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Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Justine Bonkoungou • lundi 23 septembre 2019 à 00h10min
Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

Le Syndicat des médecins du Burkina(SYMEB), celui des sages-femmes, maïeuticiens et accoucheuses (SYSFMAB) et celui des infirmier (ères) et agents itinérants de santé (SAIB) ont animé conjointement une conférence de presse vendredi 20 septembre 2019. A l’ordre du jour, l’inapplication de la Fonction publique hospitalière, la problématique des carrières et la question de l’équipement des formations sanitaires.

Cela fait maintenant plusieurs mois que dure la crise au ministère de la Santé. Crise qui selon l’ensemble des syndicats ayant animé la conférence de presse, est due à la non application de la Fonction publique hospitalière (FPH). Ce manque de diligence dans l’application de la loi sur la FPH se caractérise particulièrement par la lenteur dans l’opérationnalisation de l’Agence de gestion des soins primaires qui regroupe 60% des ressources humaines du secteur de la santé et est une « structure capitale, stratégique pour reformer les soins au niveau périphérique.

Des soins qui sont du reste obsolètes. », a laissé entendre Dr Alfred Ouédraogo, secrétaire général du SYMEB. Et Dr Ouédraogo d’ajouter que « malheureusement et nous le disons, si ce n’est pas opérationnalisé, nous assisterons à des blocages et nous prenons l’opinion à témoin. Il y a des éléments qu’on ne peut pas contourner. On n’a pas le choix que d’opérationnaliser l’Agence de gestion des soins primaires. » Selon le secrétaire général du SYMEB, seulement 4% des ressources humaines de la santé possède des actes attachés à la FPH. C’est pourquoi il exige que le ministère les rassure qu’il n’y a pas de velléités de remise en cause de la FPH.

Dr Alfred Ouédraogo, SG SYMEB

Des discriminations dans la gestion des carrières

Selon Pascal Ouédraogo, secrétaire général du Syndicat autonome des infirmier(ères) et agents itinérants de santé du Burkina (SAIB), la crise au ministère de la Santé est aussi en partie due à la question des carrières. Selon M. Ouédraogo, les infirmiers et sages-femmes sont brimés et victimes de discrimination dans leur carrière. « Les agents de tous les secteurs ministériels de catégorie B1 font un concours professionnel, deux ans de formation et sont reclassés en A1. L’infirmier d’Etat et la sage-femme d’Etat recrutés avec le niveau BEPC et le niveau de la classe de terminale et formés trois ans sont reclassés aussi en B1 à leur sortie. Mais dans son plan de carrière, ils font l’objet d’un traitement discriminatoire. L’infirmier et la sage-femme catégorie B1 font un concours professionnel comme les autres agents de la fonction publique, deux années de formation assorties d’une soutenance de mémoire et sont reclassés simplement en A2 au lieu de A1. Vous voyez que la discrimination est nette. », se désole M. Ouédraogo.

C’est pourquoi, affirme-t-il, face à cette injustice, les infirmiers et les sages-femmes ne demandent pas un traitement extraordinaire, mais souhaitent seulement être traités comme les autres fonctionnaires dans leur plan de carrière.

Tout comme M. Ouédraogo, SG du SAIB, Mme Kabré du Syndicat des sages-femmes, maïeuticiens et accoucheuses du Burkina (SYSFMAB) estime que la crise au ministère de la Santé est surtout exacerbée par les problèmes de carrières que vivent les attachés de santé. « De par le passé, l’attaché de santé surtout en chirurgie et en anesthésie faisait le travail dans les coins les plus reculés. Quand il y a des malades qui nécessitent une intervention obstétricale ou médicale, ces agents faisaient le travail sans problème. Mais vu le fait qu’ils devaient être classés à un niveau supérieur et que le gouvernement refuse de le faire, ils ont décidé aussi de ne plus faire le travail pour lequel ils devaient être reclassés. Du coup, les malades souffrent et depuis trois mois, vous avez des évacuations vers les grandes villes Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Et donc les blocs opératoires sont hyper occupés, les gens ne peuvent plus faire convenablement leur travail et par ricochet, c’est la population qui paie les pots cassés. », explique Mme Kabré.

Sur ce point encore, les conférenciers du jour sont convaincus que la mise en œuvre de la fonction publique hospitalière doit permettre de trouver des solutions à ces disparités et harmoniser les différentes situations.

« Avec du matériel amorti et vétuste, on ne peut offrir des soins de qualité »

Outre l’application de la fonction publique hospitalière et la question des carrières, les conférenciers du jour ont également dénoncé les conditions de travail dans les formations sanitaires.

Sur la question de l’équipement, Mme Honorine Kabré du SYSFMAB indique que dans les formations sanitaires, les équipements sont amortis et vétustes, de telle sorte que les agents de santé ne peuvent être efficaces. C’est pourquoi au-delà la dénonciation de la crise qui perdure au ministère de la Santé, elle lance un cri du cœur au gouvernement pour l’équipement des formations sanitaires, car selon elle, malgré toute la bonne volonté des agents de santé, sans l’équipement et le matériel requis, ils ne peuvent offrir des soins de qualité aux populations.
En attendant donc la reprise du dialogue avec le ministère de la Santé et la satisfaction de leur plateforme revendicative, ce groupe de syndicats continue sa « grève minimale » qui consiste à ne pratiquer que les actes urgents dans les formations sanitaires et à suspendre les activités programmées.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 23 septembre 2019 à 08:01, par kap En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    Des équipements amortis ou vêtus parce utilisés dans des cliniques privées

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  • Le 23 septembre 2019 à 08:58, par FILSDUPAYS En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    Cette situation évoquée date de quand ? Car je suis surpris que c’est maintenant que vous trouvez des moyens d’aller en grève soit disant minimum. Saviez-vous combien de personnes ont péri et continuent de souffrir parce que votre conscience professionnelle a foutu la porte ? Vous aviez prêté serment de sauver des vies mais pas les brimer. la recherche de conforts égoïstes au détriment de la santé des burkinabé ne vous serait jamais pardonnée. De quel peuple prenez -vous à témoin ? C’est l’argent du contribuable qui a permis de vous scolariser et en retour c’est le mépris envers ce même contribuable. Revendication oui mais respect de la vie humaine d’abord. Car sacrifier une vie humaine parce que l’on veut beurrer son pain est très méchant et irresponsable. Je ne suis pas certains que nos FDS et bien d’autres aient tout ce qu’il faut mais ils se battent jour et nuit au prix de leur vie pour nous assurer la quiétude.
    Soyons responsables.

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  • Le 23 septembre 2019 à 12:36, par ô pays mon beau peuple En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    « Cabri mort n’a plus peur de couteau ». Vous avez déjà tué des centaines de nos pauvres parents. Ne reprenez même plus le travail. La conférence de presse c’est pour faire quoi ? Votre misère morale est plus destructrice que l’insuffisance d’équipement

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  • Le 23 septembre 2019 à 13:41, par Lepop En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    Sur cette question de FPH et de matériel, il faut que l’Etat communique davantage sur les actions menées ou en cours.

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  • Le 23 septembre 2019 à 13:48, par klo En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    Dans tout ça c’est le syndicat des administratifs qui me fait rire , truffé d’hypocrities ce corps tout tout simplement disparaitre , leur silence prouve qu’ils sont pris dans leur propre piége, les agents du minefid seront mieux a leur place qu’on ait juste le courage d’assainir

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  • Le 23 septembre 2019 à 15:11, par HUG En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    Sans accuser l’une où l’autre partie, chacun à la fin de cette situation fera son examen de conscience.

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  • Le 23 septembre 2019 à 16:24, par RAOGO En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    Quand un travail ne porte pas. Le bonheur voulu on va ailleurs si on est homme et capable ou lieu demmerder les autres. Dieu vous rendrea au centuple pour les morts que vous crée par votre cupidité.

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  • Le 25 septembre 2019 à 12:32, par Salomon Justin Yameogo En réponse à : Crise au ministère de la Santé : Des syndicats demandent l’application diligente de la Fonction publique hospitalière

    C’est bien de réclamer vos droits en même temps que L’Amélioration des conditions de travail, d’accueil des patients (clients du Système de Santé) : j’apprécie cela. Cependant JE VAIS ALLER PLUS LOIN AUSSI...
    L’État doit cesser de perdre énormément d’argent, en mettant un terme RADICAL aux activités de mercenariat des agents de santé : j’entends par cela, le fait que des agents régulièrement payés par La Fonction Publique désertent leurs postes pour aller travailler dans le privé afin d’avoir de l’argent. Non seulement Cela créé une injustice par rapport aux agents qui sont exclusivement employés par le Privé, mais en plus ça contribue à voler L’État qui paie des personnes travaillant ailleurs ! Même si cela fait grincer des dents, il faut courageusement le dénoncer et le combattre car ce phénomène contribue énormément aux problèmes de Qualité des Services de Santé. Les syndicats devraient réfléchir et aider L’État à éviter ces hémorragies de ressources humaines et financières ÉGALEMENT : ce qui prouverait leur patriotisme infaillible.
    IL EST AUSSI VRAI QUE CE PHÉNOMÈNE n’est pas le monopole du Secteur de la Santé. En effet, ce phénomène est aussi responsable de la baisse de niveau qui est observé dans le Secteur de L’Éducation ; surtout dans les établissements publics. On finit par avoir des cours de bas niveaux dans les établissements publics du fait de l’insuffisance des préparations et des évaluations, sans compter les années académiques qui deviennent bi-annuelles ou tri-annuelles !!! C’est inacceptable et Cela n’a que trop duré !!!! On doit résolument mettre UN TERME à ce mercenariat des fonctionnaires qui créent des établissements ou y travaillent la plus grande partie de leur temps, en abandonnant le Service Public et en continuant pourtant à toucher des salaires des services publics. C’est du vol de L’État, du détournement et NON SEULEMENT Cela doit cesser mais en plus ces sommes doivent être recouvrées par Le Trésor Public. Il en est de même pour tous les autres cas similaires !!!!

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