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Elections au Burkina : Des OSC travaillent à une meilleure représentativité des femmes

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • samedi 13 avril 2019 à 22h40min
Elections au Burkina : Des OSC travaillent à une meilleure représentativité des femmes

La loi portant fixation de quota adopté le 16 avril 2009 relue et corrigée va bientôt passer à l’Assemblée nationale pour adoption. Pour mieux soutenir le processus d’adoption de ladite loi, le Cadre de concertation des organisations féminines, avec l’appui du NDI (National Democratic Institute), a initié un atelier d’appropriation et de sensibilisation au profit d’une centaine de personnes issues, entre autres, du Conseil des femmes du Burkina, du Comité quota, de la plateforme « Gagner avec les femmes », de l’Association des femmes juristes du Burkina Faso, des médias. C’était le samedi 13 avril 2019, à Ouagadougou.

A travers cet atelier d’une demi-journée, les participants ont réfléchi à la manière dont ils vont contribuer à faire adopter et appliquer l’avant-projet de loi sur le quota genre aux élections législatives et municipales prochaines. Ce qui permettra de corriger les inégalités et accorder de manière équitable les mêmes opportunités aussi bien aux femmes qu’aux hommes d’accéder à des postes électifs et de contribuer au développement du pays. En effet, à l’issue des élections législatives et municipales de 2012, 2015, 2016, les résultats n’ont pas été ceux escomptés, selon la représentante du Cadre de concertation des organisations féminines, Zénabou Coulibaly.

« Avant l’adoption de la loi, on avait 15,3% de femmes à l’Assemblée nationale en 2007, après il y a eu 18,90% en 2012. Cette tendance à l’augmentation n’a pas continué, et pire le pourcentage de femmes élues a baissé de moitié aux législatives de 2015 (9 ,44% à la sortie des urnes). En ce qui concerne les municipales, le taux de femmes conseillères est passée de 35,38% en 2007 à 21% en 2012 et enfin à 20,27% en 2016 », a-t-elle justifié en substance.

Une « injustice » que la présidente du comité d’organisation, Germaine Pitroipa, n’a pas manqué de dénoncer. « Nous ne pouvons plus continuer à nous taire au risque d’être les complices silencieuses d’un système qui met sur le bas-côté 51,8% de la population burkinabè. Il faut que les hommes sachent que dans le domaine de notre société, l’évolution, le développement, ils ne gagneront qu’avec les femmes ou ils ne gagneront rien sans nous », a-t-elle lancé.

Conscientes de cela, les autorités affichent de plus en plus une volonté et une détermination à créer pour toutes les couches sociales des conditions adéquates de participation aux actions de développement et de bénéficier des fruits de la croissance de façon équitable. L’une des solutions qu’ils ont d’ailleurs proposées a été la relecture de la loi portant fixation de quota aux élections législatives et municipales, et son adoption par l’Assemblée nationale.

Le NDI (National Democratic Institute) qui prône l’amélioration de la gouvernance démocratique et plus spécialement celui de la participation de la femme en politique apporte un soutien non négligeable au Cadre de concertation des organisations féminines. « Pour nous, se retrouver aujourd’hui avec toutes ces organisations réunies pour agir en synergie, nous renforcent dans notre conviction que si elles sont unies, si elles sont soutenues, si elles sont constantes, nous y arriverons, d’autant plus qu’au niveau du gouvernement l’engagement est là. Maintenant, il faut travailler à créer les conditions pour que cela se fasse », a, pour sa part, déclaré la représentante résidente de l’organisation, Aminata Kassé.

Cependant, la loi sur le quota à elle seule, ne suffira pas pour inverser la tendance. Mme Kassé en est consciente. Il faut, selon elle, « la rendre la plus efficace possible. Il faudra aussi beaucoup de travail, d’explications, de sensibilisation pour que l’opinion nationale comprenne qu’il ne s’agit pas de placer une telle ou telle autre femme, mais plutôt de créer les conditions du développement du Burkina Faso. Parce qu’on ne peut pas aller au développement quand une bonne partie de la population n’est pas dans les instances de décisions ou elle peut s’assurer que leurs spécificités, leurs besoins sont vraiment pris en compte. C’est dans le cas de l’éducation, la santé, le développement économique ».

Poursuivant, la première responsable du NDI au Burkina Faso a évoqué les obstacles qui freinent la pleine participation des femmes à la politique et aux instances de gestion de l’Etat. Il s’agit notamment des pesanteurs culturelles, les maternités, le manque de ressources et de soutien. Des griefs auxquels il faut ajouter la demande expresse aux femmes de prouver leurs capacités et compétences avant d’avoir des prétentions quelconques pour les postes de leadership. « Or, ces compétences si on les demande aussi bien aux hommes qu’aux femmes, je crois qu’on serait au même niveau à peu près. Ces obstacles, il faut les lever à l’intérieur des partis politiques », a-t-elle plaidé.

Au cours des travaux, les participants ont bénéficié de l’expertise de personnes ressources et des experts. Leurs communications ont porté sur la présentation de l’avant-projet de loi sur le quota ; le bilan de la loi sur le quota ; le processus d’adoption d’une loi : cas spécifique de la loi sur le quota, stratégies pour l’adoption de la loi portant fixation de quota et son application aux élections de 2020. Une présentation sur des stratégies et une feuille de route pour interpeller l’Etat et avoir l’adhésion de l’opinion nationale en faveur de l’adoption de l’avant-projet de loi, sont également au menu.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

PJ : Avant-projet de loi sur le quota genre

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