Sécurité informatique : Les secrétaires généraux des ministères et institutions à l’école de la cyber-sécurité
LEFASO.NET | Tiga Cheick Sawadogo
L’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) veut des cyberespaces sûrs dans l’administration publique. Elle a organisé un séminaire d’échanges et de concertation avec les secrétaires généraux des ministères et institutions sur les bonnes pratiques en matière de cyber sécurité. L’objectif est de les entretenir sur les enjeux et les défis du cyberespace, les risques et menaces auxquels ils sont exposés, les mesures à prendre pour se prémunir et prémunir l’administration publique. C’était ce 7 novembre à Ouagadougou.
Le cyberespace est loin d’être l’endroit le plus sûr. Les exemples de conséquences liées aux cyber-attaques ou aux défaillances informatiques sont légion depuis quelques années. Quand il s’agit de l’administration publique, les conséquences sont encore plus néfastes en ce qu’elles exposent tout un pays. De l’avis du directeur général de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le cyberespace s’est imposé ces dernières années comme un nouveau lieu d’opportunités économiques et de transformations sociales. Mais le monde du numérique fait face à des vulnérabilités susceptibles de conséquences sur les opportunités économiques qu’offre la révolution numérique.
« Toutes les mesures aussi bien techniques, juridiques, économiques que sociales doivent être prises pour endiguer le phénomène en accordant une attention particulière sur l’humain qui constitue de loin le maillon faible de la chaîne de sécurité. A travers par exemple les consultations de pages web douteuses, les fichiers joints malveillants ou l’utilisation de logiciels corrompus, les occasions pour lui d’infecter son ordinateur ne manquent pas, avec à la clé son chapelet de déconvenues », a expliqué Michael Folané.
A en croire le secrétaire général du Premier ministère, les incidents de sécurité numérique font partie des trois principaux risques auxquels les administrations sont exposées. Du coup, a poursuivi Bamory Ouattara, la nécessité d’une vigilance permanente et partagée par tous constitue une problématique à intégrer à la culture de l’administration.
Et en la matière, la sensibilisation et la formation en sont les étapes importantes. « Pour concevoir une culture de sécurité, il conviendra d’identifier les risques propres à chaque ministère et institution, les mesures à entreprendre ainsi que les rôles et responsabilités des responsables et agents », a ajouté Bamory Ouattara pour qui, mieux on connaît les risques, plus on est en mesure d’en limiter la portée et d’administrer les mesures correctives.
Alors, dans sa lutte pour éviter ou minimiser les cyber-attaques, l’ANSSI, dans son programme d’activités, a retenu les secrétaires généraux des ministères et institutions comme des cibles à outiller. Ces chevilles ouvrières de la gestion administrative publique doivent être en avant-garde de la lutte pour des cyberespaces sûrs.
Ils y ont intérêt, parce qu’un collaborateur peu conscient des risques, ni formé aux bonnes pratiques, représente le cheval de Troie idéal pour les cyber attaquants, prévient le DG de l’ANSSI. Raison pour laquelle, a poursuivi Michael Folané, un effort constant de sensibilisation du personnel, de formation et d’exercices s’impose dans les services, car l’erreur d’un seul suffit à compromettre l’ensemble du système.
Dans le même ordre d’idées, le secrétaire général du Premier ministère a précisé que si le rôle des techniciens est de gérer les risques, il n’en demeure pas moins que le rôle de la hiérarchie est essentiel pour assurer l’impulsion et la cohérence générale des mesures de protection à entreprendre face aux risques liés aux systèmes informatiques.
Au cours du séminaire, il s’est agi, entre autres, de décliner les enjeux et défis de la sécurisation du cyberespace national, de présenter les risques encourus par les secrétaires généraux des ministères et institutions ainsi que les moyens d’atténuation. En outre, les participants ont été outillés sur les règles de cyber prudence à observer et les mesures nécessaires devant être prises dans les administrations pour un environnement numérique sécurisé.
Tiga Cheick Sawadogo
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