    cet esprit de fiers insurgés intransigeants,aux relents révolutionnaires et paradoxalement scotchés a la justice du colon aux mépris des alternatives juridictionnelles traditionnelles parfois efficaces a encore hélas du chemin tant que les théoriciens qui subliment cette insurrection peut être salutaire mais accidentelle et non préméditée,seront en sécurité a Ouagadougou ou ailleurs et ne seront pas a la bonne hauteur pour se représenter clairement les réalités des atrocités qui sont le lot quotidien de certaines populations frontalières et ce conformément a ce que disait RENÉ DESCARTES dans son discours de la méthode,sur ces théoriciens de cabinet qui n ont rien a craindre des effets néfastes de leurs dangereuses doctrines :" !

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  • Le 10 février à 10:13, par Pecos En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    # yelmingan dois je comprendre que les populations burkinabé sont attaquées de partout sur le territoire national à cause de l’ insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a abouti au départ de l’ancien régime ? Cela sous entend que tu en sais beaucoup plus de ce qui nous arrive. Sache que tôt ou tard le peuple burkinabe viendra à bout de l’hydre terroriste. La patrie ou la mort nous vaincrons !

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  • Le 10 février à 11:16, par Ka En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    ’’A soumettre ainsi tout le monde à la contrition pour la paix et la réconciliation, on rend tout le monde également fautif et coupable : la contrition généralisée devient en réalité une culpabilisation compulsive et contagieuse. Pour faire la paix et se réconcilier on accuse à tout va !’’
    ’’Mais si tout le monde a péché et fauté, si personne n’est « propre », personne ne peut non plus s’arroger la hauteur du pardon (seul Dieu a la puissance de pardonner, dit l’évangéliste Marc, 2,10, sans doute parce qu’il est le seul vrai innocent).’’

    Merci Christophe : Comme je le dis très souvent, j’ai toujours plaisir de lire, toi qui n’oublie jamais tes origines Dagara avec ses continuités des coutumes qui simplifient les conflits sans dégâts.

    Je suis de ton avis. Simplement comment pouvons-nous se réconcilier avec des plaies béantes dans les cœurs, surtout les familles des victimes : Des familles qui demandent que des coupables payent leurs actes devant la justice avant qu’ils pardonnent.

    Je vais rafraichir ici la mémoire d’un certain Yako qui prend les Burkinabé pour des idiots. ‘’’’’La question que je voudrai lui poser est comment des êtres humains puissent canarder leurs semblables le 15 Octobre 1987 à 16h30, et le lendemain on délivre un certificat de décès d’un d’entre eux ’’’Mort naturel ?’’’’’ Et pour remplir la vase de la cruauté, dans un Interview faites par les journalistes Francis Kpatindé et Mamadou Alpha Barry de Jeune Afrique le 12 Octobre 1988, le supposé auteur du massacre Blaise Compaoré dit qu’il ne regrette de rien, et sa femme d’ajouter, ’’il n’est pas utile pour nous de retenir quelque chose de notre prédécesseur. Tous ceux-ceux sont des plaies dans les cœurs de certains et ne passe pas. Christophe merci pour cette analyse pertinente pleine de clarté : Nous ne pouvons en aucun cas dire que tout le monde est coupable. Pour une vrais réconciliation, il faut qu’une personne comme Blaise Compaoré qui fut le premier Burkinabé durant 27 ans avec des crimes gratuits réponde a la justice comme son bras droit Gilbert Diendéré qui assume de nos jours. Même pouvoir manipuler des sages, des responsables des partis politiques en agonis avec l’argent volé a la caisse de l’état avant de fuir la queue sous les jambes, cette manipulation ne pourra pas faire réconcilier le peuple Burkinabé. La seule solution pour une réconciliation vraie et durable, est que les criminels payent leurs actes, et que les familles des victimes pardonnent. A partir de là, tout le peuple Burkinabé prendra acte de la réconciliations et nous vivrons dans la paix.

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  • Le 10 février à 11:36, par AMKOULEL En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Merci @DABIRE pour cette analyse et j’y souscris entièrement. Aussi bien sur le fond de vocable chargé de religiosité et dans la démarche même. Est-ce que le Faso est attaqué à cause de l’insurrection ? Les pays qui n’ont pas connu insurrection et qui sont victimes des terroristes vont dire quoi ? Franchement, ce glissement dangereux du fait religieux dans la sphère public est inadmissible et venant des sages est inquiétant. Ces prières publiques, de toute confession, sont le témoin d’une société consciemment incompétente et d’une intelligence collective chargée d’une naïveté morbide. Comment face à des armes, on est dans les stades, dans des mosquées et églises à prier !!! Quel ridicule. N’eut été le veto américain, les révolutionnaires italiens avec Garibaldi à la tête allaient raser le Vatican, n’eut été la force militaire, la Kaba allait être détruite, sans doute, par les islamistes en Novembre 1979.... Si la prière résolvait quelque chose, ça se saurait et ces 2 épicentres, Vatican et Mecque, qui mettent en transe les Noirs débiles à travers le monde, se suffiraient à la prière pour résoudre leur problème. Vraiment on est ridicule.

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  • Le 10 février à 11:37, par caca En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Votre article me donne également l’occasion d’apporter ce que la contrition signifie dans la religion catholique. Je pense que la liberté d’opinion doit nous amener à clarifier nos intentions lorsqu’ils prennent une connotation religieuse dans un état laïc.
    Définition de contrition du bas latin contritio, de contritus, contrit. Elle est l’acte de la volonté par lequel le chrétien se détourne du péché et se dispose à recevoir la grâce pour revenir à Dieu. Voilà dans la religion catholique ce qui peut résumer un acte de contrition. Elle apparaît comme une prière de dévotion que le croyant catholique adresse à Dieu :
    « Mon Dieu, j’ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce-que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre sainte grâce, de ne plus Vous offenser et de faire pénitence. Ainsi soit-il. »

    Autres versions :
    • Mon Dieu, j’ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce-que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la résolution, avec le secours de Votre sainte grâce, de me corriger à l’avenir et de faire pénitence. Amen.
    • Père, Dieu de tendresse et de miséricorde, j’ai péché contre Toi et mes frères. Je ne suis pas digne d’être appelé Ton enfant, mais près de Toi se trouve le pardon. Accueille mon repentir. Que Ton Esprit me donne la force de vivre selon Ton amour, en imitant Celui qui est mort pour nos péchés, Ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.
    • Mon Dieu, je regrette de tout mon cœur tous mes péchés, pas seulement à cause des justes punitions que je mérite, mais surtout parce-que je T’ai insulté, le plus grand bien qui mérite d’être aimé par dessous tout. Par conséquent, je m’engage fermement, avec l’aide de Ta grâce, à ne plus pécher et à éviter les occasions de pécher. Amen.
    Traditionnel :
    Me voici, Seigneur, tout couvert de confusion et pénétré de douleur à la vue de mes fautes ; je viens les détester devant Vous, avec un vrai déplaisir d’avoir offensé un Dieu si bon, si aimable et si digne d’être aimé.
    Était-ce donc là, ô mon Dieu, ce que Vous deviez attendre de ma reconnaissance, après m’avoir aimé jusqu’à répandre Votre sang pour moi ? Oui, Seigneur, j’ai poussé trop loin ma malice et mon ingratitude.
    Je Vous en demande très humblement pardon et je Vous conjure, ô mon Dieu, par cette même bonté dont j’ai ressenti tant de fois les effets, de m’accorder la grâce d’en faire, dès aujourd’hui et jusqu’à la mort, une sincère pénitence. Amen.
    L’acte de contrition est souvent récité au début de la prière du soir en prière privée, et de la liturgie du sacrement de pénitence et de réconciliation (confession).
    Dans la religion catholique, et selon la théologie thomiste, la contrition est « une douleur voulue de nos péchés jointe à la résolution de nous confesser et de donner satisfaction. » Celle-ci implique « une double douleur, une douleur de raison qui est la détestation du péché qu’on a commis, et une douleur de sensibilité qui est la conséquence de la première. »
    Saint Thomas précise : « Le pénitent ne peut jamais être certain que sa contrition soit suffisante pour la rémission de la faute et de la peine et, par conséquent, il est tenu de se confesser et de satisfaire. Il y est d’autant plus tenu que la contrition n’est pas vraie, si elle n’inclut pas la résolution de se confesser, résolution qui doit aboutir à une confession effective, à raison aussi du précepte obligeant à la confession. » Ainsi,
    La théologie distingue :
    • L’« attrition » ou « contrition imparfaite », qui « marque une étape vers la contrition parfaite6. » En effet, « l’amour de Dieu peut être si faible qu’il n’y en ait pas assez pour constituer le véritable amour de charité. » Cependant, « …toute contrition est vivifiée par la grâce sanctifiante. Si petite qu’elle soit, elle efface donc toute faute. »
    • La contrition proprement dite ou « contrition parfaite », qui a un double effet : « 1° du côté de la charité qui cause ce déplaisir, et cet acte de charité peut avoir une telle intensité que la contrition qui en est la conséquence, mérite non seulement le pardon de la faute, mais aussi la libération de toute peine ; 2° du côté de la douleur sensible qu’excite la volonté dans la contrition, et cette douleur étant elle-même une peine, elle peut être si grande qu’elle suffise à effacer à la fois la faute et sa dette de peine. »
    Je comprends mal cette devise dite du groupe des sages dans un pays laïc comme le Burkina. Étant donné que la religion est une démarche privée, comment un groupe d’individu non mandaté puisse auto-saisir un sujet national et imposer leur point de vue ? Au Burkina certains aiment banalisés des termes.

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    • Le 10 février à 14:14, par Le Vigilent En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      @caca, il ne faut pas en vouloir aux « sages », car ce n’est pas une auto-saisine. Ces personnes de bonne foi ont été induits en erreur par des individus apparemment commis par les inconditionnels de Blaise Compaore et de son frère Francois qui espèrent toujours un retour triomphal et une récupération du pouvoir perdu. D’ailleurs, le texte de la prétendue « Feuille de route » a été rédigé quelqu’un bien connu pour sa dévotion aux Compaore et à leur parti, le CDP. Les « sages » ont dû signer pour ne pas qu’on dise qu’ils refusent de soutenir une « initiative salvatrice prises par des personnes de bonne volonté »,. Mais ils doivent regretter d’avoir agi sans trop se poser de questions.

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      • Le 11 février à 03:08, par caca En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

        Le Vigilent,
        Tant pis si le groupe des sages de manéga regrettent, la feuille de route n’est pas un préalable à salut. La réconciliation nationale est bien vitale et la survie de notre pays. Mais la paupérisation du sacramentel est une profanation. Qu’il y a des groupes multi-conformes qui demandent la réconciliation est une chose, mais des individus se réclamant sagesse imposent leur point de vue est une autre affaire. Dans sa Philosophie du droit, Hegel parle de réconciliation. Il assigne à la philosophie politique la mission de « la réconciliation » ; « philosophie comme réconciliation ». Mais il utilise le terme « réconciliation » (Versöhnung, en allemand) dans d’un contexte d’une critique qu’il adresse à Emmanuel Kant sur la dichotomie que la pensée de ce dernier crée entre l’autonomie (liberté) individuelle et le bien de l’État (au sens moral du terme : Sittlichkeit).
        La tâche de la philosophie politique, selon Hegel, consisterait à montrer que la véritable liberté de l’individu ne se réalise dans l’État que par le biais de ses structures politiques, économiques et autres. C’est ce processus d’intégration de la liberté de l’individu dans l’État que Hegel appelle « Versöhnung ».
        Philosophiquement, et comme on peut en remarquer chez Hobbes et Hegel, le thème de la réconciliation est abordé dans un sens qui est loin des préoccupations des débats actuels sur la réconciliation dans notre société post-insurrectionnel conflit /violence, quand bien même il y aurait moyen de tirer, par exemple, de la notion de la « réconciliation hégélienne » des conséquences utiles sur les rapports individu-État dans la société moderne.
        Même du côté de la philosophie morale que l’on peut considérer comme la philosophie ancillaire à la philosophie politique, l’on aboutit à un même constat : la réconciliation est un thème rare dans les grands traités classiques de philosophie morale. Considérons, à titre d’exemple, deux auteurs classiques : Aristote et David Hume. Dans son Éthique à Nicomaque, Aristote établit une liste des vertus morales qui doivent aider les individus à mener une vie bonne dans la polis. Parmi les douze vertus morales mentionnées dans le livre V de l’Éthique à Nicomaque, nulle part n’apparaît le mot réconciliation. Il en est de même de David Hume dans son Enquête sur les principes de la morale. Le thème de la réconciliation n’apparaît nulle part dans le catalogue qu’il présente d’environ dix-huit « qualités immédiatement utiles à nous-mêmes et aux autres » pour bien vivre dans la société.
        Ainsi, la philosophie politique classique reste silencieuse sur le thème de la réconciliation. Pourquoi donc ce silence ?
        Une des explications plausibles de ce silence tiendrait à la nature du thème lui-même. En effet, le sujet de la réconciliation est un thème qui est empreint d’une forte connotation religieuse, et surtout lorsqu’on parle de réconciliation sont également sous-entendues les notions de pardon et de conversion des cœurs. Cependant, en philosophie politique, la question de la réconciliation est étroitement liée à celle de la justice. Celle-ci est le moyen par excellence pour réconcilier les individus entre eux et aussi les peuples ou les nations entre eux.
        Dans un autre ouvrage, « Le droit des gens », Rawls développe les principes de justice devant réconcilier les nations du monde. C’est dans ce contexte que Rawls déclare que la justice est la « première vertu des institutions sociales » si l’on veut promouvoir la paix et la stabilité sociales. On comprend aussi sans doute pourquoi Aristote et, à sa suite, St. Thomas d’Aquin avant Rawls ont déclaré que la justice est la « mère de toutes les vertus » ; en elle, se résume toutes les autres vertus. Autrement dit, sans justice, toute autre vertu n’aura pas de sens, y compris la réconciliation. Par contre, grâce à la justice, les autres vertus sont données par surcroît.
        En outre, la proposition des "sages de Manéga" n’apparait aucune notion de justice. J’ai des préférences de la position de la coder avec sa justice transitionnelle que celle des sages. La justice me semble cet « ingrédient » qui donne confiance pour bâtir des relations stables. Voilà pourquoi la réconciliation peut être considérée comme la fille de la justice. Celle-ci fonde celle-là en amont et en aval. Mais la justice classique a aussi montré ses limites au Faso avec le procès du putsch manque.
        Au Burkina, nous avons certainement un besoin vital de réconciliation, mais une réconciliation de cœur d’abord et non financière. La proclamation de la journée nationale du pardon avait l’objectif du vivre ensemble entre burkinabé dans une société avec des valeurs démocratiques. Les démarches de pardon avaient été effectués dans les familles victimes des règlements de compte depuis les indépendances. Hélas, cette réconciliation avec le pardon et une contrition publique avec les présidents vivants de l’époque n’a pas non plus empêche l’insurrection avec ses violences. Le gouvernement de la transition avait sa commission de réconciliation nationale comme politique ainsi que le pouvoir actuel. Pour ce pouvoir actuel cette réconciliation nationale doit passer le case de la justice classique que l’état même n’est pas responsable pour la prise en charge financière des victimes.
        Aujourd’hui avec le terrorisme dont l’implication des burkinabé contre des burkinabé. La stigmatisation des ethnies des communautés facteurs des divisions raciales, les règlements de compte politique qui continuent en beauté, cette réconciliation nationale qui attelle une contrition publique des acteurs insurgés et le gouvernement déchu ne peut ramener aucun grain de paix.

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  • Le 10 février à 13:51, par Étienne En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    <> pour ne pas ajouter, <>

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  • Le 10 février à 14:41, par elyse En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Nous voulons la paix et la sécurité dans ce pays et pour ce pays.
    toute voie qui nous amènera à la paix est la bienvenue.
    toutefois, ce qui m’intrigue dans les recommandations de ce collège d’anciens, c’est que l’histoire de ce pays semble être résumé à l’Insurrection Populaire du 30 et 31 octobre 2014.
    Il y a bel et bien des cœurs meurtris depuis l’Indépendance ;
    il y a même le 15 octobre : pendant que certains sont dans le recueillement à DAGNOEN, il y en a qui sont dans salons luxueux célébrant des anniversaires de règne ;
    Il y a entre autre le 13 décembre 1998, l’assassinat du Juge NEBIE ,...etc. c’est tous ces travers qui ont conduit au 30 et 31 octobre 2014.
    Il y en ont qui ont même concocté une journée nationale du pardon et où malgré les nombreuses éditions, n’en n’ont saisi aucune occasion pour dire ce qu’ils ont fait. il y en a même eu dans la jeune histoire politique de ce pays un coup d’Etat où le président d’alors est certifié décédé de ’’mort naturelle’’.
    je pense humblement qu’il y a vraiment beaucoup à dire dans ce pays et il y a beaucoup de plaies puantes à soigner que celle que tout le monde voit. je crains que ces anciens, en dépit de leur bonne volonté, leurs recommandations pour un retour définitif à la paix et à la fin des attaques ne soit biaisé.

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  • Le 10 février à 16:20, par jeunedame seret En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Le mot SAGE semble sagement transfiguré chez nous maintenant. Et je regrette cet abus du mot. Merci DABIRÉ pour ce cri de cœur. Je suis d’accord avec toi quand tu dis que «  la contrition généralisée devient en réalité une culpabilisation compulsive et contagieuse. » Au delà de la culpabilisation, il faut soupçonner une profonde conspiration des sages qui cherchent à nous endormir dans les couloirs d’une église. Qui a dit que tous les coupables vont vers Dieu ? Et devons nous toujours nous martyriser pour donner un RDV inutile aux envoyés du diable vers Dieu ? Pourquoi ? En vertu de quoi même ces hommes sont-ils sages ? Le vieillissement ou le catéchisme ? En attendant, les sages ont pris partie avec les coupables et veulent assujettir les victimes. Mais nous réclamons publication des péchés et sanctions pour des réparations. Alors, notre slogan, la confession, la correction pour la réconciliation, nous y aboutirons.

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  • Le 10 février à 18:27, par Manuel En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Bonjour
    Je m’incline devant un discours cohérent, non partisan et intellectuellement honnête.
    Voyons, ce sont les mêmes qui ont jeté des pigeons au stade pour dire qu’on était réconcilié non ?
    Je demande à Dieu de me protéger d’un tel comportement quand je serai vieux, car ils font la honte de leur progéniture.
    Je n’ai pas tué, je n’ai pas volé et je n’ai pas fui mon pays. Je n’ai également pas encouragé la révision de l’article 37et je n’ai pas soutenu une famille, un clan mafieux.
    La majorité des Burkinabé se trouve dans ce camp, pas celui qui prône la réconciliation à tout prix pour encore venir encore un jour dire que c’est une erreur
    Si vous avez la crainte de Dieu, dites le vrai chemin à suivre pour une réconciliation, s’il y en a !
    Honte à ces tube digestifs !

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  • Le 10 février à 20:47, par Bedjou En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Merci Mr DABIRE pour votre analyse. On ne saurait aller à une véritable réconciliation sans justice. Il y’a lieu de se rappeler de la fameuse journée du pardon sous le régime compaore. Toutes les sommités (religieuse, coutumière, civile et militaire) ont été réunies. Ça abouti à quoi ?

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  • Le 10 février à 21:24, par Damis En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Bravo ! Monsieur DABIRE !
    Merci aussi aux internautes @Jack, @Vigilent , @Diongwale, @Mathurin BAZIE, @KA, @AMKOULEL, @Jeunedame secret, ..... pour vos contributions !
    Je voulais m’accuser de n’être pas d’accord avec la conception de ces soit-disant "sages", mais en lisant l’analyse de l’honnête citoyen DABIRE et les réponses des autres honnêtes citoyens, j’ai su que je suis normal. Grand merci pour cela, mes chers honnêtes citoyens !
    En réalité, là où nos "sages" devraient comprendre qu’ils ont échoué sur toute leur conception, c’est de considérer l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre comme une erreur, un péché du peuple burkinabé.
    Franchement, les honnêtes citoyens ne méritent pas ce mépris !
    Si des gens ont fauté (et c’est évident...), au lieu de reconnaître cela pour simplifier les choses réfutent tout, la sagesse voudrait que vous leur fassiez comprendre que le socle de cette fameuse "réconciliation" est l’acception de leur faute. J’ai l’impression que nos soit-disant "sages" veulent qu’il aie un deuxième "30 mars" où personne n’est coupable, mais que tout le monde est en même temps coupable ! C’est ahurissant, mes chers "sages" !
    Le gros problème même, c’est quand c’est aisé de faire l’analogie entre la chute du régime COMPAORE et les attaques terroristes, mais on refuse de dire ouvertement que ces attaques peuvent être financées par ce régime échu ou ses partisans ! Parce que, mis à part le manque de preuve "palpable" de leur implication, tout porte à croire que c’est le régime COMPAORE et ses partisans qui sont les commanditaires de ces attaques. Dans tous les cas, que chacun sache que rien n’est compliqué avec le Dieu Tout Puissant. La vérité se saura un jour, tôt ou tard !
    La vraie sagesse voudrait que nos soit-disant "sages" avertissent clairement le régime échu et ses partisans, que si jamais on découvrait un jour qu’ils sont impliqués d’une manière ou d’une autre dans ces attaques terroristes, jamais ils ne seront pardonnés ! Et que pour parvenir à une vraie réconciliation, ils doivent montrer leur bonne volonté !
    J’ai l’impression aussi que de nos jours, ceux qu’on peut qualifier de sages se comptent au bout des doigts et cela est très dommage quand on sait que ceux-là devraient jouer un très grand rôle dans l’histoire d’un pays.
    J’ai conseil à donner à nos soit-disant "sages" : évitez tomber aussi bas dans certaines situations comme c’est cas actuel, soyez toujours impartiaux dans tout ce que vous pouvez être amener à entreprendre comme décision.
    La partie ou la victoire, nous vaincrons certainement !

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    • Le 11 février à 09:07, par Ka En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      ’’’’’J’ai l’impression aussi que de nos jours, ceux qu’on peut qualifier de sages se comptent au bout des doigts et cela est très dommage quand on sait que ceux-là devraient jouer un très grand rôle dans l’histoire d’un pays.’’’’’’’

      Merci Damis, surtout de me lire : Un peuple sans culture est un peuple sans âme : Et nos vrais sages représentent notre culture. Car, au Burkina nos sociétés traditionnelles ne sont pas encore mortes, elles vivent, dictent nos réflexions et comportements, et elles sont un réservoir de sagesse encore utilisable pour redresser la barre de nos errements et de la mauvaise imitation du modèle occidental. Malheureusement comme tu le dis si bien, nos sages d’aujourd’hui sont instrumentalisés par nos politiques aux petits pieds à cause des miettes. Ce que nous pouvons dire à ces sages instrumentalisés, c’est de vivre leur vrais idéale d’un sage, ‘’’qui est de se dévouer a cet idéal et non se laisser berner,’’’ c’est ce qui nous apprennent la vie et la mort. Le sage c’est celui qui joue le rôle du père ; celui qui pardonne ou les autres refusent. L’humilité tire toute sa force de cet acte sage. Que nos sages instrumentalisés oublient ceux qui les instrumentalisent comme ceux de l’ancien régime qui veulent revenir au pouvoir. Et sans parti pris, remontons l’histoire récente de notre pays et représentons-nous ce pays sous ces sicaires qui veulent revenir au pouvoir, qu’aurions-nous vécu sous ces vendeurs d’illusions, dans un cas ou un autre ? ‘’Des crimes gratuits, la corruption à ciel ouvert, les achats de conscience pour s’éterniser au pouvoir.

      Quand a la vraie réconciliation, sincère, profonde, ça ne se décrète pas et ça ne se fait pas en un jour, ni avec une feuille de route dictés par des politiciens aux petits pieds qui veulent encore berner le peuple.

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    • Le 11 février à 15:59, par Zot En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      Damis tu semble être une bonne personne, s’il te plaît trouve un autre pseudonyme car celui là fait trop penser au journaliste putschiste là.

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  • Le 11 février à 00:13, par Chasseur d’insurrescrocs En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Tout change, tout évolue, seuls les imbéciles ne changent pas ! A bien méditer en ces périodes troubles où notre beau pays est peint en rouge à cause des irresponsabilités de tous bords. Changeons un jour, laissons tomber les discours pseudo-révolutionnaires, asseyons-nous et discutons comme des êtres civilisés, sinon, nous mourrons ensemble comme des .....Allez les pseudo-révolutionnaires, un peu moins de sectarisme vous ferait le plus grand bien.

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  • Le 11 février à 00:43, par aboubacar En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    La réconciliation au Burkina Faso sera difficile à réaliser selon le schéma classique "vérité, justice, réconciliation". pour des raisons que je vais essayer de développer. Ce sont des raisons réfutables mais je les défends.
    Il n’y a jamais eu de la part des victimes et des bourreaux , une réelle volonté d’oublier les rancœurs passées et présentes. La situation est complexe parce que la victime du régime X est bourreau du régime Y. Du coup, on se diabolise sans reconnaître à autrui des raisons de pardonner ou d’être pardonné.
    Les initiateurs de la réconciliation sont minés en leur sein par des personnes en service commandé, qui œuvrent à saper le travail des vrais sages. Des personnalités très partisanes peuvent-elles proposer quelque chose sans éveiller des suspicions ?
    Les hommes politiques sont opposés dans l’arène politique et opposés sur la réconciliation. Avant de dire comment il faut se réconcilier, il faut savoir pourquoi il est nécessaire de se réconcilier. Est-ce à cause des crimes politiques, économiques ? Des conflits entre certaines communautés ?
    L’amalgame entretenu ne procède-t-il de la volonté de noyer le poisson dans l’eau ?
    Pendant que certains pensent réconciliation véritable, d’autres pensent opportunément à la diversion sinon à "l’épicerie" ou au marchandage politique.
    L’intolérance s’amplifie, les calculs politiques se multiplient. Les puissants du moment et leurs alliés ne se reprochent rien. Leurs vis-à-vis pensent qu’ils sont eux aussi, des victimes. La vérité divise parce qu’elle n’est pas acceptée. Chaque groupe a sa part de vérité, et seulement sa part de vérité.
    L’artiste du nord

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    • Le 11 février à 20:15, par caca En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

      Aboubacar,
      Votre analyse est juste et elle montre bien les ambiguïtés de la problématique. Mais toute est une question politique d’une part et la volonté de la société civile d’autre part. Voyez vous, que la volonté politique du Mali veut une négociation avec es maliens terroristes et la société civile a aussi manifestée cette volonté. Ils ont trouvés des personnes de ressource pour prendre langue avec es chefs terroristes qui sont malgré tout des maliens.
      La réconciliation au Burkina n’est jusqu’à présent une priorité à la fois pour e gouvernement et la société civile burkinabé. Quand les partenaires financiers extérieurs vont jugés bon et opter une réconciliation, vous allez voir le gouvernement va vite régler ce problème.

      Répondre à ce message

  • Le 11 février à 20:37, par Sansan2 En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    Une merveille de réflexion M.DABIRE. J’en ai les trippes qui transpirent de joie, tellement vous dites ce que je penses comme beaucoup ici et hors de fasonet. La culture et l’intelligence au service de votre patrie, c’est comme ça que je vous vois. Si je vous rencontrais aujourd’hui je vous payais le dolo dagara. ça c’était pour rire. Que les ancêtres vous bénissent et protègent

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  • Le 11 février à 22:46, par Chasseur d’insurrescrocs En réponse à : La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !

    La bateau battant pavillon "INSURRESCROQUERIE" est touché. Il prend l’eau de partout et ne tardera pas à sombrer. Bon débarras....., les pleurnicheries n’y feront rien, c’est inéluctable car aucune escroquerie ne peut prospérer éternellement.

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