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Journée mondiale de la population : Déclaration du président national de L’ABBEF

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Population et développement • • mercredi 11 juillet 2012 à 22h30min

La commémoration de la 23ème journée mondiale de la population, placée cette année sous le thème : « Accès universel aux services de santé procréative », donne l’occasion à l’Association Burkinabè pour le Bien-Être Familial (ABBEF) de saluer la justesse de ce choix. Ce thème cadre parfaitement avec la cible 5 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui vise « l’accès universel à la santé procréative d’ici 2015 ». En tant que association pionnière œuvrant dans le domaine de la santé de la reproduction en général, et la planification familiale en particulier, l’ABBEF voudrait attirer l’attention des décideurs sur les constats suivants : Travailler à réduire la mortalité maternelle et infantile

Il est plus qu’urgent de travailler à élargir l’accès des populations aux services de santé de la reproduction, thème de cette journée, afin de lutter durablement contre le fort taux de mortalité maternelle et infantile. En effet, il apparaît de manière claire que de nombreux pays comme le nôtre risquent de ne pas être au rendez-vous de l’atteinte de certains des huit objectifs du millénaire pour le développement (OMD), notamment les objectifs 4 et 5.

Notre pays connaît malheureusement un taux encore très élevé de décès maternel et infanto-juvénile :

-  307 décès pour 100.000 naissances vivantes (Source rapport provisoire EDS 2010),
-  un taux de mortalité infanto juvénile de 129 pour mille ;
L’une des causes de ces décès est la non fréquentation des centres de santé par les femmes dû à de nombreux facteurs d’ordre économique, social, culturel et géographique. Les décès liés aux grossesses non désirées et rapprochées, aux avortements à risque, aux accouchements sans l’assistance d’un personnel qualifié, aux complications liées aux accouchements, sont malheureusement fréquents dans des pays pauvres comme le nôtre. Des décès pourtant évitables avec les progrès de la médecine.

De nos jours, la conscience humaine ne peut continuer à accepter que de nombreuses femmes continuent de mourir du fait de causes pourtant évitables. L’accès des femmes et des jeunes aux services de santé procréative est un droit fondamental pour ces groupes vulnérables. L’ABBEF, engagée dans le combat pour le bien-être familial interpelle les décideurs, les partenaires techniques et financiers et l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de la santé procréative à un investissement encore plus accru dans la santé procréative. Cela passe notamment par un renforcement des infrastructures sanitaires, le recrutement et la formation de personnels de qualité, la disponibilité des services et des produits contraceptifs au profit des femmes et des jeunes.

Renforcer la disponibilité des produits de la contraception.
L’accès aux informations et aux services de santé de la reproduction, y compris la planification familiale, permet de lutter efficacement contre la mortalité maternelle et infantile. Il est urgent que des actions vigoureuses soient initiées dans notre pays afin de s’attaquer de front à la question des besoins non satisfaits dans le domaine de la planification familiale. En effet, notre pays est caractérisé par :
-  un faible taux de prévalence contraceptive de l’ordre de 16%, toutes méthodes confondues (source enquête provisoire EDS 2010) ;
-  un fort taux de besoins non satisfaits en matière de planification familiale, de l’ordre de 31% (EDS 2010).

En satisfaisant les besoins des femmes en méthodes modernes de contraception et de services de santé maternelle, on réduit du même coup le nombre de décès maternels et néonatals, comme l’attestent de nombreuses études.

Selon une étude réalisée par Guttmacher Institute, et intitulé "Avantages liés à la satisfaction des besoins en matière de contraception moderne au Burkina Faso", « en répondant à tous les besoins non satisfaits en méthodes modernes de contraception, la nation s’approcherait de l’objectif capital qui est de réduire la mortalité maternelle : l’on peut réduire les décès maternels en réduisant la fécondité non planifiée, et donc l’exposition des femmes aux risques inhérents, liés à la grossesse et à la maternité. Il pourrait y avoir près de 20% de décès maternels de moins chaque année (et 85% des grossesses non planifiées de moins) si toutes les femmes qui veulent éviter une grossesse pouvaient profiter pleinement des avantages liés à l’utilisation des méthodes modernes de contraception ».

La satisfaction des besoins en contraception passe aussi par la disponibilité d’une gamme variée de produits contraceptifs afin de donner un large choix aux femmes. À ce niveau, et en dépit des énormes efforts consentis par l’Etat et ses partenaires pour rendre les produits contraceptifs disponibles dans toutes les formations sanitaires de notre pays et à un coût relativement accessible, il faut reconnaître que le prix de certains produits contraceptifs demeure encore hors de portée pour de nombreuses femmes notamment les méthodes de longue durée d’action. Ceci constitue un handicap à l’accès de ces dernières aux méthodes contraceptives de leur choix.
Outre le coût des produits, certains facteurs non moins importants limitent l’accès universel aux services de santé procréative en général et la planification familiale en particulier ; ce sont notamment :
-  les obstacles socio culturels ;
-  le refus de certains hommes à favoriser l’utilisation des services de planification familiale par leurs épouses ;
-  des ruptures de produits contraceptifs constatés quelquefois, et qui s’expliquent entre autres par la faiblesse des fonds alloués à l’achat de ces produits ;
-  le manque ou l’insuffisance d’un personnel qualifié pour l’offre des méthodes de longue durée surtout.

L’Etat et l’ensemble de ses partenaires techniques et financiers doivent redoubler leurs efforts et accroître leurs investissements dans la santé de la reproduction et la planification familiale. Cela dans l’optique de contribuer de façon significative à l’amélioration de l’état de santé générale de la population et à maîtriser la croissance démographique.

L’ABBEF se félicite de l’adoption par le gouvernement du document de politique nationale de population révisée 2010-2030 et de son plan d’action couvrant la période 2012-2016. Cette politique vise la réduction de l’indice de fécondité pour la ramener à 3.6 au lieu de 6.2 actuellement, la réduction de la mortalité maternelle de 91,7 pour 1.000 à 61,9 pour 1.000, l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance de 57 ans à 64,8 ans.

Les axes stratégiques de cette Politique nationale sont entre autres :
-  la promotion de l’utilisation des services de santé de la reproduction et de la planification familiale ;
-  le renforcement du plaidoyer et des actions d’information et d’éducation pour le changement de comportement ;
-  la promotion de la prise en compte des questions de population dans les plans et programmes de développement ;
-  le renforcement des capacités nationales de coordination et de veille sur les questions de population et de développement.
L’ABBEF réaffirme son engagement dans l’offre de services de qualité en matière de santé de la reproduction.

L’ABBEF, dont le combat a toujours été de travailler aux côtés de l’Etat à l’épanouissement de la population en général, et des groupes vulnérables en particulier par l’offre de services en santé sexuelle et de la reproduction (SSR) de qualité et la promotion des droits en matière de santé de la reproduction, salue l’engagement des autorités dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile notamment par la subvention des soins obstétricaux et néonatals d’urgence (SONU).

Elle interpelle davantage l’Etat, la société civile, les ONG et l’ensemble des acteurs de notre système de santé à redoubler d’effort pour accélérer l’atteinte de l’objectif de l’accès universel des femmes et des filles aux services de santé procréative. Cela en vue de leur garantir la pleine jouissance de leur droit à une maternité sans risque, une accessibilité économique et géographique aux services des méthodes moderne de contraception, plus d’autonomie pour une meilleure participation au développement, une sexualité épanouie.

L’ABBEF réaffirme son engagement à toujours offrir des services de qualité dans le domaine de la santé sexuelle et de la reproduction. Le plan stratégique 2011-2015 de notre association consacre "l’accès" comme la principale clé de voûte de tous nos programmes, y compris l’accès des jeunes et des adolescents aux services conviviaux de santé sexuelle et de la reproduction.

Bonne fête à toutes et à tous.

Le Président National
Zitibmi Albert YAMEOGO
Chevalier de l’Ordre National

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