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Convention relative aux droits de l’enfant : 30 ans après, le Burkina renouvelle son engagement

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mercredi 20 novembre 2019 à 21h30min
Convention relative aux droits de l’enfant : 30 ans après, le Burkina renouvelle son engagement

« 30 ans de mise en œuvre de la CDE, un nouvel engagement pour un Burkina digne des enfants ». C’est sous ce thème que le Burkina a commémoré ce mercredi 20 novembre, le 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). Au pays des hommes intègres, la convention a été ratifiée le 23 juillet 1990.

Il y a 30 ans de cela, se souvient Dr Anne Vincent, représentante résidente du Fonds des Nations unies pour l’enfance au Burkina, les dirigeants du monde entier prenaient un engagement historique en faveur des enfants, en adoptant une convention qui fait office d’accord international. Trente ans après, que peut-on retenir de cette convention qui se présente comme le traité relatif aux droits humains le plus largement ratifié de l’histoire ?

Au Burkina, l’on soutient que cette convention a contribué à transformer positivement la vie des enfants. En attestent, les progrès et les résultats de certains secteurs comme celui de l’éducation et de la santé. L’instauration de la gratuité des soins au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans, indique Anne Vincent, aurait permis à des milliers d’enfants de survivre.

Dans le secteur de l’éducation, le pays aurait réalisé un grand pas. Ainsi, le nombre d’élèves présents dans les salles de classe est passé de 38,7% en 1991 à 90,7% en 2018, avec autant de filles que de garçons. Le pourcentage des enfants enregistrés à la naissance est passé de 33% (3 enfants sur 10) en 2006 à 77, 8 % (8 sur 10) en 2015. Mieux, en matière de protection de l’enfance, poursuit l’ambassadrice des enfants, le pays s’est doté d’un nouveau code pénal en 2018, en vue de renforcer la répression à l’encontre des auteurs et complices de mutilations génitales féminines et de toutes formes de violences et pires formes de travail des enfants.

Des progrès, également relevés par la ministre en charge de la famille, Laurence Ilboudo/Marchal, qui clame que ces 30 dernières années, des actes majeurs ont caractérisé la volonté du gouvernement d’appliquer les dispositions de la convention. Outre la mise en place du Conseil national pour l’enfance (CNE), avec la création dès 1992, d’un comité national chargé du suivi et du rapportage sur la mise en œuvre des conventions et traités relatifs aux droits des enfants, la présidente du CNE confie que son pays a opéré de nombreuses réformes législatives et institutionnelles. Au plan institutionnel, elle note entre autres la stratégie de retrait des enfants et jeunes en situation de rue, le renforcement de la coopération bilatérale en matière de lutte contre la mobilité et la traite transfrontalière des enfants.

Des chantiers inachevés…

En 29 ans d’application de la CDE au Burkina, la Coalition Burkina Faso pour le droit des enfants (COBUFADE), estime que d’énormes défis restent à relever. « Nous attendons toujours l’adoption du code des personnes et de la famille et du code de protection de l’enfance », a souligné la porte-parole des OSC pour la protection de l’enfance, Solange Bassinga/Traoré. Un avis partagé par l’UNICEF qui, par la voix de Dr Anne Vincent, dénonce le mariage de plus de la moitié des filles burkinabè avant l’âge de 18 ans. « Quand des adultes décident de marier une petite fille de 12 ans, c’est tout d’abord un traumatisme psychologique et un viol. Puis, on la prive d’une éducation et on lui refuse la possibilité d’être libre et émancipée », a commenté la représentante de l’UNICEF, soulignant que de nombreux enfants restent encore sans accès aux soins de santé de base, à une éducation de qualité et sans l’assurance de vivre dans un environnement protecteur.

Et que dire de ces attaques terroristes, des conflits communautaires et de la multiplication des exploitations minières artisanales qui poussent les enfants hors des salles de classe, les privant ainsi de leurs droits ? D’où ce souhait du président du parlement des enfants, Kikpawaorè Da : « Nous croyons que demain, aucun enfant ne sera contraint d’abandonner l’école, ni son village, aucun enfant ne sera sans abri, ni vivra dans la rue ».

Des solutions urgentes ?

Représentant le chef de l’Etat, le ministre de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo, a réaffirmé l’engagement du président du Faso et du gouvernement dans la lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des enfants. Roch Kaboré a ainsi convié le gouvernement à accélérer le processus de la budgétisation sensible au genre et aux droits de l’enfant et à aménager des lignes budgétaires conséquentes et sécurisées pour assurer la prise en charge des enfants ayant besoin de protection sociale.

Le président du Faso a en outre convié le gouvernement à faire un état des lieux de l’administration de la justice pour mineurs et à prendre des dispositions idoines pour se conformer aux normes et standards internationaux. S’adressant au Conseil national pour l’enfance, Roch Kaboré a instruit le comité de développer des mécanismes appropriés pour un suivi régulier de la mise en œuvre des engagements ainsi que les conventions, traités et accords relatifs aux droits de l’enfant.

La présente cérémonie a été marquée par une signature symbolique de la convention relative aux droits de l’enfant par le Burkina.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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