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Quota des femmes aux élections législatives et municipales : « A l’UNIR/PS, notre souhait est d’aller au-delà », Me Bénewendé Sankara

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • mercredi 22 janvier 2020 à 21h50min
Quota des femmes aux élections législatives et municipales : « A l’UNIR/PS, notre souhait est d’aller au-delà », Me Bénewendé Sankara

La loi relative au positionnement des candidats aux élections législatives et communales, dans l’optique d’atteindre 30 % d’élues femmes, aux prochaines échéances électorales, a été votée le mercredi 22 janvier 2020. Pour Me Bénewendé Stanislas Sankara, président de l’UNIR/PS, son parti s’est inscrit dans cette dynamique et ambitionne d’aller au-delà. Il a également invité les femmes à « ne plus rester derrière pour les combats politiques ».

Lefaso.net : 30 % d’élues femmes, aux prochaines échéances électorales, n’est-ce pas une évolution pour les femmes ?

Benewendé Stanislas Sankara : Vous savez, cette loi, c’est pour dire tout simplement la prise en compte de la femme dans les sphères décisionnelles que ce soit, au plan électif, ou au plan administratif à travers des nominations. Ce n’est pas une loi qui date aujourd’hui. Il souligne que le Burkina Faso est partie également, à des accords, traités et conventions internationales, que nous respectons et appliquons. La première évolution était avec la loi 010 de 2009 ; et cette application du quota genre malheureusement n’a pas répondu à l’esprit et à la lettre de la loi précédente.

Donc, le débat s’est poursuivi. Sous le Conseil national de la transition (CNT), il y a eu un projet de loi qui n’a pas été voté, qui a été ajourné. Cette législature s’est appropriée tout le débat. Il y a eu même le forum des femmes, et en définitive le dialogue politique, avec le chef de file de l’opposition politique et l’alliance pour les partis de la majorité présidentielle. Ce dialogue est parvenu, sous l’égide du chef de l’Etat, à un texte consensuel, qui consacre le principe des listes alternées ; ce qui constitue une évolution par rapport à la précédente loi, qui prévoyait qu’on puisse disposer l’un et l’autre texte, à hauteur de 30%.

L’évolution notable avec cette nouvelle loi, c’est que désormais, pour aller aux élections législatives ou municipales, il faut alterner les listes aussi bien titulaires et que suppléants. L’autre innovation, c’est la sanction. Elle est pécuniaire certes, mais celui qui ne respecte pas le principe de l’alternance, à hauteur de 30 %, perd 20 % par liste électorale.

Est-ce que cela encourage les acteur politiques à aller de l’avant ?

Je pense que le débat de fonds reste. Voilà pourquoi, je vous disais tout à l’heure de la femme, son statut, c’est la question de la libération de la femme tout court. Les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Il y a des pays où on n’a pas eu besoin de voter les lois, pour imposer aux partis politiques, l’un au l’autre sexe, mais quand vous arrivez dans ces pays, vous voyez que les femmes occupent les premiers postes de responsabilités. Elles sont souvent même plus nombreuses. J’ai vu au parlement cubain, qu’ il y a plus de 54% de femmes. Il y a qu’un pays comme le Burkina Faso où la femme en réalité est plus confrontée à des réalités, à des barrières socioculturelles pour contribuer à liberté de la femme.

Le problème de fond reste que c’est à la femme, et à la femme seule de prendre son destin en main pour pouvoir s’imposer dans la sphère décisionnelle. Elle ne doit pas jouer les seconds rôles, alors qu’on dit que les femmes votent plus. Cela veut dire que les femmes votent pour les hommes. Est-ce que vous comprenez ce paradoxe-là, qu’il ne s’agit pas seulement d’une loi pour pouvoir relever les défis, qui sont des défis liés à notre culture, liés à notre façon de voir, liés à comment on a longtemps considéré les femmes. C’est un problème aussi éminemment politique qui vise à ce que la femme puisse concrétiser sa propre liberté.

Des observateurs pensent qu’il aurait fallu des sanctions énergiques contre le non-respect des quotas ?

Les acteurs c’est qui ? Qui sont les acteurs de ces manquements ? Est-ce que c’est la femme elle-même qui ne milite pas politiquement ? qui refuse de s’exposer, parce qu’elle estime souvent qu’aller dans l’arène politique, ce n’est pas simple pour une femme, c’est s’exposer , parce que les femmes sont attachées à leur dignité, elles ne veulent pas comme on le voit de nos jours en politique, des coups en deçà de la ceinture, parce qu’elles supportent difficilement le dénigrement , la calomnie, qui, malheureusement, constituent le lot quotidien de la politique de nos jours. Ce qui explique aussi en partie que les femmes refusent les postes hauts politiquement et préfèrent plus les postes normatifs. Là, c’est sur la base de la compétence, du talent et de la confiance.

Donc, la sanction aujourd’hui prévue dans la loi, est une sanction plus incitative pour amener les regroupements de partis politiques à mieux positionner la femme. Une fois de plus le débat fondamental, c’est la femme elle-même, ce sont les femmes qui doivent se battre aujourd’hui dans les partis politiques, mais aussi dans la société civile. Parce que ce qu’on n’a pas pu avoir par les armes, on ne peut l’avoir avec les larmes.

Comment contourner les pesanteurs socioculturelles, puisque la loi ne peut légiférer sur ce terrain ?

C’est cela même, le sens de la loi, alterner les listes aussi bien l’homme comme la femme, et ainsi de suite. Maintenant, cette alternance s’impose aux partis politiques, ce qu’on n’avait pas pu obtenir dans le passé. Cela veut dire que quelque part, on contraint les partis politiques et tous ceux qui vont aux élections, à avoir sur les listes l’un au l’autre des deux sexes, ce qui veut dire que sur les listes, les femmes seront portées tout au plus à 30%.

L’UNIR/PS pourrait-elle s’inscrire dans cette dynamique ?

Bien sûr, c’est la loi, elle s’applique à tout le monde. Notre souhait, c’est d’aller au-delà ; nous allons travailler d’abord pour que les femmes elles-mêmes puissent se mobiliser, puissent s’organiser, puis organiser les conditions au niveau des partis, donc à l’UNIR/PS pour qu’elles ne soient plus victimes des pesanteurs socioculturelles au niveau des partis.

Le rôle du parti aussi, en fonction de son orientation sociopolitique, en fonction de sa dynamique, de sa vision, c’est de former les femmes. Cela, c’est le rôle essentiel des partis politiques : former, éduquer, appliquer la loi et au besoin au-delà de la loi. Je lance un appel à l’endroit des femmes à ne plus rester derrière dans les combats politiques que nous menons.

E.K.S
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 27 janvier à 17:52, par vik En réponse à : Quota des femmes aux élections législatives et municipales : « A l’UNIR/PS, notre souhait est d’aller au-delà », Me Bénewendé Sankara

    Il n’y a qu’en Afrique que l’on accorde beaucoup d’attention à ce qui ne le mérite pas au point de mettre aux oubliettes ce qui est important.
    La question du genre ; voilà un sujet imposé aux africains, qui fait perdre beaucoup d’énergie et qui ne mène à rien. Regardez les pays occidentaux qui nous imposent ces quotas la. Dans combien d’entre eux ces quotas sont respectés ?
    Il faut aller ramasser les femmes dans la rue pour renflouer les rangs parce qu’on cherche à atteindre un certain quota ? le leadership se mérite. La question du genre constitue en elle même une discrimination selon moi.
    NB : Je ne suis pas contre pour que les femmes dirigent ; mais plutôt contre la politique qui veut qu’il faut coûte que coûte mettre des places d’offices attribuées à ces dernières sur la base de politiques bizarres...

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